Attention, cette fanfiction de Naruto est catégoriée spoil, c'est à dire qu'elle peut évoquer des passages du manga qui ont été publié au Japon mais pas encore en France. Sa lecture est donc susceptible de vous gacher le plaisir proccuré par le manga. Pour enlever ce message et voir toutes sections Spoil du site, rendez vous dans vos options membres.


Fiction: Transfert

LE coup classique des fans de mangas... Et si quelqu'un de chez nous... arrivait chez eux ? Et ben ça n'a pas l'air de les surprendre plus que ça.
Spoil | Humour | Mots: 24519 | Comments: 93 | Favs: 74
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Liosalfar (Féminin), le 08/11/2006
Première fic humouristique, ne soyez pas intransigeants, svp ^^
J'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire, j'espère que vous en aurez autant à la lire...
Enjoy !




Chapitre 1: Premier contact



Ouah… Les nuits de camping en solitaire, y a que ça de vrai !

Je sors de ma tente en m’étirant voluptueusement : pour une fois, un propriétaire sympa avait eu la gentillesse de me laisser camper dans son bois sans poser de problèmes. Pour couronner majestueusement la soirée et la nuit, il n’y avait pas eu un seul nuage, et j’avais pu profiter sans aucun problème des constellations diamantées, avant de dormir autrepart que sur une fourmilière.

Et oui, je me présente, Aïssa Pandore Canelle, LA professionnelle en plans foireux. Spécialité : le camping sur fourmilière. Très désagréable, je peux vous garantir. M’enfin, après le nombre d’essais, j’ai la peau rodée, et maintenant, je vais devoir changer de spécialité : le camping sur nid de cloportes… Quand à mon prénom… Enfin, mes prénoms… Allez pas me demander pourquoi j’en ai trois, j’ai pas choisi… D’après mes parents, c’est sympa d’avoir trois prénoms… Aïssa, ça vient d’Agnès, et ça veut dire pur (en quoi ? pas en conneries, en tout cas…), Pandore, c’est mythologique, c’est l’imbécile qui a libéré tous les maux sur la terre (merci papa-maman…) Canelle, parce qu’il paraît que je sens naturellement ça (allez savoir, peut-être que je suis somnambule et que je me parfume à la canelle la nuit.). M’enfin, pour le moment, je sentais surtout la sueur et le café renversé (ben oui, la Thermos n’était pas étanche, contrairement à ce qui était garanti par le vendeur, et je ne promets pas, malgré mon sac de couchage, l’immobilisme total de mes bras et jambes. Sont trop énergétiques, ces petits là, faut les laisser s’exprimer !) Bref, en attendant, je me trouvais avec une énorme tâche marron sur le T-shirt et une belle brûlure sur tout le bras droit (allô maman, bobo…), et, accessoirement, un paquet de biscottes-qu’on-mangera-sans-café-merci-qui ? Merci le vendeur !

Je ne vous raconte pas ma tête au réveil (cheveux z’en bataille, dans les z’yeux tout embrouillés de sommeil où qu’il se passe pas grand’chose. Ah, tiens, si cette nuit, j’ai rêvé de mon prince charmant. Vas y voir dans dix mille ans, ma vieille, y a des choses qui changent pas, y compris ton penchant à la paresse… J’ai un poil dans la main qui doit faire dans les dix centimètres de long, c’est que ça commence à devenir lourd, à cette longueur-ci… Et on est encore plus flemmard.) Bref, je vous passe la description, il est temps que je me réveille !

Petit débarbouillage, ramassage de la tente à vitesse grand V (rha, fichu tissu de m… Pourquoi ça se plie pas tout seul ?), éteignage du feu (mission accomplie, chef, après avoir trempé mes affaires de rechange en me tordant la cheville dans une pierre traîtresse, la vache, ça fait mal…), j’ai fini par me mettre en route. Pour où ? Ben chez moi, pardi. En premier lieu, la poubelle du coin, si je veux repasser une nuit ici, y a pas intérêt à ce que je laisse de traces…


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Je suppose que vous connaissez le rituel...

Check-list : Boule Quies ? OK. Miel pour la gorge ? OK. Pas un seul spectateur à la ronde ? OK.

Attention, trois, quatre...

Un kilomètre à pied, ça useuuuh, ça uuuuseuuuh… Un kilomètre à pieeeeeed, ça useuh les soulieeeeers…

Une fois, ça va, deux, ça commence à devenir chiant, trois…

Laissez tomber.

Ca faisait bien une demi-heure que je marchais dans cette magnifique forêt-où-qu-il-y-a-plein-d’insectes,-plein-de-trous,-plein-d couteaux perdus qui traînent par terre...

Pleins de QUOI ?

Déposant mon sac à terre, je me suis penchée vers l’éclat qui avait attiré mon attention. Ouais, c’était bien un couteau. Bizarre, d’ailleurs, ce couteau… Un anneau au bout (oh, c’est marrant, on peut le faire tourner au bout de l’index… Arrête avant de te l’enfoncer dans la paume.), un manche couvert d’un bandage (pôv’ tit couteau, il a dû se blesser…), et une lame épaisse, à quatre faces, rien à voir avec les couteaux de cuisine.

Mais sur quoi je suis tombée, moi ?

En plus, y a plein de sang dessus, c’est dégeula…

DU SANG ?

Damned (prononcez « damnèd », et non pas « dam’d », ça fait trop snob…), y a eu crime, et moi, pôôôvre crétine, je ramasse l’arme en question en laissant avec particulièrement d’attention mes empreintes digitales dessus… Plus crétin, on fait difficilement.

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La réflexion fut rapide : premier réflexe stupide, je laisse tomber le couteau à terre.

Second réflexe stupide, je recule.

Troisème réflexe stupide, j’oublie que d’une, je suis chargée comme un bourricot avec mon matériel de camping, et que de deux…

La forêt, c’est traître.

“AÏEEEEEUUUUUUUH !”

Saloperie de cheville. Heureusement que y a personne, j’ai l’air de quoi, moi, maintenant, à me mordre le poignet pour ne pas hurler de douleur (paradoxe…), avec ma cheville qui saigne et qui fait un angle bizarre…

Ding ! L’information monte au cerveau… Ma cheville me fait mal, saigne, et fait un angle bizarre… JE ME SUIS CASSEE LA CHEVILLE.

“Mais pourquoi moi…”, pleurais-je désespérément. “Pourquoi aujourd’hui… Et pourquoi près du lieu d’un crime, avec l’arme couverte de mes empreintes digitales attentionneusement déposées par votre servante ?”

La journée avait bien commencée (ou presque, dirons nous.), mais je sentais qu’elle n’allait pas aller mieux.

Et j’avais raison. Pour commencer, j’ai eu l’extraordinairement bonne idée (miracle, tout est possible…) de prendre mon portable pour essayer d’appeler Police Secours. Peine perdue, pas de couverture réseau. Et voilà, j’aurais presque pu parier, c’est vendredi 13 aujourd’hui, et on m’a pas prévenue ?
Bref, phase suivante, j’ai décidé de lever le nez pour essayer de situer où j’étais.

Argloups.

Juste au dessus de moi, il y avait un… cadavre, employons le mot, transpercé de dizaines de ces couteaux qui traînaient sur le sol, et pis des petites étoiles aussi. En ferraille. Ca avait l’air de faire mal. Ah, super, y en avait pas qu’un exemplaire, géniaaaaaaal… Mais qu’est ce que je fais là, moi ?

Troisièmement, j’ai senti la pression des lanières de mon sac sur mes épaules s’alléger, et, lorsque je me suis retournée, il avait disparu. Une branche avait craqué, et il devait sans doute être tombé… Dans le gros trou noir que je voyais derrière moi.

Bon, on s’enfonçait encore un peu plus dans les ennuis… Autant aller jusqu’au bout.

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“Ai…de moi…

-Quoi !”

Hein ? Qui ? Que ? Quoi ? Dont ? Où ? Tournant la tête de tous côtés, essayant de déterminer d’où venait la voix, je commençais à paniquer.

“Là…haut.”

Là-haut… Deux secondes de réflexion… AAAAAAARGH ! UN CADAVRE QUI PARLE !

Le Tarzan macchabée a tourné vers mon visage au moins aussi blanc que mon T-shirt (ce qui devait être un assez beau spectacle, ma foi, pour une basanée maghrébine aux cheveux noirs et yeux verts) ses propres yeux, et a murmuré une nouvelle fois.

“Aide-moi…”

Aider ? Mais… c’était plutôt moi qui avait besoin d’aide, là ! Et d’urgence ! Et moi, comme une crétine, je trouve un tronc compatissant qui m’aide à me relever et m’approche en boitillant du pseudo-cadavre.

“Qu’est… ce que je peux faire ?”, ais-je demandé.

-Le… kunaï… lance-le moi.”

Le kewa ? Euh, bon… Lancer, ça, je comprenais. Moi, ça devait être lui (pitié, commencez pas avec les considérations philosophiques, j’ai certainement pas envie de discuter sur le thème l’Autre, c’est Moi.). Lancer, lui… Qu’est-ce qu’on lance, d’habitude ?

Pas mal de choses… Des fleurs, des branches pour que le chien aille les chercher en les rapportant en frétillant de la queue, des pierres à jeter dans la rivière pour qu’il y retourne toujours en frétillant de la queue, des assiettes aussi, lors des disputes conjugales, des livres, des oreillers… J’avais rien de tout ça à portée !

Re-Ding ! Les spectacles au cirque de ma petite enfance me revinrent en mémoire : lancer de couteau ! Mais ce crétin, il en avait plein dans le torse, il pouvait pas directement se servir, au lieu de me demander de rejouer Mission Impossible 3 en solo ?

Votre mission, si vous l’acceptez, est de lancer un couteau (balèze, d’ailleurs, le couteau…) à un homme, blessé à mort, perché à environ trois mètres du sol.

Ben je l’accepte pas.

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“Je… ne sais pas… faire.”, tentais-je vainement de me justifier.

L’homme haut perché grogna en tentant de se redresser, mais glissa sans doute sur son sang, et s’écrasa lamentablement à mes pieds.

Enfin, on pouvait pas lui en vouloir, vu son état, on pouvait difficilement faire mieux. Maladroitement, je le redressais, et l’appuyait contre le tronc, en essayant de ne pas hurler de douleur à chaque fois que je bougeais le pied : ce gars devait avoir au moins dix à cent fois plus mal que moi, pas question de laisser échapper ne serait-ce qu’un gémissement.

“Ils… vont me… rattraper…”, grogna-t-il en crachant le sang.

-Bougez pas, monsieur, je vais…

-Quoi, tu es Médic ?”, ricana-t-il faiblement. “Alors que tu ne sais même pas lancer un couteau…”

Non mais ! C’était quoi ces manières ? Moi, je l’aidais (oui, bon, pas beaucoup, mais un peu…), et lui il se fichait de moi !

“De toute façons… Je peux pas… bouger…”

Bonne réflexion. Ma petite Aïssa, va falloir que tu apprennes un jour à tourner sept fois ta langue dans ta bouche avant de parler.

“Tiens… Prends… ça… Et ne les laisse… pas… l’avoir.”

Il me glissa une sorte de rouleau dans la main, et sourit faiblement, alors que ses yeux se voilaient de sang.

“Va… donner ça… à Godaime-sama… Dis-lui… que je n’ai pas pu faire mieux…

-Où ? Où voulez-vous que j’aille ?”, demandais-je, par bonté d’âme : j’étais parfaitement incapable de bouger avec une cheville dans cet état.

-Konoha, cette question…”, siffla-t-il. “Tiens… Ca te servira… De passe.”

Il détacha une sorte de serre-tête, un foulard noir avec une plaque de métal, et, prenant le couteau qui gisait à terre, y grava rapidement quelque chose.

“Dis qu’Oto… se prépare… se prépare…”

Il toussa violemment, crachant du sang, et, terrifiée, je me souvins de mon stage de premier secours : que faire en cas de blessure ? Allonger le blessé, et appeler le 15. Super. Coupûre, peut-être ? Faire un point de compression, et appeler le 15. Encore mieux. Hémorragie violente ? Allonger le blessé ET faire un point de compression, et encore appeler le 15. Sans couverture réseau, c’était utile, un portable… A défaut, je l’allongeais, et ôtais d’un coup sec les couteaux qui crissaient sur ses bras.

“Tu… ne m’as… pas entendu ?”, demanda-t-il faiblement. “Laisse… tomber… je suis… déjà mort. Alors… file.”

Dans un geste de compassion, il m’indiqua la direction de… de quoi déjà ? Kono…ha ? Bref. Il m’indiqua la direction de Perpète-les-Bains, Pétaouschnok ou bien Villebredaine-la-Campagne, c’est pareil, avant de fermer les yeux.

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Cours, vole, Aïssa, accomplis les dernières volontés d’un mourant qui porte un serre-tête avec une spirale dessus !

Enfin… Clopine, sautille, Aïssa, grommelle en accomplissant les dernières volontés d’un suicidaire !

Et blang, ça ne rata pas. A peine dix pas plus loin, le sol se déroba sous mes pieds, et je tombais, roulais, dégringolais… Une falaise qui, fort heureusement, était d’argile. Un peu de caillasse aussi, fallait l’avouer… En bas, je rejoignis mon sac, et bénis le ciel d’avoir eu un meilleur sort que lui : il était hors course.

Je récupérais ce qui était récupérable (c’est à dire, pas grand chose…), et dissimulait le serre-tête et le rouleau bizarre au fond d’un sac de rechange. Puis, attrapant une branche, je me mis en devoir de me faire une simili-attelle. En toute logique, j’aurais dû m’asseoir et attendre les secours, sauf qu’en l’occurrence, je jouais le rôle de secours pour un certain mec qui n’avait même pas eu la politesse de se présenter. Foutue journée…

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“Il est mort.”, diagnostica l’un des poursuivants en posant deux doigts sur le cou du cadavre.

-Fouille-le. Il doit avoir le rouleau sur lui.”

L’homme s’exécuta, mais un détail attira son attention.

“Son bandeau.”, fit-il remarquer. “Il ne l’a plus…”

Reprenant frénétiquement sa fouille, il jura :

“Le rouleau non plus ! Quelqu’un l’a pris !

-Oui.”, sourit un troisième homme en s’agenouillant près de branches cassées. “Et je sais par où il est parti.”

Le trio se fondit dans le paysage et reprit la course.

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J’avançais péniblement, toujours dans la direction que le moribond m’avait indiqué. Ma cheville m’élançait, et, comble de malheur, je commençais à avoir de la fièvre.

“J’ai pas de chance, j’ai pas de chance, j’ai pas de chance…”, murmurais-je comme une ritournelle, posant un pied devant l’autre au rythme de ma petite chanson.

“Pas de chance, pas de chance, pas de… Aouch !”

Je m’assis sur un rocher voisin, et contemplait ma cheville qui saignait toujours abondamment. J’avais tenté un bandage, mais le tissu de coton de ce qui autrefois avait été mon T-shirt s’était imbibé rapidement, et maintenant, le sang coulait sur le sol, laissant une belle traînée rouge derrière moi.

Aïssa Pandore Canelle, t’es vraiment pas vernie.

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“Pffff…”, sourit le premier homme en retournant un sac éventré du doigt. “Une piste aussi facile à suivre, c’est un débutant qui a récupéré les infos.

-Certain.”, sourit le second en voyant des brins d’herbe pliés par un passage récent, “et il est pas loin : il est blessé, et le sang qui coule est encore frais.

-Alors on est repartis.”, annonça le troisième.

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Je marmonnais, pestant contre le mauvais sort qui semblait prendre un malin plaisir à s’acharner sur moi aujourd’hui.

“Mais c’est qu’on l’aurait rattrapée…” entendis-je derrière moi.

Hein, quoi ? Rattrapée ?

Je tournais le visage vers mes “poursuivants” et tombait au sol dans une grimace de douleur : instinctivement, je m’étais appuyée sur mon pied fragile, et un gémissement de douleur m’échappa.

“Une gamine…”, sourit un second. Enfin, je supposais qu’il souriait. Parce que son habillement était des plus étranges : une sorte de tunique ample grise, retenue par une ceinture noire, qui recouvrait un pantalon, noir lui aussi… Des sandalettes noires… Avais-je affaire à une bande de gothiques ? De toute évidence, non. Ils portaient aussi un foulard devant leur visage, ne laissant apparaître que leurs yeux, une écharpe à treillis militaire grise et noire… Ah, et un serre-tête aussi… Mais il n’était pas gravé pareil que celui que m’avait donné Tarzan…

“Tu t’occupes d’elle ?”, demanda l’un d’eux en se tournant vers un autre (ben quoi, tous habillés pareils, comment voulez-vous que je les différencie… Bon, ce sera Guignol 1, Guignol 2, et Guignol 3…)

-Pourquoi… Il peut s’en charger d’abord, la torturer un peu pour lui faire cracher le morceau…”

Réflexion faite, ce sera Psychopathe 1, Psychopathe 2 et Psychopathe 3.

“D’accord…”, soupira Psychopathe 1, abrégeons en P1… “Mais pas trop, elle doit pouvoir parler.”

Celui qui devait me torturer, affectueusement surnommé Psychopathe 3, soit P3, sortit une sorte de blague à tabac d’une pochette qu’il portait à la ceinture. Mais quelque chose me disait qu’elle ne contenait pas de tabac.

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En effet, lorsqu’il la déposa au sol, ce furent des outils de chirurgie de précision qui apparurent, parfaitement alignés et luisant sous le soleil.

Maman. C’est pas des gothiques, c’est des satanistes extrémistes sectaires !

Aussitôt, dans un réflexe, je reculais du mieux que je le pouvais, tentant de m’enfuir.

“Rattrapez-la, et retenez-la.”, ordonna P3 en sortant ce qui ressemblait fortement à un scalpel et testant son tranchant sur son pouce.

P1 et P2 s’avancèrent vers moi, qui reculais toujours… Lorsque je ne sentis plus aucun appui sous moi, et, une nouvelle fois, fis l’expérience de rouler sur les cailloux. Cette falaise-ci fut beaucoup moins sympa que l’autre, et je terminais ma course avec l’atelle complètement bousillée, des bleus partout, et une grosse bosse derrière le crâne.

“Aïe… Bobo la tête…”, murmurais-je dans un réflexe en portant mes mains sur ma nuque, serrant mon visage entre mes bras.

-C’est tout ce que tu trouves à dire ?”, entendis-je.

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Argh, mais c’est qu’ils m’auraient suivi ? Devant la voix qui s’élevait, je m’apprêtais à reprendre ma fuite désespérée sur les fesses (difficile, de fuir sur les fesses sans déchirer son pantalon… Vive les jeans.), aussi, pour profiter d’une vision maximale de l’environnement, je relâchais mon crâne.

Mais ce n’étaient pas les mêmes personnes près de moi. Trois autres, habillés différemment : pantalon noir, blouson épais et court, sans manches, un peu grisâtre, brassards de métal… Une épée attachée dans le dos, ils portaient tous des masques. Et un drôle de tatouage sur l’épaule gauche. Desquels je devais avoir peur ? Décidant de remettre à plus tard la résolution de ce mystère existentiel, je repris tant bien que mal ma “fuite”, terrorisée, lorsque, toujours par réflexe (vive les réflexes, moi, je vous dis…), je posais une nouvelle fois la cheville au sol.

“Ungh…”, gémis-je en attrapant mon pied blessé et le serrant violemment, espérant réduire la douleur

-Tu es blessée ?”

Non, je fais semblant.

-Bouge pas.”

Ah, mais si, je bouge, je bouge, au cas où vous sauriez pas, j’ai P1, P2 et P3 à ma poursuite, avec des scalpels tous modèles, affûtés comme des rasoirs, qu’ils ont envie d’essayer sur moi, laissez-moi partir…

L’un d’eux, un masque… de quoi ? De… chat ? ours ? chien ? Euuh… plutôt chat… sur le visage (je le nommais donc aussitôt Minou, et oui, l’originalité prime, ma chatte s’appelle Minou…), carrure d’athlète, grand comme une montagne, s’approcha doucement, et moi, de mon côté… Je fuyais.

“N’ais pas peur.”

Si, j’ai peur, je suis tout à fait en droit d’avoir peur…

“C’est gentil de nous avoir trouvé notre proie…”

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Je retins un hurlement, et tournais lentement la tête : derrière moi, se tenaient, droits et fiers, P1, P2 et P3, jetant sur moi des regards dignes de leurs surnoms !

Maman… Je veux rentrer à la maison.

P2 posa sa main sur mon épaule, et me retint fermement, alors que je me débattais en hurlant.

“Dites, vous avez pas fini de martyriser les jeunes filles blessées ?”, grogna Minou.

-De quoi des larbins de Konoha se mêlent-ils ?”, rétorqua P3.

-De ce que vous êtes sur nos terres”, avança un autre au masque d’oiseau (immédiatement baptisé Pigeon), taille moins imposante que Minou, mais il devait avoir passé son temps à faire de la muscu : à côté de lui, Terminator, c’est une femmelette.

-Et qu’en aucun cas, vous ne devez vous y trouver.”, termina un troisième, une fille de toute évidence, car plus petite et de stature… ben… féminine, vous me comprenez, qui elle, fut nommée Patapouf (en hommage à mon chien et le superbe masque canin qui dissimulait ses traits). En tout cas, je remarquais que j’avais fait fort au niveau des surnoms : autant P1, P2 et P3 les méritaient, autant Minou était bien loin de la grâce féline de ma petite chatounette, Pigeon de la tête d’ahuri que prenaient ces charmants volatiles en s’emplafonnant avec délicatesse dans les carreaux de ma chambre, et Patapouf de la maladresse de mon toutou unique et préféré. Mais bon, c’était mieux que Berger-briard, non ?

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Un chuintement métallique retentit près de mes oreilles, et un bras se glissa sous ma poitrine (enlevez vos sales pattes de là, gros pervers, dégeulasse !), me soulevant rudement, alors qu’un couteau pointait sur mon cou. Doucement, non retenu, mon sac glissa à terre.

“Bon, vous me les retenez, je vais “interroger” cette gamine…”, siffla P… je savais pas combien.

Un rapide calcul se mit en place dans mon esprit embrumé : eux vouloir me faire du mal, à ranger dans la colonne “Méchants.” Minou, Pigeon et Patapouf pas avoir l’air agressif en me voyant, ranger provisoirement dans la catégorie “Neutre à tendance gentille.”

Mon sac était à terre, il avait dit quoi, déjà, l’autre ahuri de Tarzan ? Je murmurais, à la limite de l’inconscience.

“Konoha… Godaime-sama… Oto… se prépare…”

Ce qui me valut une gifle violente de la part de P2, qui ne me retenait pas. Ding ! Décidément, j’aurais dû ouvrir une enseigne d’ampoule : troisième flash de la journée : l’un de mes bourreaux psychopathes avait bien dit “Larbins de Konoha !”. C’était à eux que je devais donner le message…

“Et bien voilà, on l’a, notre informatrice…”, sourit P1 (P3 était donc mon geôlier… Bonne, mauvaise nouvelle ? Mauvaise… C’était lui qui maniait les scalpels…)

J’étais bonne en foot, autrefois, mais j’avais jamais essayé avec une cheville cassée… Je fis semblant de tomber dans les pommes afin d’avoir un simili-appui pour remplacer ma cheville brisée. Ca ne rata pas, P3 me serra plus fortement. Aussitôt, je me repris et frappais de toute mes forces dans ma bandoulière avec mon pied valide, criant :

“Au fond ! Le rouleau, et le foulard !”

Patapouf (qui, décidément, ne méritait pas son surnom…) réceptionna, et tira les éléments de ma petite sacoche. P3, n’appréciant guère mes manières, resserra la prise sur son couteau, et me l’enfonça profondément dans l’abdomen, me laissant chuter à terre.

“Espèce de sale petite peste…”, siffla-t-il en me donnant un coup de pied violent sur ma fracture, m’arrachant un hurlement de douleur et des larmes de sang.

Mais pourquoi j’avais fait ça ? Pourquoi j’avais aidé Tarzan aux portes de la mort ? Pourquoi j’avais la cheville cassée ? Pourquoi ce psychopathe de première s’acharnait sur mes blessures ? Pourquoi, après une heure de marche dans la forêt, je m'étais pas trouvée au bord de la nationale avec plein de voitures qui puent, certes, mais à l'image beaucoup plus rassurante que les visages et les masques de ces ahuris ? J’avais envie de gémir, hurler, mais ça n’aurait servi à rien. Aussi me contentais-je de hurler ma douleur. Cependant, les coups cessèrent.

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“Je déteste qu’on frappe les blessés.”, grogna Minou qui, le poing encore serré, venait purement et simplement d’envoyer P3 visiter l’arbre voisin. D’un geste, il se débarassa avec autant de facilités de P1 et P2, et, à ma grande horreur, malgré mes larmes, je le vis enfoncer son épée dans le corps des évanouis.

Il s’agenouilla ensuite près de moi, pauvre idiote qui se mit aussitôt en devoir de reculer, du mieux que je le pouvais.

“Bouge pas, ou tu vas aggraver ta plaie.”

M’en fiche… Je veux Papa, je veux Maman… Je veux ma sœur aînée Djamila, qui m’engueule dès que j’apparais dans sa chambre alors qu’elle est avec son fiancé. Je veux mon petit frère Habib, qui me saute dessus dès qu’il rentre de l’école et prend un malin plaisir à fouiller dans ma chambre… Je veux chez-moi…

Minou, voyant mon état de terreur, n’approchait pas, aussi trouvais-je assez rapidement un coin où je me recroquevillais doucement, en gémissant de douleur, cachant mes larmes derrière mes pauvres paumes étendues en une dérisoire protection.

“Vas-y, toi…”, murmura Minou. “On peut pas la laisser comme ça…”

Patapouf s’approcha de moi, et commença à me parler.

“J’ignore qui vous êtes…”

Moi aussi, je sais pas qui vous êtes, j’en fais pas un plat, pitié, laissez-moi… J’ai rien à voir là dedans, je vous jure…

“Mais vous nous avez aidés…”

Pas par plaisir, je vous assure… je peux partir, rentrer à la maison ? Siouplé…

“Vous êtes blessée ?”

Hein, quoi, ça ? J’le sens même plus… Ah ouais, tiens, je sens plus rien, en fait… Ni à la cheville, ni au ventre… Ca fait du bien…

“Elle va tomber dans les pommes…”, avança Pigeon.

C’était bien tenté, mais je me contentais de tomber tout court. Patapouf s’approcha aussitôt, et retira la lame de mon ventre, m’arrachant un gémissement de douleur. Je pleurais en toute liberté, laissant les larmes rouler sur mes joues sans aucune honte, alors qu’elle posait une main… comment dire… loupiotte ? sur ma plaie.

Bizarre, ça faisait moins mal. Beaucoup moins mal. Plus mal du tout. En tout cas, de ce côté-ci.

“Pour la cheville”, grommella-t-elle, “On a rien, il faudra la porter jusqu’à l’hôpital.”

Hôpital ? J’avais bien entendu le mot magique ? Hôpital donc civilisation normale ! Merci mon dieu ! J’allais revoir ma famille !

“Hyô 1, tu te charges d’elle ?”

J’étais trop dans les vapes pour protester, d’ailleurs, j’en avais pas envie. Mais, au fait, qui c’était, Hyô ? Tiens ! Minou !

Il me prit avec délicatesse, et lança :

“On a ce qu’on cherchait, on rentre à Konoha. Vous irez directement remettre tout ça à Godaime-sama, je déposerais cette fille à l’hôpital.”

Moi, j’étais limite dans le cirage, aussi je ne vis que leur acquiescement.

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Si le cadavre s’appelait Tarzan, j’aurais mieux fait d’appeler Minou Tantor, Pigeon Kerchak et Patapouf Tokina : j’ai eu droit à un vol spécial entre les branches des arbres. C’aurait été très agréable si la compagnie s’était appelée Air France, mais ici, j’avais “Tantor-Minou Airlines.” Sans un balancement continuel que je pressentais retrouver chez “Pigeon-Kerchak Company” et “Air Patapouf-Tokina”, le voyage se serait à peu près bien passé : j’avais fini par fermer les yeux ou j’allais tomber plus malade que je ne l’étais. Chacun de ses appuis m’arrachait une grimace de douleur, et m’empêchait de tomber convenablement dans les pommes. Ils firent une halte quelques temps plus tard, et Minou-Tantor-Hyô annonça :

“Yumi 2, tu devrais venir l’examiner.”

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Patapouf-Tokina-Yumi s’approcha et regarda ma fracture.

“Je sais, elle n’est pas belle, mais on ne peut rien faire ici…

-C’est pas de ça que je parle.”, reprit la voix ferme de Minou. “Le kunaï… Je suis certain qu’il était empoisonné.”

Kunaï... Traduction :couteau de tout à l’heure, d’accord… Empoisonné ? Hein ! Celui qu’on m’avait enfonçé dans le ventre, empoisonné ?

Je comprends mieux mon état.

Patapouf chercha dans une petite bandoulière marron, et en tira une fiole, qu’elle me fit avaler de force. Beurk, c’était immode, ce truc… Rha, même le cocktail de Djamila, c’est meilleur (et pourtant, elle a une fâcheuse tendance à rater ses cocktails…). J’ai d’ailleurs été prise d’une quinte de toux, et j’ai tout recraché. Pas vomi, hein, je précise. J’étais pas fâchée, d’ailleurs.

“Merde, elle est déjà au deuxième stade…”, murmura Pigeon.

Deuxième stade de quoi ?

“On a pas le choix, on va accélérer l’allure. Hatô 3., tu nous abandonnes, et tu files chez Tsunade, qu’elle nous retrouve au centre de soin, ou cette fillette va y passer.”

Pigeon hocha la tête, et s’éclipsa.

Le reste du voyage se déroula dans une brume… épaisse, dirais-je. Je ne distinguais guère que les masques de Minou et Patapouf, les feuilles des arbres… Des tuiles rouges, tiens, on avait dû arriver en ville… M’en fiche, je suis tombée dans les pommes.


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[1] Hyô : panthère.

[2] Yumi : arc.

[3] Hatô : pigeon.



Euuuuh... Voilà^^
Bon, si je vous ais fait rire parce que c'est ridicule, au moins, dites vous que je vous aurait fait rire...




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