Attention, cette fanfiction de Naruto est catégoriée spoil, c'est à dire qu'elle peut évoquer des passages du manga qui ont été publié au Japon mais pas encore en France. Sa lecture est donc susceptible de vous gacher le plaisir proccuré par le manga. Pour enlever ce message et voir toutes sections Spoil du site, rendez vous dans vos options membres.


Fiction: Rebelles

Traumatisé par ce qu’il a vécu chez Orochimaru, Sasuke revient dans son village natal qu’il retrouve à feu et à sang… Une véritable ruine… Seules quelques maisons ont subsistées… Les gens mendient dans les rues… Ils n’ont pas de toit… Sasuke va retrouver certains de ses amis et se joindre à l’armée de rebelles qui lutte contre le tyran qui a prit le pouvoir de force…
Classé: -16D | Spoil | Action/Aventure / Drame / Romance | Mots: 24325 | Comments: 29 | Favs: 38
Version imprimable
Aller au
Rin Uzumaki (Féminin), le 22/07/2008
Une fiction un peu différentes de celle que je fais d'habitude ! Eh oui Sasuke a la place d'honneur ! Mais non je ne le fais pas souffrir ! Bonne lecture ! Lâchez vos coms !



Chapitre 1: Retrouver ma liberté...



Chapitre 1 : Retrouver ma liberté…

J’ai mal… Si mal… Je souffre le martyre… Je n’ai plus qu’une seule envie, mourir… Partir… Loin, si loin… Me réveiller et comprendre que tout cela n’est qu’un rêve, tout droit sorti de mon imagination… Mais non… Tout cela est bien réel… Ce n’est pas un cauchemar, c’est devenu ma réalité… À moi, Sasuke Uchiwa… Le traître qui a quitté le village de Konoha pour rejoindre Orochimaru… Depuis cette erreur, il ne me reste que les rêves pour m’évader… Pour croire que tout est comme avant… Que je suis encore là bas… À Konoha… Entouré de chaleur humaine… Là-bas, personne ne me force à faire quoi que ce soit contre ma volonté… C’est mon paradis… Il n’y a que là que j’échappe à ma douleur…

Ici… Ici, dans ce gouffre noir et sans fond… Dans cette caverne isolée… Dans cet endroit qui fait froid dans le dos… C’est l’enfer… Je croyais ignorer la peur… Je croyais être fort… Je n’étais pas préparé à ce qui m’attendait… Je ne savais pas… Je ne voulais pas…
Maintenant, j’accepte tout pour ne pas souffrir plus… Je m’enveloppe dans une carapace de protection pour ne plus rien ressentir… Je suis devenu un robot… Une véritable machine à tuer… Je ne pense plus… Je ne réfléchis plus… Je n’en trouve plus la force… Je n’ai pas envie de voir la loque que je suis devenue… Je ne me regarde plus en face… Je suis devenu un monstre… Un monstre qui souffre… Un monstre sans personnalité d’aucune sorte… Un monstre qui tue…

Je suis fatigué… Je suis lassé de vivre… Je me dégoûte… Ils le savent bien… Eux, Orochimaru et Kabuto… C’est leur but… Plus je m’affaiblis et plus il sera facile de me prendre mon corps, de me voler mon cœur… Je m’en fiche… Pourquoi pas, après tout ? Si Orochimaru prend mon corps, il lui sera facile de tuer Itachi, après tout, c’est mon but, non ? Je ne sais pas… Je ne sais plus… Je crois… Je crois que j’oublie pourquoi je suis ici… Ils doivent me droguer… Quelle importance !

Mes journées sont toujours longues… Crevantes… N’importe qui en mourrait d’épuisement… Pas moi… Il faut dire que je ne suis pas n’importe qui… J’ai choisi ce mode de vie… À cause de la haine… Une haine qui parcourt chaque centimètre carré de mon corps… À l’époque, je savais que cela serait dur… J’étais jeune alors, et je croyais pouvoir tout affronter… Je ne croyais pas pouvoir vivre pire que ce que j’avais déjà vécu… À douze ans, j’avais déjà tout perdu… Mon père… Ma mère… Mon frère… Et le peu d’amis que j’avais…
Qu’y a-t-il de pire que de tout perdre ?
Avoir conscience que plus jamais personne ne vous fera confiance…
Abandonner l’idée qu’un jour, quelqu’un viendra vous sortir de là…
Sentir l’espoir vous quitter…
Savoir que tout a changé, que vous n’êtes plus la même personne…
Devenir lâche…
Être manipulé par deux immondes serpents…
Tuer jusqu’à oublier combien de victimes vous avez assassiné…
Et toutes ces choses encore…
Toutes ces choses que je soupçonne, mais auxquelles je n’ose pas penser…

Mes journées passées ici en enfer, je les passe toutes à m’entraîner ou à exécuter les ordres que l’on me donne. Combien de fois ai-je entendu ces mots d’une voix rauque et amusée : « Sasuke, tu peux aller tuer untel, il n’est plus aussi efficace qu’avant », ou bien : « Sasuke, va donc tuer un de ces villageois, ça te divertira, de plus, il a compris où se trouvait notre repère, il ne faudrait pas que Konoha le découvre aussi ! »…
Je ne sais plus… Je ne compte plus… Je me rappelle mon arrivée ici… Je luttais pour conserver le fond d’humanité qui restait en moi… Peine perdue d’avance…

Flashback

J’avais douze ans. Je pensais être un adulte… J’étais loin du compte… Je n’avais jamais tué… Et je n’avais qu’une idée en tête, la vengeance… Le profil idéal pour convenir à Orochimaru… J’ai lutté… Lutté pour ne pas y aller… Au fond de moi, je savais bien que ce n’était pas une solution… Ou alors, c’était juste la solution de facilité… Mais le désir de vengeance a été le plus fort… Finalement, j’ai rejoint Orochimaru…

Au début, le serpent me faisait faire des exercices de routine sans trop de difficulté, des entraînements comme j’en avais toujours connu… Orochimaru me regardait toujours attentivement, il notait des choses sur moi sur un petit carnet noir, dont il noircissait des pages et des pages… Il me faisait passer toutes sortes de tests…
Je ne plaignais pas… Ce n’était pas très dur… Il m’apprenait juste à maîtriser la marque maudite sur mon cou…

Et puis, du jour au lendemain, tout à changé… Orochimaru m’a annoncé que je devais me battre contre son bras droit, Kabuto… Je devais utiliser toutes mes capacités et lui prouver qu’il ne s’était pas trompé en me choisissant, moi… C’est ainsi que Kabuto et moi, nous sommes devenus rivaux… Chaque jour, nous nous battions, chacun essayant de tuer l’autre… Chaque jour, cela devenait plus difficile pour moi de toucher Kabuto… Je voyais l’image de Naruto se superposer à la sienne… Je le voyais me dire de rester, je le voyais voulant m’obliger à rester… Naruto… Il avait été mon rival… Je me sentais coupable de l’avoir abandonné… Ce sentiment me torturait… Et j’y repensais toujours lors de nos affrontements, à Kabuto et à moi… À cause des insultes… Des coups… Sauf que sur Naruto, j’avais toujours le dessus… Il n’essayait pas de me tuer… Kabuto n’était pas Naruto… Je ne reverrais jamais Naruto…
C’est à cette époque que je me suis rendu compte que j’éprouvais plus que de l’amitié pour mon meilleur ami…
C’est pour cette raison que je me suis jeté à corps perdu dans l’entraînement, pour ne pas y penser…
Mais rien n’y changeait…
Kabuto parvenait toujours à me battre…
Quoi que je fasse, quelle que soit la situation…

Après chacun de nos combats, Kabuto me ramenait dans une infirmerie. Il m’allongeait sur un de ces lits tout blanc et me déshabillait pour soigner une par une chacune de mes blessures… C’étaient les ordres… Bien que nous fussions rivaux, il n’avait pas le droit de me tuer… J’étais la propriété d’Orochimaru, sa chasse gardée…
Je reprenais souvent conscience alors qu’il soignait les toutes dernières plaies. J’étais encore faible, tremblant, je n’aimais pas être seul avec Kabuto… Une fois toutes les coupures effacées, tous les bleus disparus, il m’auscultait une dernière fois… Durant cette période où nous étions seuls, il prenait un malin plaisir à profiter de moi… Je n’aimais pas ces caresses… Je lui criais d’arrêter… Il ne m’écoutait pas… Il me droguait parfois, quand je remuais trop ou quand je tentais de m’enfuir… Plus d’une fois, je l’ai supplié de ne plus me toucher, de ne plus me soigner si c’était pour me faire des choses que je ne voulais pas faire… Il riait… Un rire machiavélique… J’ai enduré ce supplice une centaine de fois…

Ensuite, c’était le tour d’Orochimaru de me torturer… Il me lançait toujours des remarques sarcastiques… Il visait toujours juste… Il prenait souvent pour cible Naruto ou Itachi… Chaque fois que je combattais Orochimaru, je me retrouvais à la frontière entre la vie et le mort… Je restais inconscient une bonne partie de la nuit… Je savais que je restais longtemps inconscient… Qui savait ce qu’Orochimaru avait le temps de me faire pendant ce laps de temps ?
Sans doute des tests…
Peut être faisait-il des expériences sur moi…
Après tout, j’étais un parfait cobaye humain…

Fin du Flashback

J’ai perdu toute mon innocence, à présent… Je ne perds plus contre Kabuto… Il n’a plus besoin de me soigner… J’ignore les remarques d’Orochimaru… J’exécute les ordres… Je me rappelle la première fois qu’Orochimaru m’a chargé d’une de ces missions d’une importance capitale, j’ai eu la sensation de revivre… Pas pour bien longtemps… J’ai dû tuer toute une famille… Un véritable carnage… J’ai vomi mes tripes en repensant à ce que j’avais fait et en l’associant au massacre de mon clan… J’étais devenu comme mon frère, un meurtrier… Ni plus, ni moins… Pourtant, je sens qu’au fond, je suis encore humain… Il me suffit de repenser à ses cheveux en épis de maïs, à ses yeux bleu océan, à sa détermination pour sentir en moi l’envie de liberté remonter… Naruto… Pourtant, j’ai choisi de l’ignorer… Pourquoi ? Parce qu’il me rejetterait, s’il savait… J’ai peur qu’il ne veuille plus me revoir après notre combat… C’est si loin…
Je me voile la face… Je sais qu’il s’en souvient, je sais qu’il me cherche… Mais il semble avoir abandonné, l’inquiétude d’Orochimaru à son sujet semble être retombée… Il s’est sans doute rendu compte que rien ne sera plus comme avant… J’ai changé… Je ne mérite pas qu’on me cherche… Je ne mérite pas de revenir dans un monde de tendresse et de gentillesse… Je ne mérite pas qu’on me pardonne… Je suis condamné à vivre dans un monde de souffrance et de haine, que je ne quitterai sans doute jamais…

J’ai peur… Malgré ma carapace d’indifférence et de dureté, j’ai peur… J’ai peur de rester un monstre toute ma vie… Je ne veux pas… Je n’en peux plus…

Le suicide, j’y ai souvent pensé comme l’alternative la plus simple à tous mes problèmes… Je n’ai jamais eu le courage de mettre fin à mes jours… Je tiens trop à la vie… Pourtant, est-ce qu’on peut appeler vie ce que j’ai vécu ? Très peu de bonheur, beaucoup de douleur… La douleur… Quand on n’a plus rien, quand les contours de votre vie, voire de votre monde, sont flous, obscurcis par votre propre jugement et celui des autres, il ne vous reste plus que ça pour vous sentir vivant l’espace de quelques secondes, quelques minutes éphémères… La douleur… Mes bras sont couverts de coupures plus ou moins profondes que je m’inflige à moi-même… Pourquoi ? Pour me punir… Pour avoir la sensation d’être en vie une dernière fois… Pour ne pas sombrer définitivement… Pour oublier celui que je suis devenu… Pour ne pas penser que les choses doivent changer… Pour ignorer que je dois remédier à la situation…

C’est drôle…
Je ris…
Je ris de ma propre faiblesse, de mon manque de courage…

Dans la vie, il y a toutes ces choses que l’on doit faire… Par contrainte ou par obligation… Par gentillesse ou par générosité…
Ces choses que l’on nous force à exécuter, ce sont des règles… Règles de savoir-vivre et de politesse, comme des textes de lois contenant des règles par milliers…
Ces règles prévalent dans n’importe quelle société…
Chacun doit les observer…
Quand une personne s’écarte du droit chemin, il y a toujours quelqu’un derrière elle pour l’aider, la soutenir et l’accompagner tout au long de cette route semée d’embuches…
Moi, je n’ai personne…
J’ai choisi mon propre chemin et personne n’a réussi à m’arrêter…
Pourtant, je sais que ce que je fais, c’est… inqualifiable…
Il me reste encore un semblant de conscience…
Je sais ce que je devrais faire…
Je devrais les tuer et retourner chez moi…
Dans ma maison…
Et, par-dessus toute chose, j’aimerais le revoir… Lui… Naruto…
Mais j’ai peur…
Peur d’être devenu comme Orochimaru…
Peur de le dégoûter, de le répugner…
Peur qu’il ne voie en moi qu’un monstre…
Je suis terrorisé…
Pourtant, chaque jour, je récupère mon humanité en pensant à ma vie d’avant…
J’ai arrêté de boire ce qu’il me donne, j’ai cessé de m’alimenter…
Orochimaru et Kabuto me manipulaient…
Je le sais…
Je dois partir…
M’en aller…
Les tuer…

Pourtant, je reste ici à rire… Rire de moi-même… De ma bêtise… À me dire que je vaux mieux que ça, que ce n’est pas moi, que je peux encore revenir en arrière… Mais je ne fais rien…

Pourquoi ? Je ne sais pas…

Je crois que je n’en ai plus la force…

Je ne sais pas ce que je suis devenu…

Et je ne sais pas ce que je pourrai devenir…
Pour survivre dans ce monde de haine, il faut avoir des rêves et s’y accrocher… S’agripper de toutes nos forces aux branches qui représentent nos espoirs, même les plus futiles, pour ne pas tomber dans le précipice de l’anéantissement pur et simple…

Des rêves, je n’en avais pas vraiment… Des idées, je n’en avais qu’une… La vengeance… Maintenant, lorsque je laisse mon imagination vagabonder à sa guise, ce n’est plus mon frère mort que je vois étendu à mes pieds… Je me vois, moi, mon baluchon sur l’épaule, sortir de ce trou à rats et partir pour Konoha, où je mènerai une vie heureuse avec un certain blond aux yeux désespérément bleus d’espoir…

Mais ce n’est qu’un rêve… Irréalisable…

Je suis seul… Pour toujours… Et je ne fais rien pour changer ça… Est-ce que je veux vraiment finir comme ça ?

- NOOOOOON !

*****


Il y a ces moments où on ne sait pas ce qui nous pousse à agir de cette façon… Il y a juste cette impression que c’est vital… Qu’on doit passer par là… Qu’il faut avancer envers et contre tout… Parce que quelque chose nous dicte notre conduite… Nous force à agir ainsi…
C’est l’instinct…
Parfois, à cause de ce sentiment incontrôlable, on fait des erreurs, parfois irréparables, mais ces erreurs, on doit les commettre pour apprendre, apprendre la vie…
J’en ai déjà fait l’expérience en rejoignant Orochimaru…
En tuant des gens…
Je l’admets…
Mais ne dit-on pas que l’erreur est humaine ?
Aujourd’hui, je répare l’erreur que j’ai commise il y a bien longtemps…
J’ai pris ma décision, je pars…
Je vais mettre un terme à l’enfer de ma vie… Je vais retrouver mon paradis… Konoha…
Orochimaru, Kabuto, vous allez payer pour tout ce que j’ai perdu…
Vous allez souffrir comme j’ai souffert…
Vous allez mourir… Pour ne plus jamais revenir…

*****


C’est les mains tremblantes que je m’avance vers mon destin. Je frémis à l’idée de ce que je compte faire. De ce que je veux faire. Je ne tiens plus sur mes jambes, j’ai l’impression de tenir debout sur deux tas de contons inutilisables. Chaque pas me demande tout mon courage, toute ma concentration pour ne pas m’enfuir et me contenter de partir sans rien faire pour les punir. Je le sais pourtant je dois tirer un trait sur mon passé… Et pour cela, je dois les rayer de ma vie… Orochimaru et Kabuto…

Je suis devant la porte. Sa porte. Celle du serpent qui me retient prisonnier ici depuis tant d’années… À l’intérieur, j’entends les échos d’une conversation. Kabuto est là aussi. Parfait. Tant mieux. Deux pour le prix d’un. Non ! Ça ne va pas du tout ! Je suis paniqué ! Mon cœur bat à cent à l’heure… Je ne sais pas si ce que je fais est bien… Ou si c’est juste stupide et puéril… Je fais les cent pas devant la porte… Il faut que je me calme… Je suis un Uchiwa… Respirer… Inspirer…

J’arrive pas à me calmer… C’est pas possible… Je suis plus un gamin… J’ai déjà tué… Plus d’une fois… Alors pourquoi ? Pourquoi je suis terrorisé à l’idée d’assassiner des gens qui le méritent ?

Parce que ce serait une vengeance… Et que j’ai déjà commis cette erreur… Les erreurs, on ne les commet qu’une fois pour comprendre que ça fait mal et qu’il ne faut pas recommencer… Je ne veux pas me venger de nouveau parce que je ne saurais pas où cela me mènerait…

Non. Non. Ce n’est pas ça. De quoi ai-je peur ? Pourquoi suis-je effrayé ?

À cause de celui que je suis devenu… Je ne suis plus le même moi… Le petit gamin de douze ans que j’étais a évolué… Il est différent… Certains diront qu’il est devenu un homme en traversant des épreuves qui lui sont propres et qui ont forgé son caractère… Moi, je pense que j’ai été contraint de changer et que j’espère qu’on m’acceptera comme je suis là où je vais… Je suis devenu ce que je suis grâce à Orochimaru… Je ne dis pas « à cause » parce que je sais bien que ceci est de ma faute, je ne le dois qu’à moi. J’ai peur qu’en sortant d’ici, mes envies de meurtre ne se dissipent pas, j’ai peur de ce que sera mon comportement, de la façon dont je vais m’adresser aux gens…
J’ai peur de moi. Je ne me connais pas. C’est pour ça que j’hésite. Je ne sais pas qui je suis et ce que je veux être… Je sais juste que je n’ai qu’un désir, celui de partir… C’est un début… Je sais aussi que je dois vivre avec moi-même jusqu’à la fin de mes jours, de ma vie… Et que veux que Naruto soit fier de dire que je suis son meilleur ami… Je ne pense pas être devenu comme eux, comme Orochimaru et Kabuto… Je ne suis pas quelqu’un de fondamentalement méchant… Je regrette sincèrement d’avoir tué tous ces pauvres gens, d’avoir obéi et exécuté les ordres que l’on me donnait, de m’être laissé manipuler, d’avoir choisi une solution de facilité…

Je vais réparer mes erreurs… À partir de maintenant, je vais faire de mon mieux… Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour ne pas salir la mémoire de ces gens… J’ai une dette envers eux… Je vais devenir quelqu’un de bien, de généreux… Je vais faire en sorte que le monde tourne mieux… Je jure qu’à partir de maintenant, à la sueur de mon front, j’aiderai toute personne dans le besoin qui croisera mon chemin, pour me racheter de mes fautes !

Je souris… C’est une promesse en l’air… Je ne le ferai sans doute pas… C’est un truc comme ça que dirait Naruto et il ajouterait surement : « C’est ainsi que je conçois MON nindo !». Je ne suis pas comme ça… Je n’ai jamais été comme ça. Je ne me rachèterai jamais de la mort de ces pauvres gens… Je ne suis pas Naruto. Je ne suis pas généreux… Je n’éprouve aucun plaisir à aider les gens sans que cela serve un de mes intérêts… Je n’aide personne… Mais j’ai désespérément besoin d’aide…

Je tourne mes yeux embués de larmes vers la porte… Il faut que j’arrête de me poser en victime, de me lamenter sur mon sort, de ressasser tout ce qui a mal tourné… Il faut que j’assume les conséquences de mes choix …

Lentement, je prends une longue respiration. Peut-être ma dernière bouffée d’air frais, et je pousse lentement la poignée de la porte qui décidera de ma destinée.

Tout commence toujours par une porte… Une fenêtre… C’est ainsi que les hommes ont choisi de représenter toutes les opportunités que vous offre la vie, toutes ces occasions dont elle vous fait gracieusement cadeau…

Ma nouvelle vie commence par une porte. Une immense porte vert foncé, presque noire…

*****


Ils sont là. Ils me regardent. Ils rient. Ils me prennent pour un fou. Ils rient de moi, de mes idées. De mon envie de les tuer. Ils me sous-estiment. Ils pensent que je suis incapable de les supprimer, de les exterminer. Ils pensent qu’ils arriveront encore à me manipuler, que je suis toujours leur pantin, leur marionnette… Ils me considèrent comme lâche, faible… Je ne suis plus un gamin ! Je vais le leur prouver !

Je les hais ! Orochimaru, Kabuto je vous hais ! Vous avez fait de moi un monstre… Je vous hais ! Vous allez payer !

Sous l’emprise de la colère, de la haine, mes yeux s’agrandissent de fureur et mes Sharingans s’activent. Mes yeux virent au rouge vif, rouge sang, couleur et symbole du carnage qui allait bientôt avoir lieu.

Orochimaru continue à rire à gorge déployée, comme si je venais de lui raconter la plus drôle des plaisanteries. Kabuto n’affiche qu’un demi-sourire à présent, il n’est pas rassuré… Il le sait. Il sait que je peux le tuer. Que cela me sera facile… Une chose aisée…

Je regarde à nouveau Orochimaru. Son fou rire ne s’est toujours pas dissipé. Cela ne fait qu’accroître ma colère. Je suis au bord de l’explosion.

Sans plus attendre, j’attaque. Je saisis un kunai dans ma poche et je m’élance sur Kabuto. Autant commencer par le plus facile…
Il n’a pas pu déceler mon déplacement. Je suis trop rapide pour ses yeux dépourvus de talent. Je suis derrière lui, à présent. Mon kunai planté contre sa jugulaire, sa gorge.

Il a peur. Je peux le lire dans ses yeux. C’est sans doute la partie du meurtre que je préfère. Quand l’autre sait qu’il va mourir, que plus rien ne peut retarder ce moment…

Je suis horrible. Je ne dois plus penser de cette façon. Je le sais. J’ai changé. Je change. C’est dur. De revenir humain. De cesser de me voiler la face.

Kabuto a profité de mon inattention pour se dégager de mon étreinte et pour me faire sauter le kunai des mains. Il s’apprête à attaquer à son tour. Il prépare un jutsu médical. Comme toujours. Il est si prévisible. Il se précipite sur moi dans l’espoir de me toucher, sans doute pour dézinguer mon système nerveux. Je l’évite. Et je riposte. Un Chidori. C’est resté mon attaque préférée… Lui aussi, il me connaît… Il me connaît bien, trop bien même… Il a attrapé ma main et a tordu mon poignet pour stopper le flux de mon chakra. Il a réussi. Je m’écarte de mon adversaire en faisant un bond de plusieurs mètres en arrière.

Contrairement à son maître, Kabuto semble avoir compris que cette fois, je suis sérieux. Orochimaru, lui, est resté tranquillement assis sur sa chaise durant toute la durée de notre échange, il pense assister à l’un de nos habituels combats quotidiens.

Je détourne mes yeux de l’immonde maître serpent et recentre mon attention sur le combat contre mon rival. Mon rival… Sasuke, ce n’est pas le moment d’être nostalgique !

Je gonfle mes joues à la manière d’un hamster et je souffle de toute mes forces en direction de Kabuto, espérant le carboniser une bonne fois pour toutes.

« Katon. La boule de feu suprême. »

Malheureusement, Kabuto n’est que légèrement touché. À peine brûlé. Ses lunettes sont simplement fissurées.

Je cours en direction de mon ennemi. Je lui lance des dizaines de kunais et de shurikens, mais je ne parviens pas à l’atteindre. Et puis soudain, je change de direction. Une feinte. Je me précipite vers Orochimaru, qui ne comprend pas, qui semble un peu perturbé par le tour que prennent les événements.

J’arme ma main d’un Chidori surpuissant. Orochimaru n’a pas le temps d’amorcer le moindre geste, je suis déjà sur lui. J’enfonce ma main dans le ventre de mon opposant, un sourire de satisfaction intense flottant sur mes lèvres. Je tourne doucement ma main profondément encastrée dans l’estomac de mon serpent favori pour le faire souffrir davantage.

Je retire ma main, contemplant le trou béant que je laisse dans le ventre de mon sensei, les ravages que mon Chidori dévastateur a accomplis.

Je me détourne du corps inerte d’Orochimaru pour rediriger mon attention sur Kabuto. Je dispose d’à peine quelques secondes pour décider du sort de Kabuto avant qu’il me touche à l’aide de son jutsu médical surpuissant. Je tente en vain de croiser son regard. J’esquive sa technique en lui donnant un coup de pied digne de ceux de Lee. Il parvient à se redresser d’extrême justesse et atterrit brutalement à genoux sur le sol dallé. Avant de lancer un nouvel assaut, Kabuto m’adresse un regard noir, plein de reproches et de haine. C’est ce que j’attendais ! Je le fixe longuement de mes pupilles rouges, contrastant avec ma peau blanche. Plus que quelques secondes… Et voilà ! Kabuto est prisonnier du kaléidoscope hypnotique du Sharingan, que j’ai réussi à développer ici. Une illusion qui va lui en faire voir de toutes les couleurs… De toutes les douleurs… Kabuto se trouve à présent dans son pire cauchemar… Il revoit les pires moments de sa vie… Ses peurs… Il n’arrivera jamais à se sortir de ce genjutsu, trop fort pour son incompétence…

- Ku, Ku, Ku…

Je me retourne brusquement. Orochimaru s’est relevé… Il se lèche les babines de sa longue langue… Le trou de son ventre se referme peu à peu… Je peux apercevoir de minuscules serpents qui aident à la guérison d’Orochimaru… Dire que je croyais m’en être débarrassé ! Au moins, dans l’état où il est, Kabuto ne viendra pas me mettre de bâtons dans les roues…

Je m’élance sur le Sanin légendaire de toute ma puissance et ma rapidité… Il ne m’empêchera pas de partir, de réaliser mes rêves. Orochimaru évite mon coup de poing et plaque ses mains au sol.

« Invocation. Manda. »

Un gigantesque serpent apparaît alors devant moi, sa langue fourchue sifflant en signe de mécontentement d’avoir été dérangé.
Orochimaru me lance un regard malveillant et éclate de nouveau d’un rire de psychopathe. D’un bond, il saute sur la tête du reptile et s’apprête à m’attaquer.

Des centaines de serpent jaillissent à présent des mains tendues de mon adversaire cherchant à me mordre, m’assaillant de tous côtés. Si je suis encore vivant, c’est uniquement grâce à mes yeux…

Je me saisis de mon sabre et coupe la tête des serpents-tueurs. Je me précipite ensuite sur Manda, et sans attendre, d’un coup de sabre tranchant et bien placé, je lui coupe la tête, esquivant de peu ses crochets acérés de poison.

Orochimaru entre alors dans une rage folle. Une colère non contenue…

*****


Le combat s’éternise. Je suis presque à court de chakra. Orochimaru aussi. Bientôt, il sera temps de lancer une dernière offensive… Celle qui décidera de tout… De mon destin… De mon avenir…

Je repense une dernière fois à mes amis, à ma vie d’avant, pour me donner le courage nécessaire à mon ultime assaut…

Une nouvelle fois, j’arme ma main d’un formidable Chidori. J’y mets tout mon cœur, toute mon énergie… Si bien que mon Chidori d’ordinaire d’un violet surnaturel vire brusquement au rouge vif, s’alliant parfaitement à la couleur de mes yeux. Je sens une puissance nouvelle m’envahir peu à peu. Et sans attendre une seconde de plus, je m’élance une nouvelle fois sur mon ennemi…

Orochimaru agite rapidement ses mains, espérant avoir le temps d’exécuter un dernier jutsu qui le sauvera…

Je vise le cœur, son cœur… Je ne suis plus