Attention, cette fanfiction de Naruto est catégoriée spoil, c'est à dire qu'elle peut évoquer des passages du manga qui ont été publié au Japon mais pas encore en France. Sa lecture est donc susceptible de vous gacher le plaisir proccuré par le manga. Pour enlever ce message et voir toutes sections Spoil du site, rendez vous dans vos options membres.
Fiction: Tadenshi, les anges déchus.
Le village caché de la feuille court à sa perte. Gravement blessée, Tsunade tangue dangereusement entre la vie et la mort. Orochimaru et ses pairs projettent une invasion sous la complicité de Suna et l’Akatsuki maintenant en possession de la majorité des Bijuus se fait de plus en plus menaçante. Pour sauver Konoha, une seule solution, faire appel à la sombre section cachée de L’ANBU : La section des anges déchus.
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Salut à tous ! Donc voici le chapitre 4 «Retrouver le gardien ». Pour ne pas vous ennuyer avec les mêmes décors et personnages, j’ai coupé ce chapitre en plusieurs parties chacune dédiées à Hinata & Sai et Tenten. Au fait, pour Sai, pardonnez moi si j’ai écris son prénom « Saï » auparavant, mais j’hésite beaucoup entre les deux caractères. En outre pour le prénom Jayasha (que vous découvrirez plus tard) qui est quelque peu...étrange. En espérant que ce chapitre vous plaira, enjoy !
Chapitre 4: Retrouver le gardien.
- Vraiment trop facile.
D’un kunaï bien lancé, Tenten venait d’achever le dernier assaillant. Quelle bande d’incapables ! À cinq contre une, ils n’avaient même pas été capables de l’amuser un peu, cet affrontement ridicule s’était limité à quelques lancers d’armes contenues dans sa sacoche… Elle n’avait même pas daigné sortir un de ses redoutables parchemins, cela aurait été du gaspillage et une pure perte de temps. Ignorant la marre de sang qui s’étendait devant elle, la maîtresse des armes récupéra ses armes plantées dans les cadavres de ce qui avait été une escouade de cinq chuunins du village caché du son. Elle ne prit pas la peine de fouiller les corps, des fins de séries dans leur genre ne devaient certainement pas transporter de documents importants et il lui fallait gagner Suna au plus vite. Elle se remit rapidement en route après s’être assurée que les vagues de sables allaient recouvrir entièrement les corps et absorber le sang. Elle ne voulait laisser aucune trace de son passage au pays du vent, même minime. Cela faisait bientôt deux jours qu’elle fonçait en direction du village caché du sable, encore vingt-quatre heures et elle y serait, ensuite elle n’aurait qu’une petite journée pour retrouver le Gardien et devrait le ramener au village de Konoha en trois jours. Hinata et Sai comptaient sur elle pour mener à bien cette mission, elle n’allait pas les décevoir.
Motivée par cette pensée, elle accéléra, fonçant comme un éclair à travers les hautes dunes du pays du vent. Il était bientôt midi et la chaleur devenait de plus en plus intense. Tenten sentait les rayons du soleil, brûlants, dévorants, lui marteler le dos et le cou à la manière d’un fouet enflammé. Au Tadenshi, Tenten avait appris à supporter la douleur, à l’ignorer et même à s’en faire une alliée. Il lui fallait se concentrer sur son objectif, ne penser à rien d’autre, s’y focaliser, alors, toutes les sensations qu’elle pouvait éprouver disparaissaient d’elles mêmes, y compris la douleur. Mais cette fois-ci, son stratagème à effet morphine ne fonctionnait pas correctement. D’un côté, ses vêtements ne l’aidaient pas, les longues manches de son haut-kimono permettaient au vent brûlant de s’y engouffrer sans effort et son pantalon moulant, un peu mouillé par la sueur, lui collait à la peau. Non, ce n’était vraiment pas une tenue d’été.
Elle s’arrêta, se saisit d’un kunaï, découpa les manches de son haut, le raccourcit jusqu’à laisser paraître son nombril, transforma son pantalon en short court et rangea son bandeau frontal orné du symbole de Konoha dans sa sacoche. De toutes façons, il ne lui serait d’aucune utilité une fois à Suna, les deux villages étant à nouveau hostiles l’un à l’autre. Elle défit ensuite ses macarons et recoiffa ses cheveux en une longue tresse qui s’arrêtait au niveau des hanches. Enfin, elle troqua ses mitaines en toile pour des protège-poignets en cuir qu’elle savait légers mais résistants. Elle se sentit mieux, la température lui parut nettement plus supportable et elle put bientôt se remettre en route après d’être hydratée. Elle progressait beaucoup plus lentement depuis son arrivée au pays du vent. Les arbres qui facilitaient tant les déplacements des ninjas avaient fait place à une mer de sable qui s’étendait à perte de vue, elle ne pouvait que compter sur son endurance naturelle et courir jusqu’à Suna. Malheureusement, les cachots du Tadenshi n’étaient pas conçus pour la course mais pour le combat, aussi se fatiguait-elle assez rapidement. Enfin bon, il y avait au moins un avantage à voyager en plein désert, elle ne risquait pas de se faire attaquer, il n’y avait vraiment personne pour s’aventurer dans ces dunes… personne ? Alarmée, elle s’arrêta si subitement qu’elle reçut une giclée de sable dans les yeux. Était-ce un mirage ? Ou y avait-il vraiment quelqu’un en face d’elle ? Elle plissa légèrement les yeux. Malgré les ondes de chaleurs, elle pouvait nettement discerner une silhouette entre les dunes. Impossible, Suna était trop loin, beaucoup trop loin, et il faisait une de ces chaleurs ! Les ninjas d’Oto, habitués à la fraîcheur des forêts, n’osaient pas pénétrer en ces fournaises, ceux de Konoha ne pouvaient pas, vu que la hache de guerre semblait déterrée entre les deux villages, et il n’y avait aucune chance qu’il s’agisse de shinobis de Suna, ils n’avaient absolument rien à faire hors de leur village. Conclusion : personne ne pouvait… à moins que…
Fouillant au plus profond de ses souvenirs, Tenten eut l’image d’une gourde gigantesque remplie de sable, de cheveux rouge sang, de deux yeux turquoise et d’un kanji tatoué sur un front pâle. Non, c’était ridicule. Que ferait le Godaime si loin de son territoire ? Cependant, il ne pouvait s’agir que de lui, le seul ninja au monde à pouvoir dompter le sable, le contrôler et le manipuler à sa guise. Autant vérifier. Elle mit ses mains en porte voix et hurla d’une voix forte :
- Il y a quelqu’un ?!
Le sable sous ses pieds trembla légèrement puis s’éleva dans l’air vers un point précis, un tourbillon de poussière s’y forma, constituant une sorte de tornade de sable incontrôlable. Tenten se mit une main devant le visage et se recroquevilla sur elle même pour se protéger des projections. Quand elle estima que la tempête s’était calmée, elle entrouvrit lentement les yeux. Debout, en suspension sur un nuage de sable à un mètre du sol, un jeune homme en pantalon bouffant, un cheich* autour des épaules, se tenait devant elle, l’observant tranquillement de ses yeux topaze. Tenten se perdit un instant dans la contemplation de ce beau ninja, vu sous cet angle, il ressemblait presque à un Dieu du sable. Elle leva les yeux vers son visage et aperçut ses cernes, son kanji rouge tatoué sur le front et ses cheveux aussi rouges que le kanji tombant en boucle sur son cou. Son visage s’éclaira d’un sourire, elle le reconnut immédiatement : Sabaku no Gaara, cinquième Kazekage du village caché du sable, son ancien ami et… petit ami.
- De quel village venez-vous ? Vous n’êtes pas originaire de Suna, n’est-ce pas ? Demanda-t-il de sa voix grave.
Un étrange sentiment, entre la déception et la colère, envahit immédiatement la jeune kunoichi. L’avait-il donc oubliée au point de ne plus la reconnaitre après seulement deux ans de séparation ? Elle qui avait été la seule kunoichi à l’aimer sincèrement jusqu’à en oublier sa face obscure ? Elle qui l’avait accepté malgré les regards inquiets de ses amis et ceux, hostiles, des habitants de Suna ? Car le couple d’un Kazekage avec une simple chuunin, issue d’un autre village, de surcroît, c’était du jamais vu ! Furieuse, elle lui tourna le dos et se retint de justesse de ne pas sauter sur son nuage pour le marteler de coups.
- Alors tu ne me reconnais pas ? Remarque, ce n’est pas étonnant, je suppose que beaucoup de kunoichis t’ont couru après, vu que j’ai prouvé qu’il était possible de sortir avec toi sans être broyé dans du sable avant même le premier rencart, lâcha-t-elle d’une voix plus assurée qu’elle ne s’y était attendue.
Elle perçut un grognement sourd, inutile de se retourner pour sentir qu’il était profondément troublé.
- Mais qui êtes vous à la fin ? Mais… Non, c’est impossible…Tenten-chan ?
- Bingo ! S’exclama-t-elle d’un ton faussement joyeux, en se retournant d’un coup.
Elle croisa son regard, pour la première fois, elle y percevait de l’étonnement. Peu de choses surprenaient Gaara, mais il ne devait vraiment pas s’y attendre, à celle-là ! Il faut dire qu’après son enlèvement par les renifleurs, elle avait longtemps été considérée comme morte, jusqu’à ce que la Godaime soit informée de sa promotion en tant qu’ange déchu par le Gardien, soit deux ans après sa disparition. Elle eut une pensée fugitive pour ses coéquipiers, la croyaient-ils morte, eux aussi ? Et Gaï senseï ? Et Naruto ? Et tous les autres chuunins de sa promotion ? Ah… En fait la plupart d’entre eux avaient dû passer Jounin, vue la situation actuelle. Un regard vers le Kazekage la ramena rapidement au pays du vent. Disparition ou pas, il aurait dû croire en elle, espérer son retour, l’attendre… mais il ne la reconnaissait même pas !
- Ainsi, tu es bien vivante, murmura-t-il.
Malgré le visage plus ou moins impassible que Gaara s’efforçait de maintenir, Tenten aurait juré percevoir une sorte de tremblement dans sa voix.
- Oui, et en un seul morceau ! Voyez-vous, vous n’êtes pas encore débarrassé de moi, Kazekage-sama, répondit-elle ironiquement. Et je suis vraiment désolée de vous décevoir par mon retour soudain.
- Qu’as-tu dit ?
- Dois-je me répéter ?
Le ton à la fois sarcastique et hautain qu’arborait Tenten, sans parler du vouvoiement, permit au Godaime de retrouver ses esprits. Le choc était passé, maintenant, place aux explications. Mais pourquoi lui en voulait-elle autant ? Et où était-elle passée durant ces deux années ? Un puit de questions sans réponses se creusait dans son esprit, mais il n’en laissa rien paraitre. Tout ninja qui se respecte se doit de masquer ses émotions.
- Que me valent ces retrouvailles plus que chaleureuses ? Demanda-t-il d’un ton neutre.
- Elles auraient pu être différentes selon votre attitude, Kazekage-sama.
- Mais où étais-tu ? Tu n’as pas donné le moindre signe de vie en deux ans !
- Cela ne vous regarde pas.
- Tenten-chan, je...
- … Ferais mieux de te taire, termina sèchement la maîtresse des armes.
Son ironie avait soudain fait place à une colère froide très mal contenue, Gaara blêmit légèrement. Il n’avait jamais eu peur de rien ni de personne, mais le regard glacial que lui lança son ex-petite amie le fit frissonner malgré la chaleur. Tant de mépris dans les yeux de la personne à laquelle il tenait le plus au monde... Ça faisait quand même mal. Une vision lui traversa rapidement l’esprit, celle de sa tante Yashamaru. Chez elle aussi, il avait perçu cette étrange lueur de dégoût avant qu’elle ne meure. Il se ressaisit, il ne lui avait même pas demandé la raison de son absence. Devinant les pensées du Godaime, Tenten lui fit comprendre d’un léger mouvement de la tête qu’elle n’avait ni le temps ni l’envie d’en parler.
- … Suis désolé, murmura-t-il.
- Pardon ?
- Je suis désolé, c’est ce que je m’apprêtais à dire, mais tu ne m’en as pas laissé le temps.
- …
- Je ne te poserai aucune question si c’est ce que tu veux, je pourrais même m’en aller et te laisser mener ta vie comme tu l’entends… C'est-à-dire sans moi. Tout ce que je te demande, c’est de me pardonner pour cette fois.
Elle baissa la tête et lui tourna lentement le dos, Tenten n’était pas le genre de fille à se laisser gagner facilement par ses émotions, mais une chose était sûre : elle ne lui en voulait plus. Soulagé, Gaara réussit à retrouver sa personnalité de ninja insensible et maître de ses sentiments.
- Et sinon, je peux savoir ce qui t’amène en ces lieux désertiques, que tu n’as jamais trop appréciés, d’ailleurs ? Lui demanda-t-il, craignant secrètement qu’elle ne l’envoie balader une seconde fois.
Mais elle se retourna et lui sourit pour la première fois depuis deux ans. Pas un sourire hypocrite ou méprisant, un vrai sourire bien sincère comme il les aimait.
- Je te le dirai si tu acceptes de m’emmener à Suna, promit-elle. J’en ai plus que marre de marcher tout le temps et le sable s’engouffre dans mes chaussures.
Il sourit à son tour et l’aida à se hisser sur le nuage.
- Sai-kun ? Appela doucement l’héritière du Byakûgan.
- Hm ?
- Nous sommes suivis.
- Encore ? C’est la vingt-troisième fois en deux jours !
- Ce n’est pas étonnant, depuis deux jours nous ne faisons que tourner autour du village, ces ninjas sont chargés de protéger les frontières du pays du feu.
- Je vois. Aucun signe de Naruto ?
- Non, aucun.
- Es-tu sûre qu’il se trouve toujours au pays du feu ?
- Certaine, bien que je ne puisse le localiser, je peux tout de même sentir le chakra malfaisant du démon renard.
- Oui, je le sens, moi aussi.
- Naruto-kun ne doit pas être bien loin, il sait se cacher, voilà tout.
- Dans ce cas, continuons, inutile de perdre notre temps avec ces fins de séries.
- Nous pourrions les semer ? Avec le Byakûgan, ce serait un jeu d’enfant.
- Pas la peine, tant qu’ils ne nous attaquent pas, nous n’avons aucune raison de réagir.
Cela faisait maintenant deux jours que Sai et Hinata fonçaient à travers le pays du feu à la recherche de Naruto Uzumaki. Mais ils avaient beau passer le pays au peigne fin, aucune piste ne venait les éclairer, aucun indice, même des plus minimes, ne les aidait à progresser, le Jinchuuriki paraissait insaisissable et seules les traces de son chakra leur indiquaient sa présence. La fatigue et l’inquiétude commençaient à gagner le duo du Tadenshi, ils continuaient malgré tout à traquer l’hôte du démon renard, s’aidant des pilules rouges de l’armée pour renouveler leur chakra et leur fournir de l’énergie. Ils n’avaient pas le temps de s’arrêter pour manger ou se reposer, au risque de se faire assaillir par les ninjas du village caché de la feuille. Chaque seconde comptait, l’Uzumaki risquait à tout moment de se faire enlever par Oto ou Akatsuki, il fallait faire vite. Un léger soupir de fatigue s’échappa de la bouche de l’ex héritière, suivi d’un petit gémissement à peine audible. Sai fronça légèrement les sourcils, malgré son séjour au Tadenshi, Hinata restait de constitution fragile, mais malgré les propositions fréquentes de Sai pour faire une petite pause, la Hyûga continuait, s’obstinait, refusait toute aide, tout ce qui aurait pu gêner son coéquipier, elle ne voulait pas être un boulet pour Sai. Un nouveau gémissement vint briser le silence que maintenaient les deux ninjas pour favoriser leur concentration. Cette fois, Sai saisit la jeune fille par la manche et l’obligea à s’arrêter.
- Hinata, tu es épuisée, il vaut mieux s’arrêter un peu, tenta-t-il maladroitement.
- Non… Pas m… maintenant, murmura Hinata d’une voix chevrotante.
- Mais regarde-toi, tu tiens à peine sur tes…
- Non…
Il leva un sourcil interrogateur, Hinata semblait plus pâle que jamais, on aurait dit une noyée. Inquiet, il s’apprêtait à la forcer à s’assoir quand trois shurikens sortant d’un bosquet fendirent l’air en direction des deux ninjas. Sai réagit instinctivement et propulsa la Hyûga quelques mètres plus loin. Deux des shurikens vinrent se planter dans son épaule droite, il grimaça de douleur. D’autres shurikens, beaucoup plus rapides que les premiers, l’atteignirent dans la cuisse gauche. Il cracha du sang et tenta de les extraire malgré la douleur, mais l’attaque n’était pas encore terminée. Cette fois, ce fut une pluie de shurikens d’une rapidité inquiétante qui sortirent du bosquet. Sai grinça quelques jurons entre ses dents, il ne pourrait jamais les éviter, blessé comme il était. Une silhouette aussi rapide et agile qu’un chat le poussa sur le côté et s’élança vers les armes.
- Hakkeshõ Kaiten !
Un tourbillon de chakra renvoya les shurikens. Tandis que la silhouette tournait rapidement sur elle-même, Sai plissa les yeux et reconnut Hinata. Celle-ci se mit en position de combat, Byakûgan activé, attendant le prochain assaut, mais rien ne vint. Elle scruta le bosquet un instant, probablement à la recherche d’un éventuel ennemi. Elle se dirigea ensuite vers Sai, après s’être assurée que tout danger était écarté, il était en piteux état. Elle s’agenouilla devant lui et lui enleva une par une les armes qui étaient enfoncées dans ses chairs, il se tendit, grimaça légèrement mais ne cria pas. Hinata lui lança un regard à la dérobée puis rougit légèrement.
- M…merci. Murmura-t-elle.
- De quoi ?
- D’avoir pris les shurikens à ma place.
- Je te remercie aussi.
- D… de quoi ?
- De m’avoir protégé des autres shurikens.
- Ah…
- Pourquoi étais-tu si inquiète tout à l’heure ?
- L… le ninja qui nous a attaqués… En fait, c’était une kunoichi du Tadenshi.
- Tu en es sûre ?
- O… oui.
Sai se tut. Comment diable un membre du Tadenshi pouvait-il les attaquer ? Jusqu’à preuve du contraire, ce n’étaient pas les chasseurs qui étaient chassés, non ? À moins…
- De qui s’agissait-il ? Finit-il par demander.
- Je ne sais pas… je n’ai pas eu le temps de l’identifier… Je suis désolée.
- Hm… Dis moi, elle ne serait pas rousse, par hasard, ta kunoichi ?
- BINGO ! Intervint une voix féminine.
Une seconde plus tard, il y eut une épaisse fumée, accompagnée d’un petit « pouf » et une jeune kunoichi, apparemment entre les dix-huit et dix-neuf ans, surgit. Elle avait effectivement de longs cheveux flamboyants, d’une couleur défiant toute les variantes du rouge, des yeux marrons pétillants de malice et un beau teint, très légèrement hâlé. Elle portait l’uniforme des Jounins du Tadenshi : un short dissimulé sous une jupe courte, tous les deux noirs, un haut à col mao de la même couleur, assez moulant, s’arrêtant au niveau du bas ventre, un dragon en fils rouge brodé au dos et des chaussures de ninjas pour compléter le tout. Un étrange bandana noir, qui ne faisait pas partie de l’uniforme, venait égayer le tout. Après avoir observé l’intruse de la tête aux pieds, Hinata nota qu’elle était vraiment belle et regretta même un court instant de ne pas être un homme.
- J’en étais sûr, ça ne pouvait être que toi… Jay, sourit Sai.
- Qui d’autre ? T’en connais beaucoup, toi, des folles du Tadenshi qui s’en prennent à leurs propres camarades pour s’amuser ? Répondit-elle vivement, un sourire aux lèvres.
- Pauvre idiote ! Tu m’as bousillé l’épaule avec tes shurikens, est ce que tu te rends compte que tu aurais pu nous tuer, Hinata et moi ?
- Des shurikens ? De quels shurikens parles-tu ?
Hinata regarda vivement autour d’elle, puis examina Sai de la tête aux pieds. Ses blessures, les armes, tout avait disparu !
- Saloperie de Genjutsu ! Jura Sai devant la mine réjouie de Jay.
- Baka, va ! Même pas capable de faire la différence entre une véritable attaque et une illusion, tu l’as eu comment, ton diplôme du Tadenshi ? En faisant des avances aux Jounins ? Ajouta-t-elle du ton le plus moqueur qu’Hinata ait jamais entendu.
- Tu ne perds rien pour attendre, espèce de sale petite peste rousse !
- Répète ?
Commença alors une chamaillerie des plus animées entre les deux ninjas. Hinata les regarda s’échanger vannes et répliques puis activa son Byakûgan à la recherche d’ennemis.
- Ah j’oubliais ! Que sont devenus les ninjas qui nous suivaient ? Demanda Sai en faisant signe de trêve à Jay.
- Partis, répondit Hinata.
- Bon, au moins, nous sommes tranquilles pour un bout de temps. Bon, je fais faire rapidement les présentations, qu’on passe à autre chose. Hinata, voici Jayasha Sakaishi… plus connue sous le nom de Jay (elle déteste son prénom), la rousse la plus sadique et la plus dérangée du monde des shinobis ; Jay, voici Hinata Hyûga, elle aussi chasseuse du Tadenshi, nous faisons équipe avec Tenten.
- Ma petite Tenten ? Mais où est-elle ? S’exclama Jay, dont le sourire s’élargit.
- Partie à Suna pour chercher le guide.
- Dommage, mais pourquoi vouloir déranger le guide ?
- Je t’expliquerai plus tard.
- Oh… Ta copine a un sérieux problème, là…
Sai se retourna, Hinata était à terre, haletante. Il l’examina attentivement, son bégaiement de tout à l’heure était sans doute dû à l’épuisement. Elle était encore plus pâle qu’avant et respirait très mal, il lui tapota doucement le front, elle était brûlante. Inquiet, il appuya sur son épaule et l’obligea à s’adosser contre un arbre.
- Il va bientôt faire nuit, je vais faire du feu, pendant ce temps, repose-toi, dit-il.
- M… mais…
- Tu as de la fièvre, il ne vaut mieux pas badiner avec ça, il faut que tu récupères.
- T… très bien.
Elle était trop fatiguée pour protester d’avantage, posa doucement sa tête contre l’écorce rugueuse de l’arbre et tenta de régulariser sa respiration. Sai lança un regard chargé de reproches à Jay, qui le soutint avec un zèle étonnant.
- Son état n’a rien à voir avec ma plaisanterie de tout à l’heure. Le Genjutsu que j’ai lancé a été spécialement mis au point pour les blagues. Il ne cause aucun dommage physique et veille à restituer son chakra et une partie de son énergie à la victime si elle a en a abusé, répliqua-t-elle.
- Il n’y a que toi pour perdre ton temps à inventer ce genre de jutsus bidon.
- Ne sois pas si carré, de toutes façons, je n’ai pas beaucoup rigolé dans ma vie.
Son regard s’assombrit et elle le détourna, Sai ne broncha pas. Le passé de Jay, il le savait, était aussi noir que les vêtements qu’elle portait. La Hyûga leva un sourcil, sa curiosité en plein éveil.
- Pardon, murmura-t-il.
- Ce n’est rien, après tout, c’est du passé hein ?
- Oui.
- Va chercher du bois, moi, pendant ce temps là, je veille sur ta petite amie.
- Ce n’est pas ma petite amie !
- Dommage, elle est pourtant très mignonne… Tu ne trouves pas ?
Il soupira d’agacement et s’en alla rapidement sans un mot, mais la légère teinte rose qu’avaient prise ses joues et celles d’Hinata n’échappa guère à l’œil diaboliquement perçant de la rouquine. Elle se contenta cependant d’un petit sourire et n’ajouta rien. Hinata profita du départ de Sai pour faire un examen plus approfondi de la jeune femme. Curieusement, elle lui rappelait en tout point Naruto, cette lueur de malice dans les yeux, cet enthousiasme, cette joie de vivre… Et pourtant, quelque chose clochait dans son attitude. Comme Naruto, elle avait dû beaucoup souffrir par le passé et compenser son enfance douloureuse par un comportement extraverti et même un brin immature. En réalité, l’ex-héritière mourait d’envie d’en savoir plus sur la jolie rousse, sur son passé, particulièrement, mais elle n’osait pas et pour diverses raisons. Premièrement, elle ne la connaissait pas et n’avait pas à la questionner sur un sujet aussi personnel, ensuite, il ne fallait pas oublier qu’elle était sa supérieure au Tadenshi, en tant que Jounin. Quelque chose remua dans les fourrés. Alarmée, Hinata tenta un mouvement pour se relever mais Jay lui appuya une main sur son épaule pour la maintenir assise.
- Ne t’en fais pas, ça doit être Raichi-kun, dit-elle avec un sourire.
- R… Raichi-kun ?
Une boule de poils orange sortit rapidement des fourrés, atterrit pile devant la Hyûga puis courut se lover contre le cou de Jay. C’était un renard, probablement adulte mais plutôt petit de taille, il avait une fourrure magnifique, rouge orangée, comme les cheveux de sa maîtresse, et de petits yeux d’ambre perçants. Après un rapide coup d’œil vers Hinata, il sauta sur ses genoux. Un peu surprise de la confiance totale que lui vouait l’animal, l’ex héritière le caressa du bout des doigts, il était absolument doux. Jay sourit devant la scène.
- Il est mignon, hein ? Quand je l’ai trouvé, il y a cinq ans de ça, ce n’était qu’un tout petit renardeau abandonné par sa mère, alors je l’ai adopté, expliqua-t-elle.
- Je… je le trouve… vraiment adorable.
- Contente qu’il te plaise, et apparemment, tu lui plais aussi.
Comme s’il approuvait maîtresse, le petit renard se pelotonna contre Hinata, qui l’entoura de ses bras.
- J… j’adore les animaux, dit-elle tout en berçant doucement Raichi.
- C’est vrai ? Dans ce cas, on va s’entendre ! Moi, je les adore ! S’exclama Jay.
- Et S… Sai-kun ?
- Hm, ce n’est pas pareil, il les respecte et c’est déjà ça, mais il ne supporte pas Raichi, parce que….
- Parce que ? S’étonna la Hyûga.
- … Il est allergique aux poils de renard ! Acheva Jay avec une expression désespérée des plus comiques.
Elles rirent de conserve puis Jay engagea la conversation sur la vie en tant que membre du Tadenshi. Bien qu’affaiblie, Hinata bavardait autant (sinon plus) que sa camarade et répondait avec entrain à ses nombreuses questions. Au fur et à mesure qu’elles discutaient, sa gêne faisait place à une estime sincère. Malgré leurs personnalités radicalement opposées, les deux kunoichis s’entendaient à merveille… C’était surprenant, car Jay avait à peu près le même caractère que Tenten, qui pourtant ne pouvait pas saquer Hinata. La rouquine orienta la conversation sur Konoha.
- Je suppose que tu dois avoir de la famille, là-bas ? Demanda-t-elle.
- Oui… Si on veut.
- Tu n’as pas l’air d’y tenir particulièrement, toi !
- Eux non plus ne tiennent pas moi, ils me méprisent tous, sauf peut-être Neji…
- Qui c’est, Neji ?
- Mon cousin, mais je l’ai souvent considéré comme mon grand frère.
- Tu en as, des frères ?
- Non, juste une petite sœur.
- Une sœur…
Elle perçut soudainement une étrange lueur de mélancolie dans les yeux de Jay.
- Vous vous entendez bien ? Enchaîna la rouquine.
- Je… je ne sais pas.
Hinata baissa les yeux, il fallait bien avouer que la naissance d’Hanabi lui avait attiré pas mal d’ennuis, c’était en partie de sa faute si son père s’était mis à la négliger. Et en outre…
- Nous n’avons jamais vraiment eu l’occasion de nous parler, nous ne nous entraînions pas aux mêmes endroits, ne prenions pas nos repas ensemble, ne dormions pas dans la même aile du manoir. Il nous arrivait parfois de nous croiser dans les couloirs mais nous nous contentions d’un salut amical. Les seules fois où nous restions longtemps en présence l’une de l’autre étaient pendant les réunions du clan Hyûga, mais nous avions ordre de bien nous tenir et de nous taire pour ne pas perturber le conseil. Nous devions nous contenter d’observer et écouter nos aînés prendre part aux débats.
Le regard de Jay s’était lentement assombri durant les explications d’Hinata, elle baissa la tête, ses cheveux tombèrent en cascade sur ses bras.
- Moi aussi, j’avais une sœur, dit-elle finalement.
Hinata sursauta. Allait-elle en savoir plus sur Jay ?
- Elle était plus âgée que moi d’un an, elle s’appelait Tayuya et c’était la personne la plus merveilleuse que j’ai jamais connue. Je suis née à Oto no kuni, mes parents sont morts trois ans après et nous nous sommes retrouvées toutes seules, ma sœur et moi. Comme elle était plutôt forte pour son âge, plusieurs familles ninjas lui ont fait des propositions pour la prendre sous leur tutelle mais elle a toujours refusé afin prendre soin de moi. Jusqu’à mes huit ans, elle ne m’a pas quittée une seconde, c’était une sœur merveilleuse !
La Hyûga eu un sourire attendri, elle imaginait bien le cadre, une sœur paisible et douce prête à tous les sacrifices pour sa cadette.
- Puis Orochimaru, l’Otogakure, nous a remarquées et prises à son service, sans trop nous laisser le choix. Là encore, Tayuya était là pour me protéger, elle a même accepté la marque maudite à condition qu’il ne me l’impose jamais. Avec le temps, j’ai appris à me défendre seule, je voulais toujours devenir plus forte pour aider Tayuya à mon tour. Tu comprends… J’avais une dette immense envers elle.
Hinata hocha la tête et eut une pensée fugitive pour Kiba, Shino et Kurenaï, eux aussi l’avaient aidée et protégée du temps où ils formaient encore une équipe soudée et solidaire. La voix de Jay se fit plus grave lorsqu’elle poursuivit son récit.
- Six ans plus tard, Orochimaru avait repéré un jeune genin de Konoha, Sakai Uchiwa, je crois…
- Sasuke Uchiwa, corrigea doucement l’héritière.
- Oui… Je ne sais pas ce qu’il avait de spécial mais Orochimaru le voulait à tout prix ! Alors il a envoyé sa garde personnelle le chercher et Tayuya était parmi eux. Mais Konoha semblait déterminé à ne pas le laisser quitter le village et l’Hokage a formé une équipe de genins pour ramener Sasuke au village…
L’ex héritière se souvint alors de cette fameuse équipe, Shikamaru en était le leader et d’ailleurs… Naruto en faisait partie.
- Tayuya a dû affronter leur chef, un certain Nara, et si j’en crois les espions d’Oto, elle avait l’avantage et la victoire à portée de main. Sauf que des alliés issus de Suna ont débarqué et parmi eux une jeune femme du nom de Temari… Temari, je n’ai jamais oublié ce nom.
Sa voix se fit tremblante.
-Ma… ma grande sœur avait dépensé trop de chakra et perdu trop d’énergie… Ce… ce combat était inégal et elle le savait. Elle aurait pu s’enfuir et éviter le pire mais… elle a tenté le tout pour le tout et…
Deux lignes brillantes apparurent sur des joues, des larmes. Émue, Hinata s’approcha d’elle et posa une main compatissante sur son épaule.
- Et ? Demanda-t-elle, regrettant peut-être sa question.
- Elle est morte, acheva Jay sèchement. Alors je me suis enfuie du repaire et j’ai rejoint Konoha, bien déterminée à faire la peau à celle qui m’avait pris la seule personne qui comptait vraiment pour moi. Mais je suis arrivée trop tard, elle était déjà rentrée chez elle et je ne suis jamais retournée à Oto, les renifleurs m’ont enlevée et j’ai rejoint le Tadenshi. Le gardien s’est montré très généreux envers moi, il m’a accepté dans la section même si j’étais issue d’un village ennemi et ancienne élève d’Orochimaru. Depuis, je ne me bats que dans l’espoir de retrouver cette Temari et de venger ma grande sœur.
Elle se détourna de la jeune Hyûga (peut-être pour cacher ses larmes ?) et caressa Raichi. Hinata axa ses pensées sur le visage de sa sœur Hanabi, de son père Hiashi, puis enfin sur celui de Neji et se sentit submergée par une vague de mélancolie. Oui, elle avait beau se persuader qu’elle les détestait tous, ils lui manquaient, elle n’y pouvait rien.
- Bon alors on y est ? Demanda Tenten avec impatience.
- Oui, regarde, on aperçoit déjà le village.
En effet, les tourelles rondes en sable dur du village caché du sable étaient désormais nettement distinctes. Tenten s’autorisa un sourire, elle avait atteint Suna en deux jours et trois heures, soit une bonne journée d’avance, ce qui lui laissait plus de temps pour trouver le guide et le ramener. Jusqu’ici, l’aide de Gaara lui avait été très précieuse et elle lui en était reconnaissante. En chemin, il lui avait rapidement fait l’inventaire de ses problèmes, il avait été renversé par un ninja apparemment allié d’Orochimaru, lequel exerçait désormais un contrôle total sur Suna par le biais du nouveau Kazekage. Sa situation empirant de jour en jour, il avait quitté le village en temps que renégat en compagnie de son frère, sa sœur et quelques ninjas toujours dévoués. Ils avaient tous trouvé refuge au pays du feu sous l’accord de Tsunade et combattaient aux côtés des shinobis de Konoha contre Oto, tout en élaborant un plan pour libérer Suna. Avec autant de responsabilités sur le dos, pas étonnant qu’il n’ait pas trouvé le temps de la rechercher, et elle qui s’était emportée tout à l’heure comme une idiote sans lui laisser le temps de s’expliquer. Ils s’arrêtèrent à une cinquantaine de mètres du village, Gaara fit descendre son nuage pour que Tenten ne se casse pas le cou lors de la descente. Elle sauta agilement au sol et invoqua un katana.
- Tu as l’intention de provoquer un massacre ? La taquina le Kazekage.
- Non, mais connaissant les tendances des ninjas de Suna, c'est-à-dire cogner sans réfléchir, j’aime mieux prendre mes précautions.
- Toujours aussi hostile envers mon village, à ce que je vois.
- Il y fait beaucoup trop chaud et je chope une dizaine de coups de soleil chaque fois que j’y mets les pieds.
Il ne put retenir un sourire, c’était bon de retrouver l’ancienne Tenten, celle qu’il connaissait si bien. Il lui fit un au revoir de la main et disparut dans tourbillon de sable, non sans l’asperger au passage. Elle marmonna quelques jurons entre ses dents et se mit en route, pressée d’en finir avec cette stupide mission. Arrivée aux portes du village elle se fit comme elle l’avait prévu, apostrophée par des chuunins de garde.
- Dites donc, vous, on ne vous a pas beaucoup vue par ici, quel est votre nom, votre prénom et votre village ? Intervint l’un deux, plus ou moins baraqué.
- Bonbon Chocolat, du village caché des friandises, répondit-elle, moqueuse.
- Vous vous foutez de nous ? Répliqua un autre chuunin en dégainant son katana.
- De qui d'autre voulez-vous que je me foute ?
- Sale garce, on va te montrer ce qu’il en coûte de… Argh !
Agacée par le terme de « garce », Tenten ne lui avait pas laissé le temps d’achever sa phrase et l’avait embroché sur place. Furieux, les autres s’élancèrent tous vers elle et deux secondes plus tard, ils gisaient tous au sol, morts. Elle soupira, depuis combien de temps n’avait-elle pas combattu un adversaire à sa taille ? Elle ne faisait que perdre son temps avec ces chuunins mal entraînés et trop jeunes pour la plupart. Elle fit quelques pas vers les portes, croyant en avoir terminé avec ses ennemis, mais une voix masculine, quelle connaissait d’ailleurs très bien, l’en dissuada.
- Tu te débrouille plutôt bien… N’empêche, ce n’était qu’une bande d’incapables.
- Kan… Kankurô ? S’exclama la maîtresse des armes.
Elle se retourna pour tomber face à quatre à un grand ninja, vêtu de noir. Une longue combinaison, un pantin géant dans le dos, un bandeau portant le symbole de Suna au front… Aucun doute, il s’agissait bien de Sabaku no Kankurô, le frère aîné de Gaara, étrange… Gaara lui avait pourtant affirmé qu’il se trouvait à Konoha, que faisait-il donc dans un village qui lui était désormais hostile ?
- Tu connais mon nom ? Étrange, je ne me souviens pas d’avoir rencontré une aussi jolie fille auparavant.
Tenten se retint de justesse, un peu plus et elle se précipitait sur le maître des marionnettes pour lui arracher son chapeau à oreilles de chat. Il l’avait donc oubliée, lui aussi ? Pas étonnant, ils ne s’étaient vus que trois fois en tout, une fois pendant les préliminaires de l’examen de sélection des chuunins, une autre fois lors du sauvetage de Gaara contre Akatsuki et une dernière fois dans les rues de Konoha. De plus, les rapports entre les deux shinobis étaient tout sauf amicaux. Kankurô la méprisait, la considérant comme une bonne à rien et il était vrai que sa sœur l’avait vraiment aplatie pendant l’examen. Quant à Tenten, en plus de l’amère défaite qu’elle avait récoltée face à l’aînée de celui-ci, n’avait jamais pu supporter son comportement hautain.
- Ah si, je vois ! Tenten ! S’exclama-t-il enfin.
Hum, au moins il se souvenait de son prénom, bon départ. Elle capta son regard appréciateur et se mit à nouveau à fantasmer sur son chapeau à oreilles de chat, sauf que cette fois elle songeait plutôt à le lui faire manger.
- Ben dis donc ! Tu es devenue un vrai canon ! S’exclama-t-il.
- Merci du compliment, venant d’un Playboy, ça me flatte.
Elle n’avait rien exagéré, Kankurô était réputé pour ses conquêtes aussi nombreuses à Suna qu’à Konoha, d’ailleurs, Sakura s’était aussi ajoutée au lot il y avait environ deux ans, au grand dam de Naruto.
- Mon frère m’a envoyé un message par faucon tout à l’heure pour me prévenir de ton arrivée, poursuivit-il. Il m’a dit que tu recherchais quelqu’un.
- Et puis ? Intervint la jeune fille aux macarons.
- Et puis il m’a demandé de t’aider, ce qui ne m’enchante guère.
- Je n’ai pas besoin de ton aide, « le peinturluré », et d’ailleurs que fais-tu ici ? Tu es nukenin maintenant, si j’en crois Gaara ?
- Normalement oui, mais à Suna personne ne se doute que j’ai rejoint le camp de Konoha.
- Je vois, tu joues les agents-doubles ?
- Exactement, et toi ?
- …?
- Il y a deux ans, tu as complètement disparu du village sans laisser la moindre piste, ils te croient tous morte à Konoha.
- Hm, pas étonnant, mais je n’ai envie d’en parler pour le moment.
- Comme tu voudras.
- Bon, alors tu m’aides ou pas ?
- Décris-moi le ninja que tu recherches et je verrai par la suite…
Tenten porta machinalement la main à sa sacoche et en sortit une petit photo au ton sépia, qu’elle tendit à Kankurô. Après un léger coup de d’œil, son visage prit une étrange teinte verte, puis rouge, puis pâle. Il lui rendit sa photo d’un air dégoûté.
- Tu le connais ? Demanda-t-elle, fascinée par la réaction du ninja.
- Ce sale pervers ? Et comment ! J’ai dû faire le tour de tous les onsens et vestiaires féminins du village pour l’empêcher de semer la pagaille partout !
- Et tu sais où il se trouve ?
- Je vais t’accompagner jusqu’à son hôtel, mais ne compte pas sur moi pour aller au-delà !
Elle sourit et accepta de le suivre, à vrai dire, elle l’approuvait au maximum, elle ne pouvait tout simplement pas saquer le gardien. Tout en marchant aux côtés du marionnettiste, elle nota l’extraordinaire animation qui régnait dans les rues du village. Suna était en guerre, c’était plus qu’évident et Gaara n’avait rien exagéré, ni sur l’attitude hautaine des ninjas, ni sur leur malheureuse incompétence. Au bout d’un quart d’heure, Kankurô s’arrêta devant une petite auberge, « La voie du Shinobi », d’après l’énorme affiche marketing placardée devant la porte d’entrée.
- C’est là, tu n’as plus qu’à te renseigner auprès des propriétaires, je reste à l’extérieur au cas où.
- Merci, Kankurô.
- Pas de quoi… De toutes façons, je n’ai pas trop le choix.
Elle le gratifia d’un sourire moqueur et entra dans l’auberge. L’intérieur la cloua littéralement sur place. Typique du gardien, ce genre d’endroits ! De vieilles bouteilles de saké vides traînaient un peu partout au sol, de magnifiques serveuses en petite tenue se baladaient parmi les clients, leur servant du saké ou riant à leurs plaisanteries niaises et vulgaires. Tenten passa le doigt sur une table, pas de poussière, malgré les bouteilles, l’endroit restait décemment propre. Elle s’avança vers un bureau mal entretenu et interpella la réceptionniste, qui était trop occupée à boire pour la remarquer.
- Oh… euh… Pardon, mademoiselle…Que puis-je pour vous ? Balbutia-t-elle nerveusement.
- Je cherche cet homme, sur la photo, on m’a dit qu’il logeait ici.
- Oui, je le reconnais, c’est un de nos meilleurs clients, il doit être dans sa chambre… Voulez-vous que je l’appelle ?
- Seulement s’il n’est pas avec l’une de vos serveuses.
- Non, rassurez-vous.
- Merci.
Tenten n’ajouta rien et commanda un jus d’orange.
-Katsura ! Appela la réceptionniste.
Une jeune femme aux courts cheveux noirs, habillée en kimono couleur sable, accourut. Après avoir écouté les instructions de la réceptionniste, elle se dirigea vers un escalier au fond de la salle et disparut. Une bonne dizaine de minutes s’écoula avant qu’elle ne revienne.
- Veuillez me suivre, s’il vous plaît, mademoiselle, il va vous recevoir, dit-elle.
La maîtresse des armes sortit d’abord prévenir Kankurô puis suivit la jeune Katsura dans les longs couloirs de l’Hôtel. Elles s’arrêtèrent devant une chambre, apparemment la plus luxueuse de l’auberge. Tenten remercia Katsura pour son aide et entra avec brusquerie sans même frapper… personne. Connaissant les tendances du gardien, elle envoya un kunaï au hasard dans la pièce, un grognement de douleur se fit entendre et un homme âgé, aux longs cheveux blancs, apparut devant la jeune fille. Un grand sourire éclaira son visage, elle l’avait retrouvé.
- Bon sang, Tenten, c’est comme ça que tu salues tes aînés ! S’écria-t-il, avec une colère manifestement feinte.
- Allons, Jiraiya-sama, ce n’était qu’un petit kunaï de rien du tout !
- Ben voyons, et puis… que fais-tu donc à Suna ?
- Je suis venue pour vous chercher, j’ai besoin de vous.
- Eh ? Merci, mais je préfère les femmes mieux… enfin moins… Avec plus de formes, quoi.
- Parce que vous pensez peut-être que j’ai des vues sur vous ? Espèce de vieux débris !
- Eh là ! Un peu de respect envers ton boss !
- Vous savez ce que je lui dis, moi, au boss ?
- Qu’est ce qu’elle me dit, la petite insolente ?
Contre toute attente, elle abandonna la réplique cinglante qu’elle avait sur la langue. Inutile de se chamailler pour des broutilles, ils avaient d’autres chats à fouetter.
- C’est Naruto, lâcha-t-elle.
- Le sceau ?
- Oui.
- Je vois, dans ce cas, il n’y a pas une minute à perdre.
Il se saisit d’un immense rouleau, semblable à celui de Tenten, l’attacha sur son dos, après quoi il ouvrit la fenêtre et sauta à terre en clin d’œil. La jeune kunoichi l’imita et prévint Kankurô que sa mission s’arrêtait là, il acquiesça et disparut par une ruelle sombre.
- Alors, dis-moi, satisfaite de ta cible ? Demanda Jiraiya tout en courant vers la sortie du village, Tenten sur ses talons.
- Assez, oui, d’ailleurs, dès qu’on en aura fini avec Naruto, nous pourrons nous remettre en chasse.
- Qui ça, « on » ?
- Moi, Sai et Hinata.
- Tiens ? Vous faites équipe ? J’ignorais que tu avais des affinités avec les autres chasseurs.
Ils atteignirent la sortie, Tenten stoppa net. Une mauvaise surprise les y attendait, ou peut-être bonne suivant le point de vue… Une jolie ribambelle de chuunins fraîchement promus. Le gardien renifla dédaigneusement.
- Laisse, je m’en charge, ça va pas traîner, dit-il en enchaînant quelques signes.
Légèrement fatiguée de tous les précédents combats menés, Tenten n’insista pas et le laissa à ses précieuses invocations. Un quart de seconde plus tard, un gros crapaud armé et casqué apparut, il se roula en boule, puis sur un signe de Jiraiya, s’élança en roulant vers les chuunins, et ne tarda pas à tous les écraser comme un jeu de quille.
- Strike ! Coassa l’amphibien avant de disparaître.
- Joli, commenta Tenten.
Elle leva la tête, quelque chose lui faisait brusquement de l’ombre, elle faillit s’étrangler en reconnaissant Gaara sur son nuage.
- Mais enfin… Balbutia Tenten.
- Je me suis dit que je pourrais vous épargner le retour à pied, dit Gaara avec un clin d’œil.
- Merci.
Elle lui sourit et ils restèrent longtemps là à se regarder sans rien dire, au point que Jiraiya dut intervenir, se raclant la gorge.
- J’ignorais que tu avais un petit ami, grommela-t-il, une fois à bord du nuage de sable.
- Euh… Ex-petit ami, rectifia la kunoichi aux armes.
Elle lança un rapide coup d’œil vers ledit petit ami mais ne détecta aucune forme d’irritation ou de gêne dans les traits quasiment parfaits de son visage.
Voilà voilà. Des commentaires ?
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