Attention, cette fanfiction de Naruto est catégoriée spoil, c'est à dire qu'elle peut évoquer des passages du manga qui ont été publié au Japon mais pas encore en France. Sa lecture est donc susceptible de vous gacher le plaisir proccuré par le manga. Pour enlever ce message et voir toutes sections Spoil du site, rendez vous dans vos options membres.


Fiction: La triple tragédie.

Un extrait ? « On devrait être assez loin. » Cette pensée la rassurait. La vérité ? Elle était épuisée. Sakura courait depuis plus d’une demi-heure, transportant le corps inanimé du brun. « Bon sang, qu’est-ce qu’il est lourd… » La peur, l’effort, elle ne parvenait plus à contrôler sa respiration et sa vision s’obscurcissait. Soudain, une douleur aiguë à la cuisse la jeta au sol. Elle se réceptionna sur l’épaule et roula dans la poussière. « Aie… » Un goût de sang dans la bouche...
Classé: -16I | Spoil | Général / Drame | Mots: 14187 | Comments: 31 | Favs: 54
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Sekai (Féminin), le 04/05/2009
Quoi ? Un chapitre qui arrive avant les 6 mois prévus ?
Oui. Sûrement parce que je fais tout pour ne pas réviser mes exams... :D

Malgré tout, je suis pas convaincue. Mais je ne ferai pas mieux de toute façon !
Please, enjoy.




Chapitre 5: Contact



Accroupie dans un coin de la pièce, Sakura laissa échapper un son qui ressemblait davantage à un hoquet étranglé qu’à un soupir de soulagement : Naruto avait plaqué le brun au sol juste à temps pour éviter l’arme. Sans les réflexes du jeune shinobi, l’autre y serait sûrement passé. Plus personne n’esquissait un geste et le blond avait forcément reconnu qui était son agresseur mais il restait immobile, un air incrédule sur le visage.

Plus tôt, en entendant Sasuke sortir, Sakura avait laissé cette immense vague de désespoir la submerger : elle était seule, elle les avait fait fuir. Et étrangement, elle avait arrêté de pleurer. Pendant de longues minutes, elle était restée là, assise en silence, à regarder ses mains tremblantes. Puis soudain, elle avait manqué d’air. La respiration sifflante, elle s’était levée, elle avait bondi, jeté au sol tout ce qui lui tombait sous la main, puis ramassé, rangé, tout aussi violemment, étourdie par ses mouvements brusques et désordonnés. A bout de force, elle s’était finalement écroulée, incapable de faire quoi que ce soit d’autre… Alors elle n’avait même pas bougé en entendant quelqu’un pénétrer dans l’appartement.

D’abord, en voyant son visage, elle n’y avait pas cru. Ensuite, elle n’avait pas compris : Saï. Qu’est-ce qu’il faisait ici ? Puis d’un coup, elle avait réalisé qu’il était certainement une menace mais le temps que cette idée germe dans son esprit, le brun lui avait déjà appuyé une lame contre la carotide. Elle avait bien essayé de se défendre mais elle était vraiment affaiblie et lui incroyablement fort. Il l’avait attrapée par les cheveux, sans douceur, et avait assuré sa prise sur l’arme tranchante après l’avoir bâillonnée. Ils étaient restés comme ça un long moment puis, quand la porte s’était ouverte sur les deux garçons, il avait lancé ce kunai.

Après un long silence, Saï se décida à prendre la parole :

« Ça fait plusieurs jours que je surveille l’appartement mais je n’avais pas encore eu l’occasion d’y rentrer… C’est vraiment… sympa… chez vous. »

Visiblement ravi de son effet, il avait prononcé ses mots sur un ton totalement détendu, comme s’ils s’étaient vus la veille.

« Qu’est-ce que tu veux ? »

Le blond tenait toujours Sasuke au sol, ses yeux avaient viré au rouge, ce qui ne présageait rien de bon.

« Ah ! Naruto, fit Saï avec un faux sourire. Tu devrais te calmer. J’étais pas là ce jour-là, mais on m’a raconté… »

Il n’en fallut pas plus : en un bond, le blond était sur lui, prêt à le frapper. Mais Saï para son attaque avec aisance et Naruto rencontra le sol de manière plutôt brutale.

« Il est encore plus fort qu’avant… » Pensa Sakura.

Saï n’avait pas cessé de sourire, pas un seul instant. Il accomplissait tous ses gestes avec une rapidité et une facilité déconcertantes. « Il va frapper Naruto. Je dois faire quelque chose. Il va vraiment lui faire mal. » L’esprit de la jeune rose marchait à toute allure. Saï amorçait un mouvement en direction du blond. « Non ! Mais pourquoi il ne réagit pas ? » Elle étendit le bras sur le côté et attrapa le premier objet qu’elle trouva avant de se jeter sur le shinobi et de le frapper à la tête. L’objet en question explosa et Sakura eut la surprise de constater qu’elle l’avait attaqué avec une simple tasse. « Ridicule… » Néanmoins, si Saï ne s’effondra pas sous la violence de l’attaque, il fut tout de même surpris, ce qui laissa le temps à Naruto de riposter. Il lui balança son pied en plein visage et le dessinateur ne retrouva au sol, l’épée de Sasuke contre la gorge. Personne n’avait vu quand le brun avait bougé, ni quand il avait récupéré son arme.

« Sasuke-kun. » La voix de Saï n’était plus qu’un couinement mais il s’entêtait toujours à sourire. « Tu es toujours fort, même sans tes yeux. »

Sasuke ne cilla même pas.

Naruto, qui semblait avoir retrouvé ses esprits, s’approcha en essuyant le sang coulant de sa tempe, méfiant. L’autre repris d’un ton plaintif :

« C’est un peu injuste, non ? Trois contre un… »

Il eut une quinte de toux.

« J’avais pas l’intention de vous tuer. Je devais juste vous… retrouver. »

Sakura pu voir le blond froncer les sourcils. Elle-même était perplexe. « Pourquoi il nous a attaqués alors ? » Mais, la vérité, c’était que s’il avait vraiment voulu la tuer, il aurait pu le faire sans trop de difficultés juste avant. Elle se dit que s’il l’avait fait à ce moment-là, elle n’aurait peut-être même pas crié, et baissa la tête, honteuse. Ça ne pouvait plus durer, elle ne se reconnaissait plus. Elle s’était promis d’être courageuse… Et tout ce qu’elle avait fait depuis des mois, c’était se laisser porter. Elle se plaignait de cette vie mais ne faisait rien pour s’en sortir, mettant tout sur le dos des autres. La faute à la froideur de l’Uchiha… La faute à l’indifférence de Naruto, hein ? Et eux, ils ne souffraient pas peut-être ? Sakura avait honte, terriblement honte. Elle avait promis de ne plus être un fardeau, de ne plus être une petite fille capricieuse. « Ça suffit… » Il fallait qu’elle se secoue, qu’elle se réveille. Ils ne pouvaient se sortir de cette merde qu’ensemble et là elle ne faisait que les tirer vers le fond. Elle repoussa ses cheveux derrière ses oreilles, se frotta le visage des deux mains et prit une grande inspiration. Elle se sentait bien, enfin à sa place. Après avoir passé des semaines à dormir et pleurer, elle avait l’impression que son corps et son esprit sortaient d’un long sommeil. « Il était temps. » Pensa-t-elle. La jeune femme croisa les yeux bleus de son coéquipier et se dit que oui, il était vraiment temps qu’elle prenne les choses en main. Et lorsqu’elle parla, sa voix ne trembla pas :

« Pourquoi ? Pourquoi tu devais nous retrouver ? »

Saï tourna les yeux vers elle, toujours bloqué au sol par l’épée de Sasuke. Il pointa un index vers le plafond.

« Ordre de là-haut. »

Naruto semblait de plus en plus perdu.

« Là-haut… Tu veux dire… l’Hokage ?

- Y’a plus d’Hokage, fit Saï dans un éclat de rire. Tu vois, le village de Konoha n’existe plus…

- Je sais. » Le coupa Naruto avant de se renfermer dans un mutisme profond.

Sakura s’approcha à son tour.

« Qui alors ?

- On n’est plus très nombreux, continua Saï, on a du quitter Konoha. Il ne restait plus rien. La Cinquième a survécu mais elle est partie. Personne ne sait où. Alors les gens, ceux qui sont restés du moins, ont décidé de construire un nouveau village. Et on a eu besoin d’une sorte de chef…

- Qui ? Insista Sakura.

- Il voulait que je vous retrouve pour vous transmettre un message…

- QUI ? Hurla-t-elle en abatant son pied à quelques centimètres de la tête de Saï.

- Shikamaru. »

A cette réponse, même le visage de l’Uchiha refléta la surprise. Soudain, un éclat de rire brisa le silence pesant qui s’était abattu sur le groupe. La jeune rose tourna la tête vers Naruto. C’était lui qui riait, et son rire était tendu, nerveux, tremblant. Puis d’un coup, le visage du blond redevint sérieux.

« Ah, ce mec… Sasuke, lâche-le. Je ne crois pas qu’il nous mente. Il pourrait pas nous mentir sur un truc pareil.»

Ce dernier se raidit, mais lorsque Naruto réitéra sa demande, il s’exécuta, le gardant tout de même à portée de lame. Saï se redressa souplement et après quelques instants, le blond se racla la gorge et reprit :

« Alors, d’après ce que tu nous as dit, tu as un message à nous transmettre… Bien… on va y réfléchir. Demain… demain, on te dira si on est prêts à t’écouter. Mais maintenant, on aimerait bien être seuls… pour réfléchir. »

Le ton n’était ni convaincant, ni convaincu mais le dessinateur hocha la tête :

« Je comprends que vous soyez méfiants.

- En attendant, tu vas laisser toutes tes armes ici. Ton matériel de dessin aussi… Tu t’es installé dans le coin ? »

Saï hocha de nouveau la tête et Naruto se tourna vers les deux autres.

« Bien ! Je vais raccompagner notre ami l’artiste à sa piaule pour m’assurer qu’il ne nous raconte pas d’histoires… Et je reviens. » Ajouta-t-il devant l’expression alarmée de Sakura.

Quelques instants plus tard, la jeune femme se retrouva seule avec le brun dans l’appartement. Ce dernier rangeait son épée dans son fourreau avec le plus grand soin. Elle allait lui demander comment il avait fait pour réagir si rapidement mais il la coupa :

« Je vais me coucher. Tu devrais faire pareil. »

Résignée, elle le regarda se débarrasser de ses vêtements boueux et s’allonger sur son futon, puis elle se déshabilla pour se coucher à son tour. La jeune rose somnolait déjà quand elle entendit le bruit d’une porte qu’on refermait discrètement. Elle sentit bientôt une forme se glisser dans ses draps et se serrer contre elle. Un léger sourire flotta sur ses lèvres. « Naruto. » Il avait passé son bras autour de sa taille et elle sentait son souffle chaud sur sa nuque. Elle s’endormit, savourant ce contact, sans se douter que ce serait sans doute la dernière fois.

***


Il s’était dit qu’il allait en discuter avec les autres en rentrant mais il n’avait pas envie de penser à Saï maintenant, et encore moins à Konoha. Sur la route, il lui avait bien fait comprendre qu’il serait hermétique à toute tentative de communication et le brun n’avait pas bronché. Il était resté un moment, vérifiant les moindres recoins de la petite chambre louée par Saï, puis il l’avait laissé en compagnie d’un clone qui avait pour mission de l’avertir à tout mouvement suspect et il était finalement parti sans un mot. La journée du lendemain n’annonçait rien de bon, il en était intimement persuadé.

Il se serrait aussi fort que possible contre Sakura, il avait besoin de ça, de cette tendresse, au moins pour un court moment. Après s’être assuré que la jeune femme était endormie, il se tourna vers Sasuke. Il savait que ce dernier épiait le moindre de ces gestes depuis qu’il était rentré et en eu la confirmation en le trouvant les yeux grands ouverts.

« Quoi ? Chuchota-t-il.

- J’aimerais savoir quelque chose. » Répondit l’autre sur le même ton.

Naruto se détacha complètement de la jeune femme pour donner toute son attention au brun.

« Pourquoi tu t’es pas défendu tout à l’heure ? T’as pas utilisé de chakra. C’est parce que t’as peur de perdre le contrôle ? »

Comme le blond ne répondait pas, il soupira.

« Ecoute. Je… m’excuse pour ce soir. »

Devant le visage grimaçant de Sasuke, Naruto ne put réprimer un sourire. Si ça le faisait autant souffrir de le dire, c’était certainement sincère. Il se leva et toucha l’épaule du brun pour attirer son attention.

« Salle de bain. Je veux pas réveiller Sakura. »

En pénétrant dans la petite pièce, Naruto se sentit tout de suite agressé par la lumière trop vive du néon. Il s’appuya sur le lavabo et observa son reflet puis plissa le nez en grattant sa barbe de trois jours. D’un geste calculé, il attrapa la mousse et le rasoir et entreprit de se raser. Le blond s’accrochait désespérément à tous ces gestes quotidiens. Ils avaient quelque chose de rassurant. Jetant un œil derrière lui, il constata que Sasuke était adossé au mur, enroulé dans ses draps.

« Sasuke… T’es couvert de boue… là. Tes bras. »

« Merde. » Fut la seule réponse du brun. Il s’approcha et passa ses bras sous l’eau tiède de la douche. Puis il retourna contre le mur, en silence. Naruto continuait de se raser.

« Tu as raison. C’est vrai. En fait, je crève de trouille que ça recommence. Le sceau, sur mon nombril, je sens qu’il s’affaiblit, et j’ai peur de ce qui pourrait se passer si jamais… enfin… Il fit une pause, puis reprit : enfin, j’ai encore jamais rencontré quelqu’un d’autre que toi qui arrive à me provoquer aussi facilement. »

Naruto toussa, la plaisanterie était d’un genre plutôt douteux… Mais lorsqu’il posa son regard sur l’Uchiha à travers le miroir, il crut voir un sourire sur ses lèvres. Il pencha la tête pour se rincer et lorsqu’il releva les yeux, le sourire avait disparu. Il attrapa une serviette et se mit à scruter le visage dénué d’émotions de Sasuke. Puis, prenant son courage à deux mains, il demanda :

« Sasuke… C’est quoi ça ? Enfin… ce que je veux dire c’est… tu me parles… tu ne m’insultes pas… »

L’autre pinça les lèvres et Naruto jugea qu’il était plus sage de ne pas insister. Mais au moment où il se décidait à sortir, la voix grave résonna.

« Tu l’as dit tout à l’heure… Cette vie, c’est de la merde. J’en ai marre. Je veux que ça change. »

Naruto observait le brun. Ce dernier frottait sa cicatrice d’un air pensif. Le jeune homme sentait comme une boule tiède au niveau de son cœur. Il tendit une main en direction de Sasuke et commença : « Je… » Mais il fut très vite coupé par le ton cassant et froid de l’Uchiha :

« Je ne veux pas être ton ami. C’est hors de question. »

Puis le brun tourna les talons et retourna se coucher. Naruto resta dans la salle de bain, observant toujours son reflet. La déception laissait une brûlure cuisante au creux de son estomac. Il en aurait presque pleuré. Puis, résigné, il partit se coucher à son tour, cette fois dans son propre lit.

***


En entendant le blond se coucher, Sasuke se recroquevilla sur son futon. Et voilà, comme à chaque fois qu’il se sentait acculé ou que Naruto était trop proche de le toucher, il se murait derrière une forteresse d’antipathie et de violence verbale. Pourtant… les choses auraient pu être tellement plus simples… A tâtons, il attrapa la photo d’Itachi cachée au cœur de ses vêtements et la serra dans sa main, le plus fort possible, les lèvres étirées dans un rictus de douleur et de désespoir. Les jointures de ses doigts étaient blanches, son cœur lui faisait mal.

A sa grande honte, il laissa malgré lui un sanglot s’échapper de sa gorge, sa main venant précipitamment se poser contre ses lèvres pour tenter de réparer l’irréparable. Mais c’était trop tard et il se glaça d’effroi en entendant quelqu’un se redresser dans son dos. On l’avait entendu…

« Sasuke ? »

Il eut un infime soupir de soulagement en entendant la voix de Sakura. Au moins, ce n’était pas Naruto.

« Sasuke, tout va bien ? »

En guise de réponse, il poussa un grognement mais elle insista.

« Laisse-moi. » Finit-il par répondre.

Ignorant sa requête, la jeune femme s’approcha de lui à quatre pattes et posa la main sur son épaule. A cet instant, Sasuke se sentit au plus mal. Non, ça n’allait pas, rien n’allait de toute façon. Cette vie… cette vie… Il n’en pouvait plus. Il se redressa brusquement et courut tant bien que mal dans la salle de bain, s’enfermant au passage.

La voix de Sakura, de l’autre côté de la porte, lui parvint. Elle lui demandait encore si tout allait bien. D’un geste rageur, il essuya ses joues humides. Il n’en pouvait plus de cette vie, ses yeux lui manquaient. Toutes ces choses qu’il ne pouvait plus voir, même les plus triviales, l’obsédaient de plus en plus. Il passait ses journées à essayer de les imaginer, leurs couleurs, leurs formes… Il connaissait par cœur la voix de Naruto, et celle de Sakura. Mais il ne se souvenait plus de la forme exacte de leur visage, de leur sourire… Tous les jours, il résistait à la tentation de poser ses mains sur ces visages. Il voulait, il voulait tellement… Mais il n’était tout simplement pas capable d’admettre la dernière chose qui aurait pu le sauver : il avait besoin d’eux, il avait besoin de Naruto et Sakura. Alors il les repoussait loin, très loin du trou béant qui avait un jour été son cœur. Son cœur, ce monstre avide, affamé… Mais la vérité, c’est qu’il en voulait plus. Chaque geste qui lui était adressé, chaque attention, il les voulait puissance mille. Lui qui avait cru pouvoir vivre sans personne… il en voulait toujours plus, il voulait qu’on l’aime. Sa propre avidité le terrifiait. Il laissa son dos glisser le long du mur sale jusqu’au sol. Il n’en pouvait plus, il n’en pouvait vraiment plus. Il fallait que ça change ou il allait devenir fou.

Sasuke perçut un léger bruit : Sakura avait ouvert la porte.

« Hé… » Murmura-t-elle en se penchant vers lui.

Il ne voulait pas lui faire de mal. Vraiment pas. Mais sous l’impulsion de son cœur affamé, il ne parvint pas à contrôler ses gestes et lorsqu’il sentit les cheveux de la kunoichi lui caresser l’avant-bras, il agrippa la mèche dans un mouvement brusque et fit tomber la jeune femme au sol. « Avide… » Elle avait peur, il le sentait, mais il ne pouvait pas lâcher. « Aime-moi… S’il-te-plait. » Il la tira de nouveau vers lui d’un coup sec et entendit ses coudes claquer contre le sol dur de la salle de bain. Tout ça n’avait duré que quelques secondes mais il lui semblait que la scène se déroulait au ralentit. Il se sentait à des années lumières de son propre corps et ne pu empêcher un rictus malsain d’apparaitre sur son visage : il avait le contrôle. Il avait enfin le contrôle sur quelque chose dans cette putain de vie. Soudain, il reçut comme une décharge électrique. Elle l’avait frappé, de toutes ses forces. Prenant violemment conscience de ce qu’il était en train de faire, il la lâcha. La respiration de la jeune femme était rapide et tremblante.

« Oh, mon dieu… » Il voulait s’excuser… Il voulait juste toucher son visage. Juste ça. Après tout, peut-être qu’il était déjà fou… Il fallait qu’elle lui pardonne. Sinon il ne pourrait pas la toucher… Mais les mots d’excuses restaient coincés au fond de sa gorge. A la place, il chuchota une phrase à la fois banale et cruelle :

« Oh… Tes cheveux ont poussé… »




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