Fiction: AntiDouleur (terminée)
[Pendant Exam Chunnin; Yaoi/Yuri] La morphine faisait son effet. Une aiguille plantée dans le bras, elle se sentait si impuissante, dépendante, si faible... Être accro aux analgésiques, c'est comme être amoureux d'une personne. Deux fois pire lorsque vous êtes dépendant aux deux... Elle a encore tant à apprendre.
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OMG. Une fic qui finit bien. Écrite par moi? Impossible!
Mais oui, vous ne rêvez pas. Faut bien laisser reposer la partie Sadique de son cerveau et faire quelque chose de léger pour une fois. Mm. Peut-être pas léger finalement, puisque le truc fait 8000 mots. Que voulez-vous, quand je m'y mets, je ponds des trucs vraiment longs.
8698 mots pour être exacte. J'ai essayé d'aérer le texte pour vous faciliter la tâche ^^" Commencé pour un cours, mais ça a vite dégénéré.
L'histoire se déroule pendant le mois laissé aux concurrents après les éliminatoires de la 3ème partie de l'exam Chunnin. Elle commence donc un mois avant le début des finales.
À part le fait que ce soit un happy-end, la deuxième étrangeté est qu'il n'y a aucun spoil :D Ouééééé!
Bonne Lecture.
Chapitre 1: You & I
Est-ce que Temari savait qu’elle était éveillée? Probablement pas. Elle n’aurait pas… fait ça, sinon. Ou peut-être, oui, elle l’aurait fait. Tenten se redressa un peu sur son lit d’hôpital, appuyant son dos sur la tête de lit. Elle avait une aiguille fichée dans l’avant-bras. Un tube la reliait à une poche remplie de liquide, suspendue comme une veste accrochée à un porte-manteau. On lui injectait une mixture salée et un antidouleur puissant – le type d’antidouleur qui la ferait tomber dans le coma bientôt.
Bien.
Sa chambre d’hôpital ressemblait à toutes les autres; elle avait le charme d’une boîte de mouchoirs fraîchement ouverte. Propre, fonctionnelle, pratique et totalement impersonnelle.
Il n’y avait aucune trace d’une autre personne – à l’exception d’une légère traînée d’odeur, celle d’une autre femme. Non pas du parfum, pensa Tenten, mais plutôt du shampoing ou encore une crème hydrante pour les mains…
Elle leva une main et effleura doucement sa joue du bout des doigts, comme si un contact plus rude aurait pu chasser le souvenir d’un sentiment. Elle avait parlé avec cette femme quelques heures auparavant et cette femme lui avait déjà semblé comme la personne la plus agaçante que la Terre eut jamais porté. Plus agaçante que ses coéquipiers, même.
Lorsqu’elle l’avait vue pour la première fois, elle avait failli sourire. Temari avait l’apparence de la femme parfaite, stéréotypée, avec ses cheveux blonds et sa peau bronzé – pas trop, juste assez. Et ses yeux. Il n’y avait rien dans son regard, seulement une neutralité superficielle et vitreuse. Comme cette fois-là, où Tenten avait vu un loup, un vrai. Bats-toi et il te tuera, va-t-en et il ne te poursuivra pas. Il s’en foutait complètement. Temari avait le même regard.
Seulement, cette fois, Tenten avait décidé de se battre. Et comme promis, elle avait perdu. Spectaculairement, même. Elle ne savait pas pourquoi elle était encore vivante. Peut-être que Temari s’en foutait. La kunoichi de Suna savait probablement que Tenten n’allait pas heurter le mur. Si Lee ne l’avait pas rattrapée, si elle avait atterri sur ses armes abandonnées…
Toutefois, lorsque Temari avait pénétré dans la chambre, ses yeux bleus avaient perdu un peu de leur neutralité, remplacée par une pointe de curiosité.
Oublie ça, Tenten. Au bout de ce chemin, il n’y a que la folie.
Ce n’était certainement pas la première fois où elle avait frôlé la mort – ou même la première fois que ses coéquipiers avaient dû intervenir pour lui sauver la vie – mais c’était le combat qui l’avait rendue le plus… confuse.
Ces réflexions tortueuses. Il y a des jours où elle maudissait Dieu d’avoir rendu l’homme si intelligent qu’il pouvait se torturer lui-même mentalement.
« Tenten. »
Ah, encore les habiletés superbes de la grande kunoichi, songea-t-elle sarcastiquement en se reprenant. Neji était toujours si silencieux lorsqu’il se mouvait. Elle leva les yeux sur lui et lui adressa un faible sourire. Appuyé sur le mur, aussi loin possible de Tenten, il hocha la tête, mais ne sourit pas. Oh, quelle surprise.
Il n’avait pas l’air particulièrement boudeur. Tenten en déduisit qu’il avait gagné son match. Ça non plus, ce n’était pas une surprise. Restait donc un autre gars du Sable et lui, il était flippant. Temari et le travesti étaient si puissants, il l’était sans doute aussi. Les ninjas de Suna devaient être craints.
« Qui as-tu affronté? » demanda Tenten en montrant, d’un signe de la tête, la chaise à côté du lit. Le geste lui fit mal, bien sûr, mais il ne lui causa pas autant de douleur qu’il aurait dû. Les antidouleurs faisaient leur boulot. Une petite chaise solitaire, pour les miracles qu’étaient les visiteurs.
Neji ignora son invitation, comme elle l’avait prédit. Peut-être n’était-il pas un visiteur?
« Hinata-sama. »
Tenten se sentit pâlir, mais n’autorisa pas son expression faciale à flancher. Cette pauvre fille. Elle voulut demander si elle allait bien, mais Neji se serait renfrogné ou aurait recommencé à se plaindre : « Voyez-vous donc cela! Encore des traitements de faveur envers les membres de la branche principale; même mes propres équipiers s’inquiètent pour elle! »
De toute façon, le Jounin aurait arrêté le combat avant qu’il ne devienne trop sérieux. Elle était l’héritière du clan Hyuga, après tout. Finalement, Neji avait raison, pour le traitement de faveur, même s’il exprimait mal son opinion.
Son esprit vacilla. Ces antidouleurs étaient vraiment efficaces. Elle s’affaissa sur les oreillers inconfortables. Elle se plaindrait d’eux lorsque Lee viendrait.
« Ah. » fit-elle. Si elle se renseignait sur la santé de Neji, il en aurait été insulté. Brièvement, elle se demanda si Temari avait à gérer ces situations maladroites aussi souvent qu’elle.
Neji la dévisageait. Oups. Que pouvait-il discerner avec ces yeux? Elle ne pensait pas avoir quelque chose à cacher, mais si oui, il l’aurait probablement remarqué. Il n’aurait pas émit de commentaire – oh non, il était beaucoup trop distant pour cela – mais il l’aurait remarqué et ce serait déjà assez humiliant.
« Tu as perdu. » dit-il simplement. Elle sentit une vague de honte déferler sur elle. Oui, elle avait perdu. Échoué. Avait été défaite. Elle avait déçu Lee, Gai-sensei et Neji. Elle avait même déçu Temari, n’étant pas assez forte pour représenter un défi aux yeux de la kunoichi blonde. Elle ferma les yeux un court moment. Pourquoi ne se sentait-elle pas aussi contrariée que normalement, lorsqu’elle perdait? Antidouleurs, Tenten, antidouleurs, se dit-elle.
« Tu as perdu. » répéta-t-il, toujours aussi froid, toujours aussi cruel. Avec plus d’efforts qu’avant, Tenten ouvrit les yeux et le toisa, énervée. Ouais, voulait-elle dire, j’ai compris. Mais peut-être qu’il n’avait pas terminé. Neji n’avait jamais été aussi bavard. Et il ne parlait jamais s’il n’avait aucune raison de parler.
« Et tu es tout de même contente. Pourquoi? »
Tenten cligna des yeux. Quoi encore?
L’était-elle? Contente? C’est vrai, je ne me sens pas mal, réalisa-t-elle. Du moins, elle ne se sentait assez bien jusqu’à ce que Neji lui rappelle sa défaite. Et encore là, ce n’était pas pour les bonnes raisons, comme le disait Gai-sensei. Elle n’avait pas honte pour elle-même, seulement pour son équipe. Mais cela ne voulait pas dire qu’elle était contente.
« Le suis-je? » se demanda-t-elle silencieusement.
Un aboiement s’échappa des lèvres de Neji, quelque chose qui aurait pu être un rire si ça n’avait pas été aussi tordu. Cela la fit tressaillir. Neji ne riait pas. C’était une règle, comme celle qui faisait en sorte que le ciel est bleu. Neji ne riait jamais.
« Ne l’es-tu pas? » Il semblait avoir raison. Elle était satisfaite. Euphorique, même. Elle n’avait aucune idée pourquoi, mais cela n’importait pas – ou presque pas.
Peut-être que cela importait seulement lorsqu’on lui posait la question. Peut-être que c’était seulement les antidouleurs. Un peu de morphine et tout était joyeux.
« Ouais, je crois bien que je le suis. » Elle lui sourit. Neji ne broncha pas, vrillant son regard dans le sien.
« Je vais y retourner. Le combat de Lee est sur le point de commencer. » Neji s’éloigna du mur d’un mouvement si gracieux que c’en était perturbant.
« Ah bon? Contre qui? » demanda Tenten, agacé par le fait qu’il ne lui ait pas spécifié de lui-même. Neji s’arrêta sur le seuil de la porte. Quels shinobis y avait-il encore? Elle dressa mentalement une liste dans sa tête.
Personne qu’elle n’aurait défié, c’est sûr. Du moins que ce n’était pas…
« Le gars de Suna. » répliqua Neji, impassible.
Il y avait seulement un gars du Sable qui méritait d’avoir son nom prononcé d’un ton aussi amer par Neji et Lee ne pouvait pas le battre.
Et merde. Alors seulement un d’entre eux aura progressé jusqu’aux finales. Et toute l’équipe de Suna aura réussi. Au moins, Neji ne trouvera pas ce combat-ci ennuyeux.
Elle se demanda pourquoi ce mot sonnait aussi faux dans son esprit.
Juste avant que le sommeil ne la gagne, elle pensa aux chances qu’avait Neji d’avoir Temari comme adversaire.
La porte se referma lentement. Tenten entendit la voix de Neji.
« Tu sais, il sent plutôt bon, ton shampoing. »
Elle l’avait deviné. Ce n’était pas du parfum.
J’ai encore beaucoup à apprendre, réalisa-t-elle en laissant ses paupières tomber et en s’abandonnant à l’abysse profond dans lequel les analgésiques la plongeaient.
« Il est quoi? » Tenten le fixa. Normalement, Gai-sensei n’aurait pas chargé Neji d’être l’annonceur de mauvaises nouvelles. Il n’était pas assez compatissant pour ce boulot. Elle aurait pu penser que ce n’était qu’une blague, si seulement elle ignorait que Neji ne blaguait jamais. Ce n’était pas dans sa nature. Pas une blague aussi cynique, du moins.
Neji se déplaça. Son mouvement était presqu’imperceptible, mais Tenten avait passé tant de temps à observer et essayer de décrypter les gestes de l’Hyuga qu’elle savait qu’il était mal à l’aise.
« J’ai dis, il ne pourra plus combattre. »
Tenten déglutit. « Peux-tu, euh, élaborer cette affirmation? » demanda-t-elle. Neji la transperça du regard.
« Il doit abandonner l’idée d’être un shinobi, ok? Une technique extrême de taijutsu enseignée par Gai lui a déchiré les muscles et Sabaku no Gaara lui a broyé son bras et sa jambe droite. » La haine dans ses yeux se calma. Elle sembla moins intense qu’avant.
Tenten faillit s’étouffer avec sa salive. Elle sortait de l’hôpital ce jour là et Gai-sensei était supposé de venir la chercher. Elle avait su que quelque chose clochait dès la seconde où Neji était entré à la place du professeur.
« Il ne pourra plus jamais combattre? » répéta-t-elle en écho. Plus d’exercices d’entraînement stupides, comme sauter d’un lampadaire à l’autre ou attraper des feuilles d’automne? Plus d’arrière-plans de coucher de soleil et de Gai-sensei vantant les vertus de la jeunesse?
« Oui, c’est ce que j’ai dis. »
Plus de Lee prêt à se battre jusqu’à ce que mort s’ensuive pour défendre les pauvres, stupidement, excessivement, enthousiasment, et prêt à faire une différence, à changer, à essayer encore et…
Et quoi?
Et tout perdre.
Neji avait raison. Encore. Peut-être.
Pourquoi est-ce que tout était si incertain? Où était allée sa vision stable, agréable, du monde? C’était comme un triangle. Neji. Lee. Elle. Et puis Temari avait jeté une barre de fer pour entraver sa sympathique roue qui roulait, toute sécuritaire. Encore une métaphore à la con mais celle-ci avait beaucoup plus de sens qu’un triangle merdique ou encore ces foutus analgésiques.
Des antidouleurs, pensa-t-elle.
Oui, ces analgésiques étaient certainement la réponse.
Pourquoi Lee? Pourquoi ce match, cette technique, ce gars? C’était injuste. Si injuste. Insupportable.
Pleurait-elle?
Elle cligna des yeux pour chasser ses larmes naissantes, déterminée à ne pas sangloter devant Neji. On ne devait pas pleurer devant Hyuga Neji. Cela lui donnait des munitions. Il ne les utiliserait pas si ce n’était pas nécessaire parce qu’il s’en foutait mais…
Elle leva la tête, assise sur le lit. Il la regardait calmement.
« Dans quelle chambre se trouve-t-il? »
Neji lui répondit.
« L’as-tu visité? » demanda-t-elle-même si elle savait d’avance sa réponse. Bien sûr que non, quelle question stupide! Pourquoi l’aurait-il fait? Pourtant, cela semblait important comme question. Même Neji pouvait changer, pas vrai?
« Oui. » répliqua-t-il.
En effet, bien sûr qu’il – il l’a fait? Neji lui avait rendu visite… Il l’a fait… Il avait sans doute réalisé les effets que cet évènement aurait eus sur Lee, puis, il était allé le voir malgré ses réserves. Tenten trouva dure à imaginer leur conversation.
En fait, pas vraiment.
Cela avait dû être quelque chose comme :
« Tu le sais. C’est le Destin. »
Ah. Oui. Destin avec un D majuscule prononcé.
« Je refuse de le croire! Je n’abandonnerai pas – je n’abandonnerai jamais! »
Depuis quand les choses étaient-elles devenues si ennuyeuses? Il y avait tant de possibilités et finalement, les choses étaient aussi prévisibles?
Ça, ce sont les analgésiques, Tenten, se dit-elle.
Sauf que les analgésiques n’étaient clairement pas en jeu. Les analgésiques n’avaient pas tendance à parler, à moins d’en avoir consommé assez pour endormir un dragon.
Elle regarda encore Neji, essayant de déterminer quelle facette de sa personnalité l’avait amené à faire une chose aussi compatissante pour son coéquipier. Elle ne trouva rien. Neji était une énigme pour elle. Presqu’autant que Temari.
Pourquoi pensait-elle encore à cette femme?
Antidouleurs, se répétait-elle, même si elle savait pertinemment qu’elle n’en prenait plus depuis des jours.
« C’est Gai-sensei qui t’a demandé de me le dire? »
« Oui. » Neji le scruta de la tête aux pieds, à la recherche d’une quelconque incapacité physique. « As-tu besoin de compagnie? »
Exceptionnellement courtois de sa part. Tenten savait que Neji aurait passé la majorité de son temps à ruminer des idées noires si ce n’était Gai et sa philosophie d’esprit d’équipe et de famille. C’était peut-être sa façon de lui demander si elle avait besoin de se confier.
C’était trop exiger de quelqu’un comme Neji. Beaucoup, beaucoup trop.
« Non merci. Je vais me débrouiller seule. Tu restes ici? »
Il y avait de nombreuses personnes qu’ils connaissaient qui logeaient dans cet hôpital puisque les examens Chunin étaient toujours une période occupée pour les hôpitaux, mais elle ne pouvait pas deviner qui Neji pourrait bien encore vouloir visiter.
« Oui. » Il ne précisa pas qui. Elle ne s’attendait pas à ce qu’il le fasse, de toute façon.
« Mm. » Elle hocha la tête, balança son sac par-dessus son épaule et passa à côté de lui pour sortir.
Lee.
Et merde.
Elle se retourna abruptement, happant presque un Neji silencieux. Il s’écarta gracieusement de son chemin et la contourna. Elle mit quelques minutes à trouver la chambre #114, celle de Lee.
Gai-sensei, éveillé et triste, était assis sur une chaise à côté d’un Lee très pâle. Lee était aussi éveillé, le regard vide, et apparemment sous l’effet de ces foutus analgésiques.
Encore ces antidouleurs, Tenten? Honnêtement, on dirait que tu en es accro…
« Ah, Tenten. » débuta Gai-sensei, mais il n’eut pas d’autre chose à dire et s’arrêta net.
Tenten se tenait sous le cadre de la porte et se sentit très mal à l’aise. Que pouvez-vous donc dire à un gars qui a vu tous ses espoirs écrasés par un round préliminaire? Elle n’en avait aucune idée. Elle était la fille du groupe. N’était-elle pas supposée comprendre ces choses-là d’instinct?
Naaah.
Elle regarda autour d’elle, cherchant désespérément quelque chose d’intelligent à dire. ‘Alors, tu ne vas jamais devenir le spécialiste de taijutsu de tes rêves, n’est-ce pas?’ Non. Ce n’était pas un très bon déclencheur de conversation. Que lui avait dis Neji?
Probablement ces mots exacts. Quel connard.
Il y avait beaucoup de fleurs – principalement des jonquilles et aussi d’autres bouquets avec le logo du clan Yamanaka imprimé sur les emballages, ainsi qu’une simple couronne de lys, appuyée sur le rebord de la fenêtre.
« Ce sont de ravissantes fleurs, Lee-kun. » commenta-t-elle, surprise par sa propre décontraction. « Qui te les a offertes? » Comme règle, Tenten ne recevait jamais beaucoup de fleurs. Parfois, Lee lui en apportait quelques unes, mais elle n’avait pas d’admirateurs secrets et ses parents étaient des ninjas très occupés.
Lee cligna des yeux pendant quelques instants pour chasser la brume, effet secondaire de ces antidouleurs. Finalement, il lui sourit. « Sakura-chan a amené la plupart d’entre elles. » avoua-t-il.
Tenten lui rendit son sourire. Alors, cette fille n’était pas si superficielle. Étrange qu’elle court toujours derrière l’Uchiha.
« C’est formidable. » Elle hocha la tête en s’approchant de la fenêtre. « A-t-elle aussi apporté celles-ci? » Tenten ne s’attendait pas à avoir une preuve d’élégance aussi ferme de la part de Haruno. Elle avait peut-être mal jugé la pauvre fille.
« Ah… Non. » hésita Lee. « C’est Neji. »
Tenten faillit échapper la couronne de lys sous le choc.
Quoi?
Neji avait offert des fleurs à Lee?
Neji avait offert des fleurs à Lee?
Neji avait offert des fleurs à Lee?
Tenten fixa les lys un moment et était furieuse intérieurement.
« Neji ne m’a jamais offert de fleurs! » s’écria-t-elle sans qu’elle ne puisse se retenir.
Tressaillant à son égoïsme, elle s’empressa de s’excuser auprès de Lee, mais le trouva souriant, un vrai sourire sincèrement amusé.
« T’apportant des fleurs aurait pu être mal interprété comme une promesse passionnée de son jeune amour flamboyant, Tenten-chan. » Ou, du moins, c’est ce qu’elle crut entendre. Quelque chose à propos de fleurs, de jeunesse et de passion. Mm.
Ses paroles n’étaient pas celles d’un souffrant. Les analgésiques n’étaient peut-être pas si mal. Il avait raison, d’une certaine façon.
Tenten sourit. Il avait raison, bien sûr. La seule pensée que Neji appréciait l’existence des fleurs était si peu naturelle qu’elle ne devrait pas en être agacée. En fait, elle ne devrait même pas s’aventurer jusque là. Cela serait nuisible pour le processus de guérison. Quelqu’un lui avait sans doute conseillé d’apporter des fleurs ou peut-être qu’il avait commencé à écouter Gai-sensei… Effrayante pensée.
C’était en effet agréable de recevoir des fleurs pour égayer une chambre d’hôpital si ennuyeuse, si austère. La brève pensée que Temari lui en donnerait peut-être à sa prochaine visite fut vite chassée. Elle était habituée, maintenant.
Foutus antidouleur.
« Quelque chose ne va pas? » lui demanda Lee.
Ses pensées étaient-elles si faciles à lire? De la part de Neji, ce niveau de perspicacité était normal mais Lee…
« Hé, c’est moi qui devrait te poser la question. » éluda-t-elle facilement. Ha. Comme si elle allait dire à Lee qu’elle ne pensait plus qu’à cette femme qui l’avait trainée dans la poussière… Une garce. Plutôt effrontée. Mignonne, vraiment.
Analgésiques.
Et Temari était entrée dans la chambre d’hôpital de Tenten, alors que celle-ci prétendait d’être endormie, elle l’avait contemplée pendant ce qui avait semblé comme des heures avant de déposer un doux baiser rempli de promesses sur sa joue et de disparaître sans laisser de traces.
Analgésiques.
Non, elle ne se confierait à aucun d’entre eux. Bien que… Bien qu’il aurait été agréable d’avoir quelqu’un de… normal à qui parler. C’était amusant de plaisanter avec Lee et de le regarder faire des conneries même si elle était obligée de le sauver d’une humiliation régulièrement. Avec Neji, elle parlait affaires et s’entraînait, même s’il était arrogant et distant la plupart du temps. Elle avait besoin de quelqu’un, une personne ressourcée qui avait toujours des solutions simples et pratiques à proposer.
Son équipe manquait de sérieux. Mais bon, ce n’était rien comparé à d’autres. Celle de Kakashi-sempai, par exemple.
Elle resta et entretint une conversation légère avec Lee, alors que Gai-sensei était anormalement – franchement perturbant, en fait – silencieux en les écoutants. Deux heures s’écoulèrent avant qu’elle ne quitte le chevet du blessé en promettant de revenir bientôt.
Tenten ne savait pas où elle se dirigeait, seulement qu’elle avait besoin de quelque chose pour égayer son esprit maussade. Elle n’allait réussir que si elle parvenait à s’éloigner de toutes références à son équipe déchirée. Peut-être devrait-elle aller se balader… ou s’entraîner jusqu’à l’épuisement.
Elle s’apprêtait à quitter l’hôpital lorsqu’elle entendit de bruyantes proclamations indignées qui ne pouvaient que provenir que d’une seule personne. Avec un faible sourire, elle parcourut la courte distance jusqu’au bout d’un corridor adjacent.
« Hokage, Hokage, Hokage… » marmonna-t-elle. Naruto était marrant à voir, même si cette pensée aurait probablement outragé le jinchuuriki blond. Vraiment, elle pouvait partiellement comprendre ce qu’Hinata avait pu lui trouver.
Mais l’admiration obsessive et tous ces trucs-là lui échappaient encore.
Elle passa sa tête dans l’entrebâillement de la chambre 137 mais la retira brusquement pour éviter un ananas. Avec hésitation, elle ouvrit complètement la porte et entra.
Pourquoi n’était-elle pas surprise de voir Naruto accompagné d’ananas volants?
Peu importe. Elle ne tenait pas vraiment à la savoir.
Ah, la chambre d’Uchiha Sasuke. Cela expliquerait le Naruto indigné et le fait que la pièce ressemble davantage à une confiserie/fleuristerie qu’à une chambre d’hôpital. Elle n’était pas surprise de voir cela non plus.
Non, ce qui la surprit vraiment, ce fut Hyuga Neji, lui faisant dos, perché sur le rebord de fenêtre. Il irradiait de l’hostilité, bien sûr, mais il était là. Il leva une main pour saluer Tenten sans se détourner. Il avait probablement une belle vue du petit jardin que tous les hôpitaux semblaient avoir.
Brièvement, Tenten se demanda si un des bouquets de fleurs était de la part de Temari.
Analgésiques, se rappela-t-elle. C’était seulement ces analgésiques qui faisaient en sorte qu’elle pensait ces trucs déments, stupides, tout le temps.
« Eh? » s’exclama Naruto en réalisant que ni Neji ni Sasuke ne lui prêtait plus d’attention. Sasuke regardait en direction de la porte. Naruto, après avoir jeté un coup d’œil vers Neji, suivit le regard de l’Uchiha.
Une expression ahurie détendit ses traits. Tenten trouva cela plutôt comique. Son esprit s’égayait déjà même en présence de Neji.
« Qu’est-ce que toi, tu fais ici!? » cria-t-il en la pointant. Tenten arqua un sourcil. « Tu n’es pas une autre obsédée, une membre hystérique du fanclub de Sasuke! » Il semblait sûr de cette affirmation.
Ces paroles arrachèrent un sourire à Tenten. Si même Naruto avait remarqué qu’elle ne faisait pas partie du fanclub, tout allait bien dans sa vie sociale.
« Je n’ai pas besoin d’être obsédée pour venir souhaiter des vœux de guérison à quelqu’un, n’est-ce pas? » Elle ne portait pas vraiment l’Uchiha dans son cœur – elle pouvait presque affirmer qu’elle se foutait de sa santé – même s’il était très attirant et…
Elle était convaincue qu’il avait d’autres qualités si les gens apprenaient à le connaître.
Peut-être.
Il avait bon goût en matière de vêtement, au moins, et il était silencieux.
Si ce sont ses seules qualités, pensa Tenten, il ne devrait pas avoir autant de fangirls à ses trousses…
Il devait y avoir autre chose. Elle avait loupé quelque chose.
À cause des ananas?
Mon Dieu, que mettaient-ils donc dans ces analgésiques?
Neji grogna avec dérision. Elle se demanda s’il avait lu ses pensées. Sasuke haussa un sourcil, oh, si parfait.
Naruto la fixa d’un regard à la fois pensif et louche. Après un moment ou deux de réflexion, ce qui avait dû lui coûter de nombreux efforts, il exclut sa présence de la chambre. Il se retourna vers Sasuke et continua de lui expliquer qu’il était seulement venu parce que Kakashi-sensei le lui avait suggéré et que Sakura-chan avait trouvé que c’était une bonne idée.
Mettre ces deux là dans un espace confiné était une bonne idée, hein? Ha.
Tenten rejoint son coéquipier près de la fenêtre, essayant de voir ce qui captait son attention dehors.
« Pourquoi es-tu ici? » lui demanda-t-elle à voix basse.
Neji ne bougea pas d’un muscle. Il aurait aussi bien pu être endormi. Ça n’aurait pas changé grand-chose. Au fait, quelqu’un comme Neji dormait-il?
« Je suis venu lui souhaiter une bonne guérison. » répliqua-t-il calmement. Tenten étouffa son envie d’éclater de rire.
La philosophie de Neji sur la vie se résumait probablement en quelques lignes, ‘Si je vais en Enfer, vous venez avec moi.’ Il n’était pas ici pour encourager quelqu’un – surtout pas Sasuke, qui avait lui aussi progressé jusqu’aux finales.
Elle ne le dit pas tout haut mais son expression faciale la trahit. Les lèvres de Neji tremblèrent légèrement, elle était presque sûre qu’il réprimait un sourire. Plus elle y réfléchissait, plus cela lui semblait improbable. Neji ne souriait pas.
Ils restèrent là, silencieux, en regardant Naruto devenir de plus en plus scandalisés après chaque commentaire intelligent de Sasuke. Ce petit manège semblait amuser autant Naruto et Sasuke qu’il l’amusait, elle. Ce fut avec cette pensée en tête qu’elle quitta la pièce avec Neji, derrière elle, lorsque l’infirmière les envoya promener en prétextant que les visites étaient finies.
Naruto traîna derrière et se disputa avec l’infirmière.
Les pensées de ces deux là étaient si évidentes à déchiffrer.
« Neji? » demanda Lee avec hésitation quelques jours plus tard. Le plus grand des deux était debout devant la fenêtre, encore, observant les rues plus bas.
Les gens dans la rue se précipitaient, comme une armée de fourmis, courant dans une direction ou l’autre pour leurs petites vies dépourvues de sens. Comprenaient-ils que ce qui arrivait, arrivait et qu’il n’y avait aucun moyen pour eux de retarder ou de précipiter les évènements? La roue du temps tournait malgré tout. Dame Destin s’avançait, à son propre rythme, inévitable, sans être pressée et obligatoire, avec un plan pour tout le monde…
Cela lui prit quelques moments pour réaliser que Lee avait parlé et qu’il attendait toujours, dans le silence. Il tiquait un peu. Ah. Nervosité.
Neji émit un petit bruit affirmatif, qui aurait pu ne pas être un bruit du tout, mais puisque c’était Neji, ce bruit ne pouvait pas être accidentel et il fut bien interprété. Lee sourit légèrement avant de froncer les sourcils.
« Tu ne penses pas que Tenten agit bizarrement? » s’inquiéta-t-il.
Neji ne se retourna pas. Il pouvait clairement voir Lee, même si Lee ne pouvait pas le voir, lui. Son expression faciale alternait toujours entre ennui et haine. Pourtant, elle avait changé un peu, en utilisant un sentiment qui n’avait été qu’appris nouvellement, en même temps que la découverte du fait qu’il n’était pas le nombril du monde et que d’autres personnes existaient, à part sa famille et lui.
Il le savait, bien sûr, mais ils n’avaient pas eu le même impact jusqu’à récemment.
Peu importe, le visage de Neji revêtit une expression connue sous le nom de ‘réflexion’. En fait, il passait en revue les rencontres avec leur équipière féminine – et incompréhensible.
Il réalisa que Lee avait raison. Tenten avait été bizarrement pensive, ces derniers temps. Depuis qu’elle avait perdu ce match.
« Préoccupée. » informa-t-il Lee, souhaitant ne pas gaspiller son précieux souffle qui pouvait lui permettre de vivre quelques mois de plus.
Lee hocha lentement la tête. « Mais qu’est-ce qui peut bien la troubler ainsi? »
Si Lee avait pu voir les yeux de Neji, il n’aurait tout de même pas réalisé qu’ils étaient levés au ciel, dû à l’étrangeté innée du Byakugan, mais ce n’était pas le plus important. Le plus important, c’était que Neji leva les yeux au ciel avant de retourner à son expression facial #1, soit l’ennui. C’était bien, puisque ses muscles faciaux commençaient à être engourdis à force que garder une expression inconnue et beaucoup plus fatigante.
« Peut-être que c’est simplement parce qu’elle a manqué sa chance de passer l’examen. » marmonna-t-il.
Peut-être qu’elle n’était pas supposée être chunnin. Ou peut-être qu’elle n’avait pas encore l’âge. Ou peut-être qu’il était impératif que l’autre femme aille jusqu’aux finales pour permettre au destin de progresser normalement. Dame Destin devait déterminer ses priorités.
Quelle pensée stupide. Si Dame Destin devait déterminer ses priorités, quand, pour l’amour de Dieu, allait-elle s’occuper de son cas?
Et lui, il ne prenait pas d’analgésiques, même s’il souhaitait que oui, parce qu’alors, il aurait eu quelque chose sur laquelle blâmer ses théories inappropriées.
Lee secoua la tête. « Je ne crois pas que c’est aussi simple que ça. Elle ne semblait pas triste… Seulement confuse. »
Neji haussa les épaules. Lee soupira et retourna à la lecture du manga à l’eau de rose que Gai lui avait laissé. [/i][/i]Shoujo, réalisa-t-il. Quelque chose sur l’amour, la justice et de petits nuages brillants, avec une héroïne et un héro qui s’appelaient par leur nom constamment, même si l’autre était absent.
Neji y réfléchit encore. À Tenten, pas au manga. Le manga ne méritait pas son attention.
Confuse. Non, ce n’était pas ça. ‘Perdue’ serait plus approprié… C’était seulement parce qu’il avait plus d’expérience que Lee en matière de sentiments.
Tout le monde avait plus d’expérience que Lee en matière de sentiments.
Il considéra les possibilités. Pourquoi Tenten agissait-elle si bizarrement? Un léger pressentiment le fit sourire. Ou, du moins, sourire mentalement puisqu’on sait tous que les muscles faciaux de Neji ne sont pas assez développés pour sourire… même si sourire fatiguait moins les muscles que froncer les sourcils.
Peu importe.
Quelques moments plus tard, il s’était décidé à aller voir cette kunoichi de Suna. Elle déstabilisait ce qui restait de l’équilibre de son équipe et il voulait savoir pourquoi ou pour combien de temps encore elle allait continuer…
Temari marchait dans la rue, regardant paresseusement la marchandise en vente. Kankurô gardait un œil sur Gaara et elle n’avait pas de raison pour s’entraîner. Elle n’avait pas besoin de s’entraîner. Le soleil était levé et c’était une journée modérément chaude. Un ciel bleu, une légère brise. Tout était bien.
À l’exception de cette sensation d’être regardée. Elle la balaya de son esprit. Elle était étrangère et Konoha n’aimait pas les choses qui sortaient de l’ordinaire. Bandes de xénophobes.
Ce qu’elle ne savait, c’était que la personne qui la regardait était nul autre que Hyuga Neji. Un Hyuga Neji qui s’apprêtait à faire quelque chose d’insolite pour un peu de reconnaissance.
Alors, Temari continuait de marcher et personne ne s’inquiétait vraiment de l’éventail géant qu’elle avait sur le dos. Neji la suivait encore.
Alors qu’elle se tint devant un kiosque qui vendait d’élégants éventails antiques – de la vraie soie, faits à la main – un individu légèrement plus grand qu’elle se glissa à côté d’elle, apparemment intéressé, lui aussi, aux éventails.
Temari était une fille très intelligente – puisque les filles stupides ne font pas de bonnes kunoichis, elles font des kunoichi décédées – et elle savait que quelque chose clochait. À sa connaissance, les gars ne s’intéressaient pas aux éventails de soie, aussi ravissants furent-ils.
Et ce n’était pas n’importe quel type. Non, non. Il était un des rares Genins qu’elle avait souhaité ne pas combattre dans les rounds finals de l’examen. L’attirant et dangereux gars aux longs cheveux bruns? Ouais.
Um.
Étant – comme nous l’avions spécifié plus tôt – une kunoichi très intelligente, Temari sut qu’il regardait encore. Pas les éventails, mais elle. Ces yeux étaient toujours aussi flippants. Elle se demanda jusqu’où allaient ses habilités.
« Que cherches-tu? » questionna-t-elle abruptement, sans introduction quelconque.
Neji se retourna et darda son regard dans le sien.
Établir un contact visuel sans l’effrayer.
Il établit un contact visuel. Temari ne s’effrayait pas si facilement, alors la première étape était complète.
Se préparer à sourire.
Là, les choses se corsaient. Il releva un coin de sa bouche puis l’autre. Ses lèvres tremblantes.
C’est le mieux que tu puisses faire? Bon… Dire quelque chose de poli.
« Bonjour. » murmura-t-il doucement. Temari arqua un sourcil, se demandant s’il essayait de la séduire.
Oh, ça, c’était intelligent, Neji. Bravo, quel génie.
« Que veux-tu? » demanda-t-elle avec suspicion mais un peu moins fermement.
Neji déplia et referma un des éventails en fronçant les sourcils. « J’ai vu ton match. » articula-t-il.
Les talents d’acteur de l’Hyuga étaient acceptables mais il fallait qu’il retravaille ses intonations.
Le sourcil de Temari resta levé. Essayait-il de se renseigner sur ses adversaires? Considérant leur placement dans l’examen, il était improbable qu’ils s’affrontent dans le dernier round, s’ils s’affrontaient du tout. Est-ce que cela voulait dire qu’il la considérait comme la personne la plus menaçante? Ou était-ce à propos de l’autre fille?
« Et? » demanda-t-elle finalement, lui jetant un regard froid.
S’il avait remarqué ce regard, il l’ignora aisément. « Et... »
Ne laissez personne affirmer que Hyuga Neji était parfait. L’improvisation n’était pas vraiment son fort, qu’il soit un génie ou non.
« Et je tenais à te féliciter. » marmonna-t-il. Gah! Quelque part l’esprit de l’Hyuga, une représentation miniature de Neji s’arracha les cheveux et cria. C’est tellement NUL!
Temari était du même avis. Son sourcil se leva encore davantage. « Merci. » dit-elle. « Cette jolie petite… Tenten… s’est bien battue aussi. » articula-t-elle maladroitement, sachant qu’il était dans son équipe. Et séduisant.
Neji plissa les yeux. Temari ne savait pas comment il faisait, puisqu’il n’y avait aucun moyen de discerner ses pupilles – s’il y en avait – mais il y eut une sensation bizarre de concentration. Décidément, ce mec était flippant. Elle espéra qu’il affronterait Gaara.
Si la déclaration l’affectait, il ne laissait rien paraître. Au lieu de cela, il souleva l’éventail que Temari avait examiné, un modèle pâle, blanchâtre, sur lequel figuraient trois cercles violets, une copie miniature de l’arme de la kunoichi.
« Je te reverrai en finales, alors. » dit-il avant d’ajouter quelque chose à l’intention de la vendeuse. « Combien voulez-vous pour cela? »
« Ha. » Temari émit un léger grognement et rejoint ses frères. Ce ne fut que plusieurs rues plus tard qu’elle réalisa qu’elle avait qualifié Tenten de « jolie ».
Deux jours avant le début des combats finals de l’examen Chunin, Rock Lee fut libéré de l’hôpital. Il signa un document que lui tendit la préposée à sa sortie et retourna chez lui, des bouquets de fleurs fraîches dans les mains. Et bien sûr, la couronne de lys légèrement fanée que Neji lui avait donnée. Jamais il n’aurait laissé derrière un symbole d’amitié et de dévotion. Jamais!
Lorsqu’il arriva devant sa demeure, il fut moyennement surpris de voir Gai-sensei, l’attendant sur le porche. Ce qui était surprenant, c’était que Gai-sensei tenait un large bol rempli de… quelque chose. Espérant que ce n’était pas une autre de ses recettes maison, Lee invita son professeur à entrer.
Malheureusement pour Lee, c’était bien de la nourriture faite maison, des boulettes, pour être plus précis. Maito Gai n’était pas spécialement reconnu pour ses talents culinaires. En fait, il était plutôt reconnu pour le contraire…
Mais Lee, espérant que Gai-sensei avait acheté ces boulettes ou qu’il les avait, du moins, commandées d’un traiteur, ouvrit la bouche et en fourra une dedans. Sa réaction fut presque immédiate. Lee s’étouffa et les recracha dans ses mains.
« Gai-sensei, qu’est-ce que c’est? Ça n’a pas le goût normal d’une boulette… » L’informa Lee, en choisissant des mots qui ne blesseraient pas son enseignant, son idole, son…
« Aha! Je vois que tu as remarqué leur saveur unique! » S’exclama Gai avec exubérance. « Je n’en attendait pas moins de la part de mon meilleur élève! »
« Car celles-ci, » Gai montra le plat de boulettes avec de si grands gestes que Lee baissa la tête pour ne pas être frappé. « ne sont pas des boulettes normales, oh, non… J’ai utilisé ma recette spéciale, les boulettes de la jeunesse printanière pour la régénération! Si tu en manges une centaine, tes blessures vont parfaitement guérir! »
Le visage de Lee s’éclaira et ses yeux s’illuminèrent de la jeune flamme de la volonté.
« Alors, si je mange cent de vos boulettes spéciales, je guérirai complètement et serai capable de continuer mon ascension éternelle vers mon rêve de devenir le meilleur des ninjas? » demanda-t-il et, sans attendre que Gai ne lui réponde, commença à engloutir les boulettes infâmes.
« Lee! Je ne t’ai pas dis d’en manger 100 d’un seul coup! » s’écria Gai. Lee s’arrêta, déjà rendu à la boulette #78.
Ce fut donc une autre de ces occasions joyeuses qu’ils se remémoreraient et riraient aux éclats avant de passer à un autre souvenir réjouissant. Ou, comme Neji et Tenten l’affirmeraient, ce fut une autre de ces occasions qu’ils se remémoreraient et riraient nerveusement avant de changer de sujet.
Tenten observa le terrain, des dizaines de mètres plus bas. Elle était assise dans les estrades. Neji avait été brillant, ne faisant aucun mouvement inutile, ce matin-là. Il avait surpassé ses records dans les entraînements qu’elle le forçait à subir. L’entraînement avait été moins intense que ce combat, mais il fallait l’admettre, Tenten avait beaucoup moins de chakra à gaspiller que Naruto.
Elle n’avait jamais considéré le fait, il y a un mois, qu’elle aurait pu regarder le combat dans ces estrades, faisant partie de la foule de spectateur plutôt qu’en tant que combattante, mais cette pensée ne la dérangea pas plus qu’elle l’avait fait quatre jours auparavant.
« C’est fini. » murmura-t-elle en voyant Neji prendre la position des 64 poings du Hakke. 64 coups finals qui bloquaient tout le flux de chakra, quelque chose que quelqu’un comme Naruto ne pouvait pas surmonter. Elle en était certaine. Cela n’expliquait toujours pas pourquoi sa gorge était si serrée et pourquoi son intuition lui dictait d’aller sortir Neji de l’arène.
Lee, quelques escaliers plus bas, appuyé sur une béquille, semblait aussi penser que Naruto n’avait aucune chance.
Le gamin était imprévisible et bizarre. Tenten espérait seulement que l’arrogance de Neji n’allait pas sous-estimer le blondinet.
Naruto dit quelque chose et Neji rétorqua qu’il était dans à portée de son Hakke, maintenant. Naruto plissa les yeux et adressa à Neji un adorable regard pensif, ce qui la fit presque comprendre pourquoi Neji avait averti le petit garnement si naïf. Excepté que le Hyuga n’avait aucun instinct maternel. Et s’il en avait…
Puis, les silhouettes dans l’arène ne furent plus qu’une masse floue. Neji parce qu’il attaquait, Naruto parce qu’il était battu comme une poupée de chiffon. La seule chose qu’on pouvait discerner clairement était les appels monotones de…
« Hakke! Deux mains! Quatre mains! Huit mains! Seize mains! Trente-deux mains! Soixante-quatre mains! »
La fumée se dissipa pour que les gens puissent voir Naruto, gisant sur le sol, et Neji, debout, le regardant impassiblement. Dans le silence de mort, Tenten entendit une petite voix chagrinée chuchoter doucement.
« Naruto-kun… »
Brièvement, Tenten détourna son regard de l’arène afin les laisser dériver jusqu’aux autres participants pour voir s’ils avaient apprécié la scène. Shikamaru semblait plus pâle que d’habitude, mais aucune surprise ne se lisait sur son visage. Sasuke n’était toujours pas arrivé – ce qui était un peu inquiétant, mais elle se foutait de savoir si Sasuke était trop arrogant ou préoccupé pour se montrer. Restaient les ninjas du Sable.
Gaara – dont elle avait entendu parler le combat avec Lee et sur qui elle leva un regard méfiant, mais vaguement respectueux – observait le match d’un air affamé, les bras croisés et les yeux concentrés intensément sur le combat.
Le plus grand, celui avec une marionnette dans le dos, faisait plus attention à Gaara qu’au combat et semblait nerveux. Bizarre. Le roux était-il aussi instable?
Temari gardait les yeux sur le combat, l’observant comme s’il eut été une curiosité. Elle était appuyée sur la rampe et, sans cligner des yeux, avait toute son attention portée sur Neji. Elle semblait beaucoup trop intéressée au Hyuga.
Tenten sentit une vague de possessivité déferler dans son esprit, pourtant, elle ne savait pas de qui elle était jalouse. Neji ou Temari?
Elle laissa son regard s’attarder plus longtemps qu’il n’aurait dû sur Temari – la façon dont la lumière se reflétait sur ses cheveux, ses yeux immobiles, le fait que sa jupe était fendue sur un côté, révélant une intéressante jambe, toute parfaite. Les yeux de Temari rencontrèrent brièvement les siens. Elle savait qu’elle était observée.
Tenten se sentit rougir sous la dureté du regard. De l’autre côté de l’arène, la kunoichi blonde lui adressa un sourire et reporta son attention sur le match.
Et maintenant, qu’est-ce que ça voulait dire? Se demanda Tenten en reprenant ses esprits. Normalement, elle aurait un baiser sur la joue et un sourire personnel comme une tentative évidente de séduction mais cette situation n’avait rien de normal. Premièrement, elle s’était toujours imaginée avec un homme (possiblement Neji, mais pas Lee et jamais Sasuke) et deuxièmement, le point le plus important, cette femme l’avait trainée dans la poussière.
Drôle de façon de commencer une relation.
Cependant, un combat ne pouvait que se terminer à l’évanouissement, la mort ou l’abandon d’un des deux concurrents et, jamais, elle n’aurait abandonné. Temari n’avait pas eu le choix. Toutefois, ça n’expliquait toujours pas les commentaires cruels et le lancer du corps sur les armes aiguisées, mais Tenten accepta l’idée que c’était probablement un élément de style. Une grandiose finale.
Parce qu’il serait vraiment malheureux que quelqu’un d’aussi beau que Temari soit si cruel.
Le chakra explosa dans l’arène pour une fraction de seconde et Tenten vit le choc sur le visage de Temari. Sa tête rattrapa ses hormones et elle baissa les yeux sur le combat, où ils devraient être, trop surprise de ressentir de la culpabilité.
Naruto…
D’une manière ou d’une autre, elle n’était pas surprise. Bien sûr, elle savait qu’il était impossible d’émettre du chakra après le Hakke de Neji, mais avec Naruto… Avec Naruto, ce qui était possible et ce qui était impossible fusionnaient.
S’il réussissait à devenir Hokage – et quelque chose lui dit que ce n’était pas complètement impossible – les choses allaient définitivement changer ici. Elle leva la tête de nouveau. Elle ne pouvait rien y faire, ses yeux étaient attirés vers Temari comme un aimant attirerait du métal. Les yeux bleus rencontrèrent une fois de plus ceux de Tenten. Le sourire de Temari fut accompagné d’un air invitant.
Tenten frissonna. Et ce n’était pas à cause du froid.
L’arène fut débarrassée pour le prochain match. Elle quitta. Ce n’était pas le match qu’elle était venue voir. Elle avait besoin de réfléchir.
Neji avait toujours été très sûr de ses émotions – quelqu’un qui s’isolait autant que lui avait besoin de l’être – et avait eu beaucoup de temps pour consolider ses pensées et ses opinions.
Il s’était rendu à un de ses terrains d’entrainements préférés – une clairière dans la forêt, assez proche de la rivière pour entendre le ruissellement de l’eau. Normalement, ce bruit était apaisant. Méditant alors sur le combat, le son était seulement une distraction. Il voulait passer du temps seul pour – il ne l’admettrait jamais à haute voix – bouder sur sa défaite.
Toutefois, il n’était pas seul et il n’eut pas le temps de reformer ses pensées avant qu’elles soient exposées à la rudesse du regard public.
Le regard public était seulement Lee et il était loin d’être rude, mais tout de même… C’était le principe.
Naruto changeait toujours la personnalité des gens autour de lui. Il l’avait vu à l’œuvre sur le tempérament d’Hinata et celui de l’Uchiha. Aussitôt que les gens se résignaient à la vie, à leur destin, Naruto arrivait et déclarait des promesses sans aucun sens et qu’il ne réaliserait pas même en un million d’années.
Pourtant, d’une manière ou une autre, ces petites choses stupides prenaient leur sens lorsqu’elles étaient vues sous un angle spécial, les promesses étaient réalisées et le monde était défiguré pour ceux qui avaient perdu tout espoir.
Lee le regardait, le menton appuyé sur sa béquille. Son langage corporel démontrait qu’il pensait à quelque chose d’abstrait.
« Je commence à penser qu’il y a quelque chose de plus derrière son rêve de devenir Hokage. » murmura-t-il. Sa voix sonnait presqu’amère – enfin, pour Lee, cela voulait dire qu’il était déçu.
Neji pouvait deviner pourquoi. Lee avait passé tant de temps et mit tant d’efforts à essayer de le surpasser. Naruto l’avait fait avec petit préambule. Neji ressentait presque de la pitié pour son coéquipier – de la façon tordue qui lui seyait – mais il avait appris à apprécier l’ironie de la vie. Alors, au lieu de cela, il se contenta de sourire sardoniquement.
Lee fronça les sourcils. Il trouvait probablement cela condescendant. Neji ne prit pas la peine de corriger sa pensée.
« Naruto t’as battu. » déclara soudain Lee. Le regard de Neji revint sur lui.
« Oui. » acquiesça-t-il en tirant légèrement sur une des lanières qui pendaient aux côtés de son visage, considérant le fait que Lee voulait peut-être se montrer malveillant. Mais il repoussa cette pensée. Lee n’était pas malveillant. Il n’était le genre de personne qui trompait, qui rusait. Et Lee ne pouvait pas être cruel. Peu délicat, bête, un tantinet trop… ardent à propos de certaines choses et démodé, mais il n’était pas cruel.
« Je pensais que tu allais être plus contrarié. » admit Lee, en bougeant son pied blessé d’un mouvement, laissant des traces dans l’herbe, comme s’il avait honte. L’herbe était bleu-vert, dans la nuit tombante. Neji leva la tête vers les premières étoiles. Il ne pouvait pas se souvenir de la dernière fois où il avait perdu dans un combat loyal et encore moins de ses sentiments lorsque c’était arrivé.
Il était venu pour bouder, mais il se sentait en quelque sorte… vide. Il savait que la partie de lui-même que Naruto avait détruit lorsqu’il l’avait battu se reformerait avec le temps, mais c’était toujours un sentiment inconfortable. Il avait considéré se confier à Lee et avait rapidement chassé cette pensée. Il ne pourrait pas comprendre.
« Je pensais aussi. » mentit-il.
« Non, tu ne le pensais pas. » Les yeux de Lee rencontrèrent les siens une fois de plus. Il y eut quelque chose que Neji n’avait jamais vu auparavant et il ne pouvait pas le nommer. Les émotions n’étaient pas vraiment sa matière forte. « Tu n’envisageais même pas que tu pouvais perdre. »
Neji haussa les épaules – toutefois, seulement quelqu’un qui prêtait beaucoup attention à ses gestes l’aurait remarqué. Lee le regardait. « Comment te sentais-tu, en ouvrant les Portes? » demanda-t-il soudain, une question que le Neji distant et froid n’aurait jamais posée.
Lee eut l’air décontenancé. Il n’avait jamais eu une vraie conversation avec Neji auparavant. Bien sûr, il y avait le discours habituel, « Tu ne comprends toujours pas, n’est-ce pas? Un nul est un nul, peu importe ce qu’il fait pour changer. Accepte-le. », mais ceci ne lui ressemblait en rien.
Neji montrait de l’intérêt véritable sur ses motivations, ses buts… Neji le reconnaissait comme un être humain. Était-il en train de prouver qu’il valait mieux que l’habituel glaçon snob? Oh, si seulement Gai-sensei était là pour être témoin de ce moment, cet aboutissement sur la jeunesse gaie et joyeuse! Des larmes remplirent ses yeux lorsqu’il pensa à son idole.
Gai-sensei!
Neji arqua un sourcil en voyant les yeux de Lee s’allumèrent d’un feu passionné. Et on ne parle pas de combustion spontanée, ici. Neji eut une forte envie de rebrousser chemin avec quelque chose comme « Laisse tomber. Oublie ce que j’ai dit. » Mais il n’était pas du genre à rebroussait jamais chemin et, de plus, il était vaguement curieux. Il se demanda pourquoi ces mots semblaient si familiers.
« Ah… » Neji émit un court son interrogatif, puis le regretta aussitôt. Il ne savait pas pourquoi il en avait pris la peine. Lee était Lee.
« Ah, le moment est finalement arrivé, ce moment où tu m’ouvres finalement ton… » Dans son esprit, Neji bloqua les paroles de Lee, en continuant de préparer sa réponse dans l’espoir de préserver ce qui lui restait de sa santé mentale après le match contre Uzumaki.
« Lee. » Sa voix sonnait plus tranchante qu’elle l’aurait dû.
Lee s’arrêta brusquement. Son visage redevint sérieux beaucoup trop rapidement. « Oh… Um… Ok. J’ai, en quelque sorte… Lorsque j’ai ouvert les Portes, j’ai sentis… que ça valait vraiment le coup. Et puis… Quand j’ai vu que ce n’était toujours pas assez et qu’il m’a battu… Ils m’ont dit que je devais tout abandonner… J’ai pensé… Que tu avais peut-être eu raison. » admit Lee d’une voix presque chuchotée.
Neji attendit et se demanda pourquoi ces mots ne le contentaient toujours pas.
« Tu sais… Peut-être que le travail acharné ne change absolument rien. Je… Je pense que tu es déjà au courant… du fait que je ne puisse jamais redevenir un shinobi et, même si je sens que je dois essayer encore et continuer de prendre en chasse les rêves de ma jeunesse, je ne suis pas sûr que cela fasse une différence. Il n’y a pas de raisons. »
Neji sentit vaguement que le nœud coulant se resserrait un peu plus autour de son cou, mais il n’y avait aucun fondement, il n’avait aucune idée d’où cette sensation pouvait provenir. Peut-être que c’était ce que Tenten appelait les intuitions. C’était sa faute. Et merde.
Des fois, il détestait faire partie du camp des gentils. Le rôle de vilain lui aurait-il mieux collé à la peau?
Il devrait être d’accord avec Lee, comme il l’était toujours. Ses opinions semblaient si solides auparavant. Mais maintenant… Uzumaki l’avait changé, jusqu’à ses racines. Il avait changé ce qui ne pouvait être changé, ce qui avait été prédéterminé. Ce qui avait semblé solide et réel avait maintenant l’air d’un fragile abri contre la dure réalité.
Et merde.
Le monde autour de lui s’arrêta pour reprendre son souffle. Il avait le sentiment bizarre que Dame Destin l’écoutait, comme s’il était sur le point de faire quelque chose qui importait beaucoup.
Et il se sentit articuler des mots sans en avoir conscience. « Tu as tort. » dit-il, ce qui le laissa perplexe. Ce qui l’intriquait encore plus était le fait qu’il croyait ardemment le contraire.
Lee leva les yeux, surpris. Ses yeux semblaient encore plus gros que d’habitude. Neji ne pouvait pas vraiment le blâmer.
« Quelle raison? Donne-moi une seule raison pour continuer à essayer! » réclama Lee avec colère.
Neji contempla son profil fâché calmement, essayant de mettre en mots cette soudaine petite pensée abstraite qui avait flotté un instant dans son esprit.
« Parce que… » murmura-t-il en se penchant pour défaire la poigne de Lee sur des brins d’herbes. « Rock Lee n’abandonne pas. Et cela ne changera jamais. »
Ah, douce solidité. Au moins, quelque chose ne changerait jamais.
Lee devint encore plus ahuri. « Quoi? »
Neji haussa les épaules. Il n’avait jamais aimé se répéter. Il darda son regard vide dans celui de Lee. « Tu trouveras quelque chose. Il y a toujours quelque chose. »
Lee le fixait. « Pourquoi? »
Neji fronça les sourcils. « Ça importe peu. » Il arracha un brin d’herbe de la terre et le lança dans les airs, le regardant doucement virevolter.
Lee secoua la tête. « Ce n’est pas ce que je voulais dire. Quelle raison? »
« Quand as-tu eu besoin d’une raison? Pourquoi aurais-tu besoin d’une raison? » demanda le Hyuga, amer.
« Depuis maintenant. » rétorqua Lee. « Perte complète de confiance. » ajouta-t-il.
Attendait-il de la pitié de la part de Neji? Le génie mordit sa lèvre inférieure. Cette étrange nouvelle ruée d’expressions expérimentée récemment avait dû y être pour quelque chose.
Il prit une profonde inspiration. Il allait le regretter, il le savait. Pourquoi le faisait-il quand même?
« Moi. » souffla-t-il en se penchant sur Lee.
Le match de Temari dura longtemps. Très longtemps. Shikamaru avait trainé, comme toujours.
Elle n’avait pas expérimenté la satisfaction habituelle du triomphe d’un adversaire. Ce n’était pas vraiment un match gagné, de toute façon.
Et maintenant, où était passée sa proie?
« Bonne chance, Gaara. » murmura-t-elle en passant près de lui. Il grogna.
Elle la retrouva rapidement. Temari était presqu’aussi douée à trouver des choses qu’à les tuer.
« Salut. » dit-elle doucement mais clairement, observant la fille se retourner, surprise. Elle avait sans doute été distraite pas quelque chose qu’elle voyait. Temari la rejoignit sur la branche d’arbre et regarda dans la même direction qu’elle.
Aha.
Ses coéquipiers étaient en train de parler. Leur langage corporel parlait pour eux et l’échange ne semblait pas des plus amicaux. En fait, il lui rappelait ceux entre elle et Kankurô. Tenten leva un doigt et le déposa sur ses lèvres, indiquant le silence à la blonde. Temari haussa un sourcil et se concentra.
Quelques moments plus tard, elle n’eut pas besoin d’entendre la conversation pour la comprendre. Le type séduisant s’était penché et avait embrassé l’autre, qui sembla protester... Mais seulement durant les premières secondes de leur échange.
Temari sourit. Pas surprenant.
« C’est mignon. » souffla la kunoichi de Suna.
Tenten souriait elle aussi. « Alors, tu viens souvent ici? » demanda-t-elle.
Temari haussa les épaules. « Je pense qu’à partir de maintenant, je viendrai beaucoup plus souvent ici. » Son sourire s’élargit.
« Vraiment… » fit Tenten.
« J’ai tant à apprendre, vois-tu. » finit Temari.
Tenten fronça les sourcils, se demandant pourquoi ces mots semblaient si familiers.
« Oh. » Elle comprit finalement. « Oui. Moi aussi. »
C'est ma période de productivité XD
Merci d'avoir lu =3
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