Fiction: White Mirrors
Une rencontre, deux points de vue... Le début d'une histoire, ou comment juste en se croisant on peut en arriver à des galères pas possibles... [suite : White Mirrors II]
Aller au
Ohayo ^^
Bon, c'est le début d'une longue série de fics si j'ai le courage de mettre sur "papier" tout ce que j'ai dans mes archives mentales (faudrait que j'y fasse le ménage... T_T).
Pour le titre j'ai galéré XD Et puis l'idée du Jinchuuriki de Gobi est assez pas beaucoup originale... M'enfin ! ^^
Ce n'est pas vraiment comme ça que commence l'histoire mais c'est un des moments les plus importants. Voilà donc le début qui n'en n'est pas vraiment un, mais ça me tenait à coeur. Enjoy !
Chapitre 2: Deuxième point de vue : la Jinchuuriki de Kumo
- Hey, gamine ! Arrête-toi !
Je sursautais, puis me ressaisis. J'étais grillée. Même pour une Genin, c'était la honte. Pourquoi faisait-on attention à moi d'un coup ? On pouvait pas me foutre un peu la paix dans cette existence maudite ?!
Je me retournais avec raideur, rassemblant tout mon sang-froid. Il ne m'y aidait pas, trop concentré sur son envie de sortir. J'avais encore dû le calmer, en chemin...
En même temps, je regardais autour de moi, histoire d'enregistrer le terrain. Fuite, attaque, défense... Mon père avait était très tatillon, sur ce point, quand il m'entraînait. J'essayais d'aller le plus vite possible, mais l'homme en face de moi m'examinait de façon gênante, sans se soucier de ce que je pouvais penser de lui ou non. Un pervers ? Encore ?!
Il parla avec un air qui se voulait rassurant, comme l'aurait fait un suspect devant un ANBU.
- Il est tard. Que fait une petite fille hors de chez elle à cette heure-ci ?
J'ai pas de chez moi. Et je suis pas petite ! Mais bon, ça ne servait à rien d'argumenter avec ce genre de mec. Son bandeau frontal indiquait Konoha. La feuille, même si elle disparaissant en grande partie sous ses mèches noires était caractéristique... Et son uniforme ? Un Juunin ! J'avais beau ne pas être de la région, je m'y connaissais un minimum !
Avec un peu de chance, il ne grillerait pas que j'étais moi aussi une shinobi. Une Genin fraîchement promue, pour être précise. Même si je n'aimais pas mentir, je n'aurai aucun scrupule à le faire dans le cas présent : je fuyais mon pays natal, j'étais pas venu assassiner l'Hokage ou un truc comme ça !
Je me forçais à rougir mais, vieille manie, détournais le regard vers un endroit parfait pour filer au lieu de fixer la pointe de mes sandales. Quelle idiote ! Faudrait vraiment que je m'entraîne pour régler ce détail ! Et j'avais pas Ryosuke (mon cobaye préféré) sous la main ! RAAAAH !!!
Bon, pas le temps. Je bredouillais :
- Ah... c'est que... je...
L'air de rien, je mettais ma main derrière mon dos et serrais un kunaï planqué sous mon sac. Le Juunin suivit brièvement mon mouvement avant de reporter son regard sur mon visage. J'aimais vraiment pas qu'on me regarde comme ça !
Mais... pour une fois... les yeux qui me fixaient étaient dépourvus de dégoût et de haine...
- Ne, jeune fille... Tu sais que tu viens d'entrer dans le Pays du Feu ?
Pour qui tu me prends ? Je suis pas stupide non plus !
Il avança d'un pas, je reculais, avant de me reprendre. Pas montrer de peur, pas montrer de peur !
Ce Juunin était incroyablement beau. Autant que mon frère. Non... ce n'était pas vraiment de la beauté... Plutôt... du charme. Une classe naturelle et désinvolte. Ses courts cheveux noirs cachaient à moitié son bandeau et contrastaient de manière étonnante avec le turquoise vif de ses prunelles. Il était grand, avait le teint clair et portait son uniforme de façon très stricte. Jeune... dans les environs de vingt cinq ans, voir beaucoup moins.
Il regarda un instant mes cheveux, circonspect. Le kunaï est un très mauvais moyen de se couper les cheveux, je sais... Je ne le ferais pas deux fois.
Bien que son regard restât inquisiteur, sa voix s'adoucit quand il ajouta :
- Ne t'inquiètes pas, je ne te veux pas de mal.
Mouais. Ca restait à voir. Je jetais un coup d'oeil à son bandeau. Ouais, bon. Je relâchais la tension de mes épaules et soupirai, vaincue :
- Konoha...
Je ne lâchais pas mon kunaï. Être prudent était une des règles d'or des ninjas. Ne surtout pas être naïf !
- Tu connais ? demanda-t-il avec douceur.
Je ne répondis pas, ayant peur que ma voix me trahisse. Je commençais à craquer. J'avais pas dormi depuis deux jour et ce... ce mec m'interrogeait, comme ça. Si imperturbable pus-je paraître à l'extérieur, intérieurement j'étais parcourue de frissons.
Un éclair de compréhension passa dans ces yeux clairs si troublants.
- Tu es une kunoichi ?
Shimatta ! J'étais découverte. Essayer de tromper un Juunin... J'avais visé plus haut que mes capacités ! Je lui jetais dernier regard, m'élançais vers l'endroit que j'avais repéré pour ma fuite.
- Hey, attends ! cria-t-il.
Navrée, vraiment !
Soudain, tout mon corps se raidit, tandis qu'une douleur sourde parcourrait mes bras. J'eu des vertiges. Encore de sa faute ! S'il n'avait pas essayé de se barrer, cet après-midi, j'en serais pas là !
Les coups de kunaïs que je mettais infligés réclamaient de l'attention, maintenant. J'avais perdu trop de sang, c'était terminé, dans le meilleur des cas l'autre m'attraperait et je serais renvoyée à Kumo après avoir subi tortures et interrogatoires, au pire il prendrait le dessus sur moi et foutrait le bordel un peu partout. C'est sur cette dernière pensée que je sombrais dans l'inconscience, pour finalement revenir à moi dans un endroit que je ne connaissais que trop bien.
Les murs d'un blanc immaculé, les innombrables miroirs aux kanjis "Sceau"... l'intérieur de celle que j'étais. Et ça allait encore être galère pour en sortir.
Pas besoin de bouger. Je sentais sa présence et entendais ses pas silencieux (oui, je sais, faut le faire). Un miroir devint noir au bout de couloir, puis celui d'à-côté, puis l'autre. À mesure que le feu-follet blanc qui les traversait les quittait, ils se remettaient à refléter les miroirs d'en face et les murs immaculé. Monotone, très monotone...
Le feu-follet s'arrêta en face de moi, effaçant mon image dans la glace. Lui apparut à ma place.
- Cesse de lutter, jeune fille, dit-il de sa voix grave, affreusement sérieux.
Cependant, il réprimait mal le rictus cruel et moqueur qui lui montait aux babines. Je me contentais de le fixer en silence.
- Ah, te voilà ! s'exclama une personne à bout de souffle, mais satisfaite. C'est pas trop tôt !
Je fus alors incapable de bouger le moindre petit doigt, alors que mon cerveau et mon coeur s'emballaient. Que faisait-il là ? J'ouvris la bouche et demandais très calmement (un peu trop peut être, comme lorsque j'allais mal), détachée :
- Tu as fait... tout ce chemin... Pour moi ?
- Faut croire, me répondit-il, décontracté. Tu ne te réveillais pas, alors...
Il se tut brusquement, j'en conclus qu'il l'avait remarqué (difficile de faire autrement, vu sa taille). Un coup d'oeil me le confirma.
Les yeux disparates de mon compagnon d'infortune se posèrent sur le Juunin, tandis que le rictus jusque là réprimé tordait ses babines.
- Oh, un insecte... gloussa-t-il.
Il se mit à rire à gorge déployée, produisant un son semblable au grondement du tonnerre. Ses pattes énormes aux griffes tranchantes et argentées frappèrent le sol, un bruit de métallique résonna, faisant trembler les miroirs.
- C'est... souffla l'autre, stupéfait.
Sa voix tremblait légèrement, d'effroi sans doute. Je terminais à sa place :
- ... Gobi, le chien à cinq queues.
Les accents résignés de ma voix ne m'étonnèrent pas. Je savais ce qui ne manquerait pas de se passer. J'étais habituée à ce qu'on me repousse et me jette des regards écoeurés, apeurés et haineux. C'était ainsi. Gobi était un morceau de moi, aussi instable soit-il. Méchant ? Non. Pas dans le fond. Il n'en faisait qu'à sa tête, c'est tout... N'était-ce pas lui qui, le soir alors que je pleurnichais sur mon triste sort, me disait qu'un jour tout irait mieux ? Même si ça définition du "mieux" pour lui signifiait être libéré de mon corps et me voir disparaître, j'en avais tiré un certain réconfort, plus jeune...
Je tournais la tête vers lui en souriant effrontément. Du moins l'aurais-je voulu, mais l'amertume en moi ne demandait qu'à s'exprimer.
- Vas-y, pars, lui dis-je. Ne sommes-nous pas terrifiants ? Nous sommes des monstres, pas vrai ?
Mon sourire devint ironique, sans doute influencé par celui de Gobi. Ou alors c'était moi...
Il m'observa un moment, surpris. Puis, une nouvelle fois, il eut l'air de comprendre quelque chose et se rasséréna. Je dissimulai ma surprise sous un air intrigué.
- Tu es la sixième personne, murmurai-je au bout d'un moment.
- Hein ?
- La sixième personne à regarder sans la moindre once peur dans les yeux, expliquais-je avec sérieux.
- Ah bon ?
Il paraissait étonné. Quoi, t'as pas peur des monstres, toi ?!
Pour la forme, je rajoutai en comptant sur mes doigts :
- Il y a eu mon frère, ces deux gamins de Konoha, un autre du Suna et le nukenin de la semaine dernière...
- Ca confirme ma pensée, alors.
Voilà qui me laissait perplexe. Je comprenais pas, là. Qu'est-ce qu'il voulait dire par...
- Ta... pensée ?
À ma grande surprise, il tendit son pouce vers moi (euh... ouais... ) avec un large sourire qui avait dû faire tomber des tas de filles dans ses bras, tellement la joie lui allait bien.
- Que tu n'es pas terrifiante ! Tu es juste une fille un peu spéciale...
Je ne pu rester impassible plus longtemps. Il me rappelait tellement mon grand frère, Ryosuke...
- Comment t'es zarb ! Mais j'ai même pas peur, j'suis sûr que ça t'énerve, na !
- Ne, ne, soeurette ! Tu trouves pas que j'ai trop la classe ?
- Je mets la bleue ou la rouge ? Raaah je sais pas ! Faut que je sois au top ce soir, je sors avec la jolie Natsumi quand même, c'est pas rien ! Avis féminin, et qu'ça saute !
Je chassais impitoyablement la nostalgie qui me submergeait. C'était pas le moment ne se laisser aller dans les souvenirs, aussi doux soient-ils ! Mais... Kumo la nuageuse me manquait, avec ses tonalités bleues et argentées... J'avais laissé mon coeur dans ce village, malgré les moments horribles que j'y avait vécu...
Je me tournais vers lui, perdue, tandis que, méprisant, Gobi poussait un grognement et se détournait.
- Quoi ? s'exclama-t-il comme je ne réagissais pas plus que ça. Tu es le réceptacle d'un démon et alors ? Tu as déjà massacré des gens pour rien ?
- N-non... balbutiais-je.
J'étais pas encore tombée aussi bas !
- T'es-tu déjà laissée manipuler par ton démon ?
- Non !
Là, t'es vexant !
Je tirais sur ma manche d'un geste brusque, lui montrant ses estafilades qui couturaient ma peau pâle.
- Dès que Gobi essaye de sortir, je le repousse !
Je ravalai les larmes de dégoût qui menaçaient de déborder. Il n'y avait que la douleur qui fonctionnait, parce que j'étais trop faible, pas assez déterminée pour m'en sortir avec ma seule volonté. Elle me permettait de rester dans le "monde physique". Gobi avait beau cogner contre mon crâne, rien n'y faisait, je ne lâchais jamais la prise.
- C'était donc pour ça... souffla le Juunin.
- Hein ? m'étonnais-je.
Je me raidis en remarquant que son regard était chargé de compassion. Ca, j'y étais vraiment pas habituée...
Il s'agenouilla face à moi et se saisit de mon poignet pour m'attirer contre lui en une étreinte fraternelle et protectrice.
- Ma pauvre enfant... susurra-t-il.
Je sentis son souffle contre mes cheveux.
Sous le choc, il me fallut un moment pour réagir. Ma tendance à la sensiblerie eut vite raison de moi, cependant. Je ne tardais pas à lui rendre son étreinte en pleurant.
Derrière moi, Gobi hurla et son image se brisa. Je perçus clairement sa menace dite sur un ton suave dans ce cri de colère.
- Ce n'est qu'un sursis. Je reviendrai plus tard... Prépare ton cher kunaï !
Un sursis... Je n'en doutais pas... Il n'avait nul part d'autre où aller, lui non plus...
- Kai !
Ma conscience s'effondra, nous étions de nouveau dans le monde réel. J'étais allongée par terre, mais pas dans la même position que lorsque j'étais tombée. J'avais la tête sur les genoux du Juunin ! Je me redressais brusquement (réaction typique de l'animal blessé... pitoyable !), ignorant ma sensation de tournis, et m'éloignais de lui. Mon sac était à côté de lui, avec mon bandeau, sorti qui plus est ! J'étais mal, vraiment mal. Pourvu que cela ne provoque pas une guerre entre Kumo et Konoha ! Je me voyais mal revenir au village, mon père me tuerait !
Mais bizarrement, il eut l'air de trouver mon comportement amusant.
- Hey, doucement. T'as perdu beaucoup de sang j'te signale.
- Pourquoi... murmurais-je d'une voix que j'aurais voulue plus audible. Pourquoi avoir fait ça pour moi ?
- Hein ? s'étonna-t-il. Eh bien...
Il réfléchit un instant puis répondit :
- Je n'aime pas avoir les filles souffrir. Oui, ce doit être ça, la raison.
Je ne suis que dire. Il était étrange...
- Dis... Pourquoi tu es partie de Kumo ? Désolé, j'ai vu ton bandeau !
Je me raidis. Pouvais-je me permettre de répondre ? Je finis par décider que ça n'avait pas vraiment d'importance, et quelque chose me disait qu'il était digne de confiance.
- Je n'en pouvais plus... les regards apeurés, le rejet, les espoirs qu'on posait sur les épaules...
- ... Souka... dit-il simplement en se levant.
Il me tendit la main pour m'aider. Sans réfléchir, je remit mon sac en place, récupérait pour bandeau abîmé (j'avais fait les marques en quittant Kumo, c'était un vieux dicton du clan, qui signifiait qu'il fallait abattre le mal à la racine) et acceptait cette aide providentielle. Je n'avais cependant pas prévu à ce qu'il me colle contre son flanc, posant la main qui m'avait relevé un peu plus tôt sur mon épaule.
- Je vais m'occuper de toi, à partir de maintenant... déclara-t-il.
Il se tut et marmotta, un peu gêné, en se grattant l'arrière de la tête de son autre main :
- Ah, suman, suman ! Je ne sais pas comment tu t'appelles !
- Rei... chuchotais-je. Akimoto... Reiri...
- Un joli nom, Rei-chan ! lança-t-il joyeusement. Moi, c'est Miura Akio.
Je ne pu m'empêcher de souffler :
- Akio... sama...
Car, s'il n'était pas le premier à me regarder comme une personne normale, il avait été le seul à faire face au Bijuu à cinq queues dans son propre nid. Il ignorait combien j'avais de respect pour lui, soudainement.
- Sensei, me corrigea-t-il gentiment, avec un sourire un peu crispé.
J'esquissais un sourire. On allait bien se marrer, tous les deux. Qui serait le plus têtu ?
- Sama.
- Parce que t'es blessée j'te dis rien ! bougonna-t-il en essayant de ne pas rigoler. Mais tu verras quand t'iras mieux !
Je me permis un léger rire. Il me sortit un sourire en coin des plus adorables.
Toute ma tension s'est envolée à ce sourire. Je me suis sentie bien... en paix. Pas heureuse - je ne le serai probablement jamais -, ni complète. Juste... sereine. Je savais bien qu'il y avait des vides qu'Akio-sama ne pourrait combler. Pour le moment, je n'avais pas trop à m'en faire. Il lâcha mon épaule et me prit par la main... en marmonnant diverses choses qui montraient qu'il avait agit sans réfléchir aux conséquences.
Oui... Décidément très amusant...
Vala, merci d'avoir lu et commenté ^^
La suite arrivera prochainement (si j'arrive à en être satisfaite)... Trois ans plus tard, que sont devenus Akio et Rei ? (j'ai toujours pas d'idée pour le titre... galère, les titres, quand même...)
Juste quelques trucs (j'avais oublié de les mettre dans le chap' 1 T_T) : "Aku Soku Zan", "Tuer le Démon Immédiatement" est la phrase fétiche du Shinsengumi dans Rurouni Kenshin. Pour le physique de Rei, je me suis pas mal inspirée d'une ninja qui apparaît dans les HS, vers l'épisode 85.
Akio veut dire "brillant".
Rei = zéro, ri = raison.
Akimoto = vrai automne (waaah *_*)
Miura : trois baies 0o
À bientôt ;)
Chapitres: 1 [ 2 ] Chapitre Suivante »
Naruto © 1999 Masashi Kishimoto | Naruto est distribué par Kana en France
Généré en 0,0358s | Design et programmation par dabYo | A propos du site
Généré en 0,0358s | Design et programmation par dabYo | A propos du site
