Fiction: La Malédiction du Coeur

Temari est une lycéenne malheureuse. Brimée, victime de chantage affectif et d'attouchement de la part d'un de ses professeur, tout cela n'est rien face à ses blessures du cœur, à son horrible sentiment de culpabilité et à sa solitude. Pourquoi culpabilise-t-elle ? Est-elle réellement seule ? Bon gré mal gré, elle se retrouvera impliqué plus que de raison dans une rivalité et d'une malédiction vieille de plusieurs centaines d'années dont elle n'a même pas connaissance.
Classé: -12D | Romance / Science-Fiction / Suspens | Mots: 27348 | Comments: 73 | Favs: 78
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Ukya (Féminin), le 04/01/2009
Je vous présente ma première fan fiction ShikamaruxTemari (principalement, d'autres viendront vers le chapitre 5/6), qui me tient très à cœur. C'est un univers Alternatif, inspiré du roman Twilight, mais ni copié ni plagié. J'ai voulu jouer sur la rivalité amoureuse (triangles amoureux...etc), tout ceci compromis par un élément surnaturel.

Bonne lecture !




Chapitre 2: Peur



Chapitre 2 : Peur

Une semaine s'était écoulée. Temari continuait d'aller en cours et cachait sa peur et sa gêne. Tenten et Gaara n'étaient pas au courant des menaces et de la tentative de viol d'Hidan. Elle ne leur avait pas dit, elle ne voulait pas les inquiéter. Mais elle avait surtout peur de la réaction de Gaara si elle lui racontait ses horribles minutes passées avec son professeur: son frère serait certainement pris dans une de ses violentes crises, furieuses contre le professeur et contre lui-même -qui était le sujet du chantage-. La lycéenne avait peur du rouquin dans ces moments là, lui rappelant de mauvais souvenirs d'enfance où elle suppliait son frère de se calmer en pleurant. La jolie blonde faisait donc comme si de rien n'était, pressant Tenten à chaque cours de philosophie pour qu'elles partent en première. Hidan ne lui avait pas reparlé de cette fameuse entrevue et ne lui envoyait que des allusions discrètes et des sourires terrifiants. Lui se tenait à carreau, s'inquiétant de quelconques représailles. Mais l'odeur et la beauté de Temari était terriblement tentante, il avait beaucoup de mal à résister à pareil charme et ce, malgré les menaces de Shikamaru.


Le Konoha High School était une école immense avec quatre bâtiments différents: un réservé aux études littéraires, un autre aux études scientifiques, un pour les matières artistiques et le dernier où se trouvait toute la partie administration du lycée : le secrétariat, le réfectoire et le bureau du principal. Ses quatre bâtiments formaient un petit carré, entre les murs de ses bâtiments se tenait une petite cour avec une fontaine où les étudiants appréciaient flâner. Un immense gymnase pour la pratique sportive des lycéens était un peu à l'écart des autres bâtiments, mais ouvrait sur un magnifique parc. Le parc du lycée, le lieu de repos de tous les lycéens. Il y avait un grand lac où un concierge nourrissait des cygnes et des canards, on y retrouvait souvent les lycéens spécialisés en art joué de la musique ou dessiner le paysage. Un peu en bordure de ce lac, se tenait une petite forêt de conifère. Ce lycée prestigieux et paradis des écoliers et des enseignants montrait bien qu'il n'était réservé qu'à une certaine classe sociale, les personnes huppées et qui ont les moyens de se payer des études à la Konoha High School. Temari et Gaara étaient les enfants du maire de Suna, et si ce dernier versait de l'argent pour ses enfants, c'est uniquement pour payer l'école où étudient les deux adolescents, ce qui est la seule chose que ses enfants peuvent combler dans sa fierté. Tenten était la fille d'un imminent scientifique qui avait créé des armes pour lutter contre le terrorisme. Cette dernière n'était pas spécialement fière du travail de son père, mais ce dernier lui assurait que son travail assurait la paix dans laquelle vivait sa fille unique. Elle se permettait de remettre en doute ses propos. C'est donc en toute normalité que les adolescents étaient inscrits dans cette prestigieuse école et qu'ils se baladaient dans la forêt du parc. Il était 13h, et comme toujours, après manger Tenten et le frère et la sœur Sabaku marchaient sur l'herbe verte et sous le soleil radieux. Les deux jeunes filles riaient à gorge déployée et Gaara les écoutait, un écouteur dans une de ses oreilles et la main gauche dans la poche de son jean. Il était toujours comme ça quand il était avec les deux amies: il écoutait mais ne participait pas à la conversation. Pas que le sujet de leur propos l'ennuyait mais il n'avait rien à dire. C'était pareil lorsque Temari entrait en pleurs dans sa chambre, alors que ses nerfs craquaient ou que les monstres du passé la rattrapaient: il l'écoutait déballer ses malheurs mais ne la réconfortait pas, il posait à peine sa main sur son épaule. Gaara était très maladroit et associable. Mais cette distance que bâtissait inconsciemment le rouquin ne dérangeait pas les deux jeunes filles qui aimaient beaucoup Gaara.

Les trois lycéens avançaient donc dans la petite forêt à conifères, conscients qu'ils risquaient de rater leur première heure de cours. Mais ça leur était complètement égal. Ils jugeaient que cet instant passé ensemble était mille fois plus important qu'une heure de physique-chimie pour l'un, et une de japonais pour les deux autres. Gaara avait la tête baissée et regardait ses pieds qui marchaient au rythme de la batterie qui résonnait dans ses oreilles. Si bien qu'il ne vit pas l'ombre blonde lui foncer dessus. Il se retrouva par terre, les mains sur le chemin, sans aucune expression sur le visage. Sur lui était étendue une adolescente blonde aux cheveux courts, plutôt jolie aux yeux noisette, qui pleurait. Le regard émeraude du rouquin croisa celui embrumée de larme de l'inconnue, qui geignit avant de se relever en murmurant un "excuse-moi" à peine audible. Gaara fronça les sourcils, toujours assis par terre, et la fille allait s'enfuir. Mais Tenten ne l'entendait pas de cette oreille et attrapa le bras de la jeune fille, la forçant à la regarder dans les yeux.

_ Pourquoi tu pleures comme ça ?

Entre temps, Gaara s'était relevé avec l'aide de sa grande sœur. Ils fixaient sans un mot l'adolescent blonde, Akio qui était dans la classe de Gaara. Elle leur jeta une œillade, terrifiée d'être si proche de ceux qui étaient jugés comme "des déchets de l'humanité". Elle avait peur qu'ils lui fassent subir de quelconques tortures. Mais Tenten la regardait dans les yeux. Elle, la modèle de bon nombre de lycéenne. Forte et sensible à la fois. Akio ravala un hoquet et murmura en tremblant:

_ Là… là bas…


Elle pointait du doigt une direction, dans la forêt. Les trois lycéens froncèrent les sourcils en suivant ce lieu inconnu des yeux. La lycéenne blonde suppliait qu'on appelle les professeurs, que c'était horrible… Tenten continua de maintenir une pression brutale sur le bras de l'adolescente et ordonna d'un ton sec et autoritaire.

_ Gaara, Temari allez voir ce qu'il se passe. Nous on va aller prévenir les professeurs.

Les interpellés hochèrent la tête et les deux groupes se séparaient. L'un s'éloignait vers la forêt, l'autre au contraire, s'y engouffrait plus profondément. Gaara n'avait pas spécialement envie de se mêler à cette histoire, il s'en moquait plus qu'autre chose de ce qui avait pu faire pleurer sa camarade de classe. Mais c'était Tenten qui le lui avait demandé.

Temari espérait. Oui, elle espérait. Les larmes d'Akio lui avaient tant rappelée les siennes. Son visage était marqué par l'horreur, la peur, l'incompréhension. Elle espérait, au plus profond d'elle que ces blessures pourraient être comblées.

Les deux Sabaku s'arrêtèrent, arrivés sur les lieus. Il n'y avait pas d'erreur. Ce lieu expliquait bel et bien la peur dans les yeux d'Akio. Temari, qui d'habitude était si sure d'elle et un brin méprisante écarquilla les yeux de stupeurs et porta la main à sa bouche. Même Gaara, qui était connu pour être un homme impassible, accrocha violemment la manche de sa sœur et porta une main à son front, où était inscrit le caractère de "l'amour". Il rentrait dans une de ses crises.

Devant les lycéens, horrifiés et apeurés, se tenait une montagne de cadavre. Au sens propre comme au sens figuré. Devant leurs yeux ébahis, il y avait des corps méconnaissables empilés les uns sur les autres, du sang séché recouvrant presque toute cette montagne. Des bras, des jambes sortaient de ce flot de cadavres humains qui empestait la pourriture et l'odeur de la mort. Depuis combien de temps étaient-ils là ? Les Sabaku ne le savaient pas. Et bien que dégoutés par le tableau, ils n'arrivaient pas à détourner les yeux de cet atroce amas de corps humains. Combien de temps restèrent-ils là ? Nul ne le savait. Ils ne disaient rien, n'échangeaient pas de paroles. Des larmes coulaient sur les joues de la forte Temari, qui se posait qu'une seule question: "Se pourrait-il qu'ils soient l'un d'eux ?". Elle espérait sincèrement que non. Puis elle détourna son regard vers son petit frère.

Il était accroupi, une main sur le visage, et semblait en une lutte interne. L'odeur du sang, la vision du sang. Ça réveillait son esprit instable, sa partie de lui inhumaine et meurtrière. Gaara faisait peur à la blonde dans cet état là. Il devenait violent, vulgaire et ne se contrôlait plus. Elle s'accroupit à ses côtés et hurla le prénom de son frère, en le secouant violemment. Il lui jeta un regard, un regard rempli de haine. Elle le serra fort contre elle, l'étouffant à moitié et l'éloigna des cadavres en le berçant. Il reprit son calme au bout de quelques minutes, ses mains toujours agrippées au pull de sa sœur. C'est à ce moment là que Tenten et Akio arrivèrent, suivies de près par des professeurs et des élèves surexcités. Un silence pesant s'installa au moment où ils découvrirent les cadavres humains. Puis des cris stridents retentirent poussés par les élèves. Les professeurs étaient pâles, et éloignaient les élèves du lieu du crime. Des policiers étaient arrivés sur les lieux, alertés par la secrétaire. Ils commencèrent à prendre des photos, à interroger le principal qui désigna de la tête Temari, Gaara et Tenten qui les avaient rejoints. Le commissaire les approcha et les questionna:

_ Que faites-vous ici ? demanda-t-il d'une voix grave.

_ Je leur ai demandé d'aller voir ce qu'il se passait pendant que je vous prévenais. Justifia la brune aux macarons. Ils n'ont rien à voir avec cette histoire !

Les deux adultes leur jetèrent un regard suspicieux, pour ensuite leur ordonner de retourner en classe et de suivre les indications données par leurs professeurs. Temari jeta un vif coup d'œil à son professeur de philosophie: Il observait la scène sérieusement, sans une once de dégout dans le regard, semblant réfléchir. Un mélange de haine et de peur tirait ses traits, il n'avait pas vu le coup d'œil que lui lançait son élève.

_ Merde… pensait-il alors que les trois amis suivirent les directives de leurs professeurs. Ils m'ont retrouvé…

Il fixa un point invisible, entre les arbres de la forêt pour se retourner les mains dans les poches, s'installer en salle des professeurs comme les policiers leur avait ordonnés.

Quelques minutes plus tard, Temari et Tenten avaient rejoints leur classe et Gaara la sienne, de l'autre côté du bâtiment. Le professeur qui les surveillait était sorti pour savoir ce qu'il devait faire de ses élèves. Lorsqu'elles arrivèrent, les conversations se turent. Elles s'assirent en fond de classe et attendirent. Les murmures avaient repris de plus bel et les deux amies entendaient très bien ce qu'on disait d'elle:

_ Tu sais qu'on a retrouvé Gaara et Temari sur les lieux ?

_ C'est une famille de cinglée. Gaara a dû faire une de ces crises. C'est un monstre !

_ Je suis sur qu'il a violé ses filles et que Temari les a tabassées.

Temari écarquilla les yeux, stupéfaite. Les rumeurs allaient donc jusque là ? Mais qu'avaient donc dans la tête ces gosses de riches ? Ivre de fureur et de rage, elle voulait jeter par la fenêtre les imbéciles qui avaient osé profaner de telles imbécilités. Toute aussi blessantes et horribles qu'elle soit. Mais elle fut coupée par son élan par son amie, qui donna un violent coup sur la table pour s'écrier:


_ Vous n'avez pas bientôt fini de dire des conneries ? Ces personnes sont mortes. MORTES ! Et tout ce qui vous amuse, c'est vous mettre des ragots croustillants sous la dent ! Vous ne pensez pas au malheur que pourraient ressentir les amis de ces personnes, leur famille ! Et puis sachez que si Temari et Gaara étaient sur les lieux au moment où vous êtes arrivés, c'est uniquement parce qu'Akio, une élève de seconde, a retrouvé ses corps dans la forêt et que Temari et Gaara sont allés voir ce qu'il se passait ! Vous ne pouvez pas comprendre une chose aussi simple ?

Et elle éclata en sanglot, sous le regard ahuri des autres lycéens de la classe, honteux. Temari posa un bras sur l'épaule de son amie, en murmurant:


_ Qu'est-ce qu'il y a Tenten ? Tu sais j'ai l'habitude, ne pleure pas pour ça…

_ Si je ne l'avais pas fait, hoqueta la brune, tu aurais écartelé toutes les personnes présentes dans la salle... Je suis trop jeune pour mourir.

Temari ricana joyeusement. Qu'est-ce qu'elle adorait Tenten ! Toujours joyeuse, avec son sens de l'humour à toute épreuve. Mais la jolie blonde savait parfaitement que Tenten avait les mêmes craintes qu'elle. Elles espéraient toutes les deux quelque chose, espérant inlassablement que leurs craintes soient infondées.


Le professeur réapparut quelques instants plus tard, expliquant aux élèves qu'ils sortiraient à leurs horaires habituels et qu'ils resteraient dans cette classe pour aujourd'hui. Et avec un sourire malicieux, il les intima à une interrogation écrite de quatre heures pour les entraîner au brevet.

***

Il était 17h30, les adolescents sortaient du lycée en masse, discutant passionnément des évènements de l'après-midi. Gaara était parti pour son travail, Tenten et Temari avaient décidé de faire un petit détour vers le bureau du principal. Une envie et une crainte immense les amenait à écouter aux portes et à découvrir les résultats de l'enquête. Toute l'après-midi, le parc du lycée avait été rempli de policier, les professeurs s'absentaient pendant les cours… un vrai désordre !

Mais maintenant, Tenten et Temari étaient collées à la porte, essayant d'entendre quelques bribes de conversation.

_ Monsieur, marmonna une voix grave d'homme -un policier certainement. Nous venons de recevoir les résultats des autopsies, et nous avons découvert l'identité des victimes. Ils se trouvent que ce sont toutes des adolescentes, qui avaient disparu les mois derniers.

Les deux amies retinrent leur souffle, alors que le policier énumérait des noms qui leur étaient étranger. Une ou deux victimes avaient été dans leurs classes les années précédentes, mais jamais personne qui ne soit réellement proches d'elle. La liste des noms se termina, et la blonde et la brune soupirèrent de soulagement avant de se maudirent de leur geste. L'angoisse et les craintes qu'elles avaient accumulaient toute l'après-midi se retrouvaient infondées, et elles étaient soulagées alors qu'une quinzaine de jeunes filles soient mortes. Elles se sentaient à ce moment là incroyablement horrible…

_ Qui plus est, continua l'inspecteur, l'autopsie a révélé que les victimes ont été… violées avant d'être tuées avec une hargne et une violence peu commune. On présume que c'est un homme qui a violée ses pauvres jeunes filles, mais l'horreur dans laquelle on les a retrouvées laisse supposer qu'elles ont été tuées par une bête très dangereuse. Nous avons même l'impression qu'elles ont été vidées d'une grande quantité de sang… A ce stade de l'enquête, nous ne sommes pas très avancés et nous sommes encore dans le flou, sans compter que c'est une enquête extrêmement complexe.

Tenten et Temari jugèrent qu'elles en avaient assez entendu et s'éloignèrent, nauséeuse. Ses filles ont été violées et tuées. Et vu l'horrible spectacle dans lesquelles les Sabaku les avaient retrouvées, l'auteur de ces crimes doit être d'une force surhumaine…

Elles sortirent de l'école et marchèrent silencieusement, chacune rentrant chez elle. Temari se demandait si Hidan n'était pas mêlé à cette étrange affaire. Elle le voyait bien en train d'abuser de ses pauvres adolescentes, comme il avait essayé de le faire avec elle. Mais ça parait étonnement probable.


Les deux jeunes filles se séparèrent. Tenten emprunta des ruelles peu fréquentées pour rejoindre sa maison qui était en bordure de la ville, alors que Temari s'engouffrait dans le centre ville pour aller directement travailler dans un petit bar. Elle entra rapidement, saluant d'un signe de main son patron qui se tenait derrière le bar et servait de l'alcool à ses clients, et partit se changer. Elle n'aimait pas vraiment ce lieu, où se regroupaient vieux alcooliques malheureux en manque d'amour ou d'argent. Le bar sentait le tabac, les clients criaient et partaient dans des délires incompréhensibles sous les effets de l'alcool. Gaara l'avait supplié de démissionner et de prendre un autre travail, de peur qu'il ne lui arrive quoi que ce soit, mais elle avait refusé. Les offres d'emplois se faisaient rares ses derniers temps, elles ne pouvaient pas se permettre de démissionner et de vivre avec le médiocre salaire que gagnait Gaara en faisant la plonge. Déjà qu'ils avaient du mal en associant leur salaire… Temari serra son tablier de serveuse et sortit dans la salle où s'entassait les clients qui la sifflaient pour commencer son service.


***

Tenten serrait contre elle un livre, et marchait dans les rues sombres de Konoha. Avant de rentrer, elle avait décidé de passer à l'immense bibliothèque de la ville. Mais les heures avaient défilées, et la nuit était tombée depuis longtemps. Elle avait raté son dernier bus, et il fallait qu'elle marche jusqu'à chez elle dans la pénombre de la ville.

Elle l'avouait, la jolie fille brune avait peur. Qui n'aurait pas eu peur ? Konoha était une ville prestigieuse, riche et puissante, certes. Mais elle était également habitée d'hommes dangereux qui prendront un réel plaisir à abuser d'elle. Tenten savait se défendre, mais ça ne changeait pas la peur qui la gagnait. Depuis quand des baskets résonnaient-elles sur le béton ? Tenten s'arrêta, le bruit s'arrêta. Elle se retourna, et ne vit que la rue sombre et vide de monde. Personne n'était derrière elle. Elle reposa un pied sur le béton, un bruit de pas lui répondit. On la suivait. Effrayée, elle se mit à courir. Le bruit de pas se faisait lui aussi plus rapide, mais on le distinguait clairement maintenant. Elle avait beau se retourner, elle ne voyait personne derrière elle, ni au dessus, ni en dessous –sait-on jamais. Ce qui amplifiait son angoisse. Surtout suite aux événements de l'après-midi, où on avait retrouvé dans son lycée des cadavres de jeunes filles violées et atrocement tuées.

Elle se retrouvait sur une petite place maintenant, qu'elle reconnaîtrait entre mille. Le bruit de pas s'était tu, il y avait du monde maintenant. Mais prise de panique et d'angoisse, elle traversa la place décorée d'une magnifique fontaine sous la lumière des lampadaires. Elle ouvrit une porte d'un immeuble de trois étages et s'engouffra dans les escaliers, pour monter dans l'appartement des Sabaku.

La sonnette retentit dans l'appartement. Gaara, qui venait de sortir de la douche, avait les cheveux mouillés, et seul un jogging et un tee-shirt noir l'habillait. Une serviette sur les épaules pour ne pas mouiller ses vêtements, il soupira en pensant que sa sœur aînée avait une fois de plus oublié ses clefs. Il ouvrit la porte, et que ne fut pas sa surprise en trouvant sur le palier Tenten.

_ Bonsoir Gaara… haleta-t-elle. Ta sœur est là ?


L'adolescent laissa la jeune fille rentrer, et après avoir refermé la porte derrière elle murmura d'un air impassible.


_ Non. Elle travaille jusqu'à tard ce soir.

Il avait prononcé cette dernière parole d'un air goguenard, preuve qu'il n'acceptait pas que sa grande sœur travaille dans un milieu aussi mal fréquenté.

_ Tu as de la chance, continua-t-il, normalement je travaillais moi aussi.

Tenten sourit. Gaara était maladroit et froid, mais il était gentil, elle le savait. Elle était contente que son amie ait un frère comme lui. Le dit frère lui proposa de s'asseoir sur le vieux canapé du salon, et après lui avoir apporté un verre d'eau, s'installer à ses côtés. Il détailla minutieusement le visage de la meilleure amie de Temari: Tenten était essoufflée, son visage dégoulinant de sueur. Malgré son sourire éclatant, la peur était inscrite sur ses traits tendus, ses cheveux étaient légèrement décoiffés, quelques mèches s'échappaient de ses macarons.

Gaara fronça les sourcils et posa sa main sur l'épaule de la jeune fille:


_ Que s'est-il passé ?

Tenten lui sourit chaleureusement. Il la connaissait depuis longtemps, depuis qu'elle était amie avec Temari, ce n'était pas étonnant qu'il réussisse à lire sur son visage comme dans un livre ouvert. Ce que Tenten ne savait pas, c'était que ce n'était pas parce qu'ils se connaissaient depuis longtemps que le rouquin savait lire dans ses sentiments, mais c'était parce que ce dernier observait inlassablement la jolie brune sourire et rire aux côtés de sa sœur.

Tenten lui raconta tout, sans faiblir, sans trembler: la nuit noire, les pas calqués sur les siens, la course poursuite d'une personne qu'elle ne voyait pas. Et sa peur. Gaara l'écoutait sans l'interrompre. Plus les lèvres de la lycéenne bougeaient, plus Gaara s'approchait. Lorsqu'elle eut fini son discours, le Sabaku ne put plus se retenir: il emprisonna les lèvres de la jeune fille. Surprise par cet acte si soudain, elle le repoussa doucement, en poussant son torse. Gaara avait toujours cette même expression indéchiffrable sur le visage mais intérieurement, il pleurait de douleur et de tristesse. Au bout de quelques secondes gênantes, Tenten murmura:

_ Je suis désolé Gaara…je… Je ne peux pas les oublier… l'oublier.

Il ne répondit rien, se contentant de baigner dans le regard perdu et gêné de son interlocutrice. Cette dernière se leva, avec un petit sourire timide sur les lèvres à l'intention de Gaara. Elle se dirigea vers la porte, enfila son manteau et sortit. Mais une main stoppa son poignet, Gaara la retenait:

_ Je te raccompagne. C'est dangereux.

Elle écarquilla les yeux, pour baisser la tête vers le sol. Elle avait peur, mais elle ne voulait pas infliger ça à Gaara alors qu'elle l'avait repoussé. Tenten avait été aveugle: jusqu'à ce soir, elle avait ignoré les sentiments de Gaara, si clairs, si transparents dans ses yeux menthe à l'eau…

_ Je te remercie Gaara. Mais j'ai dû me faire des idées. A demain à l'école !

Et elle partit, elle quitta l'appartement. Gaara regarda sa silhouette descendre les escaliers, sans qu'il ne puisse l'arrêter pour la forcer à l'accompagner. Il avait encore mal. Il n'était pas le prince charmant qui faisait tout pour sa belle, même la protégeait alors qu'elle en aimait un autre. Lui, il ne pouvait pas faire ça. Il n'en avait pas la force. Peut-être que c'était vrai, ce nom "le démon qui n'aime que lui". Il aimait Tenten, mais n'était pas suffisamment passionné pour laisser sa douleur au placard et la pousser dans les bras d'un autre. Il n'aimait pas souffrir. De désespoir et de rage, il cogna le mur en face de lui de son poing. Ses jointures craquèrent, quelques perles de sangs coulèrent.

_ Merde… murmura-t-il.

***

Tenten était descendue de l'appartement et se retrouvait sur la place illuminée par quelques rares lampadaires. Elle s'engouffra dans quelques ruelles mal famées, perdue dans ses pensées. Le baiser de Gaara la hantait. Elle qui le considérait comme le petit frère qu'elle n'avait jamais eu, comment allait-elle devoir réagir demain au lycée ? Elle ne pouvait pas faire comme si de rien n'était, elle détestait blesser les autres. Mais elle n'avait pas pu faire autrement. Elle ne pouvait pas retourner vers quelqu'un, que ça soit Gaara ou quelqu'un d'autres. Son cœur ne le voulait pas. Elle ne pouvait pas effacer le passé, et elle ne voulait pas marcher vers l'avenir.

La jeune fille fut coupée dans ses sombres pensées quand elle entendit une nouvelle fois des pas clapoter sur le béton. Elle se retourna tout en reculant. Une ombre marchait silencieusement et tranquillement vers elle. Elle commença à courir, elle voulait s'enfuir vers une zone illuminée. Mais l'ombre l'avait rattrapée et était postée devant elle. Les poignets de Tenten étaient emprisonnés par une main glacée et un souffle chaud picotait son visage. Elle hurlait, se débattait, appelait à l'aide. Mais personne n'était là, et l'ombre semblait se délecter du spectacle que lui offrait sa victime. Doucement, il approcha son visage de l'épaule et du cou de la jeune fille. Elle sentait la vie s'échapper, du sang couler le long de son corps paralysé et c'est dans un cri déchirant que Tenten sombra et ferma les yeux.

***

Au même moment, au centre ville, Temari sortait du bar où elle travaillait. La soirée avait été éprouvante, refusant les avances grossières de ses clients et servant à des porcs de la bière, de la tequila et d'autres alcools qui les coulaient dans la dépression et l'ivresse. Temari s'autorisa un soupir et prit la route. Le bar n'était pas si loin de chez elle, mais il fallait qu'elle traverse des rues sombres et mal fréquentées. Elle n'avait pas peur, elle était forte, mais ses rues lui rappelaient de très mauvais souvenirs. Des souvenirs qui la hantaient chaque jour. Elle s'engouffra dans une de ses ruelles. Sans voir, sans entendre que quelqu'un la suivait. Elle était tranquille et réfléchissait à ce qu'elle pourrait préparer à manger ce soir. Temari était tellement perdue dans ses pensées qu'elle ne sentit pas son poursuivant s'approcher. C'est uniquement lorsqu'il plaqua une main contre sa bouche qu'elle étouffa un cri de surprise. La main qui l'empêchait de hurler était glacée. Le visage de l'homme derrière elle s'approcha de son oreille et murmura d'une voix suave mais pressée:

_ Il est temps de finir ce que l'on avait commencé…

Hidan. Elle n'eut pas le temps de répliquer, il la retourna violemment en face de lui et commença à déchirer ses vêtements. Il semblait presser et guetter quelqu'un ou quelque chose. Il semblait apeuré. Il murmurait des paroles incompréhensibles comme: "je n'ai plus rien à perdre" ou "ils m'ont retrouvé". Temari était en soutien-gorge devant lui, et il attaqua, massant avec ardeur la poitrine de la jeune fille et mordait violemment les épaules de Temari. Elle hurlait, elle se débattait et cognait mais l'homme était trop fort pour elle. Elle pensait que ce serait la fin. Elle repensa aux cadavres qu'on avait retrouvés dans la forêt du lycée. Allait-elle finir comme ça ? Elle aurait aimé dire à Gaara combien elle l'aimait avant de finir en charogne. Elle aurait aimé entendre le rire clair de Tenten avant. Elle aurait aimé revoir le visage de celui qu'elle aimait tant…

Alors qu'elle faisait des prières silencieuses, Hidan se détacha violemment de son corps et quelqu'un se posta en face d'elle. Le professeur de philosophie se retrouva par terre, regardant avec dédain et haine celui qui avait une fois de plus interrompu ses "activités". Il se releva et demanda:

_ C'est toi. C'est toi qui as déterré mes proies si bien cachées dans la forêt du lycée…

L'autre sourit d'un air mauvais.

_ Tu sais qu'on m'envoie maintenant pour t'éliminer, maintenant que l'on sait que tu ne suivais pas les règles…

Cette voix… Temari écarquilla les yeux de surprise et de joie. Hidan le regarda, mauvais et se jeta sur l'homme qui le para sans mal. L'homme aux cheveux blancs était dans une rage et une fureur jamais vue.

_ Arrête de jouer aux princes charmants !

Hidan sourit, dévoilant de magnifiques et terrifiantes dents blanches. Il s'apprêtait à sauter sur le sauveur de la blonde. Mais avant, ce dernier s'était retourné vers elle, un sourire narquois sur les lèvres. Ce visage… Elle rêvait, ce n'était pas possible. Une larme de joie coula sur la joue de Temari.

_ Tu m'en auras donné du fil à retordre, fille galère.

_ Shikamaru…

La main du Nara passa doucement devant les yeux de Temari. Ils se fermèrent doucement, et la dernière scène qu'elle put voir était celle d'Hidan qui fonçait sur le jeune homme à la queue de cheval. Puis elle s'endormit et tomba sur le sol humide de la ruelle.

A suivre...




Qui a remarqué que j'aimais les rues sombres où il n'y a personne ? Ça fait un peu répétition, mais c'est nécessaire pour l'histoire sinon ça ne serait pas drôle !

J'aime la dernière scène ! Vive Shika le prince charmant youhou ! Je suis contente j'ai réussi à faire parfaitement ce que je voulais !!! J'espère que ça vous a plu !




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