Fiction: Trop lourd à porter
Tenten voit croître en elle un nouveau pouvoir, héritage maudit issu de son clan... Réussira-t-elle à le maîtriser ?
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Oh, je pète la forme ! Je n’ai jamais autant écrit ! Mais c’est grâce à vous, lecteurs, et plus particulièrement Mimoo, Liliblue, Gagaman et tant d’autres ! Merci à tous !
Bonne lecture !
Chapitre 5: En temps de paix...
Lee faisait le pied de grue devant la porte de la chambre, telle une bête tournant en rond dans sa cage. Depuis son réveil, voilà deux jours, Tenten était restée à l’hôpital pour des examens complémentaires, en raison de sa fragilité. Sa grossesse l’épuisait ; son corps récupérait vite, par un heureux miracle, mais elle avait besoin de sommeil. Il était dix heures et demie du matin et elle se reposait toujours ! Et en plus, sa meilleure amie avait fermé la porte à clé !
On ne savait jamais, peut-être que quelque chose de grave s’était produit. Le Fauve de Jade s’apprêtait à, bon gré mal gré, défoncer cette porte qui ne le narguait que trop, quand soudain, vision divine, une beauté céleste à la courte chevelure rose bonbon et aux yeux d’un vert intense apparut dans son champ de vision. Il lâcha précipitamment la poignée qu’il allait arracher.
- Lee-san ! Qu’est-ce que tu t’apprêtais à faire ?
- Moi ? Mais rien du tout, Sakura-san...
« Sakura-san » soupira, exaspérée par le mensonge éhonté de Lee.
- Laisse tomber. Regarde ce que j’ai, annonça-t-elle en extirpant de sous sa veste une longue enveloppe plate. Regarde bien, surtout...
- Qu’est-ce que c’est ? Questionna-t-il impatiemment.
- Les échographies de Tenten ! Triompha Sakura en ouvrant le paquet.
Trop pressée, elle fit tomber les photos sur le sol carrelé. Lee se baissa pour les ramasser, et au même moment la rose fit de même. Leurs regards se croisèrent, gênés l’un par l’autre ; les joues du génie du taijutsu s’enflammèrent, celles de la rose également. Sakura détourna les yeux et se releva, des images plein les mains. Lee, les yeux encore emplis d’une stupeur émerveillée, mit plus de temps à bouger, engourdi par l’amour, autant que son aimée était fébrile.
Lui aussi s’était relevé. Ils étaient de même taille. À nouveau, leurs regards se rencontrèrent.
Mais cette fois, Sakura ne détourna pas les yeux de Lee. Elle leva la main pour replacer une mèche de cheveux sur le front de son ami, tremblante. Celui-ci, le regard ardent, l’arrêta en lui saisissant doucement le poignet. Il lui embrassa la main, avec la peur de commettre un impair.
Que dire ? Ils s’embrassèrent.
Sakura passa une main douce comme de la soie dans les cheveux coupés au bol de Lee. Voilà ce dont elle avait toujours rêvé. Être aimée, tout simplement. Une chose que jamais Sasuke n’aurait pu lui donner. Voilà ce qu’elle avait recherché tant d’années sans jamais savoir quoi... Personne n’aurait pu lui prouver mieux que cela. Elle avait besoin de lui...
Lee posa ses mains sur la taille fine de Sakura, comme pour une première et tendre danse. Il l’avait toujours aimée, depuis le jour où il l’avait vue, dans les couloirs de l’académie, joyeuse et entourée d’une bande de copines. Elle représentait ce qu’il avait toujours désiré, un idéal qu’il n’arrivait pas à accomplir, malgré sa persévérance...
L’amour.
Les deux jeunes gens se séparèrent, l’air confus et embarrassé. Ils s’empressèrent de ramasser toutes les photos éparpillées de nouveau par terre. Ensemble, ils se penchèrent sur les clichés de l’étincelle de vie qui grandissait en Tenten. Un instant, Lee et Sakura se surprirent à songer que ce bébé pourrait être le leur, et qu’ils auraient certainement formé un couple heureux, contemplant avec bonheur les images de leur premier enfant...
Ils se ressaisirent bien vite, même si un sourire victorieux animait intérieurement le Fauve de Jade et si la Sakura intérieure hurlait de joie. Lee reprit un air préoccupé :
- Sakura-san, Tenten a bloqué la porte !
- Quoi ? S’exclama la medic-nin, catastrophée. Fallait le dire plus tôt ! Écarte-toi !
Elle concentrait une dose impressionnante de chakra dans son poing – du moins, Lee n’en avait jamais vu autant – et s’apprêtait à frapper, lorsque la porte s’ouvrit, révélant une Tenten interloquée, en courte chemise de nuit rouge, ne cachant rien de ses formes avantageuses, sur le seuil.
- Qu’est-ce qui se passe ? J’ai raté quelque chose ?
Son amie relâcha son chakra, agacée malgré tout d’avoir risqué de blesser la brune.
- Pourquoi as-tu fermé ta porte à clé ?
- Mais euh...
- Tu imagines s'il t’était arrivé quelque chose ?
Tenten poussa une exclamation exaspérée et croisa les bras, résignée à subir les sermons de Sakura, tout aussi légendaires que les célèbres déboires d’argent de Tsunade.
- Et si tu étais tombée du lit ? Et si...
- Sakura, n’exagère pas, soupira la jeune fille. C’est très bas.
- Et si tu t’étais blessée ? Continua la fleur de cerisier, imperturbable dans sa colère. Ou étouffée ?
Gros soupir bis. Pensées complètement hors sujet.
- Et avec quoi, je te prie ? C’est tellement sécurisé ici que je ne peux même pas avoir un miroir ! Quant à m’étouffer, je mange si peu que ce serait véritablement de la malchance !
- Tu as failli te suicider, il y a quelques semaines !
- Ce n’était pas moi ! C’était...
La maîtresse des armes se tut et blêmit, réalisant qu’elle en avait trop dit. Elle se maudit intérieurement et retourna dans sa chambre pour cacher son malaise.
- Je ne vais pas me suicider alors que j’attends un enfant !
Elle la fusilla du regard et s’assit sur son lit, fatiguée. Sûr que si elle avait eu des kunaïs ou des shurikens à la place des yeux, Sakura y serait passée ! Lee décida d’intervenir pour éviter un carnage.
- On était juste inquiet, tu comprends ?
- Moui.
Elle rajusta sa tenue, se rendant compte de son indécence, et rougit légèrement. Bien sûr, avec Lee c’était différent. Il était son meilleur ami, sans autre arrière-pensée. Mais tout de même... Son ami se rendit compte de sa gêne et lui mit la couverture du lit sur les épaules. Elle le remercia d’un sourire.
- Au fait, Tenten...
- Oui ?
- On a quelque chose pour toi.
Sakura lui tendit l’enveloppe. Tenten imagina immédiatement ce que cela pouvait être, mais elle n’osait y croire. Vivement, elle la saisit et la déchira entièrement. Mince, il y avait encore une autre enveloppe en dessous... La poisse ! Elle s’y attaqua avec ses ongles.
- Hé ben ! Tu es pressée, toi ! Plaisanta Lee.
Voilà, ça y était. Les photos étaient là, devant elle. Noires et blanches. La couleur des échographies. Lentement, sans oser au début, elle toucha la minuscule image du fœtus. Elle la contempla longuement, suivant ses courbes du doigt. Mon dieu, qu’il était petit...! C’était vraiment le sien, celui qu’elle portait au fond d’elle-même...? Instinctivement, elle posa sa main sur son ventre qui, déjà, commençait à s’arrondir. Oui, c’était le sien. Qu’il vive ! Pour l’amour de lui, Tenten était prête à tous les sacrifices.
- Vous avez vu ? C’est un garçon ! S’exclama-t-elle, toute excitée, à l’adresse de ses deux amis.
- Tu voulais un garçon ? S’étonna Sakura, qui avait toujours cru la jeune fille très féministe.
- Il vaut mieux que le premier-né soit un garçon. C’est ce que mon père m’a toujours répété.
Parler de son père – son véritable père – l’emplissait souvent de mélancolie, mais aujourd’hui, rien n’aurait pu gâter sa bonne humeur. Elle était enceinte, en pleine santé, et le bébé était un garçon. Non, rien, rien n’aurait pu la faire changer d’avis ; cette journée était une bonne, très bonne journée.
- Vous croyez que Neji pourra venir ? Interrogea avec espoir la kunoichi.
- Il suffit de l’avertir, répondit la rose. Mais comme tu vas sortir aujourd’hui...
Tenten se redressa comme si une mouche particulièrement venimeuse l’avait piquée.
- Aujourd’hui ? Croassa-t-elle. Oh, mon dieu !
Elle se précipita dans la salle de bain en courant, ressortit la tête et annonça :
- M’attendez pas, j’en ai pour une heure !
- Je ne comprendrai jamais les filles... Marmonna son meilleur ami. Quelles drôles de créatures !
Une longue, longue, longue heure plus tard – pour Lee essentiellement -, Tenten sortit de la salle de bain, habillée d’une tenue des plus seyantes, mais qui n’était pas sa tenue habituelle ; un long kimono bleu glacier, décoré de motifs de rubans multicolores. Quant à ses cheveux, habituellement noués en deux chignons sur le dessus de la tête, ils étaient savamment attachés en deux tresses, assez épaisses à la base mais s’affinant au fur et à mesure qu’elles descendaient, s’arrêtant au niveau des omoplates.
Sakura étant partie depuis un moment s’occuper de ses malades, Lee fut le seul à avoir le souffle coupé par la grâce émanant de Tenten. Pourquoi ne s’habillait-elle pas ainsi plus souvent ? Le Fauve de Jade avait trop de savoir-vivre – enfin, chez les garçons, c’est quand ils veulent bien s’en donner la peine ! – pour lui faire remarquer qu’elle serait beaucoup plus féminine vêtue de cette manière. Il l’aimait quand même dans ses vêtements de tous les jours, bien sûr. Mais pourquoi diable s’était-elle habillée ainsi ?
- Je ne rentre plus dans mes vêtements, annonça pitoyablement Tenten en mettant son sac sur son épaule, se rendant compte du regard que Lee portait sur elle.
Lee jugea que c’était trop lourd pour elle – et que ça n’allait pas avec sa tenue – et lui enleva le fardeau des mains pour le porter lui-même. Même si c’était très léger. On est galant ou on ne l’est pas...
- Déjà ? S’étonna-t-il.
Il l’observa sous tous les angles, et plus précisément au niveau du ventre, mais il ne vit rien de notable.
- Non, pas à ce niveau-là, rectifia son amie. Pas encore. Plus haut. Mais tu n’as pas le droit de regarder, continua-t-elle en réprimant tant bien que mal un sourire.
- Je ne suis pas un pervers, fit remarquer Lee, boudeur.
- Je sais bien, c’est pour ça que je ne voudrais pas que tu en deviennes un.
Ils parcoururent les couloirs et descendirent les escaliers de l’hôpital, tout en discutant de tout et de rien – de rien, surtout, il fallait le dire.
- Je ne savais pas que tu avais de si longs cheveux, observa le jeune homme.
- Ils étaient plus longs avant que j’arrive à Konoha ! Mais j’ai dû les couper. Ça a été un vrai crève-cœur.
Lee arrêta de marcher, surpris par ces paroles.
- Tu n’es pas née à Konoha ?
- Non.
Visiblement, elle n’avait aucune envie de s’étendre sur le sujet, vu son visage fermé. Alors il renonça, se promettant de la cuisiner plus tard sur cette épineuse chose qu’étaient ses origines, et ils continuèrent leur marche, cette fois silencieusement.
Quand ils se retrouvèrent dehors, Tenten en fut éblouie et plissa les yeux. Elle n’avait pas vu le soleil depuis plusieurs jours et son humeur s’en était ressentie. Ses affinités étant le feu et le vent – et l’eau, grâce à Kalamata –, enfant, elle pensait souvent Mon père, c’est le soleil ; ma mère, le vent du sud ; ma sœur, le fleuve sous ma fenêtre. C’est donc avec plaisir qu’elle retrouva son père, qui la chauffait délicieusement de ses rayons brûlants d’un après-midi d’été, et sa mère, qui agitait ses longs cheveux sous la caresse d’une brise voluptueuse. Ma sœur, elle est au fond de moi.
Pas tout à fait fausse, la métaphore.
Devant elle se tenait Neji. Et à côté de lui, son senseï, celui qui l’avait toujours conseillée en toutes occasions, son presque père... Gai Maïto.
- Tenten !
- Neji !
Ils s’étreignirent, heureux de se revoir. Puis le Hyûga la lâcha pour mieux la regarder. Il eut un léger haussement de sourcils devant son apparence pour le moins inhabituelle.
- Je me trompe ou tu as pris du poids ? La taquina-t-il.
- Mais-heu ! Même pas vrai. J’ai jamais été aussi mince.
- Ça c’est bien vrai, renchérit à son tour Lee. On dirait un fil de fer !
Poussant des cris d’indignation, Tenten leur courut derrière alors qu’ils était secoués par une crise de fou rire silencieux. Gai les regardait en souriant ; la fougue de la jeunesse était en eux !
- L’un qui dit que je suis grosse, l’autre que je suis maigre ! S’irrita-t-elle faussement, amusée malgré elle par ces bêtises enfantines qui n’étaient plus de leur âge.
- Mais non, ma petite Tenten. Tu es parfaite.
La jeune fille s’immobilisa, l’oreille aux aguets.
- Comment m’avez-vous appelée, senseï ?
- « Ma petite Tenten », pleurnicha le Fauve de Jade. Et moi, je serai « le grand Lee » ! Plus « le petit Lee » ! Ma place de chouchou est partie en fumée !
- C’est marrant, mon père m’appelait exactement comme ça quand j’étais petite, constata nerveusement Tenten, d’un ton qui se voulait neutre, mais qui était cependant étudié.
Gai et son élève se fixèrent longuement.
- Gai-senseeeeeeeïïïï !
Elle fondit en larmes dans ses bras. Lui, la tenait contre lui, à l’abri, et de grosses larmes coulaient sur ses joues ridées par les soucis.
- Je suis vraiment, vraiment désolée, sanglota-t-elle.
- Désolée, à propos de quoi ?
- Je suis désolée... De ne pas m’être comportée... Comme j’aurais dû.
- Ce n’est pas de ta faute, c’est de la mienne...
Cependant, Tenten secouait la tête avec désolation.
- Non, c’est la mienne... Si j’avais fait plus attention...
- Il est trop tard pour parler du passé, l’interrompit Gai.
La kunoichi essuya ses dernières larmes, tandis que son senseï enchaînait, enthousiaste :
- J’espère que tu mettras au monde un beau bébé !
- Je voulais vous demander... Est-ce que vous voudriez bien... Être son parrain ?
La question était hésitante, mais Tenten savait ce qu’elle voulait. Ça avait le mérite d’être clair.
- Bien sûr, ma petite Tenten ! Si tu nous fais une petite fille aussi jolie que toi !
Elle s’empourpra sous le compliment, mais elle dut le faire un peu déchanter.
- Trop tard ! C’est un garçon.
- Ce n’est pas grave ! Tant qu’il hérite de ta fougue de la jeunesse...
Il se pencha vers elle comme pour lui confier un grand secret :
- Il y a longtemps, j’ai fait un pari avec Kakashi. Celui dont un élève ou plus aurait des enfants en premier gagnerait ! Donc, j’ai gagné !
- Mais, senseï, objecta Neji, le visage impassible. Qu’est-ce qui vous dit que Sasuke, ou Naruto, n’ont pas de fils cachés ? Ou que Sakura n’est pas enceinte ?
- Hahaha ! Quel humour, mon cher élève ! Sasuke, c’est une possibilité, hélas. Naruto, c’est aussi impossible que Lee, que je surveille vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept. Et Sakura... Crois-moi, avec sa force, si elle avait ne serait-ce que des prétendants, on les verrait voler à des kilomètres à la ronde !
Et c’est ainsi que Tenten et Gai se réconcilièrent.
Il s’écoula un mois, un mois tranquille et paisible, le doux mois de septembre. Tenten entamait tout juste son troisième mois de grossesse et paraissait n’avoir jamais été aussi jolie. Son ventre s’était à peine arrondi, mais ses seins avaient, quant à eux, pris un certain volume – et un certain poids, une certaine sensibilité aussi. Si elle pouvait toujours se permettre les pantalons sans crainte d’être trop serrée, les simples tee-shirts qu’elle portait habituellement la comprimaient tellement qu’elle rentrait chez elle à la hâte de ses entraînements pour les arracher, la poitrine en feu.
Le Conseil avait décidé, à une petite majorité, de lui faire continuer les missions, sans prendre en compte son état de santé qui risquait de les mettre en péril. Tsunade, néanmoins, vint la voir et lui ordonna de ne tenir aucun compte de cet avis, sans mentionner aucune fois sa prophétie – même si leur gêne à toutes deux était palpable. Elle s’occuperait de tout, assurait-elle. Si le Conseil insistait tant pour qu’elle mette ainsi sa vie en danger, c’était à cause de l’influence détestable de Hiashi Hyûga ! Pas question de céder à ce petit jeu. Elle pouvait toutefois continuer à s’entraîner, dans une raisonnable mesure. Finis les défis stupides de Lee et Gai à relever, hein ? Le Hokage avait bien précisé cela en présence de ses coéquipiers, et plus particulièrement de Neji. Au moins, avec lui, elle était sûre que ces consignes seraient respectées à la lettre. Aucune crainte à avoir là-dessus. Neji hocha la tête, d’un air qui en disait long sur son expérience avec des amis comme Lee et son senseï.
Mais parlons des déboires de Tenten... Au niveau vestimentaire.
Un matin, la jeune kunoichi se leva, comme à son habitude, à huit heures du matin – elle se couchait plus tôt, à présent qu’elle était enceinte. Elle se leva, prit sa douche... S’habilla. Enfila son pantalon fuchsia... Son tee-shirt... Merde ! Ça ne rentrait pas ! Et Lee qui passait la chercher dans un quart d’heure ! Tenten siffla entre ses dents toutes sortes de jurons durant ce délai... Elle chercha frénétiquement autre chose à se mettre. Ce tee-shirt ? Trop court. Celui-ci ? Trop moulant, elle ne rentrerait pas dedans, à coup sûr. Oh, il était joli, celui-là, non ?
Non, protesta Kalamata. Il est moche, et en plus il fait deux tailles de moins que ta taille habituelle !
Grrrrrrr ! Elle se résigna à appeler Sakura. Elle composait le numéro quand...
- Merde ! Je m’en souviens plus ! J’ai vraiment la poisse aujourd’hui, mais qu’est-ce qui m’arrive ? Où est le carnet d’adresses ? Oh, je m’en souviens, mais j’ai pas de carnet d’adresses !
DING DONG ! DING DONG ! DING DONG ! DING DONG ! DING DONG ! DING...
Et merde, jura une fois de plus Tenten. Elle ne pouvait pas se présenter à Lee comme ça, en chemise de nuit ! Oh, et puis si, tiens. De toute façon, qu’est-ce que ça pouvait lui faire ? Hm, tout de même... Elle jeta rapidement sur ses épaules sa fine couverture, tel un élégant drapé romain.
La maîtresse des armes de Konoha ouvrit la porte, de fort mauvaise humeur. Lee en resta bouche bée.
- Euh... Tenten...
- Oui, oui, je sais, enchaîna-t-elle rapidement sans le laisser terminer ce qu’il avait à dire. Je ne suis pas habillée, et je ne risque pas d’aller dans cette tenue à l’entraînement.
- Eh bien... Euh... Dans ce cas, pourquoi tu ne t’habilles pas ? Articula difficilement son ami.
Gloups.
- Héhé... Euh...
Gros blanc. Silence interloqué. Moment embarrassant – on se demande pour qui !
- Si ça ne va pas, tu peux le dire, s’empressa de l’avertir le Fauve de Jade. Je cours chercher Sakura-san et...
- Non ! Surtout pas, ça va très bien !
Lee la regarda d’un air soupçonneux.
- Tenten, tu es exactement comme Sakura-san.
- C'est-à-dire ?
- Tu ne sais pas mentir.
La jeune fille poussa un gros soupir et le laissa entrer, se demandant comment elle allait tourner ça de façon à ce que ce ne soit pas totalement ridicule. Elle le fit asseoir sur le canapé du salon et choisit un fauteuil, placé très exactement en face de son interlocuteur, de façon à ce qu’il puisse l’observer. Tenten prit un air de conspiratrice :
- Lee, est-ce que tu trouves que j’ai... changé ?
- Changé ? Dans quelle mesure ?
C’était mal barré. Elle se redressa un peu et prit un air quasi désespéré pour annoncer :
- Lee, regarde-moi bien : est-ce que j’ai grossi ?
C’était donc ça qui la tracassait ! À la voir, on aurait cru qu’elle s’inquiétait de choses importantes ! Son meilleur ami rugit de rire, mais Tenten se recroquevilla dans son fauteuil, mortifiée. Quand il se fut un peu calmé, il se leva pour aller la réconforter. Lee posa doucement sa main sur son épaule nue.
- Pas beaucoup, dit-il. Si ce n’est...
Il s’interrompit, réalisant qu’il avait failli commettre une bourde. Comment lui dire cela ?
- Tenten, tu es toujours très belle, avoua Lee. Et si grossir te complexe autant, demande à Sakura de faire les boutiques avec toi un de ces jours !
- Mais c’est une bonne idée, ça. Merci Lee !
Elle se hissa sur la pointe des pieds et l’embrassa sur la joue, le laissant tout pantelant. Elle saisissait le combiné, quant elle se rappela de quelque chose :
- Lee, tu pourrais me passer son numéro ?
Bref, vous l’aurez compris, le grand et majestueux Fauve de Jade fut assez fier de lui ce jour-là. Il pensa sérieusement à écrire un livre : Moi, ma vie, mon senseï, mes amis et mes trucs de pro.
Cet après-midi là, les filles s’offraient donc une sortie shopping. Ino avait insisté pour venir, en connaissance de cause. Sakura, évidemment, était de la partie... Mais le plus étonnant était que Hinata avait demandé à venir ! Ensemble, elles passaient un moment délicieux, entre fous rires, essayages et discussions, loin de tout garçon – même si la blonde lorgnait parfois sur un beau mec qui passait.
- Hinata, cette robe te va... Elle te va...
Sakura ne trouvait plus de mots pour décrire son état d’esprit, ébahie, ahurie.
- Elle ne te va pas du tout, concrétisa Ino, décidée. Le noir te va mal au teint.
- Tu trouves ? Moi je ne suis pas d’accord, répliqua Tenten en sortant la tête, depuis sa propre cabine d’essayage. Hinata porte bien toutes les couleurs, avec son teint. Elle pourrait mettre du jaune qu’elle serait toujours aussi jolie !
La Hyuga devint pivoine, cramoisie, fumant par les oreilles. On ne lui avait jamais fait autant de compliments en une seule fois ! Elle s’examina plus attentivement dans le long miroir de la boutique.
- Elle n’est pas un peu... voyante ? Murmura-t-elle comme pour elle-même.
La robe en question était sombre, assez courte, en coton très léger. Le haut était un petit top couvrant seulement les seins, avec de minces bretelles nouées autour du cou. Puis, au niveau du ventre, la coupe se rétrécissait en son milieu, pour ne former qu’une simple bande de tissu qui couvrait jusqu’au nombril. La jupe, légèrement plissée, flottante, rattachée à cela, arrivait à mi-cuisses, un peu plus longue derrière en couvrant jusqu’aux genoux. Et le derrière, parlons-en. C’était surtout ça qui déroutait Hinata. En voyant cela, Sakura n’avait pu s’empêcher de dire "waouh !", et quelques garçons avaient même daigné lui accorder l’aumône d’un regard, chose rare. Si la jupe, elle, était tout à fait sage, le dos, lui, était entièrement nu ! Pour couronner le tout, elle portait de jolies sandales noires, très fines, dont l’attache remontait jusqu’à mi-mollets.
- Je ne sais pas si... Enfin, ce n’est pas trop...
- Je suis sûre que si tu demandes à quelques garçons, ils te diront à quel point tu es jolie ! S’exclama la rose avec un clin d’œil.
La chose à ne pas dire à une fille comme Hinata. Elle recommença à fumer.
- Si elle ne te plaît pas, essaye la blanche, suggéra la Yamanaka. Elle t’ira encore mieux, j’en suis sûre.
À ce moment, Tenten sortit de sa cabine, mal à l’aise dans ces vêtements qu’elle n’avait pas – manifestement – l’habitude de porter.
- Ça vous plaît ? Demanda-t-elle timidement.
Même Hinata en resta bouche bée et en oublia d’aller changer de tenue.
Le vêtement que la jeune fille avait choisi était, là aussi, une robe. Et quelle robe ! Incroyable ! Le haut laissait la gorge, les épaules et le haut de la poitrine découverts, montrant ainsi la douceur de la peau de Tenten. Une fine chaîne en or au bout de laquelle pendait un pendentif perlé aux reflets bleutés ornait sa gorge palpitante et plongeait presque dans son décolleté. Le haut était plus foncé que le reste de l’habit, plus serré aussi ; c’était du satin plissé fortement. Lui était attachées de longues manches, semblables à celles, plus larges encore, des kimonos furisode. La jupe était constituée du même tissu, et fendue sur le devant, avec néanmoins une doublure. Le tout était de couleur écrue, sauf le haut, qui était davantage marron.
Une vendeuse, qui passait par-là, siffla d’admiration à la vue de ces quatre jeunes beautés.
- Dites donc, mesdemoiselles, vous allez déchaîner les passions ! Surtout vous, la demoiselle en noir !
- Oh... Euh... Mais je ne sais pas si...
- Dites-lui, madame, l’interrompit Sakura, vivement amusée. Elle est vraiment superbe dans cette robe, non ? Confirmez-lui vous-même, elle ne veut pas nous croire !
- Aucun doute là-dessus !
Pendant ce temps, Tenten s’observait en silence dans le miroir. Elle aimait la robe, elle était très jolie dedans. Un garçon venait d’ailleurs de lui lancer une œillade significative... Alors pourquoi ne pas l’acheter ? Elle avait mille raisons pour ça. Pas pratique, d’abord. Salissante, aussi. Ouais, mais le côté positif, c’était qu’elle cachait sa grossesse... Même si ses amis étaient à présent tous au courant, elle ne tenait pas à être la risée de Konoha tout entier. Non pas parce qu’elle n’était pas mariée, non ; les kunoichis étaient assez libres de faire ce qui leur plaisait. Mais plutôt parce qu’une fille mère à seize ans, ça ne plaisait pas, ce n’était pas dans les mœurs... Pensa amèrement Tenten. Pourquoi les femmes n’étaient-elles pas libres de leurs choix, à tout âge ? Donner la vie est un acte qui se réfléchit mûrement. Elle-même n’avait peut-être pas pris le temps de réflexion nécessaire, mais elle assumait – avec joie.
Pourquoi donc les kunoichis mineures devaient-elles obtenir l’autorisation parentale pour accoucher ou avorter ?
Son cœur s’arrêta de battre lorsque la vendeuse lui tapota l’épaule, légèrement inquiète :
- Mademoiselle, vous devriez vous asseoir. Vous êtes très pâle.
- Oui, je pense, articula Tenten d’une voix blanche.
Elle s’assit sur un banc, observant ses amies papoter et essayer vêtements et accessoires. Ino avait trouvé chaussure à son pied, si j’ose dire, avec une paire d’escarpins argent aux talons vertigineux. Sakura avait jeté son dévolu sur un petit haut en soie couleur tomate, jurant horriblement avec ses cheveux... Quant à Hinata, elle contemplait résolument sa silhouette gracile dans la robe blanche quasi virginale qu’elle venait d’enfiler. Autant elle ne semblait pas convaincue par la noire, autant celle-ci l’enthousiasmait presque. Elle ne cessait de pivoter sur elle-même pour admirer le tournoiement de la jupe, et sa propre jeunesse éclatante.
- Elle te va bien, non ? L’interrogea la maîtresse des armes.
- Oui... J’aime mieux celle-là... Que la noire...
Indubitablement, c’était vrai. De coupe plus douce, plus sage, plus longue aussi, et Hinata portait vraiment magnifiquement la robe, comme une princesse. Formée du même tissu que la première robe, mais blanc, elle était constituée, en haut, d’un délicat décolleté à peine plongeant, presque en forme de cœur, et laissait les épaules découvertes. De longues manches étroites soulignaient la finesse de ses bras. Quant au jupon, s'il lui arrivait plutôt au genou qu’à la cuisse, il était également plus bouffant. Elle avait complété sa tenue de gracieuses ballerines blanches, portées avec de hautes chaussettes de la même couleur.
La journée se passa donc magnifiquement pour nos kunoichis préférées. Hinata acheta les deux robes, la noire et la blanche, marquant toutefois une nette préférence pour la seconde. Sakura ne fit pas l’acquisition de son haut rouge, si vous vous posiez la question. Ino, par contre, craqua totalement pour les escarpins et pour une jupe bleue, moulante et très transparente. Tenten, elle, se paya finalement la robe, plus un ensemble qui avait comme un air de déjà vu : un tee-shirt à fines bretelles rose, et une jupe verte. Vous l’aurez compris, elle désirait garder les mêmes couleurs que celles de sa première tenue de ninja.
Le mois de septembre s’écoula donc de la façon la plus charmante qui soit.
Vint un évènement qui allait changer la vision des choses de Tenten.
Pour la description des robes d’Hinata, je me suis inspirée d’un fanart disponible sur Won. Pour la robe de Tenten, d’un fanart de Deviantart (il s’appelle Kaioto). Pour la tenue qu’elle achète à la fin, un autre fanart de Deviantart, nommé originalement... Tenten, il me semble.
Je sens que c’est surtout au prochain chapitre que les révélations vont se faire savoureuses. Je vais me régaler à écrire ce chapitre ! Et vous à le lire, enfin j’espère ! Retenez tout les ingrédients nécessaires pour composer la sauce. Ce ne sera pas de tout repos (entendez là « pour moi » !).
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