Fiction: Visions d'un Dieu Endormi

Pour Tenten, une mission banale au Pays du Vent va prendre des proportions épiques qui vont la plonger, elle et l'équipe chargée de la retrouver, au cœur d'une machination qui pourrait bien menacer le monde entier. Car les fidèles du Dieu à la Main Sanglante, Jashin, ont décidé de réveiller le Dieu Endormi…
Classé: -16I | Action/Aventure / Horreur / Spirituel | Mots: 125927 | Comments: 38 | Favs: 35
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Kris'ter (Masculin), le 06/07/2011
Retour à Suna, enfin, avec la satisfaction d'avoir mené à bien leur mission… où peut-être pas.

Il y a un peu de lemon dans ce chapitre, mais rien de très choquant. Enfin je suppose qu'après être arrivé jusqu'ici vous pourriez difficilement être choqué :)




Chapitre 18: C'est la Fin de Notre Voyage



Le soleil de midi s'élevait haut dans le ciel au dessus de Commoragh, jetant ses rayons lumineux sur une scène de totale dévastation. Des particules de poussière grisâtre flottaient toujours dans l'air, étouffant chaque son jusqu'à produire un silence surnaturel. Des civils aux yeux hagards erraient dans ce qui restait des rues comme des somnambules, chacun avait perdu au moins un proche dans le cataclysme qui avait frappé la ville, mais ce n'était pas ça le plus grave. Ce qui les gênait le plus était la perte de tous leurs biens matériels. Beaucoup avait profité de l'anarchie pour mettre les maisons à sac et les soldats avaient eu fort à faire pour garder la population sous contrôle. Il était du devoir des gardes de maintenir l'ordre, les meurtres avaient le droit d'être commis, mais les émeutes n'étaient pas vraiment tolérées - à moins bien-sûr que celles-ci aient été organisées par le pouvoir.

Devant le cratère - en grande partie rebouché par l'effondrement de la forteresse - où s'était trouvé le temple, son temple, le Grand Prêtre de Jashin contemplait l'étendue des dégâts d'un œil impassible. Son rêve d'ascension était comme la forteresse devant lui : en ruine, brisé. Des mois et des mois de préparation pour en arriver là. Les ombres tournoyantes qui l'entouraient en disaient long sur sa fureur, à tel point que personne, pas même les prêtresses, n'avait osé s'approcher de lui, de peur d'essuyer sa vindicte. L'aura de haine qui se dégageait de lui rendait sa seule proximité à la limite du supportable.

Erwan aussi se tenait à une distance respectable de son père. Il était à la fois terrifié par la mauvaise humeur de son géniteur et ébahi par l'audace insensée des ninjas de Konoha. Il avait vu, dans le champignon de l'explosion, s'élever la forme torturée et furieuse de Jashin. Il avait entendu - en vérité plus ressenti qu'entendu - le hurlement de frustration du Dieu alors qu'il était obligé de retourner dans son domaine au delà de l'espace et du temps. Ceux de Konoha avaient-ils conscience qu'ils venaient de sauver le monde ?

Il fut tiré de ses pensées par le bruit de pas d'un des centurions de Commoragh qui s'approchait. Le militaire marcha droit vers le Grand Prêtre de Jashin, ne s'arrêtant qu'à une dizaine de pas de lui.

"Mon Seigneur." l'interpela ce dernier, sans la moindre once d'obédience ou de sujétion dans la voix.

Erwan se rappela que les centurions ne craignaient pas la mort, se lançant toujours la tête la première, même dans des combats perdus d'avance, avec un désir de tuer bien plus fort que leur instinct de conservation. Ceci ajouté à leurs capacités martiales hors du commun et leur réserve infinie de haine envers ceux qui se dressaient contre eux faisaient des centurions les adversaires les plus dangereux qui soient. La façon dont ils allaient mourir ne les inquiétait pas, c'était la façon dont ils vivaient qui était importante ; et ils ne vivaient que par et pour la guerre.

Le Grand Prêtre se tourna vers le militaire avec une idée précise de comment il allait arracher l'âme de la forme physique de l'impudent qui venait de le déranger avant de la livrer en pâture aux démons de Jashin, mais avant qu'il n'ait pu se mettre au travail, le centurion lui posa une simple question qui le calma immédiatement :

"Quels sont vos ordres, commandant des armées ?"

Avec tout ce qui venait de se passer, il n'avait pas vraiment eu le temps d'y songer mais c'était exact : le Roi Hakkyou étant mort et Caduceia étant introuvable - elle avait selon toute vraisemblance dû être vaporisée en même temps que le temple, il se trouvait désormais être le seul survivant du Triumvirat qui dirigeait Commoragh. Ce fait mis en avant, il put se concentrer sur la vision d'ensemble de ce qui pouvait être fait, et non plus sur le désastre qui venait de se produire. C'est à ce moment qu'il réalisa que tout n'était peut-être pas encore perdu.



Pour le groupe de ninjas, le voyage de retour vers Suna s'effectua rapidement et sans encombre. Sakura s'était rapidement occupée des blessures qu'avait récoltées Tenten lors de son combat contre Karn'Aj et avait aussi injecté l'antidote. La maître d'arme retrouva avec une joie certaine une liberté de mouvement constante. Elle et Lee avaient ensuite passé le reste du temps à roucouler dans les bras l'un de l'autre. La Wyvern volait à une vitesse prodigieuse, tant et si bien que le groupe arriva en vue du Village Caché du Sable en fin d'après-midi alors qu'il leur aurait fallu presque trois jours pour parcourir la même distance à pied.

Depuis le ciel, la vision qu'offrait Suna devant eux était saisissante. Enfoncée dans un canyon, la ville semblait être construite dans un gigantesque cratère en plein milieu du désert. Temari expliqua que c'était effectivement le cas : après que le premier Kazekage ait réuni tous les ninjas du désert sous son contrôle grâce à sa puissance écrasante, il choisit ce site car, outre sa difficulté d'accès, la culture populaire prétendait que la Déesse des Vents avait frappé le sol depuis les cieux pour terrasser un monstre sombre et ancien. Rien n'avait jamais pu étayer la véracité de cette histoire ou même l'existence de ce monstre, mais l'endroit était sacré pour les gens de l'époque.

L'arrivée de la Wyvern sur la place centrale du Village Caché du Sable provoqua un vif émoi et l'accueil qu'on réserva aux ninjas fut peu chaleureux. C'était compréhensible, le symbole sur leur bandeau avait été rayé et ils chevauchaient un monstre qui se révélait être la monture personnelle du Roi Hakkyou : tout laissait penser qu'ils étaient des Nukenins. Avant même qu’ils aient pu descendre de la Wyvern, ils furent encerclés par un groupe d'ANBU, armes au clair, dont le chef leur somma d’une voix cassante de se soumettre. Ne voulant pas les provoquer, les ninjas avaient obéi et s'étaient docilement laissé mettre les fers. Mio avait été séparée du groupe, les ANBU souhaitant s'assurer qu'elle n'allait pas représenter un danger pour Suna, étant donné sa «provenance», cela pouvait être légitime. Les ninjas quant à eux furent escortés jusqu'au bureau du Kazekage où Gaara et Baki les attendaient.

Ceux-ci écoutèrent avec attention le récit de la mission : la traversée du désert, la bataille à l'Oasis des Mille et Un Chameaux, l'infiltration dans Commoragh, la prison, la rencontre avec Erwan, la citadelle, la bombe alchimique, l'Azukajiro et enfin, l'assassinat du Roi Hakkyou. Baki les interrompit plusieurs fois pour leur demander de détailler certains points tandis que Gaara demeurait totalement silencieux, les coudes sur le bureau, les mains croisées devant la bouche, les yeux fixés sur sa sœur. Le Sensei semblait particulièrement irrité par ce qu'il entendait, et il le fit bien savoir lorsque le rapport arriva à sa fin :

"Tu m'as beaucoup déçu, Temari. Je ne sais pas comment ça se passe à Konoha, mais je te rappelle qu'ici, nos ninjas respectent les ordres qu'on leur a donné. En tuant le Roi Hakkyou et en détruisant Commoragh vous nous avez…"

"Rendu un grand service." le coupa Gaara, prenant subitement la parole.

"Kazekage-Sama ?" s'inquiéta Baki, après un instant de gêne.

Bien qu'il n’ait pas besoin de répondre - son père ayant donné à sa fonction l’autorité pour faire ce qui ne pouvait être remis en question - Gaara s'expliqua :

"Commoragh représentait une menace. Comme le scorpion de feu caché dans le sable qui attend qu'un inconscient s'approche de lui sans le savoir. Soumission. Profanation. Humiliation. Douleur. La cité du meurtre ne manquait pas de tels dons, et le roi Hakkyou a toujours été plutôt généreux pour les partager. De plus…" Il tendit la main vers une armoire, des rubans de sable quittèrent ses doigts pour aller saisir des dossiers et les lui ramener, "Les rapports de nos espions confirment les dires de Tenten, ils indiquaient clairement que Commoragh était sur le pied de guerre. En frappant ainsi, vous avez brisé une épée qui s'apprêtait à frapper aveuglement des innocents."

Shikamaru prit la parole à son tour :

"Nous savons que le Roi Hakkyou est mort. Cela est certain." il se tourna vers Tenten qui hocha la tête pour confirmer, "Cependant, c'est galère à dire mais nous n'avons aucun moyen de savoir si le Grand Prêtre a subi le même sort."

"Peut-être n'avons nous fait qu'arracher le corps d'un parasite dont la tête va continuer à se frayer un chemin jusqu'à notre cœur." expliqua Neji.

Gaara considéra un instant l'allégorie du ninja aux yeux d'ivoire en regardant les rapports étalés devant lui. Shikamaru nota que si le Jinchuuriki de Shukaku n'avait rien perdu de son tempérament calme et froid, il semblait être devenu bien plus méthodique.

• Une qualité indispensable. • pensa le manipulateur d'ombre, • On ne devient pas un bon Kage en agissant sur des coups de tête impulsifs. •

Il frissonna imperceptiblement en repensant à leur première rencontre à l'hôpital, devant le lit de douleur où gisait Lee.

"Fort bien, ma décision est prise." dit le Kazekage, "Baki, tu vas constituer une équipe de Jounins qui ira enquêter sur place. Je veux un rapport détaillé sur ce qui reste de Commoragh et savoir si elle représente encore une menace. Qu'ils prennent un oiseau-messager avec eux afin que nous soyons avertis au plus vite si jamais cela devait être le cas."

Le Sensei posa sa main droite sur son torse, au niveau du cœur.

"À vos ordres, Kazekage-Sama !" répondit-il avant de s'incliner et de quitter le bureau.

Gaara avait une confiance absolue envers Baki, il savait que celui-ci plaçait l'intérêt du village avant tout autre chose et avait été un des rares anciens à le soutenir lorsqu'il était devenu Kazekage. Son appui avait d'ailleurs été plutôt appréciable en la circonstance.


Lors de son arrivée au pouvoir, Gaara évalua rapidement la situation puis, aussi soudainement et fermement que son père l'avait fait avant lui, il imposa ses directives. Il exprima sa volonté de briser les années de règne sans partage de son prédécesseur et changea le mode d'administration du village de sorte que dorénavant ce serait un conseil constitué d'une quinzaine de personnes représentant les plus puissantes familles de Suna, présidé par le Kazekage, qui dirigerait le village. Il n'y eut aucune opposition à cela puisque les détracteurs de Gaara y virent un signe de faiblesse, impression qui se confirma au cours des mois qui suivirent cette annonce, car le Kazekage semblait distrait, pensif et avait même parfois l'air absent lors de ces réunions. Parmi les membres du conseil se trouvaient bon nombre de ses détracteurs qui, ravis de combler les brèches laissées dans le pouvoir, se mirent même à soutenir officiellement la position de Gaara à la tête du village, conscients qu'ils étaient désormais libres de faire ce qu'ils voulaient et qu'un éventuel successeur ne serait certainement pas aussi laxiste.

C'est alors que Gaara passa à l'étape suivante de son plan : d'horribles attentats et actes de sabotages frappèrent Suna. Aucun habitant ne fut blessé, mais beaucoup d'installations ainsi que de nombreuses réserves alimentaires et de stations de pompage du village furent détruites, mettant de ce fait Suna dans un état de famine progressif et de paranoïa. Naturellement, le peuple enragé blâma le conseil qui semblait démuni face à ce qui se passait. Ceux-ci envisagèrent de se laver les mains en plaçant tout sur le dos du Kazekage, mais cela fut difficilement justifiable étant donné qu'ils avaient, aux yeux des habitants, tous autant de responsabilités que lui dans la gestion de la ville.

Tandis que le conseil était empêtré dans des discussions sans fin sur l'attitude à adopter, Gaara les prit de vitesse et, dans un acte d'altruisme largement médiatisé, il distribua de l'eau et de la nourriture tirée de ses propres réserves - qui n'étaient bien sûr jamais attaquées. De plus, nul ne doutait de sa puissance au combat : lorsqu'un des plus riches membres du conseil vint lors d'une de ces distributions pour réclamer plus que sa part, menaçant de se servir par la force si ses exigences n'étaient pas satisfaites, Gaara n'essaya même pas de le raisonner. Il se contenta de le maîtriser dans un Sarcophage de Sable, lui expliquant sans ambages que ceux qui faisaient passer leurs intérêts personnels avant ceux des habitants du Village Caché du Sable ne pouvaient être considérés comme de vrais ninjas de Suna - ce qui était un peu ironique de sa part - et le broya tout simplement avec son Tombeau du Désert.

Après l'incident, la popularité du Kazekage augmenta encore plus et les membres du conseil ne pouvaient plus rien faire pour stopper la vague pro-Gaara sur laquelle il surfait. Il devint l'idole du peuple quand il présenta les coupables devant la justice - en vérité des ANBU déguisés dont il se servit comme bouc-émissaires. Dès lors, il fut reconnu comme le chef incontestable de Suna.

En même temps que Gaara renforçait sa position à la tête du Village Caché du Sable, il s'appliqua à briser la réputation de ses ennemis au sein du conseil et commença à les ruiner systématiquement, contrôlant strictement leur budget pour les maintenir dépendants de lui. Il s'affirma petit à petit en tant que Kazekage à la fois sage dans ses décisions et implacable dans ses actions. Le conseil fut rapidement renouvelé et le pouvoir politique des familles qui s'étaient dressées face à Gaara fut réduit à presque rien.


Le Kazekage releva la tête, plantant ses yeux directement dans ceux de Shikamaru, pour lui demander d'une voix parfaitement neutre :

"Quant à vous, je suppose que vous allez vouloir repartir dans votre village au plus vite ?"

Le manipulateur d'ombre n'arriva pas à déterminer s’il s'agissait d'une véritable question ou d'un ordre à peine masqué. Ça ne lui prit qu'un battement de cœur pour y réfléchir ; hésiter plus longtemps aurait été une grave insulte.

"En fait, ça a été plutôt violent pour nous dernièrement." répondit Shikamaru en se grattant la tête, "Surtout pour Tenten et Lee qui ont eu droit à des combats plutôt rudes. Il sera bon qu'on puisse se reposer quelque peu avant de retourner à Konoha, si vous n'y voyez pas d'inconvénients."

"Cela ne devrait pas poser de soucis." assura le Kazekage, "Je vais vous faire réserver des chambres dans un des hôtels de Suna et Temari va se faire une joie de vous y conduire."

"Hééé ! Pourquoi moi ?!?" protesta cette dernière.

"Parce que je te le demande gentiment sœurette." répondit Gaara, réussissant presque à s'empêcher de sourire en coin.



Dans un magasin de la grande rue commerçante de Suna, Wan dissimula vivement le collier d'or dans les plis de ses vêtements, mais par manque de chance, son geste n'était pas passé inaperçu.

"Au voleur !!!" hurla le propriétaire de l'échoppe en essayant de se saisir du galopin.

Mais Wan n'avait pas attendu pour demander son reste et détalait déjà en zigzagant dans la foule affairée. Maintenant que la chaleur de la journée commençait à se dissiper, la majorité des habitants de Suna profitaient de la baisse de la température pour flâner dans les rues. Une fois le soir venu, celles-ci grouillaient de vie, éclairées par la lumières des échoppes, des fumoirs et des bars où certains essayaient d'oublier les rigueurs de leur existence en compagnie de jolies filles. La place du marché était noire de monde et le jeune voleur comptait bien s'y faire oublier. Mais ce n'était définitivement pas son jour de chance car une patrouille de ninjas se trouvait dans les parages. Apercevant le fuyard, ils se lancèrent immédiatement à ses trousses. Wan s'enfonça avec agilité dans la foule, bousculant un imposant individu transportant une grande vasque en terre cuite.

Dans le sillage du gosse en fuite, on put entendre le vacarme engendré par ses poursuivants quand ils heurtèrent les rangées de poteries d'un infortuné marchand d'eau. L'odeur des yakitoris1 grillés emplissant l'air et les cris des vendeurs à la criée proposant agrumes et épices s'estompaient à mesure que Wan s'enfonçait dans le labyrinthe de ruelles sombres. Tout en continuant sa course, le jeune voleur risqua un coup d'œil par dessus son épaule : il avait semé les ninjas.

Il sourit et ralentit, mais en regardant derrière lui, il n'avait pas vu une kunoichi émerger d'une rue perpendiculaire. Wan la percuta de plein fouet et retomba lourdement sur le sable, laissant s'échapper le collier dans sa chute. La femme se pencha et attrapa fermement le voleur qui se débattait.

Celui-ci pouvait s'estimer heureux, car du temps du quatrième Kazekage, il aurait eu la main tranchée pour son délit. Fort heureusement, Gaara avait fait abroger ces lois barbares et d'un autre temps. Néanmoins, Wan avait été attrapé et les lois de Suna restaient tout même strictes à l'égard de ceux qui les enfreignaient. Peut-être allait-il échapper aux travaux forcés à cause de son jeune âge ? En tout cas sa vie de polisson se finissait ici.



Dans la chambre d'hôtel qui leur avait été attribué, Tenten lâcha un râle de plaisir en savourant l'orgasme qui fusa dans son bas-ventre et les frissons en découlant qui parcouraient son corps. Toujours à califourchon sur le bassin de Lee, elle se pencha en avant pour s'allonger sur le torse puissant du Fauve de Jade et reprendre son souffle. Celui-ci ne s'était pas arrêté de bouger en elle pour autant. Les deux étaient exténués et en sueur, mais ils ne pouvaient se séparer, pas encore, ils avaient tellement de temps perdu à rattraper.

"Je t'aime tellement fort." marmonna la maître d'arme à l'oreille de Lee, la voix troublée par le plaisir.

"Et moi donc…" répondit celui-ci, "Tu m'as tellement manqué !"

Tenten releva la tête et ils s’échangèrent un baiser aussi vigoureux et passionné que leur étreinte. Le Fauve de Jade plaça ses mains sur le bassin de la kunoichi avant d'effectuer un mouvement de torsion avec son corps, faisant basculer la maître d'arme qui se retrouva subitement sur le dos, en dessous de Lee. Elle enroula ses jambes autour du bassin de son amoureux qui recommençait déjà ses va-et-vient avec encore plus d'entrain, pour son plus grand plaisir.2


Dans la chambre adjacente, Sakura était sur le point de craquer. Déjà deux heures que Tenten faisait des vocalises en pratiquant la bête à deux dos avec Lee et qu'elle en faisait profiter tout l'étage. Impossible de se reposer dans ces conditions. La Rose avait cru qu'ils en avaient finalement eu assez il y avait une heure environ quand le silence se fit enfin, mais la pause n'avait duré qu'une vingtaine de minutes avant qu'ils ne s'y remettent de plus bel.

C'était… Perturbant. Elle se rappela que lors d'une conversation qu'elle avait eue avec Tenten il y avait quelques temps, au cours de laquelle le sujet du Fauve de Jade était arrivé sur la table. Celle-ci lui avait avoué qu'en fait, Lee était comme un pudding au chocolat : il ne ressemblait à rien mais il était super bon. Sakura n'avait pas réalisé immédiatement que ce n'était pas exactement des prouesses au combat de Lee dont parlait la maître d'arme.

Cela avait juste mis en évidence une vérité cruelle : elle ne connaissait absolument rien à ce qui se passait une fois qu'un homme et une femme étaient ensemble au lit, en dehors de l'aspect procréatif de la chose. Bien-sûr, en tant que med-nin, elle connaissait parfaitement l'anatomie des organes reproducteurs féminins et masculins ainsi que le processus biologique dans les grandes lignes : l'homme éjaculait, si la femme était dans la bonne période, un spermatozoïde atteignait l'ovule, il y avait fécondation et ça faisait un bébé. Mais visiblement, le sexe ne se limitait pas qu'à la procréation.

Désireuse d'en savoir plus, elle était allée trouver sa mère pour essayer d'avoir des réponses. Mais la seule qu'elle obtint fut "Quoi ? Tu n'as pas un petit ami, non ? Alors t’as pas besoin de t'occuper de ça !" et elle fut envoyée dans sa chambre. Bonjour la mère-démissionnaire. En fait, sa génitrice aurait sans aucun doute été moins choquée si Sakura lui avait annoncé qu'elle comptait quitter le village.

Un nouveau cri plus fort que les autres lui parvint de l'autre côté du mur et la Rose décida qu'il était temps pour elle de laisser de côté ces questions et de sortir de la chambre pour aller faire un tour afin de se changer les idées. Dans le hall de réception, elle aperçut Neji assis sur un des bancs de la buvette de l'hôtel. Faisant résonner le carrelage sous ses pas, Sakura alla s'installer en face du ninja aux yeux d'ivoire. Elle savait ce qu'il faisait ici, mais au moins il n'était pas en train de se servir de son Byakugan.

Le patron, un petit homme gras aux yeux porcins vêtu d'un tablier à rayure avec une ficelle accrochée à son poignet au bout de laquelle pendait un torchon noir de crasse, s'approcha de la table et tendit à la Rose une carte avant de demander ce qu'elle désirait avec un sourire forcé. Tout en attendant que Sakura commande, il se balançait d'un pied sur l'autre, comme si la présence des deux ninjas de Konoha le mettait mal à l'aise. La kunoichi se laissa tenter par des dangos sableux 3, la spécialité du Pays du Vent.

L'homme revint quelques instants plus tard avec 3 brochettes de 4 dangos chacune. Il passa un coup sur la table avec le bout de chiffon qu'il avait au poignet pour la nettoyer, étalant juste un peu plus la saleté, avant de poser l'assiette.

"Ça fera 600 Yen, s'il vous plait." dit-il en tendant la main.

La Rose le paya aussitôt et commença à manger la première brochette. Ce n'était pas mauvais, en vérité c'était même meilleur que celles qu'on trouvait à Konoha. Pendant tout ce temps, Neji n'avait toujours pas bougé, ni prononcé le moindre son.

"Tu chais Neji," commença Sakura, "Chi tu attends que Tenten fache le premier pas," elle avala ce qu’elle avait en bouche, "Tu risques d'attendre longtemps."

Elle attrapa la deuxième brochette alors que le Hyuuga la regardait de travers.

"Ça va !" dit-il d'un air légèrement agacé, "Je sais qu'elle est amoureuse de Lee, pas la peine de me le rappeler !"

"Attends. Tu rigoles là ?" mais comme il semblait tout à fait sérieux, elle enchaîna "Tu es vraiment pas au courant alors ?"

Le ninja aux yeux d'ivoire fronça les sourcils. La Rose avala une nouvelle boule de dangos et la mâchouilla lentement, histoire de faire durer le suspens.

"Neji. Tenten est raide-dingue de toi depuis l'Académie." finit-elle par dire. "C'est un secret de Polichinelle. Tout le monde le sait, à part toi visiblement. Je n'arrive pas à croire que quelqu'un qui est pratiquement capable de lire les pensées des gens en les regardant droit dans les yeux n'ait jamais réussi à connaitre les sentiments de Tenten."

Le ninja aux yeux d'ivoire était à la fois choqué et abasourdi. Pourquoi n'avait-il jamais décrypté le langage corporel de celle qu'il aimait ? En fait la réponse était simple : la peur de ne rien voir de plus qu'une simple admiration, et pas de l'amour. Il se jura qu'il allait s'occuper de ça très prochainement. Sakura, elle, s'attaqua à la dernière brochette de dangos et demanda entre deux bouchées :

"Au fait, il est où Shikamaru ?"

"Avec Temari je crois." indiqua le Hyuuga, "Elle voulait lui faire visiter la ville à ce que j'ai cru comprendre."

"Ah oui, vraiment ?" répondit Sakura en plissant les yeux d'un air réprobateur.



Dans le bureau de l’ex-organisateur des jeux de l’arène de Commoragh, un des rares bâtiments qui avaient été épargnés par la catastrophe - mais pas par les pillards, le Grand Prêtre de Jashin compilaient les résultats des dossiers qui lui avaient été transmis. D'après les rapports des centurions, environs 20% des soldats étaient morts ; ceux qui patrouillaient en ville donc, le reste de l'armée étant stationné sur les remparts et n'avait pas eu à souffrir de l'explosion. En revanche, la vaste majorité des Gardes Noirs avait disparu dans l'effondrement de la forteresse, mais ça n'était pas aussi grave que ça en avait l'air : les 40 Maître-Marionnettistes qui les dirigeaient étaient en lieu sûr, cachés dans des endroits protégés, il suffisait juste de recréer des Gardes Noirs, ce qui allait toutefois prendre un peu de temps.

Une bonne partie des Dynastes avait survécu aussi, étant donné qu'ils étaient allés voir le combat dans l'arène, ce qui était une bonne chose : ces nobles feraient de très bons commandants pour ce qui allait se passer - à condition qu'ils arrivent à s'entendre avec les centurions. Par contre le vrai problème venait de la destruction de l'Azukajiro, de toutes les bêtes de chairs, des drogues de combat et des Biopistes qui s'y trouvaient.

Devant lui se tenaient 6 Prêtresses de Jashin, l'air contrarié. Le Grand Prêtre leur avaient interdit de tuer qui que ce soit depuis qu'il avait discuté avec le centurion, et cela ne leur plaisait pas du tout. Mais elles n'avaient pas le choix : les ordres du Grand Prêtre avaient la valeur d'ordres venant du Dieu à la Main Sanglante lui-même. Il devait être obéi à la lettre, peu importe les conséquences. Leur maître leur fit signe d'approcher et leur distribua à chacune un paquet de feuilles. Après les avoir lu, le mécontentement abandonna le visage des Prêtresses pour céder la place à un sourire carnassier.

"Est-ce bien vrai ?" demanda l'une d'elles.

"Tout à fait." répondit le Grand Prêtre, "Allez transmettre ces documents à vos sœurs, chacune doit aller trouver les centurions afin que tout se mette en place."

"Et pour les Nukenins ?" questionna une autre Prêtresse. "Ils ne vont pas se battre pour nous si on a pas de quoi les payer."

"Ce sont des mercenaires." déclara la troisième, "On a qu'à leur dire qu'ils pourront garder tout ce qu'ils prendront au cours des pillages, ça devrait les motiver."

"Assez discuté !" gronda le Grand Prêtre de Jashin, "Vous avez des choses à faire. Hors de ma vue !"

Les trois Prêtresses saluèrent avant de quitter promptement la pièce. Elles n'étaient pas dehors depuis trente secondes qu'une quatrième Prêtresse aux cheveux châtains tressés en une longue natte et attachée au bout par un petit ruban rouge sortit de l'ombre. Le Grand Prêtre finit par lever la tête vers la prêtresse.

"Ah, Jisha."

"Vous m'avez fait appeler, monseigneur ?"

"En effet." confirma le Grand Prêtre," Il se trouve qu'il existe 6 ninjas dont j'adorerais voir les têtes plantées au bout d'une pique avec leurs entrailles autour pour décorer le tout." Jisha sut immédiatement de qui son maître voulait parler. "Tu vas donc t'en occuper. Prends contact avec les cultes qui sont à Suna et à Konoha pour qu'ils fassent le nécessaire. C'est tout."

"Vous servir est toujours un plaisir, et je ne saurai vous trahir." répondit la Prêtresse.

"Je n'en doute pas un seul instant. Va, maintenant."

Jisha fit volte face et quitta la pièce à son tour, laissant son maître seul avec ses pensés. Tout était subitement devenu très compliqué, mais les Visions du Dieu Qui-N'Était-Plus-Si-Endormi-Que-Ça se réaliseraient, quoi qu’il en coûte.



Lorsque Temari avait appris que le manipulateur d'ombre était, selon ses dires, un joueur de shôgi plutôt habile, elle l'avait invité chez elle pour faire une petite partie. C'était l'occasion pour elle de prendre sa revanche pour sa défaite à l'examen Chuunin - qu'elle n'avait toujours pas vraiment digérée. Bien qu'elle fût nettement plus douée qu'Asuma-Sensei, Shikamaru remporta tout de même la partie de justesse. La blonde du désert voulut en faire une deuxième mais le Nara prétexta qu'il commençait à se faire tard et que lui et son groupe allaient avoir une longue route à faire le lendemain.

Il était vrai que la partie s'était éternisée et que le soleil était déjà couché, ni l'un ni l'autre n'avait vraiment vu le temps passer tant le jeu avait été intense. Temari soupira mais lui fit promettre que la prochaine fois qu'ils se verraient, ils rejoueraient au shôgi et que cette fois-ci ce serait elle qui gagnerait ! Les deux se relevèrent, Shikamaru bailla, attrapa sa veste et se dirigea vers la porte de la chambre, la kunoichi lui emboîta le pas.

Alors que le Nara allait refermer sa main sur la poignée de la porte, Temari agrippa l'épaule du manipulateur d'ombre qui fut totalement surpris lorsqu'elle posa ses lèvres sur les siennes pour l'embrasser, mais il ne la repoussa pas, bien au contraire. Ils allaient se quitter, et peut-être ne pas se revoir avant longtemps, aussi la blonde du désert avait eu envie de serrer le corps Shikamaru contre le sien, de sentir son souffle sur sa peau avant qu'il ne s'en aille. Les vêtements furent rapidement jetés au sol et le couple s'allongea sur le lit, le Nara prit le temps de noter que Temari avait de très belles formes tandis que celle-ci ne put s'empêcher de sourire en voyant ces yeux pleins de désir qui dévoraient ses courbes.

Shikamaru commença à caresser la blonde du désert mais la soudaineté du moment, le trouble, rendaient ses gestes maladroits. C'était la première fois qu'il se retrouvait ainsi avec une fille et jamais il ne s'était senti aussi gauche, aussi emprunté. Temari finit par prendre les choses en main, guidant les gestes du jeune homme sur son corps, imposant son rythme. Elle avait déjà eu des aventures avec d'autres garçons, mais cela n'avait toujours été que des amours succincts, sans lendemain et sans grande passion. Lui n'essayait pas de la dominer, il l'aimait sans lutter.

La blonde du désert poussa les préliminaires aussi loin qu'elle le put, jusqu'à ce qu'elle ait besoin de sentir Shikamaru en elle. L'expression que prit le visage du Nara alors qu'il s'unit à Temari avait quelque chose de magique, extatique. Sa première fois. Ses mouvements gauches mais tendres éveillaient de nouvelles sensations en Temari qui finit par s'abandonner au plaisir, le laissant la submerger totalement et emportant le manipulateur d'ombre avec elle. Ils ne distinguaient plus que des couleurs floues, seule leurs voix étaient parfaitement claires, ainsi que les sensations extraordinaires qu’ils se procuraient l'un à l'autre.

Aussi essoufflés l’un que l’autre, ils gémissaient toujours plus fort. Entendre la blonde du désert prendre son pied rendait Shikamaru dingue, et il n'était pas le seul. Temari empoigna les draps, son corps se convulsait, c’était intense, puissant, monstrueux.

À bout de forces, ils se séparèrent et le Nara s'écroula sur le lit. Temari s’allongea à coté de lui et ils finirent par s'endormir dans les bras l'un de l'autre, perchés sur un petit nuage, terrassés par le plaisir et la fatigue…



[1] Brochettes cuites sur un gril et qui peuvent être constituées de poulet, de bœuf, de champignons, d'ailes et d'œufs de caille, de porc au fromage, etc.
[2] Nous rappelons ici que les ninjas sont des gens particulièrement forts et agiles et si passer de la position de l'Andromaque à celle de l'Union du Tigre d'un seul coup fonctionne bien sur le papier, n'essayez de faire ça dans la vraie vie car ça ne se fera pas sans heurts. Sérieusement, c'est une très mauvaise idée.
[3] Boulettes faites à base de mochi, une pâte de riz, souvent servies avec du thé vert. Celles du Pays du Vents ont la particularité d'être élaborées avec une farine de soja spécialement préparée pour leur donner une texture sableuse.




Un chapitre plutôt court si on le compare aux pavés qu'ont été les 4 précédents.

Je rappelle que dans le monde merveilleux de Naruto, il n'y a pas de MST et c'est pour ça qu'il peuvent s'envoyer en l'air l'esprit tranquille sans se protéger.
Mais dans la vrai vie il y a l'Hépatite B, la Syphilis, les Chlamydias, le SIDA et toute sorte de chose peu ragoutante et souvent mortellement dangereuse. Donc ne gâchez pas votre vie en voulant économiser 30 secondes avant un rapport et sortez couvert :)




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