Fiction: La Malédiction du Coeur

Temari est une lycéenne malheureuse. Brimée, victime de chantage affectif et d'attouchement de la part d'un de ses professeur, tout cela n'est rien face à ses blessures du cœur, à son horrible sentiment de culpabilité et à sa solitude. Pourquoi culpabilise-t-elle ? Est-elle réellement seule ? Bon gré mal gré, elle se retrouvera impliqué plus que de raison dans une rivalité et d'une malédiction vieille de plusieurs centaines d'années dont elle n'a même pas connaissance.
Classé: -12D | Romance / Science-Fiction / Suspens | Mots: 27348 | Comments: 73 | Favs: 78
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Ukya (Féminin), le 04/01/2009
Je vous présente ma première fan-fiction ShikamaruxTemari (principalement, d'autres viendront vers le chapitre 5/6), qui me tient très à cœur. C'est un univers Alternatif, inspiré du roman Twilight, mais ni copié ni plagié. J'ai voulu jouer sur la rivalité amoureuse (triangles amoureux...etc), tout ceci compromis par un élément surnaturel.

Bonne lecture !




Chapitre 1: Comme tous les matins…



Chapitre 1 : Comme tous les matins…



La jeune femme resserra son écharpe autour de son cou et inspira l’air frais de la ville. Konoha enfilait son manteau d’hivers, la neige tombait à gros flocons. L’adolescente souffla dans ses mains pour les réchauffer, ayant oublié ses gants le matin même à son appartement. La jeune fille était grande, ce qui était sa grande fierté. Elle dépassait la plupart des garçons de son âge. Sa chevelure était blonde comme le blé et sauvage, telle une crinière de fauve. Lâchés et lui tombant jusqu’au bas des épaules, elle attachait généralement ses cheveux en quatre couettes rebelles, propres à son caractère. Ses yeux étaient d’un vert émeraude, d’un vert nature brillant et hautain. Une magnifique jeune fille en somme, qui avait de magnifiques attributs féminins qui en faisait envier plus d’un. Temari était accompagné de son petit frère. Un adolescent de taille moyenne plus petit que son aînée. Il avait de magnifique cheveux couleur flammes, coiffés en bataille comme toujours. Ses yeux étaient aussi verts que ceux de sa grande sœur, cernés d’un noir profond. Son regard était neutre, et terrifiait bon nombre de personne qui s’écartaient sur son passage.

Gaara la regardait impassible, comme si le froid n’avait aucun effet sur lui. Il enleva ses gants rouges et les tendit à sa grande sœur qui les accepta en remerciant chaleureusement son cadet. Voilà cinq minutes qu’ils marchaient pour gagner le lycée où ils étudiaient quotidiennement, et déjà les deux adolescents étaient frigorifiés. Pas étonnant quand on sait qu’ils sont originaires de Suna, la deuxième puissante ville du pays où, en hivers, la température la plus basse avoisinait les 20°C. Voilà cinq minutes qu’ils marchaient pour aller étudier, mais aucun son n’était sortit de la bouche des deux jeunes. Pas qu’ils ne s’entendaient pas, mais tous deux étaient en proie à de grandes blessures du cœur, les ayant habitués à la solitude et au silence. Ils se comprenaient mais ne parlaient pas. Ils ne savaient pas mettre de mots sur leur douleur. L’un savait parfaitement que ça n’allait pas, mais ne pouvait rien faire pour panser la blessure de l’autre, ne pouvant lui donner comme réconfort la porte du silence. C’était une sorte de pacte qu’ils avaient conclus entre eux, un accord tacite.



Comme tous les matins, Gaara et Temari passèrent devant une rue, déserte, sale, où seuls des chats cherchaient à manger dans les poubelles. Une rue quelconque, où personne n’aurait aimé s’aventurer. Mais les deux Sabaku s’étaient arrêtés devant cette rue, et leurs yeux verts étaient posés sur le sol de cette rue. Temari avait un air triste sur le visage, et des larmes menaçaient de s’échapper et de couler sur ses joues rougies par le froid. Ce sentiment de vide, de rancœur et de regret, elle le ressentait quotidiennement, à chaque croisement de rue, à chaque parole qu’elle prononçait. Il ne lui restait plus que deux personnes à protéger, et elle avait peur de les perdre, elle aussi… Comme tous les matins. Gaara paraissait vide d’émotions, comme toujours, mais pourtant une bataille se livrait à l’intérieur de lui. Tristesse, colère, désespoir, haine… Tous ses sentiments vivaient, il les ressentait, ils tournaient, s’entrechoquaient au fond de lui, malgré son expression impassible. Le rouquin n’était pas un monstre dépourvu de sentiments comme certains s’amusaient à le penser. Après quelques minutes à détailler du regard cette impasse, les adolescents reprirent leur route en direction de l’école. Comme à leur habitude. Et comme toujours, tapi dans l’ombre de la ruelle, un homme invisible aux yeux de tous les regardait partir, une once de culpabilité et de regret dans le regard, avant de repartir à son tour.



Les fraternels arrivèrent devant l’immense porte du Konoha High School. Une foule d’élèves était entassée, attendant que les portes du lycée s’ouvrent. Gaara et Temari se séparèrent, l’un s’éloignant du groupe d’élèves pour rester seul à écouter de la musique et l’autre s’approcha d’une fille, souriante à l’approche de son amie. Tenten était une très jolie fille, presque aussi belle que Temari. Un visage enfantin, le visage bronzé. Des yeux pétillants de vie et de joie qui attiraient grand nombre de personnes. Ses cheveux bruns étaient coiffés en deux parfaits macarons, montrant quelle ne reniait pas ses origines asiatiques. Elle n’était pas très bien habillée, elle avait pioché des vêtements aux hasards. Mais ça lui donnait un certain charme, ce désintérêt et ce naturel. Comme tous les matins, les deux filles s’enlacèrent avec force. Certains pensaient que Tenten et Temari sortaient ensemble. Ce n’était pas le cas, elles n’étaient que de grandes amies qui se connaissaient depuis longtemps. Mais cet élan d’affection fort était une manière à elles de vérifier que l’autre était bien là. Peu de personnes pouvaient comprendre donc elles ne se justifiaient pas. Elles avaient vécu des choses trop dures.

_ Comment ça va ma vieille ? demanda Tenten, brisant leur échange affectif.

_ Moyen, comme d’hab.



Tenten fronça les sourcils, donna une violente frappe dans le dos de sa meilleure amie et lui fit un magnifique sourire digne d’une pub Colgate.



_ Allez Tema’ ! Je t’ai connue plus forte que ça ! Prends exemple sur la magnifique Tenten et sourit !



Temari sourit puis éclata de rire. La chinoise la suivit, et leurs rires aigus retentirent dans toute la foule. Tenten était forte, elle le pensait sincèrement. Elle arrivait à remonter le moral des autres alors qu’elle pleurait intérieurement. Elle arrivait à rire malgré son immense chagrin, ce que Temari n’arrivait plus à faire seule. Rien que pour ces petites choses, la blonde l’admirait et l’adorait. Peu de personnes avaient la chance d’avoir une amie comme Tenten.



Le portail s’ouvrit, et tous les lycéens s’engouffrèrent à l’intérieur de l’école. Au passage des deux jeunes filles, les discussions se taisaient et les murmures réprobateurs naissaient. Tenten était plutôt appréciée dans le lycée. Elle était drôle, pleine de vie, énergique et répandait sur son passage le bonheur et la joie. Contrairement à Temari, qu’on qualifiait comme une fille facile, une hypocrite et surtout, une fille dangereuse.



_ Tu as vu ? C’est Temari-la-folle… Elle ose encore venir ?

_ Pourquoi Tenten traîne-t-elle avec cette garce ? Tu crois qu'elles sortent ensemble ?



Cette dernière lança un regard noir aux filles qui avaient prononcé ses mots, qui baissèrent la tête et continuèrent de blâmer la blonde, suivi bientôt de tous les élèves qui les entouraient.



_ Il parait qu’elle a couché avec un prof !

_ Moi, j’ai entendu dire qu’elle faisait du trafic de drogue…

_ Ce n’est pas ça le pire. Elle est très dangereuse et complètement frappée. Il parait que…



Mais déjà, Temari ne les écoutait plus. Voilà bien longtemps qu’elle n’accordait plus la moindre importance à ces ragots. Elle avait dix-huit ans, et avait connu des horreurs et des chagrins tels, que de pauvres rumeurs infondées n’allaient pas la décourager.

Les deux jeunes filles arrivèrent à leurs casiers, silencieuses. Tenten était énervée contre l’attitude de son amie, qui laissait ces stupides rumeurs aller de bon train sans broncher. Avant, elle frappait quiconque calomniait sur son dos. Avant, Temari était plus joyeuse. Avant, Temari riait et était entourée d’une foule de gens qui l’appréciaient. Avant…



Un garçon brun, qu’on pouvait juger plus téméraire que les autres s’approcha du casier de la blonde aux cheveux détachés et lui sourit, se voulant charmeur :



_ Alors c’est toi Temari Sabaku ?



Elle ne lui répondit pas, continuant à ranger ses livres dans la boîte de fer. Elle en avait marre de ces petits cons qui l’abordaient dans le seul espoir de coucher avec elle. Tous les garçons étaient comme ça. Elle n’en avait connu qu’un seul différent des autres. Mais il n’était plus là. Temari soupira bruyamment, pour montrer à ce coureur de jupon qu’il l’ennuyait au plus haut point. Mais il n’en démordit pas et prit une mèche blonde entre ses doigts et murmura à son oreille :



_ Tu es magnifique. Ce serait dommage qu’une si jolie jeune fille reste seule et…muette non ? Tu veux que je m’occupe de toi ?



Il essuya un regard glacial en guise de réponse. La blonde détestait ce genre de mec qui considéraient les femmes comme des objets ou pire, comme le sexe faible. Temari prit une profonde inspiration, se murmurant à elle-même " Il ne mérite même pas que tu le frappes ce con ". Mais c’est lui qui renonça le premier. Il s’écarta d’elle en haussant les épaules et en s’écriant à l’assemblée qui s’était formée autour d’eux :



_ Rien à faire. Elle est aussi barje et coincée que son imbécile de petit frère…



La chose à ne pas dire. Dans la seconde qui suivit, le garçon se retrouva plaquer violemment contre les casiers, soulevé par le col. La blonde approcha son visage à quelques centimètres du sien et marmonna d’un air glacial :



_ Ecoute-moi bien p’tit con. Que tu me considères comme un objet, une pute, c’est limite. Que toi et tes p’tits copains pensiez que je suis un déchet de la société à exclure passe encore. Mais ne t’avise plus jamais de dire du mal de Gaara. Ou de Tenten. Car sinon, je ferai de la bouillie de ta p’tite gueule d’ange et remettrais en jeu toute ta descendance. Même ta mère ne te reconnaîtra pas. Clair ?



Le garçon ne réagit pas immédiatement. Il était terrifié. Temari avait prononcé ces mots avec un calme à toute épreuve, insistant clairement sur tous les mots qu’elle prononçait. A chaque menace qu’elle avait prononcée, elle avait resserré la pression sur son tee-shirt. Il déglutit. Attendant toujours une réaction, elle le poussa de son bras libre contre les cages de fer et elle hurla : C’est clair ?

Le garçon hocha la tête et cria un oui. Un sourire satisfait apparut sur les lèvres de Temari et elle le lâcha d’un coup. Il tomba sur les fesses et s’écarta rapidement de la blonde. Des murmures retentirent mais Temari n’y accorda aucune importance. Elle remplit son sac, le jeta sur ses épaules et s’écarta de l’assemblée pour se rendre à son premier cour accompagnée de Tenten, qui avait assisté à la scène, ennuyée.



_ Waouh ! s’écria cette dernière. Tu tabasserais toute personne me faisant du mal ?



La blonde ne répondit rien. La réponse était claire comme l’eau de roche. Quiconque osait faire du mal à ceux qu’elle aimait, elle leur rendrait au centuple. Elle se l’était juré il y a un an. La jolie chinoise, devant le silence de son amie, soupira et marmonna :



_ Tu sais Tema’… c’est gentil mais à choisir, je n’aimerais pas que tu te donnes du mal pour moi…



La blonde passa une mèche de cheveux derrière son oreille et fronça les sourcils. Que voulait-elle dire ?



_ Disons que… je ne veux pas que tu souffres à cause de moi.



Temari sourit devant l’immense générosité dont faisait preuve son amie, et lui embrassa la joue. Tenten essuya sa joue en faisant mine d’être dégoutée, mais elle avait conscience que Temari se moquait de souffrir. Elle ne voulait pas qu’on lui enlève encore ce qu’elle avait.



Les deux amies entrèrent dans une salle de classe, où allait se dérouler leur cours de philosophie. Elles s’installèrent à côté, en fond de classe, et sortirent leurs affaires. Temari aimait cette matière, bien que leur professeur soit relativement étrange. Hidan, un grand homme aux cheveux grisâtres qui avait pourtant le visage d’un homme de vingt-cinq ans. Beau garçon, il attirait de nombreuses lycéennes. Il était certainement le professeur du lycée qui collectionnait les déclarations d’amour enflammées des élèves. Il avait certes, quelque chose d’envoûtant, de mystérieux. Pourtant c’était un enseignant très étrange : bien que professeur de philosophie, matière si subtile et subjective, il semblait vouloir donner comme réponse à toutes ces questions existentielles la présence d’un dieu inconnu dont il vantait constamment les mérites. Puis il parlait d’amour d’une bien singulière manière : comme d’une fatalité, d’une malédiction sur laquelle on se casse les dents. Mais plus étrange encore, Hidan avait la mauvaise habitude de s’approcher dangereusement de ses élèves de sexe féminin, leur murmurant à l’oreille ou posant sa main froide sur leur épaule.

Une fois que tous les élèves furent installés, le professeur commença son cours sur une note désagréable :



_ J’ai corrigé vos dernières dissertations… J’ai été assez déçu dans l’ensemble.



Frissonnement général. Les élèves attendaient, craintifs, les copies devant leur bureau. Certains soupiraient de soulagement, mais généralement c’était des grimaces ou des visages blêmes qui accueillaient les feuilles que le professeur leur rendait. Tenten était plutôt soulagée. Sur sa feuille était inscrit en rouge « 13/20 » avec comme commentaire : « De bonnes idées, mais qui ne sont pas suffisamment bien développées et claires. Revoir la rédaction ! ». D’un côté, elle avait été déçue, ce sujet lui tenait vraiment à cœur et elle s’était énormément investie.

Temari attendait son devoir, impassible. Elle se moquait bien de la note que pourrait lui mettre le professeur car elle avait écrit ce qu’elle pensait, sans grandes phrases et beaux sentiments. Ce sujet était tombé à point, elle avait eu besoin de se défouler sur une feuille de papier. La dernière copie allait être distribuée, celle de Temari. Tous les yeux étaient rivés sur elle. Temari était une excellente élève : studieuse, brillante et prometteuse. Ce qui renforçait le vif intérêt des rumeurs : qu’une fille aussi jolie –car elle l’était- et intelligente puisse être si mystérieuse, si étrange et terrifiante était intriguant. Hidan s’approcha de la blonde, s’arrêta et posa sa main dans le cou de l’adolescente –comme à son habitude- et murmura :



_ Mademoiselle Sabaku, vous viendrez me voir à la fin de l’heure.



Et il s’éloigna d’elle et commença son cours sur cette question existentielle : « Mais qu’est-ce que la vérité ? »





La fin de l’heure sonna et les lycéens rangèrent leurs affaires.



_ Tu veux que je t’attende ? demanda Tenten à son amie qui s’apprêtait à rejoindre le professeur.

_ Non, je ne veux pas te priver de ta récré ! répondit Temari dans un immense sourire.



Elles se quittèrent d’un signe de main et la jolie blonde s’approcha nonchalamment du bureau du professeur de philosophie.



_ Mademoiselle Sabaku, demanda Hidan après avoir dévoré la jeune fille des yeux, rappelez-moi quel était le sujet de la dissertation.



_ « Ce qui touche les autres est-il plus terrifiant que ce qui nous touche personnellement ? » débita-t-elle.



L’homme sourit, satisfait, et il fit glisser la dissertation sur le bureau vers l’adolescente. Ce devoir était noté d’un magnifique 18. Temari la regarda sans un mot, sans la toucher.



_ Je tenais à vous féliciter personnellement pour ce magnifique devoir.



La blonde sourit, et posa sa main sur sa feuille pour la lire, comme si ce devoir avait été écrit par quelqu’un d’autre. Mais lorsque sa main frôla la dissertation, la main glacée du professeur attrapa celle, chaude, de la jeune fille. Elle fronça les sourcils et essaya de dégager sa main. Mais la poigne de l’homme était étonnement dure et puissante, elle ne bougea pas. Hidan avait un fin sourire satisfait peint sur ses lèvres et tira la main de l’adolescente. Temari se trouva penchée sur le bureau, une jambe en l’air et le visage collé à celui de son professeur. Il plongea son regard dans celui de la jeune fille, ce même sourire immonde sur le visage. Il approcha ses lèvres des oreilles de la jolie blonde tout en caressant de sa main libre la joue de sa victime.



_ Vous êtes une excellente élève Sabaku. Une récompense à la hauteur de votre image est amplement méritée.



Et l’homme commença à déposa de furtifs baisers sur le cou de Temari. Elle essaya de se dégager, de hurler mais l’homme aux cheveux gris était très fort, elle n’arrivait pas à décoller leurs deux corps. Dans une dernière tentative désespérée, elle s’apprêta à gifler son professeur pour qu’il la lâche. Les lèvres d’Hidan se décollèrent du cou de la demoiselle pour dire d’un ton sec :



_ Je pourrais faire virer votre frère.



La main de Temari s’arrêta dans un contrôle parfait à quelques millimètres de la joue de son professeur. Elle écarquilla les yeux, crédule, attendant des explications.

_ Je connais votre situation familiale. Si votre jeune frère se fait virer, il n’aura plus rien. Tout ce qu’il a, c’est un avenir professionnel tout tracé. Pas d’amis, pas de mère, un père haineux. Si on lui enlève ce qui lui reste, Gaara ne sera plus qu’une coquille vide qui demande vengeance. Et vous savez aussi bien que moi que l’état psychologique de votre frère est très… instable. Dommage n’est-ce pas ? La vie n’aura pas épargné ce pauvre garçon. LA seule personne qui peut le sauver c’est sa grande-sœur aimante…



Temari ouvrit la bouche pour la refermer ensuite. Comment diable cet homme pouvait-il en savoir autant sur leur vie ? Elle se mordit la lèvre, et Hidan l’acheva :



_ Moi ça m’est égal, des adolescentes à mes pieds j’en ai à la pelle. Mais lui, lui n’a rien. Et toi, il ne te reste que lui. Serais-tu ce genre d’égoïste, capable de vendre les autres pour son petit bonheur ?



Il désigna du regard la copie presque parfait de Temari. Elle ferma les yeux, se mordit la lèvre, et une larme coula. Dans un ultime supplice, elle murmura :



_ Arrêtez… s’il vous plait…



Le professeur sourit de toutes ses dents blanches et continua son exploration du corps de la jeune fille, en la faisant contourner le bureau et l'installer sur le bureau assise devant lui. Tout en continuant de se délecter du cou de la jeune fille, il descendit sa main sous son tee-shirt et dessina des ronds autour du nombril. Sa main froide glaça Temari, qui se retint de hurler ou de gémir de douleur et d’humiliation. Et elle savait que ceci n’était rien comparé à ce qui l’attendait ensuite. La main du professeur remonta vers sa poitrine généreuse, et il la malaxa avec envie et plaisir. Ses lèvres goûtèrent en même temps l’épaule droite de Temari. D’une main qu’il libéra de l’emprise des seins provocateurs, il commença à baisser le pantalon de la lycéenne. Temari fermait les yeux, des larmes coulaient lentement sur ses joues. Elle serra le poing pour oublier cette humiliation et la souffrance à venir. Des visages défilaient dans sa tête. Tenten, Gaara, eux, lui et surtout… Ces supplications silencieuses sortirent de ses lèvres sous la forme d’un prénom. Un prénom qu’elle prononça si faiblement que même Hidan, qui s’attardait sur les formes de l’adolescente avant d’entamer une exploration interne du corps de cette dernière, ne l’entendit pas.



Comme par enchantement, lorsqu’elle murmura ce prénom énigmatique, le fond de l’air se glaça, l’ambiance de la pièce se refroidit. Un vent frais et maléfique traversa la pièce qui avait pourtant ses fenêtres fermées. Hidan releva la tête et porta son attention sur autre chose que le corps magnifique de Temari. Il sourit, un sourire mêlant sadisme, joie, déception… et un peu de peur. Le vent dans la pièce souffla plus fort et la blonde se concentra sur ce phénomène surnaturel plutôt que sur les mains baladeuses de son professeur. Ce dernier poussa un énorme soupir et se dégagea de l’adolescente en marmonnant :



_ On reprendra plus tard. File.



Le ton de sa voix avait changé. Habituellement elle était mielleuse, calme, avenante et enjôleuse malgré les propos durs qui sortaient de sa bouche. Là elle était cassante, sèche et n’attendait aucune réponse ni aucun supplice.

Temari ne se fit pas prier. Elle s’écarta de l’homme et remonta son pantalon tout en effaçant d’un revers de main l’eau salée qui avait inondées ses joues. Elle remercia une quelconque divinité d’avoir mis fin à son enfer. Elle posa sa main sur la poignée de la porte de la salle, tout en prenant son temps. Elle avait une fierté à garder, elle ne voulait pas lui donner le plaisir de voir ses blessures et sa profonde humiliation. La jolie blonde ferma la porte derrière elle et se mit à courir dans les couloirs du lycée. De peur, d’humiliation. Elle retenait difficilement les larmes qui coulaient sur ses joues et les autres se retournaient à son passage. Elle courra jusqu’aux toilettes des filles où elle s’engouffra.





Dans la salle de philosophie, Hidan était debout devant le tableau et se massait les yeux avec ses doigts. Puis un sourire mauvais naquit sur ses lèvres et il s’écria :



_ Tu resteras longtemps cacher comme ça ? Viens donc me cracher ta colère en face voyons !



Il avait retrouvé sa voix avenante et mielleuse. Sans se faire prier, un homme sortit d’un coin mort de la classe caché par de l’ombre. Dévoilant son visage à Hidan –qui connaissait déjà son identité-, l’inconnu s’approcha de lui, les mains dans les poches, une moue désintéressée sur le visage. Toutes personnes ne connaissant pas ce garçon aurait rit de sa démarche lente et de sa carrure peu imposante. Mais le professeur le connaissait bien et savait que derrière cette expression impassible, l’homme bouillonnait d’une rage contenue. Il s’arrêta à quelques mètres du professeur et n’ouvrit pas la bouche. Hidan rompit ce silence dérangeant.



_ Tu n’aimes pas qu’on touche à tes affaires personnelles hein ? Tu m’as presque fais peur en dégageant ton aura bestiale et glaciale.



L’inconnu fronça à peine les sourcils, cherchant où son interlocuteur voulait en venir.



_ Je te comprends, continua-t-il en haussant les épaules, elle dégage une odeur irrésistible et a le corps d’une déesse. On en mangerait.



Sans crier gare et dans un calme absolu, l’homme attrapa Hidan par la gorge et le plaqua contre le tableau avec une force telle que ce dernier se fissura. Le professeur regardait toujours son interlocuteur en souriant de manière machiavélique. L’autre n’avait plus cette expression ennuyée sur le visage. Sa main droite était encore cachée dans la poche de son jean.



_ Es-tu assez stupide pour me provoquer dans un moment pareil ? marmonna l’homme d’une voix grave.

_ Non, je suis juste taquin et courageux. Jashin me protège.

_ Trêve de plaisanterie Hidan. Tu laisses Temari tranquille, sinon…

_ Sinon quoi ? répondit l’autre. Si tu crois que tu me fais peur.

_ Tu devrais pourtant. Toi tu n’es qu’un déserteur, ce n’est qu’une question de temps

pour qu’on me demande de t’éliminer officiellement. Et je suis plus fort que toi, tu le sais.

_ Surtout quand il s’agit de cette fille hein ? Ne me dis pas que tu serais…



L’inconnu ne répondit pas, et les hommes se regardèrent quelques instants en chiens de faïence dans un silence religieux. Puis l’inconnu lâcha Hidan qui retomba parfaitement sur ses pieds en se massant la gorge. L’autre se retourna pour partir, mais le professeur lui tendit une feuille avec toujours ce même sourire carnassier sur les lèvres.



_ T’es tu déjà demandé ce qu’elle ressentait avant de jouer aux chevaliers servants anonymes ? C’est pourtant suffisamment clair…



L’homme fronça les sourcils et attrapa la feuille d’un air ennuyé et la parcourra des yeux. Le devoir de Temari. Son visage prit une teinte de tristesse alors qu’Hidan jubilait devant l’air malheureux de son interlocuteur. Ce dernier froissa la dissertation et la jeta dans la poubelle, troublé.



Il s’en alla comme il était venu, disparaissant dans l’ombre du coin de la salle. Avant de partir, il pensa à voix haute :



_ Galère…





Temari entra dans les toilettes des filles. Elle retenait difficilement ses larmes de couler, et détourna le regard devant quelques lycéennes qui se maquillaient en riant devant le lavabo. Elles se turent quand elles aperçurent l’adolescente aux yeux émeraude et murmurèrent entre elles.



_ Encore ces rumeurs… pensa Temari.



Elle s’engouffra dans un cabinet vide où étaient inscrits sur la porte verte des messages que la jeune fille jugeait débiles. Elle eut la chance d’entrer dans des toilettes qui étaient approximativement propres et s’agenouilla par terre, la tête au dessus de la cuvette et de l’eau. Là elle laissa libre cours à ses larmes. Elle se sentait terriblement vulnérable et faible, et détestait ce sentiment. Elle avait toujours été une fille forte, emmenant ses frères jusqu’à Konoha pour qu’ils poursuivent tous les trois leurs études, alors qu’elle travaillait dur comme serveuse dans un petit bar où s’entassaient alcooliques et vieux pervers malheureux. C’était un choix à faire, elle avait tout sacrifié pour leur avenir : leur vie familiale avec un père haineux, une vie de château en tant qu’enfants du maire de Suna, leurs amis. Leur arrivée à Konoha s’était bien passée, ils avaient été accompagné par Yasamaru leur tante. Leur père leur envoyait de grosses sommes d’argent pour qu’ils subviennent à leurs besoins. Ils avaient dix ans. Puis aux seize ans de Temari, Yashamaru mourut de maladie. Et après ça, plus le temps passait, moins ils recevaient leurs allocations, jusqu’à ce qu’ils se retrouvent sans le sou. Et Temari dut se mettre à travailler en tant que serveuse, puis Gaara s’était mis récemment à travailler à la plonge d’un restaurant huppé pour aider sa sœur. Ils se débrouillaient plutôt bien et avaient réussi à gagner leur indépendance. Mais la vie avait été dure avec eux.



Et Temari n’en pouvait plus. Elle n’en pouvait plus des rumeurs, de tous ces murmures à chaque fois qu’elle passait. Elle en avait marre de ses hommes qui la prenaient pour une fille facile et l’abordaient avec comme seul objectif de la retrouver dans leur lit. Elle n’en pouvait plus de jouer la dure, alors qu’elle avait terriblement besoin d’aide. Elle n’en pouvait plus de ne pas réussir à protéger son frère. Elle n’en pouvait plus de ce sentiment de culpabilité. Elle n’en pouvait plus d’être seule.



Alors, comme souvent, elle ouvrit son sac. Elle en sortit sa trousse, qu’elle posa à ses pieds. Elle avança son bras au dessus de la cuvette et de son autre main ouvrit sa trousse. Elle en sortit un compas, aiguisé et abimé. Elle approcha l’objet de son poignet, ferma les yeux et coupa. Elle gémit de douleur, mais elle ne s’arrêta pas pour autant. Elle continua. Du sang perla et coula le long de son bras pour tomber dans l’eau des toilettes. Les larmes de douleur et de tristesse l’accompagnant. Depuis quelques temps, ce rituel se répétait dans les toilettes et ni Gaara ni Tenten n’était au courant.



C’était son secret. Le secret de sa souffrance.



A suivre…



Voilà ma deuxième fan-fiction sur ShikaTema. Un AU, un peu Out Of Character j’ai l’impression. Mais je l’aime bien. J’ai plein d’idées pour cette fan-fiction, et j’ai hâte d’écrire la suite ! Mes chapitres seront peut-être un peu long (9 pages word écriture 12)

Quel est le secret d’Hidan ?

Pourquoi Temari est-elle si malheureuse et pourquoi culpabilise-t-elle ?

Pourquoi Shikamaru se cache-t-il de Temari ? Et qu’est-ce qu’Hidan voulait dire par « Ne me dis pas que tu serais… »


Ce sont les mystères qui seront résolus dans les prochains chapitres.




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