Fiction: Visions d'un Dieu Endormi

Pour Tenten, une mission banale au Pays du Vent va prendre des proportions épiques qui vont la plonger, elle et l'équipe chargée de la retrouver, au cœur d'une machination qui pourrait bien menacer le monde entier. Car les fidèles du Dieu à la Main Sanglante, Jashin, ont décidé de réveiller le Dieu Endormi…
Classé: -16I | Action/Aventure / Horreur / Spirituel | Mots: 125927 | Comments: 38 | Favs: 35
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Kris'ter (Masculin), le 14/03/2011
Et voilà, le chapitre final de la saga de Commoragh !

Ce chapitre est tout simplement énorme, tellement que je vais malheureusement être obligé de le séparer en plusieurs parties (limites des 65 535 caractères par chapitre oblige). Ça risque de casser un peu le rythme et j'en suis fort navré…

Je vous souhaite une bonne lecture, et j'espère que vous avez l'estomac bien accroché ;)




Chapitre 14: le Crépuscule du Maître (première partie)



Hakkyou, l'Élu de Jashin, le Roi de Commoragh et Seigneur des canyons de Bran-Ô-Kor, se réveilla au beau milieu de ses concubines peu avant l’aube et se mit à écouter le faible vrombissement que produisait sa glorieuse citée qui s'éveillait. Il respira profondément l’air parfumé, remplissant ses poumons de l’encens qui brûlait dans les trois petits braseros de sa chambre. Il avait les idées claires et se sentait investi d’une certaine aigreur, ce qu’il interpréta comme un bon présage à l’approche de la guerre qui allait arriver. En outre, la fraîcheur de la nuit lui caressait la peau et lui faisait le plus grand bien.

Lentement, le souverain se dégagea des bras de ses femmes et se débarrassa des fourrures qui lui faisaient office de couvertures. Il s’agenouilla devant l’idole de Jashin en laiton poli située au chevet du lit et s’inclina devant elle, trempant un doigt dans la coupelle de sang posée au pied de l’idole et enduisit la main du dieu menaçant.

Un grattement se fit entendre contre la lourde porte d’entrée en améthyste. Tousen, le serviteur préféré du Roi, entra en s’aplatissant et posa la tête contre le sol incrusté de plaques d'opale et de platine étincelantes. Le vieil homme portait un pagne en lin et de belles sandales en cuir dont les lanières lui remontaient presque jusqu’aux genoux. Une large ceinture entourait sa taille et un bandeau lui aussi en cuir serti de pierres semi-précieuses était posé sur son front ridé, symbole de sa position de favori au sein de l'armée d'esclaves qui servait le Maître de Commoragh.

"Soyez bénit, seigneur." murmura le domestique. "Le char que le Maître des Jeux a mis à votre disposition pour vous faire gagner l'arène vous attend. Quels sont vos ordres ?"

Le Roi Hakkyou leva ses bras musclés au-dessus de la tête et les étira. Agé de 92 ans, mais n'en paraissant qu'une quarantaine, il était dans la force de l’âge et malgré les luxes qu’offrait le palais, il n’avait rien perdu de sa vigueur. Son corps arborait les cicatrices de nombreuses batailles comme autant d’offrandes à Jashin.

"Apporte-moi ma tenue." ordonna-t-il, "Puis fais venir Caduceia."

L’esclave favori inclina une fois de plus sa tête rasée en répétant l’ordre mot pour mot et se retira. Quelques instants plus tard, une douzaine d’esclaves entrait dans la chambre, transportant des coffres en bois et un tabouret en cèdre à l’attention du souverain. À l’instar de Tousen, ils étaient vêtus d’un pagne en lin et portaient des sandales, mais leurs têtes étaient couvertes d'un mince voile cérémoniel qui empêchait ces êtres indignes de contempler le Roi dans toute sa splendeur.

Les esclaves travaillaient vite et en silence, préparant leur maître pour son apparition en publique. De l’encens fut à nouveau jeté sur les braises et l’on tendit une coupe dorée remplie de jus de fruits fraichement pressés au Roi Hakkyou. Pendant qu’il buvait, des mains prestes lui nettoyèrent et lui huilèrent la peau avant que Tousen ne rase la courte barbe de son maître au moyen d'un rasoir droit. Ils le vêtirent ensuite de son équipement dans un ordre rituel : le pantalon était passé en premier et attaché avec une ceinture sur laquelle était aussi fixé le harnachement de jambe, puis le canon d'arrière-bras fut lacé en place. La poitrine du roi reçu alors la marque de Jashin tracée avec du sang avant que soit passée une longue robe flottante faite de soie de qualité et ornée de diverses incantations à la gloire du dieu à la Main Sanglante.

Au dessus de cette tunique, on enfila sur le Roi une sorte de trench-coat en maille capitonnée doublé d'une petite épaisseur de cuir en peau d'humain qui aidait à le maintenir en place. Le dos et le plastron de son armure finement ouvragée, rehaussée d’or martelée et incrustée de rubis, furent ensuite fixés sur son torse. Un gorgerin et deux épaulières furent rajoutés à l'ensemble. Ces dernières semblaient avoir un but plus esthétique que fonctionnel, faites des trois pièces ciselées de glyphes, fixées entre elles et directement attachées au plastron par le gorgerin qui offrait une bonne protection à la zone vulnérable qu'était le cou.

Les lacets des épaulières étaient laissés visibles sur l'avant de l'armure et les esclaves y accrochèrent à leurs extrémités de petits grelots. Bien qu'il fût autrefois un ninja, le Roi Hakkyou avait totalement abandonné la furtivité et se déplaçait désormais au combat au vu et au su de tous. Il glissa ses mains dans de longs gants en acier étroits et les canons d'avant-bras furent fixés par dessus. Ceux-ci n'étaient faits que d'une seule pièce et n'était maintenue en place que par l'élasticité du métal, ils étaient parés de petites lames tranchantes comme des rasoirs permettant de bloquer ou retenir une lame ennemie ou même être utilisées comme armes.

Alors que les armuriers achevaient leur besogne, deux esclaves également voilés entrèrent dans la chambre les bras chargés de plateaux de dattes, de fromage et de pain au miel pour que leur maître puisse rompre le jeûne. Caduceia entra quelques minutes après avec une liasse de papier dans les mains et s'inclina respectueusement devant son seigneur et maître. Le Roi Hakkyou claqua deux fois des doigts, tous les esclaves et les concubines s'empressèrent de quitter la chambre, refermant la porte en améthyste derrière eux.

Assis sur son tabouret en cèdre, le Maître de Commoragh mangeait en observant la commandante des armées qui attendait la permission de parler. Pour le Roi Hakkyou, le corps de Caduceia était le rappel de l'échec cuisant du projet «Ninja Nouveau». Le maître de Commoragh avait voulu un moyen de rendre des humains qui ne possédaient pas ou peu de capacités combatives en soldats dotés de facultés améliorées au delà de toute imagination humaine. Pour stimuler la recherche d'une solution, il organisa un «concours» chez les Biopistes, promettant des récompenses énormes pour quiconque viendrait avec une solution au problème, ce qui mena à la plus frénétique chasse au trésor de l'histoire de la science.

Beaucoup de solutions furent essayées avec des résultats plutôt encourageants, ainsi des avancées significatives dans le domaine des drogues de combat (et par extension, des poisons) furent réalisées, mais aucune ne réussit à produire le ninja souhaité par le Roi et beaucoup des Biopistes commençaient à désespérer. Finalement ce fut une jeune Biopiste fasciné par les Jinchuuriki qui se détacha avec une solution très simple. Elle avait abordé le problème sous un angle nouveau : puisqu'il était impossible de transformer un âne en cheval de course, elle tenta de créer des Possédés. En scellant des animaux invoqués à l'intérieur des corps de sujets sélectionnés pour leur loyauté sans faille envers le Roi, mais aussi pour leur agressivité et leurs instincts de tueur, la Biopiste espérait produire des sortes de demis-Jinchuuriki dotés d'une force et d'une volonté hors du commun.

Malheureusement les choses dégénérèrent rapidement et les sujets commencèrent à se transformer en monstre alors que les animaux scellés en eux commençaient à déformer tant leurs corps que leurs esprits pour les transformer en des créatures difformes, certaines ayant les mêmes capacités combatives qu'un légume tandis que d'autres étaient des meurtriers psychotiques incontrôlables. Sur ces vingt sujets, seuls deux parvinrent à surmonter les énergies qui les ravageaient : Karn'Aj, qui avait hérité du taureau, avait dû être confiné dans l'arène, incapable de maîtriser l'inextinguible soif de sang qui le rongeait, et Caduceia qui avait hérité du lézard et était la seule à avoir gardé un semblant de santé mentale. Tous les autres finirent leurs jours sous les scalpels des Biopistes.

"Bien." dit le Maître de Commoragh en recrachant un noyau de datte baveux, "As-tu fait ce que je t'ai demandé ?"

"Oui Ssseigneur," acquiesça la commandante des armées, "Le grand prêtre est maintenant coupable de trahissson, il a engagé des mercenaires pour vous faire assssassiner, leurs aveux sssont ici." elle désigna la liasse de papier qu'elle avait en mains, "Voulez-vous les lire ?"

"Inutile, je te fais confiance." assura le Roi en engloutissant une nouvelle tranche de pain au miel. Les aveux étaient aussi faux que les accusations qu'ils contenaient, mais il savait que Caduceia les avaient rendus suffisamment crédibles pour dépouiller le Grand Prêtre de son autorité, de sa dignité et de sa charge, "Après le spectacle de l'arène je l'excommunierai en le déclarant «traitre à la cause de Jashin», il faudra ensuite s'occuper de lui et de ses prêtresses." il fit une pause en regardant son repas d'un air songeur, "Une exécution en public me semble des plus appropriés, la foule adorera le voir endurer ce qu'il fait d'habitude subir aux autres."

"Comment voulez-vous prossséder ?"

"Tu vas prendre des troupes et investir le Temple." ordonna le Roi Hakkyou, "Tu prendras le prétexte d'un exercice ou d'une inspection, je te laisse décider. Il ne faudrait pas que le Grand Prêtre puisse se réfugier dans la crypte, il pourrait avoir envie de faire des bêtises avec le Dieu Endormi."

"Il en sssera fait ssselon votre volonté." dit la commandante des armées en s'inclinant dans un salut déférent, elle déposa les faux aveux sur un bureau avant de quitter la chambre à son tour.

Le Roi Hakkyou acheva d'engloutir son repas jusqu'à la dernière miette et ponctua sa dernière bouchée d'un rot vigoureux puis, quittant sa chambre, il alla vers la terrasse qui offrait une vue plongeante sur sa cité et s'appuya sur le parapet. Loin en contrebas, il pouvait apercevoir les silhouettes minuscules et innombrables de ses sujets qui, vues d'une telle hauteur, faisaient penser à une gigantesque colonie de fourmis. Pendant plusieurs minutes, il laissa son regard vagabonder sur son admirable citée et sur ces sanglants habitants. Tout allait changer très bientôt. Il y avait trop longtemps qu'il n'avait pas répandu le sang de ses ennemis. Il ressentait un besoin primal de tuer, ce qui lui donna envie de rire.

Il quitta le balcon et attrapa son casque en bronze qui avait la forme d’un lion montrant les crocs pour le poser sur son crâne rasé avant de passer à son tour la porte en améthyste. Ses quatre gardes se placèrent immédiatement autour de lui et le Roi Hakkyou entendit le bouclier généré par son escorte se dresser autour de lui. Il était temps de faire plaisir au peuple en allant assister au simulacre de combat dans l'arène. Personne n'avait jamais vaincu Karn'Aj et lorsque celui-ci était amené au combat, des dizaines de ninjas parmi les plus costauds devaient fermement tenir des chaines attachées à ses jambes et à ses épaules pour le diriger vers les bonnes cibles.

Une fois cette formalité accomplie, il pourrait évincer Moyashi et ensuite faire sombrer le monde dans l'anarchie et la destruction.



L'avenue conduisit Shikamaru et Temari jusqu'à un carrefour jonché d'une vingtaine de cadavres. Leurs postures et la nature de leurs blessures suffirent à indiquer aux deux ninjas qu'un violent combat de rue s'était déroulé ici même il y avait à peine quelques heures. Perchée au sommet des murs et des toits alentours, une volée de sympathiques charognards au plumage sombre dont les panses rebondies trahissaient un récent festin croassaient de satisfaction en contemplant le spectacle d'un œil réjoui.

Poursuivant leur route, ils débouchèrent sur une place dominée par la silhouette massive d'une arche en fer à cheval façonnée dans un terne métal bleu gravé de runes et d'insignes à la gloire de Jashin. Une trentaine de soldats épuisés par leurs combats se reposait près du monument. Derrière eux, les deux ninjas pouvaient apercevoir à quelque distance la masse sombre de la grande citadelle et en dépit de leur bravoure et de leur expérience, ils sentirent leur cœur se glacer d'effroi à l'idée de s'introduire dans cette sinistre forteresse.

Bientôt, un chariot brinquebalant tiré par deux pesantes créatures à l'allure de bœufs contrefaits arriva sur la place, il s'immobilisa en grinçant au milieu du campement et son cocher retira la bâche qui recouvrait son chargement, révélant un vaste tas de quartiers de viande nauséabond et peu engageant. Sans cérémonie, le cocher les jeta aux soldats comme à une meute de chien et ceux-ci s'empressèrent de les dévorer à belles dents avec un plaisir manifeste. Temari et Shikamaru avaient déjà assisté à bien des scènes horribles au cours de leurs missions, mais celle-là était vraiment répugnante.

Les soldats avaient presque achevé leur immonde festin lorsque, chevauchant un puissant destrier, un personnage vêtu d'une ample cape cramoisie claquant au vent et coiffé d'un étincelant heaume d'acier poli surgit du coin de la rue et arriva sur la place. Sautant de sa selle, il cracha d'une voix sifflante quelques ordres brefs au capitaine du régiment qui s'empressa d'abreuver d'injures ses troupes fourbues pour les mettre en rang. Les passant en revue, le cavalier rouge morigéna les combattants dépenaillés avant de remonter en selle et de disparaitre dans une rue de l'autre côté de la place. Galvanisé par les rudes paroles de son chef, le capitaine aboya un ordre et son unité quitta la place au pas de course. Remarquant sur leur droite une rue déserte qui menait droit à la citadelle dont l'ombre inquiétante ne cessait de grandir, les deux ninjas s'y engouffrèrent sans hésiter.

La rue déboucha sur une immense esplanade qui entourait la forteresse et donnait accès à la grande porte dont les battants étaient faits d'acier noirci par les ans et zébré de longues trainées de rouille. Elle était flanquée de chaque côté d'une tourelle en saillie au somment desquelles pointaient les gueules menaçantes de canons semblables à ceux placés sur les remparts de la ville. Dissimulés dans l'ombre d'une bâtisse, Shikamaru et Temari observèrent les allées et venues des soldats qui déambulaient autour de la citadelle en se rappelant ce qu'Erwan leur avait dit hier soir.


"Il y a peut-être cinquante façons de plaquer votre petite amie, mais seulement trois manières de quitter la ville." indiqua le med-nin avec une pointe d'humour, "La première et la plus évidente est de passer par la grande porte, mais après avoir fait évader Tenten, vous n'avez aucune chance de sortir par là sans être aussitôt appréhendés. La deuxième est de tenter de rejoindre le désert en passant au-dessus les murailles qui entourent la ville, mais il faut bien comprendre que celles-ci ont été conçues autant pour empêcher les envahisseurs d'entrer que les habitants de sortir, elles grouillent de gardes qui tuent d'abord et posent les questions ensuite, il ne fait aucun doute que vous serez exécutés dès qu'ils vous auront repérés. La troisième, et à mon sens la seule, solution est d'entrer dans la forteresse et y monter jusqu'au sommet pour «emprunter» la monture personnelle du Roi Hakkyou : une Wyvern créée spécialement pour lui par les Biopistes. La créature est particulièrement vicieuse, mais une fois que vous aurez réussi à la dompter vous pourrez la chevaucher pour récupérer Lee, Neji, Sakura et Tenten et vous enfuir par la voie des airs."

"Ça a l'air facile présenté comme ça, mais comment on entre dans la forteresse ?" questionna Shikamaru, espérant qu'Erwan avait aussi réglé ce détail.

"Il y a plusieurs façons de faire, mais la plus discrète consiste à trouver une tour carrée au toit plat située autour de l'esplanade qui entoure la citadelle. Il s'agit d'une mangeoire pour de grandes créatures ailées créées pour la guerre qu'on appelle les harpies, une fois leurs vilaines panses bien lestées de son immonde pitance, ces affreux volatiles prennent leur envol pour regagner leurs nids taillés comme des grottes dans la partie basse de la citadelle. Si vous parvenez à maîtriser des harpies qui s'empiffrent au sommet de la tour, vous pourrez gagner la forteresse par le même chemin."

"Simple et efficace." concéda Temari, "Et une fois dedans, il suffit juste de grimper les étages et d'arriver au sommet."

"C'est un peu résumé, mais c'est l'idée." confirma le med-nin.

"Et à part le Roi Hakkyou, qui habite dans la citadelle ?" demanda le manipulateur d'ombre, désireux de savoir qui ils allaient croiser dans les couloirs du bâtiment.

"Beaucoup d'esclaves et leurs contremaîtres, ainsi que les dynastes. Il faut savoir que dans la forteresse, la puissance d'un individu se mesure à la hauteur à laquelle il vit. Chaque étage représente à lui seul des années de fanatisme et de génocides au service de l'ascension dans la hiérarchie des armées de Commoragh. Ceux qui vivent près du somment sont des combattants redoutables pour qui tuer est une seconde nature. Évitez de vous frotter à eux, ainsi qu'à ceux qui assurent la sécurité. Les Gardes Noirs sont une redoutable armée de marionnettes toutes liées les unes aux autres : si une seule d'entre elles vous repère, toutes les autres sauront où vous êtes."

"Ça devrait pas être un soucis, les marionnettes c'est la spécialité de Suna." signala la blonde du désert

Erwan sourit en entendant l'affirmation de la kunoichi :

"Amusant que tu dises ça, puisque c'est justement un Nukenin de Suna qui a mis au point les méthodes de production et de contrôle des Gardes Noirs."


Par un heureux hasard, ladite tour se trouvait être juste de l'autre côté de la rue dans laquelle les deux ninjas se dissimulaient, et après l'avoir observée d'un œil méticuleux, le manipulateur d'ombre en conclut qu'il y avait deux moyens d'atteindre le toit : soit emprunter l'escalier en colimaçon qui y menait directement depuis la rue, soit escalader la paroi. La blonde du désert lui fit remarquer que l'escalier, bien qu'il puisse sembler désert, était surement surveillé par un garde posté dans la tour, et que si c'était la voie la plus facile pour arriver au sommet, elle pouvait aussi s'avérer la plus périlleuse. Le Nara pesa le pour et le contre, et opta finalement pour l'escalade.

Jaillissant hors de leur cachette, Temari et Shikamaru traversèrent la rue en quelques enjambées pour aller s'aplatir au pied de la tour. Tâtant d'une main experte le plâtre friable qui recouvrait les briques de la paroi et considérant les quelques vingt-sept mètres qui les séparaient du sommet, les deux ninjas entamèrent une ascension pour pouvaient bien s'avérer des plus délicates. Grimpant le long des murs tels des lézards, ils n'étaient plus qu'à un mètre du sommet quand un pan du revêtement en plâtre céda soudain sous les doigts de Temari ! La blonde du désert se sentait déjà glisser dans le vide quand, écartant les bras dans un réflexe désespéré, elle parvint à saisir la main salvatrice que Shikamaru lui tendait. La laissant reprendre son souffle, le manipulateur d'ombre se hissa d'une souple traction des poignets par dessus le parapet qui encerclait le somment de la tour… pour se retrouver nez-à-nez avec un garde !

Ignorant leur présence, le soudard était tranquillement assis, surveillant d'un œil distrait le repas des harpies. Dès qu'il aperçut le ninja, il tenta de le prendre à la gorge et de le précipiter dans le vide, mais Shikamaru contra son assaut sans la moindre difficulté, esquivant sa prise d'une main et saisissant sa tunique de l'autre, son corps décrivit dans le même temps un vif mouvement de rotation qui projeta le garde par dessus son épaule pour l'envoyer, la tête la première, s'écraser dans la rue en contrebas. Cet homme ne représentant désormais plus une menace pour personne, le manipulateur d'ombre porta son attention sur les cinq harpies qui couinaient en dévorant gloutonnement des quartiers de viandes grouillant d'asticots déposés à leur intention par les soldats.

Ces créatures ressemblaient à des chauves-souris de taille humaine dont le corps était recouvert d'un pelage hirsute. Temari en avait déjà entendu parler, elles étaient utilisées par les groupes de pillards pour semer la terreur et la confusion chez leurs victimes, plongeant depuis le ciel nocturne pour attraper leurs proies avant de reprendre leur envol et de les relâcher vers une mort certaine. Mais si les harpies étaient sauvages et vicieuses la nuit, elles étaient plutôt craintives le jour. Les deux ninjas s'approchèrent d'elles avec précautions pour éviter qu'elles ne s'envolent à leur approche, mais le bref affrontement avec le garde semblait les avoir rendues fort nerveuses. Préférant la prudence, Shikamaru utilisa son ombre pour paralyser deux volatiles, les trois autres abandonnèrent lâchement leur pitance et s'envolèrent à tir d'aile en voyant Temari s'approcher d'un pas assuré d'une des harpies qui la fixait d'un œil craintif.

Lorsque la blonde du désert fut en place, accrochée aussi fermement que possible sur le dos de la créature, Shikamaru relâcha son jutsu mais aussitôt, la harpie qui devait l'emmener se mit à battre des ailes avec frénésie pour le repousser, puis s'élança dans les airs. Le Nara fit un bond désespéré pour tenter d'attraper son moyen de transport qui prenait déjà son essor à une trentaine de mètres au dessus des dalles de l'esplanade !

Il parvint de justesse à attraper les pattes arrières de la harpie et, au prix d'un terrible effort, il se hissa sur le dos du volatile qui s'élevait en tournoyant dans le ciel. Aussitôt sa position bien affermie, bourrant le flanc de la créature rétive, le manipulateur d'ombre lui infligea une correction assez sévère pour la contraindre de se plier à sa volonté. Quelques claques bien placées sur le crâne de la harpie la persuadèrent de se diriger vers la partie haute de la citadelle. Cherchant Temari du regard, il se rendit compte que celle-ci n'avait eu aucun mal à dompter sa créature et qu'elles se dirigeaient tranquillement vers une plate forme non gardée saillant de l'édifice à la verticale de la grande porte.

Alors que sa harpie descendait en planant vers le belvédère en demi-cercle, la blonde du désert passa la jambe droite par dessus son encolure, prête à sauter dès que sa monture ailée serait suffisamment proche. Agile comme un chat, elle bondit sur la plate forme et s'engouffra dans le portail grand ouvert avant que quiconque ne puisse la voir où elle fut rapidement rejointe par Shikamaru. La première partie de leur mission s'était pour le moment bien déroulée mais à présent, une longue ascension les attendait.



Assis dans l'ascenseur qui l'amenait de ses appartements vers la partie basse de la forteresse, le Roi Hakkyou regardait distraitement les étages défiler lentement au rythme des mouvements imprimés par les esclaves sur le mécanisme de poulies et d'engrenage qui permettaient au monte-charge de bouger. Ceux-ci étaient encouragés à travailler par la présence d'un contremaître, les esclaves étant naturellement peu enclins à se mettre de leur plein gré aux services des habitants sans la présence d'une brute sadique et violente pour les dominer à coups de fouet.

Lorsque les survivants furent arrivés au temple qui allait devenir par la suite la ville de Commoragh, un problème s'était rapidement posé : ils étaient tous des combattants. Dignes héritiers de la tradition ancestrale de leur Village Caché désormais en ruines, chacun d'eux avait été élevé dans l'optique de la guerre, et uniquement de la guerre, autrement dit, il n'y avait parmi eux aucun artisan, ni aucun fermier. C'était dans ce contexte que s'était rapidement développée la tradition esclavagiste des habitants de Commoragh : les suivants du Roi Hakkyou avaient très vite été chercher, d'abord au Pays du Vent, puis dans le monde entier, la main d'œuvre dont ils avaient terriblement besoin.

Au jour d'aujourd'hui, toute l'économie de la ville reposait presque exclusivement sur l'esclavage, ceux-ci étant à peine mieux considérés que des animaux de compagnie, et étant donné la nature sadique des habitant de Commoragh, cela impliquait nécessairement de la douleur, du tourment, du supplice et toutes sortes de choses, excepté de la sympathie. Le Roi Hakkyou grimaça un de ses très rares sourires, car après tout, c'était dans l'ordre naturel des choses : les faibles devaient mourir pour que les forts dominent.

Il se reporta son attention sur les marques rouges qui défilaient devant lui, elles avaient été peinte sur les murs de pierre à intervalles réguliers, chacune marquant la distance qui le séparait du rez-de-chaussée, et tout comme ces marques balisaient le chemin de sa descente, il se mit à méditer sur le celui qui l'avait amené à la tête de Commoragh et tout ce qu'il avait accompli depuis la destruction de son Village Caché…


De la force de 160 ninjas qui s'était lancée à l'assaut de l'armée ennemie, il ne restait que 34 survivants. Ils auraient dû être rejoints à la bataille par les ninjas d'Iwa, prendre leurs adversaires en tenaille et les annihiler, mais ceux du Village Caché de la Roche ne s'étaient jamais montrés. Hakkyou et ses hommes s'étaient retrouvés à se battre avec un ratio de 10 contre 1 en leur défaveur. C'est à peine s’il avait réussi à extraire quelques uns des siens hors de cette boucherie pour les mener en sécurité.

Hakkyou ruminait. Le poids de cet échec allait peser longtemps sur ses épaules et quelqu'un allait devoir s'expliquer. Alors qu'ils approchaient de leur foyer, une kunoichi l'interpella d'une voix frémissante. Elle lui désigna des panaches de fumées de mauvais augure qui s'élevaient dans le lointain. Pris d'un sombre pressentiment, Hakkyou accéléra le pas, il arriva enfin au sommet de la colline qui surplombait son Village Caché…

… et tomba presque à genoux.

Une totale dévastation.

Le Village Caché avait été rayé de la carte, et même à travers les épais voiles de fumée les ninjas survivants pouvaient voir que la destruction de leur foyer était presque complète. Des bourrasques soulevèrent les voiles de cendres et ils purent observer un panorama que leurs esprits tentaient vainement de nier : les murs, les portes, les maisons et les tours avaient disparu, tout avait été réduit à un amas de pierre, de bois et d'acier dont les poutres tordues dépassaient comme autant de dents cassées. Les habitants qui n'avaient pas fait partie de la force expéditionnaire étaient là parmi les décombres, leurs corps brisés et tordus témoignaient de la violence avec laquelle ils avaient été mis à mort. Aucun d'entre eux n'étaient des ninjas, ils n'avaient sans doute pu opposer qu'une résistance toute symbolique à ceux qui leur avaient fait ça.

Ici et là, ils reconnurent quelques éléments familiers mais dans un état qui ne l'était pas. Un grand bloc de pierre dont la surface était ornée de sculptures en forme de dragons se tenait toujours dressé au milieu des décombres, il avait appartenu à l'arche nord-ouest du village, mais à présent il ne faisait plus partie de rien du tout. Une silhouette en marbre noir s'était écrasée de façon étrange au milieu d'un amas de poutrelles en bois, ses mains et sa tête étaient manquantes. Il s'agissait de Yumemaboroshi, un héros qui avait donné sa vie pour protéger le Village Caché. L'effigie se trouvait à l'origine dans le Grand Hall, en bonne compagnie, mais maintenant le ninja était seul au milieu d'un champ de ruine, un symbole perdu qui incarnait le deuil, un symbole, réalisa Hakkyou, qui reflétait sa propre disgrâce.

• J'était le chef de ce village.• pensa-t-il, • C'était mon rôle d'empêcher ça. Puissent les ancêtres me pardonner, j'ai failli à ma mission. •

Les ninjas arpentèrent les ruines à la recherches de survivants, mais ils n’en trouvèrent aucun. Par contre, ils trouvèrent des preuves, ceux qui avaient fait ça n'avaient fait aucun effort pour effacer leur traces et Hakkyou, plus que tous autres, fut gagné par un sentiment de honte.


Quatre heures plus tard, un Juunin d'Iwa attendait au point de rendez-vous, au pied d'un grand arbre. Un bruit de pas dans le feuillage lui indiqua qu'il n'était plus seul. Il savait qui était celui qui s'approchait avant même de le voir : Hakkyou, le chef du Village Caché… ou plutôt… l'EX-chef de l'EX-Village Caché rectifia-t-il pour lui-même en souriant.

"Je me demandait si tu allais venir." lança le ninja à son interlocuteur.

"Faux, tu ne t'es même pas posé la question." répondit Hakkyou avec un mépris à peine dissimulé. "Tu t'es servi de moi."

"En effet." admit le ninja d'Iwa sur un ton parfaitement neutre.

"Pour ralentir l'armé qui fonçait sur ton pays, tu nous as envoyés moi et mes hommes dans une mission suicide !"

"Je préfère parler de «sacrifice altruiste»." corrigea le ninja avec une pointe d'ironie.

"Et pendant que nous étions en train de mourir pour toi, vous avez détruit mon village, incendié les maisons, pillé l'or et la nourriture, massacré les vieillards et les enfants !!!"

"Hé !" s'écria le ninja en feignant d'être offusqué, "Ne rejette pas ta propre faute sur moi. Après tout ce sont des choses qui arrivent quand on laisse son village sans protection."

En entendant ces mots, Hakkyou dut lutter pour contenir sa rage, son cœur brûlait du besoin compulsif d'éviscérer cet homme responsable de sa disgrâce. Il aurait été facile d'attaquer le ninja d'Iwa pour lui faire ravaler ces paroles, mais c'était probablement ce qu'il voulait, et il n'était certainement pas venu seul. De plus, tant que Hakkyou était vivant, il y avait un futur pour son Village Caché, il ne devait pas laisser sa haine l'aveugler, la survie de son village devait passer avant tout, même avant son désir de vengeance. Avec difficulté, il fit taire son ressentiment et la déception se lut dans les yeux du ninja d'Iwa quand il comprit que l'offense ne serait pas relevée.

"On se retrouvera." promit Hakkyou en s'éloignant, "Et je jure que je te ferai regretter ces paroles au centuple."

Le ninja qui allait d'ici quelques années devenir le deuxième Tsuchikage haussa les épaules. Cet homme et ce qui restait des ninjas qu'il dirigeait ne représentaient plus une menace pour personne. Il sourit devant la simplicité du plan qu'il avait mit en place et avec quelle facilité tout s'était déroulé : un peu d'or déposé dans une main, quelques mots glissés dans une oreille, et les inconscients s'étaient précipités de leur plein gré vers leur propre mort. D'ici quelques jours, ce ridicule lopin de terre allait bientôt faire partie intégrante du Pays de la Terre sans que les ninjas d'Iwa aient eu à verser une seule goutte de sang.


Hakkyou fit son possible pour paraître impressionné quand le Daimyo exprima sa joie en voyant le cheval sur lequel il avait misé gagner la course.

"Ha ! Un million de plus dans mes poches !" dit l’homme, donnant une tape dans le dos de Hakkyou. "Tu serais fou de parier contre moi. N’est-ce pas, Hak' ?"

Son entourage de femmes louées riait niaisement.

"En effet un fou, Seigneur." répondit-il froidement, imaginant qu’il était en train lui retourner la tape dans le dos avec une barre de fer. "Vous savez assurément reconnaître les gagnants."

"Ceci dit, j'ai peur que tu n'en sois pas un." répondit le Daimyo, avalant le reste de son cocktail d’une seule gorgée. Les femmes souriaient. "Vois-tu, je ne paye pas des fortunes pour rien." poursuivit-il, tendant à Hakkyou le verre vide. “Maintenant occupe-toi de ça pour moi, veux-tu ? Ils vont commencer la course suivante et j’ai un autre million à gagner, n’est-ce pas les filles ?"

Les femmes acclamaient avec enthousiasme, agissant comme si elles étaient dépourvues de cerveau. Elles le suivirent jusqu’au bureau où patientait son bookmaker. Hakkyou regarda le verre vide dans sa main. Pourquoi devait-il supporter cette calamité ? Le Daimyo avait été gâté à l’excès étant enfant, et il lui manquait toutes les vertus qui avaient permis à son père de réussir. Il passait son temps en draguant des femmes, en jouant des fortunes aux jeux, en s’offrant les services de prostitués quand il s’ennuyait et en restant jusqu’à tôt le matin dans les bars à se saouler.

La course débuta et les chevaux s'élancèrent sur la piste. Le Daimyo fourmillait d’excitation pour le cheval sur lequel il avait parié alors que les femmes le frottaient et l’encourageaient. Cette image écœurante le résumait très bien. Alors qu'il organisait de gigantesques et luxueuses soirées ou dilapidait sans compter l’argent de sa famille, le peuple crevait de faim. Et maintenant que le Village Caché avait été détruit, ce même peuple n'avait plus personne pour les protéger. Les chevaux avaient passé le dernier virage maintenant, et alors qu’ils accéléraient sur la dernière ligne droite, le Daimyo se mit à crier en espérant remporter sa mise. Les femmes criaient avec lui, comme des dindes hystériques.

La vie était une question de priorités, mais pour le petit merdeux à la tête de ce pays, les priorités étaient de rester fortuné afin de conserver son extravagant style de vie. Il laissa exploser sa joie lorsque le cheval sur lequel il avait parié gagna la course. Les femmes le félicitaient vigoureusement.

"J’ai encore gagné !" lança-t-il. "Ha ! Qui est meilleur que moi ?" demanda-t-il à son auditoire d’admiratrices payées.

"Personne !" dirent-elles toutes à l’unisson.

"Seigneur !" fit Hakkyou qui commençait à perdre patience, "Vous n'avez pas l'air de comprendre la situation dans laquelle nous nous trouvons, vous devez nous aider à rebâtir notre Village Caché, ce pays a besoin de protecteurs !"

"C'est hors de question…" répondit nonchalamment le Daimyo sans même se retourner, "Ce pays n'a pas besoin de gens incompétents."

Le verre de cocktail vide vola en éclats dans la main de Hakkyou, plusieurs gouttes de sang tombèrent au sol. Il était furieux, à peine conscient des morceaux de verre plantés dans sa main. Il se tourna et se dirigea vers la porte sans rajouter un mot. Le Daimyo l'aperçut partir du coin de l'œil et lui lança :

"Ne t'inquiète pas Hak', je suis certain que nos charmants voisins du Pays de la Terre feront parfaitement le boulot à votre place." et il commença à rire.

Hakkyou se retourna juste un instant, fou de colère contre l’homme qu’il méprisait. Toutes les femmes riaient de lui, sauf une, mais elle se reprit rapidement et se mit à rire en cœur avec les autres. N’en ayant rien à faire, Hakkyou quitta la pièce, dévoré par la haine.


Lorsqu'il exposa ce qui venait de se passer à ses hommes, beaucoup émirent un soupir résigné : leur carrière de ninja venait de prendre fin. Mais un jeune ninja roux quelque peu mystique nommé Moyashi émit l'idée que, si le Daimyo rejetait leur protection, alors il était de leur devoir de lui prouver qu'il devait être protégé. Ses mots eurent l'effet escompté, sa diatribe enflammée chargeant petit à petit l'air comme si une tempête se formait. La honte que les ninjas avaient éprouvée devant leur Village Caché réduit en cendre était en train de se transformer en quelque chose de bien plus puissant et bien plus létal. C'était comme si un voile rouge venait de tomber devant leurs yeux : quelqu'un allait payer pour ce qui venait de leur arriver.


Hakkyou chargea à travers la fumée en beuglant un effroyable cri de guerre. Un coup de katana décapita un soldat, il en frappa un deuxième au ventre, perforant ses entrailles et sectionnant sa colonne vertébrale. Tout autour de lui, les gardes du palais étaient terrifiés, certains hurlaient, d'autres imploraient grâce. Hakkyou leur rit au nez puis s'employa à tuer impitoyablement tout ce qui lui passait sous la main.

Avec l'aide de ses hommes, il se fraya un passage sanglant à travers les soldats jusqu'au cœur du palais avec la rage de ceux qui avaient connu l'enfer et qui en avaient été revenus indemnes… ou presque. Il ne s'agissait plus d'une bataille, mais bel et bien d'une boucherie dans laquelle les ninjas se trouvaient comme des poissons dans l'eau. Une immense satisfaction les avait envahis, leur champs de vision se résumaient aux arcs de cercle rouges que formaient leurs armes et leurs oreilles n'entendaient plus que les cris de leurs victimes.

Un garde tomba aux pieds de Hakkyou, à la fois en pleurant et en hurlant. Il le décapita proprement sans éprouver la moindre pitié, puis il lâcha son arme avant de saisir le corps du soldat et de le hisser au dessus de lui afin que le sang en giclant puisse se répandre sur son visage. Il renversa sa tête en arrière pour permettre au fluide vital de couler à flot dans sa gorge. Le goût du sang chaud était délicieux, il avait la saveur de la terreur couplée à celle de la douleur.

Hakkyou rugit de plaisir en déchirant le corps en deux, il se sentait investi d'une force comme il n'en avait jamais ressenti auparavant. Transcendé par cette nouvelle puissance qui l'habitait, il ramassa son arme et se jeta dans la mêlée en riant, chaque fibre de son corps en réclamait d'avantage. Plus de sang. Plus de mort. Toujours plus ! Personne ne devait en réchapper !


Une tâche sombre et humide descendit le long de l'intérieur de la jambe droite du Daimyo, partant de ses culottes, lorsque Hakkyou se pencha sur lui comme une tempête prête à libérer sa foudre sur tout ce qui se trouvait sous elle. L'homme rampa, il supplia en pleurant, il fouilla frénétiquement dans ses poches pour en sortir une liasse de billets et l'offrir à son tueur, mais Hakkyou se contenta de rire doucement :

"L'argent ne fait pas le bonheur, mais ce que nous allons te faire y contribue."

Le Daimyo hurla d'agonie quand le ninja lui trancha la main qui tenait les billets juste au dessus du poignet. Comme chacun de ses hommes, il avait envie de le tailler en pièces, mais une mort rapide aurait été trop douce pour ce moins que rien dénué de valeurs. Le Daimyo était en train d'hyper ventiler et regardait son moignon par lequel sa vie s'écoulait en torrent écarlate, le visage tordu d'horreur et de douleur.

"L'hémorragie aura tôt fait de priver ton cœur de sang." lui expliqua calmement Hakkyou.

Le Daimyo le supplia une dernière fois à mi-voix avant de basculer en arrière dans une mare de son propre sang, les yeux déjà à demi vitreux. Les ninjas l'invectivèrent et le maudirent tandis qu'il glissait lentement dans un sommeil dont on ne revient pas, leurs imprécations en guise d'épitaphes.


Le palais brûlait encore quand les premiers rayons de soleil s'élevèrent au dessus de la barrière de montagnes alors que Hakkyou et ses hommes se dirigeaient vers le sud-ouest, suivant les visions qu'ils avaient eues pendant la tuerie. Le bâtiment faisait désormais office de tombes pour les centaines de personnes qui s'y trouvaient quand les ninjas frappèrent sans merci sur tout ce qui se présentait à portée. Nul n'avait été épargné. Un affront avait été lavé dans le sang, mais les survivants ne seraient pas en paix tant qu'un autre n'aurait pas payé sa dette. Un homme qui allait bientôt s'asseoir sur le fauteuil de Tsuchikage.


Quinze ans après les faits, une invasion de criquets migrateurs (une espèce qu'on ne rencontrait normalement pas sous ses latitudes) se répandit dans les champs du Pays de la Terre. Les insectes, sous l'effet d'un été inhabituellement chaud, se développèrent à une vitesse exponentielle, provoquant une grave crise alimentaire dans toute la contrée. Sortant d'un hiver très rude suivi d'un printemps sec, les réserves de nourritures n'avaient pas pu être entièrement réapprovisionnées et les importations se révélèrent rapidement insuffisantes.

La mort commença à frapper, en particulier chez les vieux et les infirmes, et le sang avait même coulé dans de petits hameaux où les villageois désespérés se querellaient pour de la nourriture : le boulanger d'un petit village avait été poignardé à l’estomac après une altercation au sujet d’une simple tranche de pain. Voyant une opportunité, des gens peu scrupuleux n'hésitèrent pas à s'enrichir grâce à la misère des gens, le marché noir devint florissant alors que les prix se mirent rapidement à flamber.

Le désespoir fit bientôt place à la grogne qui commençait à se répandre comme une épidémie dans le pays, attisée par de sinistres démagogues qui poussaient la populace à se soulever par des diatribes charismatiques à l'encontre des dirigeants qui semblaient incapable d'enrayer la crise. Se rendant compte que la situation allait rapidement dégénérer s'il ne faisait rien, le Daimyo du Pays de la Terre ordonna au Tsuchikage d'envoyer des équipes de ninjas mater les insurrections, mais celles-ci furent toutes prises dans des embuscades soigneusement préparées et massacrées par des attaquants inconnus.

Le maitre du Village Caché de la Roche n'était pas né de la dernière pluie, il commença à saisir ce qui se passait, il rappela tous les ninjas au village et se coupa du monde en attendant que la vraie menace apparaisse. Lorsque cette décision parvint aux oreilles du Daymio du Pays de la Terre, celui-ci entra dans une rage folle, il somma au Tsuchikage de se soumettre, ou de faire face aux conséquences. La menace resta lettre morte et, encouragé par ses conseillers (en vérité des agents au service de Commoragh), le Daimyo signa la destitution du Village Caché d'Iwa, coupant ainsi les ressources financières qui l'alimentaient. À l'instant même où il apposa son sceau sur cet édit, les troupes de Commoragh entrèrent en action.

Celles-ci traversèrent le Pays de la Terre sans que personne n'essaye de les arrêter. Le Tsuchikage l'avait vu venir et s'était préparé en conséquences : depuis des jours il n’avait cessé d’annoncer son intention d’écraser ceux qui maltraitaient son pays ; inondant les réseaux de communication avec de la propagande déclarant que nul ne pourrait jamais triompher du puissant Village Caché de la Roche et de ses inébranlables habitants.

Cents ninjas réunis avançaient vers l'armée ennemie. L’arrogance du Tsuchikage avait mandaté l’usage d’une si petite force : aucune résistance n’était prévue. Mais le maitre d'Iwa avait sous-estimé la ruse de Hakkyou, la force de Caduceia et le charisme du Grand Prêtre de Jashin : le peuple du Pays de la Terre marchait aux cotés des armées de Commoragh !

Les autochtones, armés seulement d'arcs rudimentaires et de bâtons, subirent de lourdes pertes alors qu'ils lançaient l'assaut sur la force de ninjas venue arrêter les troupes de Commoragh. Pendant ce carnage, Caduceia mena ses troupes en attaquant par l'arrière, prenant les ninjas d'Iwa totalement par surprise et éliminant le QG sans rencontrer d'opposition sérieuse. Les combattants du Village Caché de la Roche n’avaient pas prévu cela. Leur structure de commandement était trop rigide et ils n’eurent pas le temps de comprendre ce qui se passait. Le manque de cohérence et de coordination les empêcha tout simplement de pouvoir réagir face à la soudaine apparition de la terrifiante commandante des armées de Commoragh.

Se jetant dans la bataille, les Exécuteurs de Jashin causèrent encore plus de confusion et semèrent le chaos parmi les forces d'Iwa. La doctrine de combat d'Iwa exigeait le sacrifice, ils ne pouvaient battre en retraite. Juunins et Chuunins offrirent donc vaillamment leurs vies pour leur Village Caché, confiant en la croyance qu'ils seraient victorieux. Les quelques Chuunins qui battirent en retraite furent plus tard exécutés pour lâcheté. Les ninjas d'Iwa étaient dans une position qu’ils n’avaient encore jamais vécue : que pouvaient-ils faire d’autre que se battre et mourir ?

Moins de trois heures plus tard, la vallée était jonchée de cadavres, les pillards avaient gagné la première bataille de cette guerre. Les habitants du Pays de la Terre qui avaient mené l'assaut en lieu et place des troupes de Commoragh et qui avaient survécu (80% d'entre eux étaient morts pendant l'affrontement tandis que seuls quelques pillard étaient à déplorer comme pertes) furent promptement enchainés comme esclaves, tout comme les habitants des autres hameaux qui se trouvaient entre l'armée de Commoragh et Iwa : Hakkyou allait avoir besoin de main-d'œuvre pour la suite des opérations.

Après cette débâcle, le Tsuchikage savait qu’il devait réagir rapidement et en masse. En public, il blâma les chefs de la force d'attaque pour leur assaut impétueux et tête baissée sur les forces de Commoragh - même si c’était exactement ce que la doctrine de combat d'Iwa dictait. Ce furent donc les Juunins qui avaient donné leurs vies pour leur Village sans penser à la retraite qui furent renvoyés à titre posthume, leurs réputations ruinées et leurs familles disgraciées.

Dans le même temps, le maitre d'Iwa renforça encore plus les défenses de son Village. Caduceia et le Grand Prêtre de Jashin repoussèrent délibérément leur assaut d'une semaine entière, laissant ainsi le temps aux habitants d'Iwa de se rassembler puis de se retrancher derrière les impressionnants murs fortifiés de leur Village Caché, si bien qu'au début de la bataille, près de deux mille ninjas étaient prêts à défendre leur foyer. Les troupes de Commoragh n'étaient cependant pas restées inactives au cours des sept derniers jours, comme allaient douloureusement le découvrir les ninjas d'Iwa.

Les pillards se déployèrent de sorte à pouvoir attaquer sur plusieurs fronts à la fois, tout en laissant certaines zones de la ligne de défense inoccupées. Alors que l'assaut était donné, des bombes explosèrent dans le Village Caché, jetant à bas des dizaines de bâtiments et de ponts, bloquant ainsi les principales voies de ravitaillement. Le Tsuchikage se retrouva ainsi incapable de transférer des forces et de l'équipement depuis les zones ignorées vers les zones attaquées. Leurs groupes de ninjas divisés tentèrent de résister tant bien que mal face à l'avancée meurtrière des troupes de Commoragh, mais le manque de renforts leur rendit la chose quasiment impossible. De même qu'ils ne pouvaient espérer aucune aide extérieure, les ninjas qui se repliaient ne pouvaient le faire avec suffisamment de rapidité, et des dizaines d'entre eux s'agglutinèrent sur les dernières voies de retraite avant de se faire faucher par une grêle de shurikens lancé par des Exécuteurs de Jashin infiltrés.


Les défenseurs mirent deux jours à se regrouper suffisamment pour pouvoir envisager une contre-attaque sérieuse. Des agent-doubles infiltrés dans le Village Caché avaient toutefois usé de chantage et de corruption sur des Juunins d'Iwa qui furent obligés de leur révéler les détails du plan, ce qui allait permettre aux pillards de se préparer avec soins à la bataille qui allait arriver. La contre-offensive marcha droit dans un piège sophistiqué : le gros de l'armée de Commoragh, qui n'était là que pour appâter les ninjas du Village Caché de la Roche, se tenait stationné derrière des tranchées, des fils barbelés, des pièges et des redoutes. Sous les ordres des pillards, les esclaves avaient travaillé jusqu'à la mort pour transformer la montagne en une zone de vingt kilomètres carrés de mort assurée.

Les pièges prélevèrent tout d'abord un lourd tribut puis, lorsque les ninjas d'Iwa atteignirent les premières lignes de fortifications, les pillards firent pleuvoir sur eux un véritable déluge de d'acier. Alors que les premiers échanges de tirs occupaient l'attention des combattants du Village Caché de la Roche, des petits groupes d'Exécuteurs de Jashin jaillirent de plusieurs postions secrètes derrière eux.

Les ninjas d'Iwa se retournèrent pour faire face à cette nouvelle menace et se retrouvèrent pris entre le marteau et l'enclume. Ils se rallièrent rapidement autour de leurs Juunins et tentèrent de submerger les tranchées qui n'abritaient déjà plus personne. Les combattants du Village Caché de la Roche aperçurent alors les tenues noires de collègues faisant route vers eux, mais une fois que ceux-ci eurent été assez proches, les «renforts» se révélèrent être un détachement de pillards déguisé qui utilisèrent aussitôt de puissants jutsus destructeurs avant de se replier et de disparaitre dans la confusion qu'ils avaient créée.

Ce n'était que le début du cauchemar pour les ninjas d'Iwa. Caduceia ordonnait régulièrement à ses hommes de se retirer d'un endroit pour en investir un autre tout en maintenant une pression constante sur le Village Caché de la Roche, une tactique destinée à morceler les troupes équipes par équipes. Les agents du Grand Prêtre de Jashin avaient pris le contrôle de tous les moyens de communication de la ville, lui permettant de les inonder d'innombrables sermons enfiévrés, sapant la résolution et la loyauté des défenseurs par la seule force de ses paroles. Le Tsuchikage restait pourtant convaincu de ses chances de victoire et poussa toujours plus en avant. Ses troupes ne pouvaient qu'obéir, leur maître ayant instauré une hiérarchie solide et immuable et avait établi une ligne tactique dont ses ninjas ne déviaient jamais, ils devaient être prêts à mourir pour lui.


À partir du sixième jour, chaque ninja d'Iwa luttait virtuellement seul et était forcé d'empiler les cadavres de ses camarades pour se protéger ou de se terrer dans les ruines pour éviter de se faire faucher par un tir d'arbalète. Les ninjas d'Iwa s'étaient définitivement embourbés dans le no man's land et ne pouvaient plus s'en sortir. Des Juunins pensaient que le plus sage était de demander un cessez-le-feu mais le Tsuchikage refusait d'admettre l'évidence, ce qui n'était pas le cas de plus en plus de ninjas : beaucoup avaient fini par comprendre que les pillards n'étaient pas venus pour les soumettre ou prendre leurs terres, mais bel et bien pour les anéantir, les tuer jusqu'aux derniers. Un certain nombre de ninjas commença à déserter, abandonnant - avec regrets souvent - leurs compagnons dans le creuset de mort où l'obstination insensée de leur Kage les entrainaient.

Bien qu'il se tienne dans l'ombre depuis le début de la campagne, Hakkyou restait calme et laissait le Tsuchikage le défier sans relâche. Il savait que la vue de leur Kage désespéré démoralisait les habitants qui ne comprenaient pas pourquoi ces démons se déchainaient sur eux, ni pourquoi nul n'arrivait à les en protéger. Les ninjas d'Iwa furent forcés d'admettre leur humiliante impuissance face à un ennemi qui semblait toujours avoir un coup d'avance sur eux.


Le dixième jour, Caduceia s'était présentée, seule, devant le Tsuchikage pour lui lancer un défi dont l'enjeu était la survie du Village Caché de la Roche : s’il gagnait, elle et ses troupes se retireraient immédiatement ; si elle gagnait, le village serait rasé jusqu'à ses fondations. Sûr de sa force, le maitre d'Iwa s'empressa de relever le défi.

Caduceia et le Tsuchikage se combattirent férocement et chaque coup aurait suffit pour briser une douzaine de fois un homme normal. Caduceia cependant retenait ses coups pendant tout le combat, gardant à l'esprit les ordres de Hakkyou : son adversaire devait rester en vie. Au moment critique du combat titanesque, un Genin esseulé s'attaqua à la commande des armées de Commoragh. Celui-ci mourut instantanément lorsqu'elle lui enfonça son poing dans la cage thoracique ce qui fit exploser la partie supérieure de son corps. Le Tsuchikage profita de cet instant d'inattention pour porter à Caduceia un jutsu qui aurait dû être mortel, la projetant dans les airs.

Persuadé de l'avoir vaincu, le maître d'Iwa fut étonné de la voir encore bouger, mais alors qu'il s'apprêta à achever son adversaire à terre, celle-ci libéra le lézard emprisonné en elle. Un torrent de chakra inonda son corps, soignant ses blessures tout en démultipliant sa force et sa vitesse ; elle bondit sur ses pieds pour attraper l'arme et le poignet du Tsuchikage et lui arracher violemment le bras ! Le maître d'Iwa tomba à genou, horrifié, la bouche béante, tandis que du sang giclait de son moignon. Caduceia referma ses mains sur la gorge du Tsuchikage, s'apprêtant à en finir avec ce misérable pantin quand une voix aussi douce que le raclement d'un clou sur de la pierre s'éleva derrière elle :

"Serais-tu sur le point de me désobéir, Caduceia ? Ce serait là bien mal avisé…"

La commandante en chef des armées de Commoragh se calma immédiatement, déstabilisée par la présence du Roi Hakkyou. Celui-ci était venu se glorifier de sa victoire, accompagné des 34 survivants.

"Non monssseigneur." lâcha-t-elle humblement en se mettant à genou, entrainant le Tsuchikage dans le mouvement, "Mon ssseul désssir est de vous ssservir."

Le Roi Hakkyou opina de la tête, satisfait de la soumission de Caduceia et reporta son attention sur le maître d'Iwa qui était dans un sale état, bien que dans ses yeux brûlait un feu de haine incontrôlable à l'encontre de ces hommes qui étaient venus saccager son pays sans autres raisons que le plaisir de faire couler le sang, et aussi contre ses propres ninjas incapables de protéger leur village. Un Exécuteur de Jashin de l'escorte lui cautérisa rapidement la plaie au katon. Le Tsuchikage ne hurla pas, mais ne réussit à poser qu'une seule question, la voix déformée par la douleur :

"Pourquoi… Pourquoi s'être attaqué… à mon village ?"

"Hé !" répondit son interlocuteur en souriant largement, "Ne rejette pas ta propre faute sur moi. Après tout ce sont des choses qui arrivent quand on laisse son village sans protection." le sourire se transforma en grimace haineuse, "Tu te rappelles ? C'est ce que tu m'as dit il y a quinze ans, après que toi et tes hommes ayez réduit mon village en cendre !!!"

Il ponctua sa phrase d'un violent coup de pied au visage du Tsuchikage, lui déchaussant quelques dents. Le maître d'Iwa reconnut enfin l'homme qui lui faisait face, et sa santé mentale vacilla.

"Non…" sanglota-t-il, "Non. Non. Non. Non…"

Le Roi Hakkyou éclata de rire alors que les 34 survivants se précipitèrent sur le Tsuchikage pour le rouer de coups, sans toutefois avoir le droit de le tuer, car leur maître avait statué que l'homme dont les actions le rendaient directement responsable d'avoir amené son propre village à la ruine souffrirait bien plus vivant que mort.


Lorsque les pillards quittèrent le Pays de la Terre, ils laissèrent derrière eux un village ninjas en ruine dont la seule chose encore debout était le tréteau sur lequel le Tsuchikage avait été crucifié. C'était un homme brisé lorsque la fureur des combats retomba enfin, aussi bien physiquement que moralement et la rumeur prétendait qu'il mit peu après fin à ses jours, bien que la question du comment avait-il réussi à se suicider en se plantant un kunai dans le dos demeura un mystère que les ninjas d'Iwa ne furent pas désireux d'élucider. Il fallut vingt-neuf années au Village Caché de la Roche pour réparer les pertes en hommes, en matériel et en notoriété qui furent infligés par les pillards et pouvoir repartir au combat : 73% de la population avait été tuée où réduite en esclavage et les survivants portaient d'horribles séquelles de ces combats.

Pour les forces de Commoragh, leur victoire sur les ninjas d'Iwa les gratifia d’une certaine réputation : celle d’être une entité qu'il vallait mieux ne pas sous-estimer.


Lorsque l'ascenseur arriva au bas de sa vertigineuse descente, les esclaves qui travaillaient dans la salle baissèrent immédiatement la tête en entendant le bruit caractéristique de l'arrivée du maître de la ville. Il leur était interdit, sous peine de mort, de poser les yeux sur le Roi Hakkyou. Des esclaves aveugles levèrent leur tête aux orbites creuses, intrigués, vers la source du bruit. Ceux-ci avaient été affectés à des tâches pour laquelle la vue n'avait pas été jugée nécessaire et se l'étaient faite brutalement retirée par leurs maîtres. Un esclave récemment capturé lança un furtif regard vers le Roi Hakkyou, soit qu'il n'eut pas compris les ordres qui lui avaient été enfoncés dans le crâne à grand renfort de coup de pieds, soit qu'il n'eut pas voulu les comprendre. Il fut brutalement cloué au sol par un Garde Noir qui leva son arme et décapita sommairement le fautif. Il ramassa la tête aux yeux révulsés et la tendit vers le maître de Commoragh afin que l'esclave puisse contempler dans la mort ce qui lui avait été interdit de voir dans la vie.




À suivre…




bon, j'avoue, cette partie parle surtout du passé du Roi Hakkyou, mais j'avais envie de raconter une grande bataille. C'est un peu un "guilty pleasure", mais la suite se recentre plus sur l'histoire, rassurez-vous…



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