Fiction: La cinquième profession
La cinquième profession, c'est celle de "protecteur exécutif", autrement dit garde du corps. Neji Huygâ et Rock Lee, professionnels, se voient confier par Sakura Haruno, une star de cinéma légendaire la mission de soustraire sa soeur Tenten des mains d'un mari cruel et richissime... Pour compliquer les choses, Neji découvre que le garde du corps du camp ennemi n'est autre que sa cousine... Neji/Ten, Saku/Lee, et autres!
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Voici l'histoire de deux hommes de cultures différentes, mais unis par une même conception de l'honneur...Voici également l'histoire de femmes intelligentes et dignes, qui se voient propulsées dans des situations demandant une adaptation parfois contraire à leurs principes...
Enfin, voici l'histoire de tous ceux qui restent en permanence dans l'ombre mais qui n'en sont pas moins indispensables (je cite particulièrement Shikamaru et Temari).
Enjoy !
Chapitre 1: Au commencement
Habitué par un vieux réflexe professionnel, Neji pressa le bouton de l'ascenseur, un étage au-dessous de celui où il voulait aller. Les visiteurs non attendus devaient s'arrêter à l'avant-dernier étage, car il fallait pour amener l'ascenseur jusqu'en haut du bâtiment glisser dans une fente du panneau de commande une carte codée. On en avait donnée une à Neji, mais il refusait de l'utiliser. Par principe, il avait horreur des ascenseurs. L'emprisonnement qu'ils imposaient était dangereux. De plus, il ne savait jamais ce qu'il risquait de trouver quand les portes s'ouvriraient. Non que cette fois il s'attendît à des ennuis, mais il suffisait d'une seule exception à ses méthodes habituelles pour qu'il ne soit finalement pas prêt quand les problèmes se poseraient pour de bon. D'ailleurs, par ce bel après-midi de septembre à Athènes, il était curieux de voir les mesures de sécurité prises par la personne qu'il avait accepté de rencontrer. Les riches et les puissants avec lesquels il était habitué à traiter étaient pour la plupart dans la politique ou l'industrie. Ce n'était pas tous les jours qu'il s'apprêtait à voir quelqu'un non seulement appartenant aux deux domaines, mais qui avait été aussi un mythe de cinéma. Neji fit un pas de côté quand la cabine s'arrêta et que les portes s'ouvrirent. Jugeant la situation, il promena sur le palier un regard inquisiteur, ne vit personne, se détendit et se dirigea vers une porte où un panneau indiquait en grec : « sortie de secours ». Comme l'annonçait l'inscription, la poignée céda sans difficultés. Prudent, Neji entra et se retrouva dans une cage d'escalier. Les vingt-sept étages inférieurs étaient silencieux. Il se tourna vers une porte à droite. Le bouton ne tournait pas : il était verrouillé, comme il devait l'être. Neji introduit deux minces dents métalliques dans l'ouverture destinée à la clé, une pour faire levier, l'autre pour aligner les pièces de fer composant la serrure, et ouvrit la porte en sept secondes. Inquiétant, il aurait normalement dû mettre deux fois plus de temps à la forcer.
Il se glissa par l'ouverture, referma sans bruit la porte derrière lui et inspecta prudemment la volée de marches qui montaient. Pas de caméras, un éclairage faible. Il ne vit pas de gardes avant de s'engager dans un couloir recouvert d'une épaisse moquette.
Trois hommes étaient groupés devant une porte au bout du corridor. Le premier avait les mains dans les poches. Le second tirait sur une cigarette et le troisième buvait un café à petites gorgées.
« C'est vraiment l'heure des amateurs », se dit Neji. « Ne jamais avoir les mains occupées. »
Lorsque les hommes remarquèrent Neji, ils esquissèrent une sorte de garde-à-vous. Ils étaient bâtis comme des armoires à glaces et intimideraient un non-professionnel, mais leur corpulence les rendait trop voyants pour se mêler à une foule et ils avaient l'air trop massifs pour pouvoir réagir instantanément à un problème.
Neji s'efforça de prendre un air rassurant. Il se courba afin de rapetisser de quelques centimètres et fit semblant d'être impressionné par les gardes qui se redressèrent avec un air de triomphe arrogant.
Ils affectèrent d'examiner avec soin sa carte d'identité – fausse -, le fouillèrent mais sans découvrir le petit couteau fixé sous un revers de veste.
« - Oui, on vous attend, dit le premier. Pourquoi n'avez-vous pas pris l'ascenseur ?
- La carte codée n'a pas marché, répondit Neji en la lui tendant. J'ai dû m'arrêter à l'étage au-dessous et prendre l'escalier.
- Mais les portes de l'escalier sont fermées, observa le second.
- Quelqu'un de l'hôtel a dû les laisser ouvertes.
- Ça va chauffer pour celui qui a oublié de les verrouiller, déclara le troisième.
- Je vous comprends. Je ne peux pas supporter la négligence. »
Les trois gorilles approuvèrent d'un signe de la tête, firent rouler leurs muscles d'un air imposant et l'escortèrent jusqu'à la suite.
« Pas bon non plus », se dit Neji.« La règle est de ne jamais abandonner son poste. »
La suite comportait un salon de belle taille meublé avec goût. En revanche, une large baie vitrée s'étendait sur toute la largeur de la pièce, offrant une vue magnifique sur le Parthénon. Neji avait horreur des trop vastes fenêtres aux rideaux ouverts : cela donnait à l'ennemi un avantage peu souhaitable, en l'autorisant à toute sorte d'intrusion à grand renfort de longues vues, de sondes acoustiques ou, pire encore, de fusils à lunette.
Une conversation précipitée s'échappait d'une pièce contiguë au salon. Comme il n'entendait pas de réponse, Neji déduit qu'il s'agissait d'un échange téléphonique.
Il poursuivit son examen des lieux. Les gaillards qui l'avaient escorté parurent ennuyés de voir que leur employeur n'était pas là. Pas de bon point, pas de gratification pour avoir bien rempli leur rôle. Déçus, deux d'entre eux se dandinèrent, tripotèrent leur nœud de cravate et partirent se remettre en faction dans le couloir, sans doute pour y fumer une nouvelle cigarette ou boire un second café.
Neji détourna son regard des tableaux pour observer une vitrine abritant une collection de vases chinois. Le garde du corps se redressa. La porte de droite s'ouvrit toute grande.
Une femme, un personnage de légende, sortit d'une chambre.
Sa biographie officielle lui donnait trente-trois ans, mais elle semblait la même que lors de son dernier film, une décennie plus tôt : grande, mince, fraîche.
Des yeux verts au regard intense. Un visage ovale d'une parfaite pureté, encadré de cheveux roses rendus brillants par le soleil, élégamment répandus sur ses épaules. Une peau lisse et pâle. Un rêve pour un photographe.
Dix ans plus tôt, alors qu'elle avait remporté l'Oscar de la meilleure actrice, elle avait surprit le monde en annonçant son départ à la retraite : une femme si jeune, si belle, si prometteuse...Son mariage un mois plus tard, avec le roi d'un royaume petit mais riche situé au large de la Côte d'Azur, avait été tout aussi surprenant. Lorsque la santé de son mari avait décliné, elle avait repris en main les affaires de l'île et par cela encore agrandit ses richesses. C'était une femme intense, mais lucide, une femme comme on n'en trouvait pas à tous les coins de rue.
Elle sourit en s'approchant de Neji, radieuse. Comme au cinéma. Elle portait des sandales noires à talons hauts, un pantalon plissé gris clair, œuvre d'un grand couturier, et une chemise en soie vert-de-gris qui se mariait très bien avec la couleur de ses yeux. Les trois premiers boutons de sa blouse n'étaient pas fermés, révélant sa peau de pêche, ainsi qu'un pendentif de diamants, assorti à ses boucles d'oreilles.
Elle s'arrêta devant Neji puis congédia le garde du corps d'un regard.
« - Pardonnez-moi de vous avoir fait attendre, dit-elle en s'approchant, ce qui permit à Neji de sentir son parfum subtil. »
Ils se serrèrent fermement la main.
« - Pour cinq minutes ? Inutile de vous excuser, fit Neji en haussant les épaules. Dans mon métier, j'ai l'habitude d'attendre bien plus longtemps. D'ailleurs, cela m'a permit d'admirer votre magnifique collection. »
Il désigna les vases dans la vitrine.
« - J'imagine, du moins, que c'est votre collection. Je doute qu'un hôtel, aussi chic soit-il, puisse fournir de telles œuvres d'arts à ses clients.
- Je les emporte en voyage. Je me sens un peu chez moi, ainsi. Vous aimez la céramique chinoise ?
- Si j'aime ? Oui, bien que je n'y connaisse rien. Mais j'apprécie la beauté, Madame. Y compris -si vous me pardonnez ce compliment - la vôtre. C'est un honneur de vous rencontrer.
- Comme personnage royal, ou bien parce que j'ai été une vedette de cinéma ?
- En tant qu'ancienne actrice.
C'était la bonne réponse, songea la jeune femme en hochant la tête.
- Vous êtes très aimable. Je vous en prie, appelez-moi par mon nom d'autrefois : Sakura Haruno. Neji imita son gracieux signe de tête.
- Mademoiselle Haruno.
- Bien. Puis-je vous offrir un verre ?
- Tant que je ne travaille pas pour vous.
- Mais je croyais que vous étiez ici pour cela.
- Pour étudier votre problème, corrigea Neji. Je n'ai pas encore été engagé.
- Avec vos références ? J'ai déjà décidé de vous engager.
- Pardonnez-moi, mademoiselle Haruno, mais j'ai accepté cette invitation pour voir si moi j'acceptais d'être engagé. Elle l'examina.
- Eh bien ! D'habitude, les gens ne demandent qu'à travailler pour moi.
- Je ne voulais pas vous offenser.
- Mais ce n'est rien, voyons ! Je vous en prie, prenez place, dit-elle en se dirigeant vers un divan de cuir. »
Neji l'arrêta :
« - Si vous le permettez, mademoiselle Haruno...Je préfèrerais que vous utilisiez ce fauteuil-ci. Le divan est trop près de la fenêtre.
- Ah oui ! Je comprends, fit-elle, amusée. Je vais suivre votre conseil. Mais dites-moi, vous êtes toujours aussi protecteur envers les gens pour lesquels vous n'avez pas encore été engagé ?
- La force de l'habitude, sans doute...
- Une étrange habitude, monsieur...Je suis désolée, j'ai oublié votre nom.
Neji en doutait. Elle était du genre à tout se rappeler. Intelligente, avisée, prudente.
- Je n'utilise qu'un pseudonyme.
- Comment devrais-je vous présenter, alors ?
- Vous ne me présenterez pas. Si nous nous mettons d'accord, n'attirez jamais l'attention sur moi.
- Et en privé ?
- Huygâ. C'est sous ce nom-là que je travaille.
- Et c'est un surnom qu'on vous a donné quand vous étiez chez les Seals ? »
Neji dissimula sa surprise.
« - Le nom de votre ancienne unité est un sigle, n'est-ce pas ? Sea, air and land : les commandos de la marine. Eh oui, je me suis renseignée. Ne vous ais-je pas dit que je trouvais vos références excellentes ? La jeune femme s'assit dans le fauteuil désigné par Neji et croisa les jambes, très à l'aise.
- L'utilisation de pseudonymes montre que vous tenez à préserver votre vie privée. Mais j'ai mes sources, et j'ai pu reconstituer un CV satisfaisant. Pour vous rassurer, sachez que rien de ce qui m'a été révélé n'a compromis votre anonymat. Il y a quand même quelques bruits qui circulent : l'assistance que vous avez apportée à un membre du parlement britannique est bien connue. Il m'a demandé de vous remercier encore une fois de lui avoir sauvé la vie. Un financier italien vous est également reconnaissant d'avoir retrouvé son fils kidnappé. Un industriel d'Allemagne de l'Ouest est convaincu que sa société serait allée à la faillite si vous n'aviez pas découvert le concurrent qui volait ses formules. »
Neji restait silencieux.
« - Pas besoin d'être modeste, dit-elle.
- Vous non plus. Vos sources sont excellentes.
- Un des avantages d'épouser un souverain. De nombreuses portes s'ouvrent devant certains titres. C'est ainsi que j'ai pu obtenir le numéro de téléphone de votre agent.
- On ne vous a pas dit son nom, j'espère ?
- Je ne lui ai jamais parlé directement, toujours par des intermédiaires.
- Bon.
- Ce qui m'amène à mon problème. »
Neji l'interrompit d'une main.
« - Mademoiselle Haruno, encore une habitude. Pas de précisions dans cette pièce.
- Personne ne peut nous entendre. Il n'y a aucun microphone caché.
- Qu'est-ce qui vous en rend si sûre ?
- Mes gardes du corps ont vérifié ce matin.
- Dans ce cas, je répète...
- Pas de précisions dans cette pièce ? Mes gardes du corps ne vous ont pas impressionné ?
- Oh ! Si, ils m'ont impressionné.
- Mais pas dans le bon sens ?
- Je n'aime pas critiquer.
- Encore une habitude louable. Alors très bien, Hyugâ. Elle se pencha en avant et lui toucha la main.
- Aimeriez-vous visiter les ruines ? »
La Roll Royce s'arrêta en douceur devant l'Acropole. Si les passants se figèrent sur place et admirèrent la voiture, ils ne prêtèrent pas la moindre attention à la jeune femme qui en sorti. Sakura s'était changée : plus de boucles de diamants, plus de chemisiers haute couture. Elle avait enfilé un jean, des tennis, un pull bleu à col roulé, coiffé un large chapeau de paille et caché ses yeux derrière de larges lunettes de soleil. Neji ferma la portière derrière elle.
« - Tournez en rond dans le secteur, nous reviendrons dans une heure, dit Sakura à son chauffeur. »
La luxueuse voiture s'éloigna dans un vrombissement discret.
« - Vous n'avez pas voulu que je m'asseye près de la fenêtre, mais vous ne voyez pas d'inconvénient à ce que je sorte en public, dit Sakura à l'adresse de Neji tout en se dirigeant vers les ruines.
- Le fait que vous soyez célèbre ne doit pas faire de vous un ermite, répliqua Neji. Un bon chauffeur ne doit pas avoir de problème pour repérer s'il peut vous laisser descendre ou pas. De plus, vous savez parfaitement vous fondre dans la population, ajouta-t-il en désignant ses vêtements. »
Elle sourit.
« - Une habitude de comédienne, dit-elle. Le rôle le plus difficile : paraître comme tout le monde... »
Ils déambulèrent dans les ruines, faisant semblant de suivre un groupe de touristes, puis se détournèrent vers l'arête sud de l'Acropole. Neji s'adossa contre une colonne effondrée. Athènes s'étalait devant lui. Il ne ressentait cependant pas la même sensation que s'il contemplait l'archipel des Ryükyü.
« - Personne ne peut nous entendre, ici, proposa-t-il. Mademoiselle Haruno, la raison pour laquelle je ne suis pas sûr de vouloir travailler pour vous...
- Mais vous ne savez même pas pourquoi j'ai besoin de vous...
- ...C'est qu'un protecteur exécutif est tout à la fois un serviteur et un maître. Vous avez le contrôle de votre vie-des endroits dans lesquels vous voulez allez, de ce que vous faites -, mais le protecteur vous indique la façon de vous déplacer et de faire ce que vous souhaitez. C'est un ensemble délicat. Vous avez la réputation d'être entêtée, je ne suis pas sûr que vous soyez prête à accepter des ordres venant de quelqu'un que vous employez.
Sakura soupira, retira ses lunettes de soleil et vint s'assoir à côté de Neji.
- Si c'est cela, votre problème, alors il n'y en a pas. En partie, du moins...
- Je ne comprends pas.
- Ce n'est pas moi qui ai des ennuis. C'est ma sœur. Neji fronça les sourcils et se redressa contre son pilier de pierre.
- Expliquez.
- Vous avez déjà entendu parler d'elle ?
- Tenten Haruno, de quatre ans plus jeune que vous. Vingt-neuf ans, récita Neji. Ses rapports politiques et une sœur qui est une légende de cinéma l'ont rendue célèbre. Un richissime armateur grec lui faisait la cour. Ils se sont mariés l'an dernier.
- Vous vous êtes bien renseigné, approuva Sakura. Leur mariage ressemble au Parthénon : une ruine.
- Et quel est le rapport avec moi ?
- Ma sœur veut divorcer.
- Ce qu'il lui faut, c'est un avocat, alors. Pas moi.
- Son salaud de mari ne veut pas en entendre parler. Elle est sa prisonnière tant qu'elle n'aura pas changé d'avis, dit Sakura d'un ton dur. La colère pesait dans chacun de ses mots.
- Prisonnière ?
- Elle n'est pas enchaînée, si c'est ce que vous pensez. Mais elle est quand même prisonnière. Et elle n'est pas torturée. »
Sakura remit ses lunettes d'un geste fluide, malgré les légers tremblements qui secouaient sa main.
« - A moins que vous ne considériez comme une torture d'être violée tous les jours par un homme cruel et brutal. »
Neji resta interdit. Il ne s'était pas attendu à une affaire de ce genre. Mais après tout, il était habitué à des révélations surprenantes de la part de ses clients. La face cachée de ce monde médiatisé auquel appartenaient tous les gens célèbres.
« - Etes-vous armé ? demanda brusquement Sakura.
- Rarement.
- Alors à quoi servez-vous ?
Neji se redressa.
- Vous vous êtes trompée, mademoiselle Haruno. Si vous voulez un assassin...
- Non ! s'écria Sakura. Je veux ma sœur !
Il se détendit et revint s'appuyer contre la pierre.
- Vous pensez à une mission de récupération, dit-il.
- Appelez ça comme vous voudrez.
- Si je décide d'accepter la mission, mes honoraires...
- Je vous paierai un million de dollars, le coupa Sakura.
Neji failli sourire.
- Vous n'êtes pas une bonne négociatrice, dit-il. J'aurais pu accepter moins.
- C'est ce que je vous offre.
- A supposer que j'accepte, je vous demanderai la moitié au départ, l'autre moitié la mission terminée. Plus les frais.
Sakura fit un geste de la main, comme pour chasser une mouche.
- Dépensez tout ce que vous voulez en plus, quelques milliers de dollars supplémentaires ne comptent guère.
- Vous ne comprenez pas. Quand je dis « frais », je pense en centaines de milliers de dollars.
- Quoi ?
- Vous me demandez de m'attaquer à l'un des hommes les plus puissants de la Grèce. Il doit avoir un système de sécurité très serré, difficile à franchir. Sans compter les dispositifs de poursuite qu'il peut mettre en place. Dites-moi où se trouve votre sœur, je ferais une analyse des risques. Je verrais alors si j'accepte la mission, et vous si vous la maintenez après un aperçu des moyens à mettre en œuvre...
- Vous ne comprenez donc pas ? s'exclama Sakura en se levant. Je suis prête à tout pour sauver Tenten ! L'argent est bien peu de chose face à elle !
Neji la regarda comme s'il la voyait pour la première fois.
- Vous m'impressionnez, avoua-t-il. Peu de personnes à ce point plongées dans le luxe et la notoriété parviennent à maintenir de tels liens avec les membres de leur famille...et encore moins à les montrer.
Sakura hésita, puis sourit tristement.
- Le « grand monde » est bien plus terrible que ne le pense la plupart de gens, dit-elle à voix basse.
- Je sais.
Sakura releva le bord de son chapeau pour mieux voir Neji.
- Je dois vous avertir d'une chose, dit-elle d'un ton déterminé. Je vous accompagnerai dans votre fuite.
- Pardon ?
- Quand vous aurez récupéré ma sœur, je partirai avec vous, avec elle. Je fais partie de l'équipe, en trois mots.
Le visage de Neji s'assombri.
- Vous paraissez bien certaine de mon accord, et de la réussite de la mission, dit-il.
- Effectivement.
- Et si vous vous incluez dans l'opération, cela compliquera davantage les choses.
- Je pensais bien que vous diriez cela. Et je peux vous affirmer que rien de ce que vous pourrez argumenter ne me fera changer d'avis...
- Hélas, je ne peux pas vous empêcher de venir, si vous êtes ma cliente...
- Et il serait préférable que je disparaisse en même temps que ma sœur, momentanément du moins. Son mari ira tout de suite sonner à ma porte après la disparition, et je ne tiens pas à faire face à sa garde rapprochée...De plus, il se peut que vous ayez besoin de moi. Je connais parfaitement les lieux, je pourrais vous guider. Les ruelles d'Athènes n'ont plus de secrets pour moi, non plus. Ce qui serait avantageux pour semer d'éventuels poursuivants.
Mais Neji secoua la tête.
- Pardonnez-moi, mademoiselle Haruno, mais tout cela, je peux le faire moi-même. Le renseignement est une des branches principales de ma profession.
- Autre chose, alors. Ma célébrité nous sera d'une grande aide pour passer les douanes. Car nous aurons sans doute à changer de pays, n'est-ce pas ?
L'avantage était à considérer, cette fois-ci. Une tête qui passe partout, cela éviterai d'éventuels problèmes dans la fabrication des faux visa et passeports...Neji se résigna.
- Il y a cependant un détail auquel vous n'avez pas songé, dit-il. Vous devez savoir que le client d’un protecteur exécutif est nommé le « principal ».
- Oui.
- Un garde du corps ne peut pas avoir plusieurs « principal ». Ce mot-là ne s'accorde pas au pluriel dans notre métier.
Sakura parut déconcertée.
- Vous me demandez de sauver votre sœur. Elle devient donc ma principale. Mais vous ?
Il y eu un instant de silence pendant lequel Neji laissa volontairement Sakura dans un état de trouble.
- Il me faut de l'aide, finit-il par dire. Un second protecteur.
Par-dessus les verres teintés, le regard de Sakura s'éclaira.
- Faites appel à un collègue ! Je suis prête à débourser un autre million de dollars...
- Ce n'est pas si simple. Je n'ai pas de collègues à proprement parler.
- Comment cela ? Vous avez toujours travaillé en solo ?
Neji demeura silencieux quelques secondes.
- Non. Je pourrais effectivement tenter de joindre un confrère européen avec qui j'ai effectué une mission il y a six mois...
- Parfait !
Neji la regarda.
- Vous ne semblez pas vous rendre compte, dit-il amèrement.
Sakura se détourna, une main sur son chapeau pour qu'il ne s'envole pas.
- Si, dit-elle. Si, je me rends compte. Mon meilleur ami est mort suite à une discordance entre deux de ses gardes du corps. Ils ont été négligents pas la suite, et cela l'a tué. Vous le connaissez sûrement, il était un excellent militaire. Sasuke Uchiwa. »
Les souvenirs refoulèrent dans l'esprit de Neji. Un jeune apprenti, brun, aux yeux d'un noir particulièrement profond. Seul admis aux Seals cette année-là. Un prodigue, d'un an seulement plus jeune que lui. Fiancé à une charmante jeune fille de la police scientifique. Et oui, meilleur ami notoire de la célèbre Sakura Haruno.
« - Il est mort en héros, dit Neji.
- Nous avions fait le même stage d'apprentissage de vol, continua Sakura. Piloter un hélicoptère a toujours été notre rêve d'enfant, à tout deux.
- Vous savez piloter un hélicoptère ? S’étonna Neji.
Elle se retourna vers lui, grave.
- Oui. Ça pourra être utile, n'est-ce pas ? Imaginez que vous vous trouviez indisposé...
Neji épousseta les manches de sa veste pour en retirer la poussière jaune d'or qui s'y était accumulée au court de la dernière heure.
- Bon, il va être temps de retrouver votre Roll, dit-il. D'ailleurs, à ce sujet, une chose : changez de voiture. Celle-là est décidément trop voyante.
- Bien...
- Allons-y. Et dites à votre chauffeur de rejoindre l'hôtel par un chemin détourné. »
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