Fiction: Poison Mortel (terminée)

[Recopiage] Les gens ont peur de Naruto et ne l'approche pas parce qu'il est porteur de mort, alors Sasuke décide d'en profiter et prends le pari de pouvoir séduir et l'embrasser. Cela changera sa vie. Yaoi.
Classé: -12I | Cross-Over / Drame / Romance | Mots: 21957 | Comments: 97 | Favs: 122
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Tsuda (Féminin), le 14/09/2007
J'ai vraiment pleurer quand j'ai lu cette fiction et j'ai peur de la relire et de repleurer. Je la trouve vraiment magnifique et il faut la lire en une fois. Préparez vos mouchoirs et vérifiez si vous avez deux ou trois heures de libres derrière vous elle est très longue.



Chapitre 1: Un pari positif



Les gens qui disent aimer la solitude n’ont jamais été seuls. Ils ne connaissent pas l’exclusion. Ils ne savent pas les regards haineux ou effrayés. Ils ignorent complètement le froid et le vide par lequel on est entouré et cela même dans une foule de personnes. Les gens qui disent ça ont sûrement un tas d’amis qui pourront les consoler dans les jours plus noirs, des individus à qui parler quand ils en auront l’envie, des personnes pour les toucher quand ils auront besoin de tendresse. En gros tout ce que je n’ai pas. Tout ce dont je suis privé. Oh ! Bien sûr, certaines personnes se prétendent mes amis, mais je vois bien dans leurs gestes qu’ils essaient de me toucher le moins possibles, ils ne me serrent pas la main, les filles ne me font pas la bise le matin, ils vérifient que je ne saigne pas avant d’avoir le moindre contact avec moi. Pour le sport je dois attendre sur le banc, pas le droit de participer. Et je crois que tout le monde en est soulagé, de toute façon personne n’aurait voulu de moi dans l’équipe, trop faible, peut-être trop dangereux. Alors je reste assis et je regarde les autres jouer et je les envie. Bien souvent ils sourient et s’amusent, des fois ils se battent mais même là je suis jaloux. Parfois il y a des fêtes d’organisés, personne ne me prévient mais je le sais, je ne suis jamais invité et ça ne m’étonne pas. Déjà quand j’étais petit et qu’on faisait des goûters à l’école, tout le monde faisait bien attention de ne pas mélanger son verre avec le mien. J’ai toujours une assiette pour moi, des couverts pour moi. Personne ne va jamais aux toilettes après moi. D’ailleurs on m’a demandé de ne plus y aller au lycée. J’ai juste hoché la tête, et maintenant je me retiens toute la journée. Ils disent tous qu’ils s’en fichent, mais quand ils me croisent dans le couloir ils frôlent les murs. Je suis un porteur de mort. Et c’est comme ça qu’ils m’appellent. Pourtant je ne suis pas méchant. Bien sûr je fais l’idiot, j’essaie de me faire remarquer et malgré tout je garde le sourire, mais leurs chuchotements derrière moi, leurs regards qui en disent longs, toutes ces précautions qu’ils ont à mon égard me ramène vite à la réalité, alors le soir en rentrant chez moi, seul dans cet appartement que m’a laissé ma mère, seul dans cette vie, seul dans ce monde, je me dis que j’aimerais mourir plus vite…

¤¤¤

Je me demande bien pourquoi cet idiot de Kakashi a soudainement décidé de me changer de lycée. Comme ça en pleins milieu de l’année. Je le revois encore débarquer dans ma chambre sans frapper avec cet espèce de sourire sous son masque qu’il ne quitte jamais, son regard brillant de connerie, et tout à coup s’écrier :
- Sasuke, je vais t’envoyer dans un nouveau lycée !
Même pas le temps de comprendre ce qui m’arrive, ni pourquoi, me voilà donc envoyer dans un autre lycée. Aucune possibilité de me plaindre. En plus il est dix fois plus loin que l’ancien, je suis obligé de prendre le métro pour m’y rendre, ça n’est franchement pas pratique. Mais mon tuteur n’est qu’un abruti pervers, il faut bien que je m’y habitue. Je me demande encore la raison pour laquelle j’ai accepté de vivre avec lui ? Ah ! Oui. Parce que le juge pour enfant en a décidé ainsi. J’oubliais ce détail. Et puis je me demande bien pourquoi il a insisté pour venir avec moi au bureau de la directrice, lui qui d’habitude ne se préoccupe pas du tout de moi, préférant lire des livres pornos qu’ils laissent traîner partout. C’est en voyant la dites directrices, une vieille qui a dût faire tellement de chirurgie esthétique et autres lifting en tout genre pour garder sa beauté et sa jeunesse qu’elle doit ne plus elle-même se reconnaître dans les miroirs, que je comprends. Ou peut-être parce que Kakashi n’arrête pas de lui lancer des regards langoureux. Ce con est tombé amoureux et se sert de moi pour draguer. Après avoir remplis tous les papiers, je décide de les laisser tous les deux, ces gamineries m’épuisent. Je n’ai pas le temps de faire trois pas que je me fais déjà agresser par deux filles. Elles me trouvent beau, comme la majorité des gens, j’ai l’air trop cool, elles disent ça à cause de mon air froid et ennuyé, les questions volent autour de moi comme autant de vautour devant une bonne carcasse de viande : comment je m’appelle, est ce que je suis nouveau, dans quel classe je serai, bref elle piaille à côté de moi, me refile un mal de crâne, et ne me laisse aucun moyen d’échappatoire, leur gloussement stupide ameutant des tas d’autres gens. C’était comme ça partout où j’allais. J’avais beau avoir l’air méprisant, tout le monde était attiré par moi, même si je ne causais jamais, que j’étais froid, que j’ignorais les personnes, il fallait qu’on m’aime. C’était complètement stupide, cette admiration pour moi me faisait vomir. Et tout en pensant cela j’attendais juste que les foules se calment. C’est là qu’il passa dans le couloir. Lui. Ce mec qui allait changer toute ma vie sans que je ne le sache. Un petit blond aux yeux bleus. Il salua les gens de loin, certains firent de même, il y eut une vague de recul quand il passa par là et partit sans me jeter le moindre regard, alors que je ne l’avais pas quitté des yeux. Je ne sais pas pourquoi, mais la scène qui venait de se dérouler devant moi, me força à poser une question :
- Qui était-ce ?
La fille aux cheveux roses qui m’avaient abordé la première me demanda :
- Qui était qui ?
Elle l’avait bien vu passer pourtant non ? Elle devait comprendre de qui je parlais ? Alors pourquoi demander ?
- Le mec blond là qui viens de passer.
- Oh… Lui…
Il y eut un silence gêné parmi tous les gens qui quelques minutes plus tôt ne cessaient de parler autour de moi. Un garçon aux cheveux bruns et aux yeux blancs me répondit :
- C’était Naruto, si tu veux un conseil, ne t’approche pas de lui.
Les autres acquiescèrent. Je fronçai les sourcils
- Pourquoi ?
Une autre personne ouvrit la bouche pour me répondre, mais c’est ce moment là que choisit la sonnerie pour retentir et les gens oublièrent ce Naruto pour me montrer ma classe. La seconde 7, en tout cas c’est ce que m’avait dit la directrice, et c’est ce que j’avais répété aux autres élèves. Une fois arrivé dans la salle, ceux qui partageraient les cours avec moi s’installèrent. Je remarquai que le blond de tout à l’heure était là aussi, dans un coin, seul, personne n’avait l’air de vouloir s’asseoir à côté de lui. Il regardait par la fenêtre d’un air absent et les gens ne s’en préoccupaient pas du tout. Le professeur arriva. C’était un vieux aux cheveux longs blancs, environ l’âge de la directrice, sauf que lui ne se préoccupait pas de cela et restait juste vieux. Il se trimballait avec un crapaud sur l’épaule. J’ai cru halluciner, j’ai fermé les yeux, je les ai rouvert, le crapaud était toujours là.
- Ah ! Tu dois être Uchiwa Sasuke, le nouveau. La vieille folle m’a parlé de toi. Je suis ton professeur principal Jiraya.
Je pense qu’avec le terme « vieille folle » il désignait la directrice. Ensuite il se tourna vers les autres :
- Bon je vous présente un nouvel élève, mais comme il est beau gosse je pense que vous l’avez tout de suite remarqué, surtout vous les cocottes.
Les filles crièrent oui en cœur. Je me demandais si je n’étais pas tombé dans un asile de fou, au lieu d’un lycée.
- Bien Sasuke est ce que tu peux te présenter en quelques mots ?
- Uchiwa Sasuke, 15 ans.
Voilà je trouvais que le nombre de mots était amplement suffisant. Les autres en avaient décidé autrement.
- C’est quoi ton plat préféré ?
- Rien
- C’est quoi ton hobbie ?
- Rien
- Tu fais quoi le week-end ?
- …
- Quel est ton style de filles ?
- …
D’autres questions arrivèrent en farandoles, je répondais à presque aucune, mais elles ne semblaient pas vouloir s’arrêter. Je tournai la tête presque malgré moi vers Naruto, il n’avait pas bougé, comme si je n’existais pas, comme si le monde autour n’existait pas. Regardant juste à travers cette fenêtre.
- Bon les mômes on se calme et on laisse sieur Uchiwa respiré. Va t’asseoir.
Je regardai vite fait autour de moi, les filles qui se battaient pour que j’aille à côté d’elles, les garçons qui me disaient de venir, aucune place ne me donnait véritablement envie. Finalement j’allai juste me poser près du blond. Le silence se fit instantanément, comme si j’avais fais une connerie, même Naruto sembla le remarqué puisqu’il tourna la tête vers moi. Me voyant enfin il ouvrit grand les yeux. Doucement il murmura :
- Tu es sûr que tu veux t’asseoir ici ?
J’acquiesçais, il eut un sourire.
- Comme tu veux mais je pense que tu changeras vite d’avis.
Puis il retourna observer le paysage. J’haussai les épaules avec indifférence et le cours commença.

¤¤¤

Le nouveau était venu s’asseoir à côté de moi. J’ai immédiatement pensé que les autres n’avaient pas eut le temps de lui dire la vérité à mon sujet, sinon il se serait empressé d’aller ailleurs. Comme tous faisaient dès qu’ils apprenaient. J’étais habitué maintenant. Mais ça me fit quand même plaisir. Ca faisait bien longtemps que plus personne ne s’était assis auprès de moi, que j’avais ressentis une présence qui n’avait pas peur de m’approcher. Ca faisait du bien parfois. Dans la classe, ça devait les énerver j’en étais sûr, je les entendais déjà chuchoter dans notre dos. Même ceux qui se disaient mes amis. De toute façon j’étais habitué. Ce qui devait surtout les emmerder, c’était que je mette tant de temps à crever. Une fois que j’aurais disparu, la crainte disparaîtrait et tous se sentiraient sûrement soulagé. Devant ma tombe, ils feraient bonne figure, avec des larmes, des regrets, ce genre d’artifice, peut-être même qu’ils diraient que j’étais vraiment un garçon bien, mais au fond de leur cœur ils hurleraient de joie soudainement soulagé d’un grand poids. C’était comme ça, c’était tout. J’étais maudit depuis le jour de ma naissance. La seule erreur qu’avait vraiment dût faire ma mère dans sa vie, c’était de ne pas se faire avorter. Sans moi, tout aurait été sûrement mieux.

¤¤¤

Les cours passèrent comme des cours. C’est à dire trop lentement. Les blagues du prof ne me faisaient pas rire et je m’ennuyais terriblement. Naruto aussi apparemment, puisqu’il s’était endormis sur la table. Je soupirai, j’avais hâte que la sonnerie retentisse, signifiant la pause. Quoi que pas tant que ça en fait. Parce qu’une fois libéré des cours, les autres me sauteraient tous dessus pour que je devienne leur ami. Et je n’en avais franchement pas envie. Aussi quand il fut l’heure de la pause, j’essayai de fuir le plus vite possible de la classe pour me trouver un coin tranquille. Peine perdue. A peine dans le couloir j’étais déjà entouré par une tonne de monde. Les nouvelles allaient vite par ici, plus de filles encore qu’avant, plus de mecs aussi. Bon sang… N’aurais-je jamais le calme ? Soudain, une main prit mon bras et me tira hors de la foule. Les gens étaient tellement occupé à savoir qui aurait le droit de m’avoir comme ami, qu’ils n’eurent pas le temps de réagir, et je me faisais entraîner loin d’eux. Mon sauveur – enfin je pense que je devais l’appeler comme ça – nous emmena dans un lieu où personne ne nous dérangerais. Enfin selon lui. Quand il me relâcha et qu’il se tourna vers moi, je le reconnu. Surtout à cause de ses yeux blancs.
- Désolé de t’avoir emmené comme ça…
Il n’avait pas besoin de s’excuser, il m’avait apporté la tranquillité tant espérée. J’allais partir sans le remercier, mais il me retint par le bras. Apparemment il ne m’avait pas sauvé gratuitement.
- Je suis Neji Hyuuga… Tu as ma cousine dans ta classe Hinata Hyuuga
Je n’en savais rien, et je m’en fichais complètement.
- Elle m’a dit que tu t’étais assis à côté de Naruto.
C’était vrai, et alors elle était jalouse ?
- Alors voilà, je te dis ça pour ton bien, mais tu ferais mieux de l’éviter. Même ma cousine qui a un faible pour lui, ne l’approche pas. Alors toi qui ne le connais même pas, tu ferais mieux de rester loin de lui…
Pour l’instant il était le seul qui m’avait foutue une paix royale, alors j’aurais aimé des explications sur le pourquoi j’aurais dût l’éviter.
- Tu dois te demander pourquoi c’est ça ?
J’hochai la tête.
- En fait ce mec… Il a le sida…
Oui et ? …
Il n’ajouta rien. C’était ça sa raison ??? J’avais à faire à un débile ou quoi ? Je dus me forcer à faire une longue phrase pour montrer oh combien je n’étais pas effrayé.
- On ne choppe pas le sida en s’asseyant à côté de quelqu’un.
- Oui mais lui est un peu particulier.
Bien sûr, il va me dire quoi ? Qu’il a une espèce de pouvoir magique qui fait qu’il donne le sida aux gens rien qu’en les regardant. J’aurais presque eut envie de rire…
- C’est un enfant maudit.
Encore mieux.
- Il a le sida depuis sa naissance…
Et alors ? Ca ne changeait absolument rien.
- Et un de ses amis et mort à cause de lui.
Très bien, très bien, les accidents ça arrive. Qu’avait-il donc fait ?
- En fait c’est comme ça qu’on a apprit pour sa maladie. Son ami s’appelait Kiba. Ils étaient sûrement inséparables, un jour pour s’amuser, ils ont fait le pacte du sang…
Attendez, laissez moi deviner la suite. L’autre est mort, on a découvert que c’était dût au sida, on a compris les circonstances, on a maudit Naruto.
- Un an plus tard, Kiba mourrait. On découvrit alors de quoi, après une enquête on comprit que c’était à cause de Naruto, qui était porteur du virus. Et tandis que Kiba est mort, ce satané blond est toujours en vie, tu trouves ça normal toi ?
Bah et alors ? Maintenant avec les médicaments, on peut vivre 20 ou même 30 ans avec le sida. Cette histoire était juste un misérable accident, il n’y avait pas de quoi s’effrayer.
- Ne l’approche pas, tout ceux qui l’approchent finiront comme Kiba
- Je ne pense pas !
Il me regarda d’un air hautain.
- Fait pas le malin parce que tout le monde t’adore déjà alors que tu viens juste d’arriver.
Je ne faisais pas le malin.
- Ce mec est vraiment dangereux.
C’est fou comme il en avait l’air. Bon puisque toute cette histoire tournait dans ce sens, je décidais d’en prendre partie et de m’amuser un peu.
- Tu dis qu’il est dangereux n’est ce pas ?
- Oui
- Et moi je te paris que je n’ai pas peur, que j’arrive à le séduire, sortir avec et que je l’embrasse devant tout le monde…
- T’es homo ?
Bi plus exactement. Mais ça on s’en foutait.
- Là n’est pas la question.
- Vraiment tu ferais ça ?
- On pari ?
- Combien ?
- 200 dollars.
Il pensait que je n’en serais pas capable, ça se lisait au fond de ses airs « je suis le meilleur ».
- Tu as vraiment autant d’argent à mettre en jeu ?
- J’ai beaucoup plus…
Il eut un sourire qui disait qu’il était déjà vainqueur.
- Très bien marché conclue !
Nos deux mains se serrèrent en signe du pacte. Personnellement j’étais persuadé de gagner, embrasser un séropositif ne me faisait pas peur du tout. J’étais au courant des risques, et celui-ci n’en était pas un, que Naruto soit maudit ou pas. Je ne faisais pas non plus ça pour l’argent. Parce que ce n’était pas ce qui me manquait, vu l’héritage que m’avait laissé ma famille. Non ça allait juste m’occuper, me donner un loisir. Ca pourrait être amusant. En plus, d’après ce que j’avais compris personne ne voulait l’approcher, donc si je traînais avec lui on me ficherait certainement la paix. Que des avantages donc. Une nouvelle sonnerie retentit pour indiquer la fin de la pause, Neji me guida dans les couloirs et m’aida à trouver où mon cours avait lieu – il le connaissait sûrement parce que sa cousine y était – puis il me souhaita bonne chance du haut de sa fierté et partit. Je rentrai dans la classe, je ne mis pas longtemps à retrouver Naruto, ça n’était pas bien compliqué puisqu’il était entouré de vide, et sans aucune hésitation j’allai m’asseoir à côté de lui.

¤¤¤

Quand il était revenu à côté de moi, j’eus deux solutions a proposés. Soit il était fou, soit personne ne lui avait rien dit à mon sujet. La deuxième possibilité semblait la plus plausible. Mais je ne comprenais pas ce qui avait pu empêcher les gens de le faire. Eux qui d’habitude s’empressaient de le dire… Enfin peu importait. J’étais heureux de le retrouver à nouveau à côté de moi. Je n’en demandais pas plus. Parce que je savais que je ne pourrais pas avoir plus de toute façon. Alors ce simple geste de sa part de venir à côté de moi, c’était vraiment un bonheur. J’eus donc un immense sourire à son égard alors que son visage restait impassible et froid. Mais je m’en fichais. Ce qui comptait était qu’il soit là. C’est tout.

¤¤¤

Durant la suite des cours, je réfléchissais vaguement à ce que je pourrais faire pour que ce mec tombe amoureux de moi. Mais il ne semblait pas difficile de le séduire. Après tout, tout le monde l’évitait, donc je pensais que des sentiments naîtraient facilement pour la personne qui s’intéresserait un tant soit peu à lui, donc moi, même s’il n’était pas homo, ça n’avait aucune importance, il était facile de changer de bord quand on est seul depuis trop longtemps. Ca serait du gâteau. A ce moment là je l’ignorais encore, mais je me trompais lourdement. Une fois que l’heure du repas fût annoncée par la sonnerie, je refusai toutes les invitations qu’on me fit avec une seule et unique phrase.
- Non je vais manger avec Naruto !
Il y eut un silence de mort, puis les gens commencèrent à protester. Le blond, lui, me regardait sans oser y croire.
- Tu ne peux pas manger avec lui !
- Non, viens plutôt avec nous
- Tu sais on ne t’as pas dit pour Naruto mais…
Je coupai tout dialogue :
- On m’a dit !!
Nouveau silence. Les gens se regardent. Naruto lui ne regarde que moi. Et moi… J’attends juste que tout le monde dégage pour mettre mon plan a exécution : c'est-à-dire : draguer Naruto et gagner 200 dollars. Bref un nouveau loisir qui m’occuperait un temps. Devant mon regard qui disait que j’avais déjà pris ma décision, la foule se dispersa et je me retrouvai seul avec Naruto, toujours assit à la table de cours. Je me tournai enfin vers lui, il continuait de me regarder se demandant sûrement si je n’étais pas juste une illusion. Puis dans un murmure me demanda :
- Tu es sûr ?
Je fis oui de la tête. Il resta encore quelques secondes sans bouger. Puis un gigantesque sourire naquit sur son visage.
- Alors allons manger dehors d’accord ?
J’acceptai, après tout il faisait beau. Je m’attendais à ce qu’il me guide vers la sortie sur un banc, à la place il me fit grimper les étages du lycée. Prit une échelle dans un placard, claqua une trappe sur le plafond avec pour l’ouvrir puis y plaça l’échelle.
- Monte en premier.
Je le fis. Il me suivit. Puis il récupéra l’échelle, et referma la trappe. Ni vu ni connu. C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés sur les toits. Il avait emmené un sac avec lui, il l’ouvrit et sortit un repas froid sûrement acheté dans une supérette, l’ouvrit et commença à manger, puis remarquant que je n’avais pas bougé il demanda :
- Sasuke tu ne manges pas ?
- Je n’ai rien à manger
- Ah ! Désolé, tu aurais dût le dire, on serait allé à la cantine.
J’haussai les épaules pour seule réponse, ça m’était égal, de toute façon je ne mangeais jamais beaucoup. Il regarda sa nourriture, puis releva les yeux vers moi :
- Je t’en proposerais bien mais…
Je savais ce qu’il pensait. Alors je pris le plat de force de ses mains, lui empruntai sa fourchette, la plantai dans la nourriture et la porta à ma bouche. Puis j’ai mâché et avalé la nourriture. Enfin je lui rendis le tout.
- Ce n’est pas très bon.
Il ne répondit pas tout de suite, bien trop étonné par mon geste. Finalement il questionna timidement :
- Tu… Tu n’as pas peur ?
- Peur de quoi ?
- Enfin tu sais pour ma… Maladie ?
- Oui
- Et … Tu n’as pas peur ?
Je soupirai, c’était trop bête, il n’y avait absolument aucune raison d’avoir peur. J’hochai la tête négativement. A nouveau le blond me sourit. Je pouvais facilement me douter que c’était la première fois qu’on avait ce geste envers lui. Si les autres étaient même effrayés à l’idée de le toucher, ils n’allaient sûrement pas manger dans son plat et en plus avec sa fourchette. La bêtise des gens me lassait complètement…

¤¤¤

Je mangeai le reste doucement, regardant du coin de l’œil Sasuke qui restait silencieux. Jamais personne n’avait voulu manger à mes côtés après avoir appris que j’étais malade, mais surtout jamais personne n’avait pris MA fourchette et MON plat dans lequel je venais de manger pour se nourrir. Jamais. Et je ne pensais jamais assister à ça. Mais ce mec là, il débarquait d’on ne sais où il mangeait avec moi, il se servait de mes couverts, et il n’avait même pas peur de pouvoir se chopper le sida. Bien sûr, ça ne s’attrapait pas comme ça, mais… Même en le sachant, les autres avaient peur. Pourquoi pas lui ? Chacun de ses gestes indiquaient qu’il me traitait comme un être humain normal et ça ne m’était pas arrivé depuis longtemps, tellement longtemps. Pour les autres j’étais le garçon qui portait la mort dans la peau. Sasuke avait l’air de se foutre de tout ça. C’était finalement très peu, mais ça me rendait quand même heureux. Parce que j’étais trop habitué à ne rien avoir, un pas grand-chose suffisait à mon bonheur. Je ne regrettais pas de l’avoir emmené sur les toits avec moi…

¤¤¤

Après le repas plutôt silencieux, nous sommes redescendus dans le lycée. Je voyais bien qu’il mourrait d’envie de me poser des questions, mais il restait silencieux. Moi j’avais les mains dans les poches, je marchais à côté de lui, pas effrayé pour deux sous, m’arrangeant même pour que nos deux bras se frôlent, après tout mon but premier n’était pas juste de ne pas l’éviter, uniquement de le draguer. Seulement, pas habitué par le contact, chaque fois que nos bras étaient trop proches ils s’éloignaient. La peur des autres, avait créé chez lui une peur pour lui-même. C’est d’un ton blasé que je fis ma remarque :
- Tu n’es pas contagieux…
Et pour prouver mes dires je pris son bras entre mes mains. Il le retira aussitôt, mais je renouvelai mon geste le tenant plus fort. Le fixant en même temps.
- Lâche moi Sasuke
Je n’en fis rien, à la place avec mon autre main je pris son autre bras. Il se secoua de toutes ses forces. Puis voyant qu’il n’arrivait à rien il finit par me hurler :
- LACHE MOI !!
Je ne m’attendais pas à ce qu’il soit tellement effrayé, je desserrai mon emprise, il en profita pour se délivrer. Il me regarda droit dans les yeux puis me dit :
- Ne me touche plus jamais !!!
Et s’enfuit dans le couloir. Je restai là debout, aussi droit qu’un piquet. Je ne comprenais pas tout. Etait-il à ce point effrayé de lui-même ? Il me laissait l’approcher, il me laissait manger dans son plat avec ma fourchette, mais il refusait complètement que je le touche. Ca n’allait peut-être pas être si facile que ça finalement, de l’embrasser…

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Quand il avait prit mon bras entre ses doigts, la peur en moi a refait surface. Je me souvenais, je n’étais qu’un poison, un poison mortel. Un misérable assassin. Je portais la mort en moi, et je pouvais la distribuer. Je n’étais qu’une espèce de monstre, je me détestais, je ne voulais pas qu’on me touche, je ne voulais plus que ça arrive, que ce genre de chose arrive, qu’un ami meurt à cause de moi. Bien sûr les médecins n’avaient de cesses de me répéter qu’un simple contact ne suffisait pas à donner la maladie, mais à force que les autres m’évitent, j’avais oublié ce que c’était qu’être touché, et je détestais ça. Parce que j’avais peur. Peur de ce que j’étais, peur du mal que je pouvais faire, peur de moi-même. Je ne voulais pas faire de mal à Sasuke alors qu’il était la première personne à m’accepter. Je le laisserais traîner avec moi si vraiment il le voulait, mais plus jamais il ne me toucherait. Moi qui craignait tant la solitude, aujourd’hui je créait des murs d’isolement. Mais avais-je vraiment le choix ? Alors que j’étais effrayé rien qu’à l’idée que je fasse subir à quelqu’un le même sort qu’à mon ancien ami… Qu’est ce que je devais faire ? Qu’est ce que j’aurais dût faire ? A part attendre la mort ? Une fois enterré, je laisserais enfin le monde en paix…

¤¤¤

L’après midi je retournai m’asseoir à côté de lui. Il ne refusa pas, je n’essayai plus de le toucher. Au bout de quelques minutes de cours, il prit une feuille et m’écrivit.

« Désolé pour tout à l’heure… Juste, ne me touche plus s’il te plaît »

J’acquiesçai. Et dire que je pensais pouvoir le séduire en à peine deux jours. Tout cela s’annonçait plus compliqué que prévu vraiment. Mais finalement, ça ne ferait que rendre plus amusant le défi. Il continua d’écrire :

« Tu voudras bien manger encore avec moi demain ? »

Je pris la feuille et le stylo et écrivit :

« Tous les jours… »

Il me sourit et rangea la feuille. C’est ainsi que notre amitié débuta. Pour moi ce n’était qu’un jeu, alors que pour lui c’était important, seulement cela ne me préoccupait pas. Faire souffrir les autres, je m’en fichais, il fallait juste que je m’occupe l’esprits pour penser à autre chose qu’à ma vie. Et ce pari était l’idéal. Au soir je quittai le lycée en disant au revoir à Naruto seulement, ignorant tous les autres. Puis je pris le métro pour rentrer chez moi. A peine franchis la porte d’entrée, Kakashi commença à déblatérer toute sorte d’ânerie sur sa Tsunade chérie plus belle que le soleil. Je compris instantanément qu’il parlait de la directrice de mon lycée. Je marmonnai :
- Vois pas ce que tu lui trouves à cette vieille
Sa réponse fût criante de vérité, mais je n’y fis pas attention :
- Tu ne connais rien à l’amour Sasuke…
- Hmf
Et j’allai m’enfermer dans ma chambre. Je pris une feuille blanche dans mon bureau, un stylo dans ma trousse. Alors comment allais-je draguer Naruto ? Et surtout le forcer à avoir un contact avec moi ? Y aller doucement d’abord, le forcer ne servirait à rien, il réagirait à nouveau violemment. J’écrivis sur la feuille le mot lenteur. Après ça je mis au point plusieurs techniques, comme par exemple le frôler en lui prêtant un stylo, faire semblant de trébucher et lui tomber dessus, passer avec lui une porte étroite… Au bout d’un moment il s’habituerait, alors on pourrait passer aux choses sérieuses. Quand Kakashi vint me chercher pour le dîner et qu’il me demanda ce que je faisais, je répondis juste d’un air distant :
- J’apprends aux gens comment gagner 200 dollars facilement.

¤¤¤

Seul dans mon appartement vide je regardai ce qu’il y avait dans mes placards à manger. Des ramen, bien, mon plat préféré, bon ce n’était que des ramens instantanés, pas les meilleurs, mais je ferais avec. Je fis bouillir de l’eau puis la versai dans le pot. Je sortis des baguettes exprès pour les manger puis criai Itadakimasu avant de me jeter sur mon plat. Une fois bien nourri je jetai le tout à la poubelle. Mon regard tomba sur les boîtes de médicaments, je soupirai. Je fis tomber chaque pilule dans la main et les avalai avec du lait.
- Combien de temps encore me ferez-vous survivre ?
Je pense qu’elles aussi l’ignoraient puisqu’elles restèrent silencieuses. Je les abandonnai sur le meuble et enfilai mon pyjama, allongé sur mon lit, je m’endormis aussitôt, sans même repenser un seul instant à cette journée. Peut-être après tout n’avait-elle été qu’un rêve et que le lendemain Sasuke m’ignorerait comme tous les autres.

¤¤¤

Le lendemain je mis mon plan à exécution. J’y allai vraiment doucement et discrètement, je ne voulais pas qu’il se doute que je faisais tout pour le toucher, sinon il se serait méfié et tout aurait été à recommencer. Chaque fois que l’on rentrait en contact, il avait un geste de recul. Je me contentais d’hocher la tête en signe d’excuse. Une première semaine donc se déroula ainsi. Pendant que j’essayais d’habituer Naruto au toucher, en tout cas au mien, des rumeurs circulaient au lycée, comme quoi il était sûrement trop tard pour moi maintenant mais que j’étais vraiment courageux. Alors au lieu de me haïr les gens m’admiraient. Qu’ils fassent et disent ce qu’ils veulent je m’en fichais, tant qu’ils restaient loin. Il m’était arrivé plusieurs fois de trouver dans mon casier des lettres, disant toutes à peu près la même chose, que j’étais courageux, que je n’avais pas besoin de me sacrifier, qu’ils m’accepteraient si je laissais tomber Naruto. Je les jetais toutes à la poubelle, ignorant totalement ces mots débiles. A la fin de la semaine, Neji voulu me voir.
- Alors ça avance ?
Acquiescement
- Tu es sûr de pouvoir tenir le cran
Signe positif
- AHAHAHA ! Moi je suis sûr que tu pisseras dans ton froc avant la fin
Haussement d’épaule. Je partis après cette dernière remarque tellement stupide. Je n’avais pas peur de Naruto, je n’aurais jamais peur de Naruto, j’avais connu beaucoup plus effrayant. Je passai mon week-end à refaire des plans de séduction pour le blond. Quand je ne faisais pas ça, je lisais. Mes fins de semaines n’avaient absolument rien de passionnants. Et je m’en foutais. Un nouveau lundi arriva. Mon manège recommença. Le midi nous allions toujours au même endroit pour manger. Enfin lui mangeait et moi je le regardais. Il me demandait parfois si j’en voulais, je répondais non. Pas parce que ça me dérangeait de manger dans son plat ou quoi que ce soit, juste parce que la bouffe était trop immonde. Après qu’il eut finis de manger, je commençai à me lever pour retourner dans les couloirs.
- Sasuke attends !
Je me rassis. Que me voulait-il ? Il me regarda en souriant, puis finit par tendre sa main.
- Tu peux la prendre si tu veux…
J’arquai un sourcil. Si je m’étais attendu à ça. Alors c’était si facile que ça ? Je devais juste faire quelques petits trucs pour l’habituer, et il me tendait la main. Je sentais que la séduction fonctionnait au poil. Oh ! Comme je me trompais. Naruto me le fit bien comprendre en ajoutant :
- Ce n’est pas ce que tu cherches depuis une semaine ?
Je sursautai. Moi qui d’habitude maîtrisait parfaitement mes émotions je m’étais fais avoir par une simple question. Comment avait-il compris ? Comment savait-il ? Mon visage devait poser la question pour moi parce qu’il répondit sans que je n’ai besoin de demander à voix haute.
- Tu sais Sasuke, j’ai remarqué ton petit manège. Je suis peut-être malade, mais je ne suis certainement pas con.
Puis après cette phrase il prit un air enfantin et ajouta :
- Bon j’ai l’air un peu bête des fois c’est vrai
Et se mit à rire tout seul. Ce qui venait de se passer me troublait complètement l’esprit. Je l’avais complètement sous estimé, Naruto n’était pas dupe, il avait comprit depuis longtemps ce que je voulais, il voulait bien me laisser faire et finalement j’avais juste l’air complètement ridicule. Il avait pris un ton grave que je ne lui connaissais pas pour me le faire comprendre. Je ne m’y attendais tellement pas, j’en restais paralysé. Pendant que je raisonnais, Naruto continuait de rire, puis se calmant enfin il reposa ses yeux sur moi.
- Vas-y touche moi, je te le permets.
Alors je fis une chose totalement stupide, tandis que j’avais l’occasion d’enfin l’habituer au contact, de lui montrer qu’il n’était pas contagieux ou quoi que se soit, j’hochai la tête négativement :
- Non… Je vais attendre que tu sois vraiment prêt.
Je me serais claqué. Pourquoi est-ce que j’avais dis une connerie pareil ? Pourquoi est-ce que je n’avais pas profité de la situation ? Il retira doucement sa main, me regarda encore quelques instants et alors me sourit comme il ne l’avait jamais encore fait. Un sourire emprunt de mélancolie, de tristesse, mais un sourire également de reconnaissance. Mon cœur rata un battement, sans que je n’en comprenne la raison. Il m’acheva avec une dernière phrase :
- Tu es quelqu’un de bien, Sasuke.

¤¤¤

J’ai quasiment remarqué immédiatement que Sasuke cherchait à ce qu’on rentre en contact. C’était presque trop évident. A la limite que nos doigts se rencontrent tout a fait par hasard dans un échange de stylo, mais que nos genoux se frôlent en classe alors qu’on était séparé d’assez de centimètres pour que cela n’arrive jamais... Et puis même ça arrivait trop souvent pour que ça ne soit qu’une simple coïncidence. Que cherchait-il à faire ? A m’habituer aux contacts ? Je n’avais pas d’autres explications. Pourquoi le faisait-il ? Qu’avait-il à y gagner ? Voulait-il pouvoir me toucher ? Ou alors essayait-il juste de me montrer qu’il n’y avait aucune raison d’être effrayé ? Honnêtement je ne comprenais pas bien ses réelles motivations. Je ne savais même pas si je devais me réjouir que quelqu’un s’intéresse à moi au point d’avoir envie de pouvoir me toucher sans que je m’éloigne, ou juste être effrayé à ce que ça pourrait apporter ? Ce lundi là après une grande réflexion tout le long du repas, je pris ma décision. Il voulait me toucher, alors je le laisserais faire, tant pis pour le prix à payer, après tout je lui devais bien ça non ? Il était le seul à m’accepter sans hypocrisie, il ne se disait pas mon ami et pourtant il restait près de moi sans peur. Alors qu’il se levait pour partir, je le retins juste en appelant son nom. Il se rassit. Je tendis la main, lui expliquant qu’il pouvait la prendre s’il le voulait. Je voyais bien sur son visage qu’il ne comprenait pas. Je lui demandai si ce n’était pas ce qu’il cherchait à faire depuis une semaine. Il sursauta. Sasuke ne montrait que très peu ses émotions, le simple fait qu’il ait pût être troublé par mes paroles ne faisaient que renforcer leur vérité. J’étais peut-être malade, mais sûrement pas stupide. Je ne me gênai pas pour lui dire. Et histoire de détendre l’atmosphère j’ajoutai qu’il était vrai qu’il m’arrivait d’avoir l’air bête, et je ris tout seul de ma blague pas drôle. Après m’être calmé j’insistai pour qu’il la touche. Allez Sasuke fait donc ce que tu veux depuis une semaine, j’enfouirai ma peur juste pour toi, juste pour quelques secondes. Mais finalement il refusa, et je m’en sentis soulagé. Il voulait attendre que je sois vraiment prêt. Je lui en étais reconnaissant. Dans un sourire je lui fis comprendre, merci de ne pas m’obliger, merci de respecter ma peur.
- Tu es quelqu’un de bien Sasuke.
Je ne compris pas sa réaction. Il se releva à toute vitesse, partit en direction de la trappe sans m’attendre et ne se servit pas de l’échelle pour atterrir dans le couloir en dessous. J’avais dit quelque chose qu’il ne fallait pas ?

¤¤¤

Je n’étais pas quelqu’un de bien. Loin de là. J’étais l’ordure parmi les ordures. Abruti de blond. Il fallait que je finisse rapidement cette histoire. Je le draguais, je l’embrassais, je me mettais 200 dollars dans les poches, et après je l’ignorerais comme tous les autres. Pas à cause de sa maladie, juste parce que je passe mon temps à ignorer les gens c’est tout. Durant l’après midi, je m’assis encore à côté de lui, mais le cœur n’y était pas. Pourquoi est-ce que ça me dérangeait autant que Naruto me prenne pour un mec bien ? Au contraire cela voulait dire que ma séduction avançait et que bientôt il serait pris au piège de ses sentiments envers moi. Puis il m’envoya un papier.

« Est-ce que j’ai fais quelque chose de mal ? »

J’hochai négativement la tête.

« Pourtant tu as l’air contrarié… »

Je lui répondis.

« C’est rien »

Son regard sembla me demander si j’en étais sûr, j’acquiesçai. Je n’étais pas du tout contrarié. Mon plan se déroulait à merveille. Bon j’avais fais, je ne sais pourquoi, quelques bourdes, comme refuser d’entrer en contact avec le blond quand je le pouvais, ou encore de m’enfuir quand il m’avait dit que j’étais quelqu’un de bien. Mais à partir de maintenant je ne me laisserais plus surprendre. Le soir je mis au point quelques méthodes de dragues, à peu près aussi intelligent que ceux d’une fille mièvres et stupides. En gros je n’avais rien de bons. Que dalle. Pas parce que j’étais à cours d’idée, ou quoi que se soit, mais que chaque fois qu’un plan intéressant me venait en tête, je revoyais le sourire de Naruto et je l’entendais me dire que j’étais quelqu’un de bien. Je secouai la tête.
- Mais ferme donc ta gueule !
C’est ce moment que choisis mon tuteur pour s’introduire dans ma chambre.
- Tu parles tout seul ?
Je lui lançai un regard noir.
- Oh ! Je vois que tu es de mauvaise humeur, raconte donc à tonton Kakashi quels sont tes malheurs ?
Je restai silencieux.
- -Ah ! Je sais ! Tu es amoureux, et tu veux que je te donne des conseils pour cueillir la fleur d’une jolie donzelle.
Je lui balançai un livre dans la tête.
- Dégage pervers, je ne suis pas amoureux.
- Dommage, on aurait pût avoir des discussions très intéressantes sur nos amours.
Je soupirai fatigué par la bêtise de ce grand benêt. Puis il sembla se souvenir de la véritable raison de son introduction dans ma chambre.
- Tiens, tu pourras donner ça à Tsunade-chan s’il te plaît…
Je regardai l’énorme bouteille de Sake qu’il me tendait.
- Elle a un petit faible pour la boisson, je suis sûr qu’elle sera heureuse de mon attention.
- Abruti on n’a pas le droit d’emmener d’alcool à l’école !
- Allez tu peux bien faire ça pour moi, s’il te plaît…
Je voyais bien que tant que je refuserais, il m’ennuierait, alors je pris la bouteille de ses mains et la rangeai dans mon sac.
- Merci Sasuke, on peut toujours compter sur toi.
- C’est ça, maintenant dehors !
- Oui oui je te laisse
Il commença à partir, mais avant de refermer la porte il lança
- Sûr que t’es pas amoureux ?
Je lui balançai cette fois-ci un gros dictionnaire, alors Kakashi décida qu’il était mieux de quitter cette chambre. Puis je déchirai la feuille où j’avais écris des techniques de dragues toutes plus minables que les autres. Je me couchai dans mon lit, callant ma tête sous mon oreille. Le sourire de Naruto apparu dans mes pensés, en même temps que la phrase de mon tuteur « Sûr que t’es pas amoureux ». Je poussai un grognement. Non je n’étais pas amoureux, c’était tout simplement débile et complètement impossible.

En allant au lycée, le lendemain matin, j’avais un mal de crâne à s’en taper la tête contre un mur. Il fallait avouer que je n’avais pas beaucoup dormis… Pas du tout même. Tout ça à cause de Kakashi. Passant toute la nuit à me tourner et me retourner en pensant à Naruto. Il fallait que je me débarrasse vite de ce pari, sinon j’allais vraiment péter les plombs. Dire que je pensais m’amuser, maintenant tout ceci me paraissait plus une corvée qu’autre chose, mais je détestais perdre et c’était l’unique raison pour laquelle je continuai de m’asseoir à côté de Naruto. Ah oui, puis comme la bouteille de sake pesait des tonnes, cela ajouta à mon mal de tête, un mal de dos. Y a des jours où on ferait mieux de rester couché. Naruto me demanda dans un murmure si ça allait, je lui jetai un regard froid. Il n’insista pas, voyant que je n’étais pas d’humeur et me laissa tranquille les deux premières heures de cours. A la pause, allant nous asseoir sur un banc que personne n’approchait, il réitéra sa question :
- Quelque chose ne va pas Sasuke ?
- Hmf
- Tu as mal dormis ?
- Mouais…
- Autre chose ?
- J’ai un problème
- Oh lequel ?
J’ouvris mon sac pour lui montrer la bouteille. Il eut une exclamation de surprise.
- Tu bois ??
- Mais non ce n’est pas pour moi, baka !
- Alors pour qui ? Et je ne suis pas baka, baka toi-même !!!
Je soupirai
- Pour la directrice.
- Oh…
- C’est mon tuteur qui veut que je lui offre.
- Eh bien allons y !
- Oui… Pour qu’elle m’engueule parce que j’emmène de l’alcool au lycée, richissime idée Naruto.
- Tu n’es vraiment pas d’humeur toi !
- Hm
- Allez donne la moi ta bouteille moi je veux bien lui apporter.
- Elle va l’accepter venant de toi ?
Il resta silencieux. J’avais été plutôt méchant alors qu’il essayait juste de m’aider. Je regrettai mes paroles, mais uniquement parce que ça n’allait pas m’aider à le séduire et pas parce que je sentais que ça l’avait blessé.
- C’est bon oublie ce que je viens de dire, je vais y aller.
Il acquiesça tristement.
- Viens avec moi.
Il refusa.
- Viens je t’ai dis.
Mais il resta assit sur le banc les yeux baissés. Et merde, j’avais tellement bien avancé, voilà qu’à cause d’une stupidité dût à ma mauvaise humeur, je venais de perdre mon avance. Je m’accroupis devant le blond et plongeai mon regard dans ses yeux bleus. C’est fou ce que ce mec avait des beaux yeux. Un regard qui semblait tout droit sortit de l’océan. Mais ce n’était pas le moment de penser n’importe quoi. Je pris la bouteille du sac et la posé de force dans ses mains, évitant bien de le toucher.
- Emmène là avec moi.
Il eut un petit sourire triste.
- Tu as raison Sasuke, elle va la refuser si c’est moi qui la tien.
Je lui pris la bouteille des mains.
- Les gens sont trop cons
Puis me relevai sans aucune autre remarque l’abandonnant sur son banc. J’entrai sans frapper chez la directrice qui dormait sur un tas de paperasse, je posai la bouteille à côté d’elle, puis repartit. Je revins ensuite dans la cours, me rasseoir à côté de Naruto.
- Oh ! Beau blond t’as finis de faire la gueule ???
Il releva la tête vers moi.
- C’était toi qu’était de mauvaise humeur plus tôt.
Je ne répondis rien.
- Sasuke…
- Hm ?
- Merci de rester auprès de moi.
Je ne le fais que pour moi, Naruto, juste pour mon profit personnel, alors s’il te plaît arrête de me regarder avec ce sourire…
- Et tu sais quoi ?
Je ne savais pas, alors je restai silencieux.
- J’ai une surprise pour toi pour ce midi.
Je le regardai étonné. Une surprise ? Pour moi ? La sonnerie retentit ce qui ne me laissa pas le temps de m’interroger plus. Nous retournâmes en cours, mais je ne pus pas me concentrer du tout. Naruto avait une surprise pour moi… Je me demandais ce que c’était. J’avais même hâte de savoir. Mais pourquoi est-ce qu’une surprise m’intéressais autant bordel ? Si j’avais voulu le séduire, ça aurait dût être moi qui lui faisais cette surprise. Et à la place je regardais sans cesse les minutes s’écoulés sur l’horloge au fond de la classe, les trouvant trop lentes à mon goût, parce que je voulais savoir ce que me réservait le blond. Quand midi sonna, mon cœur s’emballa. Oh du calme toi, je n’ai pas besoin que tu t’y mettes aussi. Naruto me sourit mystérieusement avant de me demander de le suivre à notre rendez vous du midi. Une fois sur le toit, il sortit de son sac un gigantesque bento et me le tendit.
- TINTIN ! Voilà mon cadeau !
Je regardai ce qu’il me montrait sans comprendre.
- Tu ne manges jamais le midi, et tu trouves toujours que la nourriture que j’ai est mauvaise, alors j’ai décidé de te cuisiner un truc super bon rien que pour toi.
Vis-à-vis mon manque de réaction il secoua le bento devant moi. Je finis par le prendre, et ouvrit la boîte. A l’intérieur se trouvait des boulettes de riz, des saucisses coupées en poulpes et d’autres choses qui semblaient toutes aussi appétissantes. Je pris délicatement un onigiri et le portai à ma bouche. Ce n’était rien que du riz mais ça me semblait être la meilleure chose au monde. Parce que quelqu’un l’avait préparé pour moi. Parce que Naruto l’avait préparé pour moi…
- Alors ? Alors ? Alors ? Tu aimes ?
J’acquiesçai lentement. Il hurla de joie.
- YOUPI ! Ca fait une semaine que je m’entraîne parce que mes talents en cuisine son limités, je suis super content que tu aimes.
Je continuai de manger, oh bon sang que c’était bon. J’oubliais totalement la véritable raison de ma présence ici, je continuai de goûter la nourriture. Bien sûr Kakashi me préparait le repas, mais… Mais c’était tellement différent. Je levai les yeux vers Naruto qui me regardait en souriant, et le rebaissai aussitôt gêné.
- M… Merci…
Que m’arrivait-il ? Pourquoi est-ce que je le remerciais ? Moi qui normalement devais tout faire pour que ça soit lui au contraire qui me remercie ? Je devais me reprendre, je faisais n’importe quoi depuis ce matin. C’était sûrement dût à ma nuit blanche, sûrement dût à ma mauvaise humeur. Tout à mes réflexions je continuai de manger, Naruto de son côté avait pris un de ses plats tout préparé et mangeait.
- Pourquoi tu ne t’ais pas cuisiné quelque chose ?
- Parce que j’ai fais ça pour toi toute la nuit, et après je n’avais plus le temps de faire quelque chose pour moi.
Je lui fis un signe de la main pour qu’il s’approche, je pris une de mes boulettes de riz et la mis dans sa bouche.
- Tiens profite !
La bouche pleine il gueula un merci puis fit disparaître l’onigiri a une vitesse incroyable. Je lui proposai qu’on mange ensemble le bento, que de toute façon il en avait fait trop pour une seule personne. Il accepta. Et nous voilà autour de la boîte à planter nos baguettes dans la nourriture. Finalement il ne resta plus qu’une saucisse, nos baguettes se plantèrent en même temps dedans, un combat féroce de baguette débuta. Pas que j’avais spécialement envie d’avoir cette saucisse… Juste que c’était… Amusant. Vraiment. Beaucoup plus drôle que d’essayer de le séduire. Et puis son rire résonnait dans l’air. Ses yeux brillaient de joie. Pourquoi est-ce que mon cœur battait aussi vite dans ma poitrine ? Il profita de ce moment d’inattention que j’eus, trop occupé à l’observer, pour piquer le dernier poulpe. Mais au lieu de le porter à sa bouche, il l’emmena dans la mienne, sous la surprise je l’avalai de travers et m’étranglai. Après avoir toussé comme un grand malade je levai mon visage vers lui :
- Qu’est ce que tu fais ?
- Après tout ce bento était pour toi, tu méritais bien d’avoir la dernière saucisse.
J’eus un regard un peu froid, vexé de m’être fait avoir. Naruto n’y fit pas attention, se contentant de me sourire à pleines dents. Qu’il perdit quelques secondes se rendant compte de ce qu’il venait de faire.
- Ah désolé… Euh… Enfin d’avoir mis mes baguettes dans ta bouche…
Comprenant immédiatement ce qu’il sous entendait, mon visage se durcit.
- Ne te préoccupe pas de ça
- Mais…
- Naruto, ne te préoccupe pas de ça !
Il n’insista pas et récupéra son sourire.
- Merci Sasuke.
C’est ça de rien. Que quelqu’un m’achève tout de suite. Quoi que non, la séduction avançait bien finalement. Je pouvais être fier de moi, dans pas longtemps il me tomberait sûrement dans les bras, alors je le laisserais retourner à sa vie solitaire, tandis que je m’isolerais des gens… Pourtant le cœur ne semblait pu y être. Plus du tout.

Les jours qui suivirent furent délicieusement agréables. Je savais que je n’aurais pas dût penser ça, mais j’oubliais de plus en plus mon véritable objectif. J’essayais parfois de me rappeler que j’étais là pour séduire Naruto, mais à ce moment là il me souriait alors je n’y pensais plus. Je ne comprenais toujours pas ce qu’il m’arrivait. Enfin peut-être que si je comprenais mais je refusais de l’admettre. Jusqu’à ce midi là. Ca faisait bien un mois qu’on se côtoyait. Et comme toujours on mangeait sur le toit, Naruto parfois me préparait des bento, de mon côté j’avais demandé à Kakashi de m’apprendre à cuisiner pour pouvoir lui en faire en remboursement. Bref donc ce jour là, il pleuvait. Manque de bol. On s’était donc réfugié sous des bâches qui traînaient là et on mangeait tranquillement.
- Jiraya, quel pervers quand même, je sais pas si dire aux filles que pour avoir des bonnes notes ils fallaient qu’elles soulèvent leur jupe ça se fait…
- …
- M’enfin il dit ça pour rigoler mais quand même.
Et Naruto parlait en mangeant. Pendant que j’écoutais.
- Tu vas me dire je pense qu’Ino serait capable de le faire… Ca lui ferait du bien d’avoir une bonne note
- Tu peux dire ça abruti
- Oui bon ok, je suis nul en cours hein, mais quand même… Je suis un mec, je ne vais pas soulever ma jupe AHAHAHA
Je pourrais me damner pour ce rire.
- Tu pourrais toujours essayer
- T’es complètement cinglé Sasuke
C’était peut-être vrai, j’étais cinglé de traîner avec ce mec et d’oublier mon pari. Après avoir finis de dévorer son plat, il se releva rapidement.
- Bon ! Retournons au lycée, ça mouille ici.
Je me levai à mon tour prêt à le suivre. C’est là qu’arriva le pire. Le sol était glissant et Naruto sautillait jusque vers la trappe au lieu d’y aller doucement, il finit par trébucher, glisser et alors je le vis les yeux écarquillés tombé du toit. La scène semblait s’être passé au ralentit comme ça, comme si tout cela n’étais qu’une mauvaise blague, Naruto m’avait regardé surpris lui-même de se sentir tomber. Quand il disparu derrière le mur, j’oubliai tout et couru jusqu’au bord en hurlant son prénom. Non tout cela n’était pas possible, il n’avait pas pût tomber, pas comme ça, mourir aussi facilement alors que ça faisait tellement longtemps qu’il survivait, c’était trop bête. Alors que je n’osais pas regarder en bas, j’entendis une voix m’appeler :
- Sasuke… Aide moi !
Sa voix. Je baissai enfin les yeux. Il avait réussis à se rattraper à une petite plaque grillagée. Je soupirai de soulagement et lui tendis la main. Et alors qu’il allait me donner la sienne, lui qui détestait tant qu’on le touche, il se rendit compte qu’il saignait. Aussitôt il l’enleva et se raccrocha à la grille.
- Naruto, donne moi la main.
- Non… non je peux pas, je suis blessé…
- Naruto on s’en fout, donne ta main
- Non
- Putain, donne l’autre main alors
- Elle saigne aussi.
- Je m’en fout Naruto, donne ta main !!!
- NOOON
- Je ne veux pas que tu meurs comme ça, donne moi ta main.
- Je ne veux pas !!!!
- NARUTO DONNE MOI TA MAIN BORDEL OU JE VIENS LA CHERCHER !
Sûrement surpris de m’entendre élever la voix pour la première fois depuis qu’on se connaissait il tendit sa main, je la choppai instantanément, bien décidé à ne pas le lâcher.
- Donne moi l’autre.
Il le fit en silence, et je le hissai tant bien que mal sur le toit. Il était lourd, mais jamais je n’aurais pût le lâcher. S’il était tombé je serais tombé avec lui et c’est tout. Une fois que ses deux pieds furent de nouveau sur le sol, qu’il fût sauvé, je lui lâchai les mains, mais uniquement pour placer mes bras autour de lui et le serrer contre moi. Il resta droit sans bouger, cabrer, il n’aimait toujours pas que je le touche, mais là franchement j’en avais rien à foutre. J’avais tellement eut peur…
- Sasuke…
- Naruto, attend, encore un peu…
Alors il me laissa comme ça sans rien dire et je le serrai un peu plus fort. Toute cette histoire était tellement stupide, j’avais posé des pièges au blond, j’avais établis des plans pour le séduire, et finalement je me retrouvais pris dans mes propres filets, alors que Naruto continuait à me considérer comme un ami, j’étais tombé amoureux de lui. Fou amoureux de lui. Et maintenant que j’avais cru le perdre je ne pouvais plus me mentir.
- Naruto, ne me fais plus jamais une peur pareil…

¤¤¤

Je m’étais sentit tomber du toit, n’y croyant pas. Alors c’était comme ça que j’allais mourir. Aussi bêtement. J’allais me résigner, après tout ça devait bien arriver un jour, mais c’est à ce moment là que j’entendis l’hurlement de Sasuke. Instinctivement mes mains se raccrochèrent à la grille posée là, je n’avais pas envie de mourir. Je vis le brun au dessus de moi qui n’osait pas regarder la vérité qu’il craignait. Je l’appelai à l’aide, il sembla soulagé, il tendit sa main. Oubliant ma peur du contact, je la tendis. C’est alors que je remarquai que j’avais les mains pleines de sang, je m’étais éraflé en me retenant à la grille. Je ne pouvais pas donner ma main à Sasuke, et si jamais il était blessé lui-même ? Et si nos sangs se mêlaient ? Non c’était tout simplement impossible, je me raccrochai à la grille. Il insista pour que je lui donne, mais je refusais obstinément, même si c’était de plus en plus dur de me retenir et que je sentais que je n’allais pas encore tenir longtemps, je ne pouvais tout simplement pas prendre ce risque. C’est alors qu’il se mit à me hurler dessus. Sasuke était quelqu’un d’assez distant, il montrait assez peu ses véritables émotions, avait construit un mur autour de son cœur, mais aujourd’hui il hurlait. Ma main se détacha hésitante de la grille et je lui tendis, il la choppa. Je serrai les dents. J’espérais qu’il n’ait pas de blessure, alors que lui ne pensais qu’à une seule chose, c’était de me sauver. Finalement après avoir pris mes deux mains, il me hissa sur le toit. A peine je fus debout et sauvé, qu’il abandonnait mes mains pour me serrer dans ses bras. Je me braquai immédiatement. Je voulu lui demander de me lâcher, mais il me réclama juste d’attendre encore un peu. Je sentis qu’il resserrait son étreinte, son visage enfouis dans mon cou. Je n’avais jamais eut le droit à autant de tendresse, cette douceur humaine m’était inconnu, malgré la pluie froide qui coulait sur nous, j’avais chaud. Il me demanda de ne plus jamais lui faire peur comme ça, sans me lâcher pour autant, alors je me laissai doucement aller à cette étreinte, relâchant mon corps, et doucement je passai mes mains dans son dos le serrant également contre moi, m’abandonnant complètement à lui. Sasuke était mon meilleur ami…

¤¤¤

Combien de temps sommes-nous restés là sous la pluie à se serrer l’un contre l’autre ? La sonnerie de reprise des cours avait retentis depuis longtemps et nous n’avions toujours pas bougé. Puis soudain il me repoussa, semblant revenir à la réalité.
- Sasuke, mes mains… Tes mains…
- Ne t’inquiète pas je n’étais pas blessé
- Tu es sûr ?
Je fis signe que oui. Ce qui n’effaça pas l’inquiétude dans ses yeux. Je passai mes mains dans son dos et le poussai vers la trappe.
- Viens, on ne va pas rester là toute la journée.
- Sasuke il faut vérifier que tu n’as rien.
Je soupirai. Naruto ne serait pas rassuré tant qu’on n’aurait rien fait.
- Allons à l’infirmerie alors.
Il se crispa sous mes doigts.
- Tu ne veux pas y aller ?
Il secoua la tête négativement.
- Très bien, tu as un autre endroit ?
- Viens chez moi
- …
- C’est pas loin, on pourra te nettoyer, et moi aussi, je ne dois pas laisser mon sang couler n’importe où… Il faut que je me soigne et…
- Ok ! j’ai compris !
Et j’ouvris la trappe, descendis l’échelle. Naruto la regarda et regarda ses mains où le sang continuait de couler.
- Bon je vais te porter.
Sans qu’il est le temps de dire non il se retrouvait en sac à patate sur mon dos, et je le descendais dans le couloir. Ensuite je le reposai à terre, puis nous sortîmes du lycée. Comme tout le monde était en cours, on ne se fit pas chopper. Il me guida jusqu’à son appartement. Ce n’était pas bien grand. Juste une chambre qui faisait cuisine et salon, et une autre pièce avec un toilette et une douche, et un lavabo. J’ouvris le robinet et me nettoyai les mains. Une fois propre je lui montrai qu’elles étaient intactes. Il soupira de soulagement, puis entrepris lui-même de se nettoyer. Il avait des bandages dans l’armoire, je les pris et attirai ses mains vers moi. Il eut un geste de recul mais je le retins. Puis je pris une de ses mains avec la mienne et entrepris d’enrouler délicatement la bande autour. Je fis la même chose avec l’autre main.
- Tu vois aucune raison d’avoir peur.
- Tu sais que je suis dangereux…
Je lui ébouriffai les cheveux
- Tu n’as rien de dangereux va.
Je regardai nos vêtements tout mouillé et salis également par le sang.
- On devrait faire quelque chose pour ça aussi. Fis-je remarquer, en pointant nos habits.
- Désolé mais je n’ai rien pour laver, d’habitude je vais au pressing.
- Bizarre que personne ne t’ait offert de machine à laver
- Sasuke !
- Ecoute les gens sont tellement stupides, je dis juste la vérité…
- …
Je posai ma main sur son épaule
- T’inquiète pas va !
Puis j’enlevai mon tee-shirt.
- Enlève ta veste.
Il le fit.
- Tu as quelque chose pour nous couvrir ?
Il acquiesça alla chercher deux pulls… oranges, et m’en passa un.
- Désolé si c’est un peu petit.
- Je ferai avec.
J’enfilai le pull qu’il me tendait, il enfila le sien.
- Il y a un incinérateur près de chez toi ?
- Hein ?
Puis comprenant ce que je voulais faire il acquiesça. Son immeuble ne se trouvait pas loin d’une décharge, coup de chance, et comme il avait arrêté de pleuvoir on put sortir sans se couvrir plus. Je brûlai nos deux hauts dans l’incinérateur. Puis je me tournai vers lui.
- Comme ça ils seront propres.
Il eut un petit sourire triste.
- Désolé Sasuke….
Je lui donnai une petite claque sur le front.
- Usuratonkachi, t’excuse pas c’est rien.
Puis nous sommes retourné à son appartement.
- Alors c’est ici que tu vis.
- Oui !
- Hm
- C’est l’appartement que m’a laissé maman…
- Hm
- Il est petit mais j’y tiens, après tout c’est la seule chose qui me reste d’elle.
Je posai ma tête sur son épaule en guise d’encouragement. L’encourager à continuer à vivre, surtout lui dire qu’il n’était plus seul, que maintenant j’étais là. Puis soudain il se mit à rire.
- Qu’est ce qui t’arrive baka ?
- Je n’ai plus peur que tu me touches…
- …
- C’est vrai ça, regarde tu as ta tête sur mon épaule, et tout ce que j’arrive à me dire c’est que je suis content que tu sois là ! Je n’ai plus peur…
Et il continua de rire. La tête enfouie sur son épaule, je m’autorisai un petit sourire. Naruto tu brises ma façade… Si tu savais comme je t’aime… A cette pensée je me souviens soudain. Le pari. Merde… Et merde de merde. Il fallait que je règle ce problème. Je relevai la tête.
- Naruto, il faut que je rentre… j’ai un truc important à faire…
- Euh… Ok !
- Très bien on se voit demain.
Je me levai et me dirigeai à toute vitesse vers la porte, je posai ma main sur la poignai. Puis semblant oublier quelque chose je m’arrêtai. Je me retournai vivement, me penchai vers Naruto et posai mes lèvres sur sa joue.
- Merci pour le pull, bye
Et je m’enfuis assez vite.

¤¤¤

La porte se referma sur lui et je me retrouvai seul. Je mis quelques temps avant de vraiment comprendre ce qu’il venait de se passer. Puis doucement mes doigts frôlèrent ma joue. Sasuke n’avait vraiment peur de rien. Il me traitait comme tous les autres humains. Même si je saignais. Il s’en fichait, il voulait me soigner, il voulait me montrer qu’il ne risquait rien. Alors qu’il savait le danger. Je n’avais pas l’impression que c’était par courage. C’était juste qu’il se moquait que je sois malade. Il ne me considérait pas comme un séropositif, mais juste comme un garçon de son âge. C’était la première fois qu’on me traitait de cette manière. Depuis ma rencontre avec lui, il avait été comme ça. Je pensais au début que c’était parce qu’il ne savait pas, mais même lorsqu’il a su… Finalement on est devenu ami… Puis aujourd’hui il me sauvait la vie, en mettant la sienne en danger. J’eus un sourire heureux. Et repassai mes doigts sur ma joue.

¤¤¤

C’est le cœur battant que j’ai pris le métro jusque chez moi. En arrivant Kakashi m’a demandé pourquoi je rentrais si tôt, et c’était quoi ce pull orange ? Je ne répondis rien et allai m’enfermer dans ma chambre. J’étais le premier surpris de mon geste envers Naruto. De toute façon plus rien n’était pareil depuis que je le connaissais. Moi qui aimais tant manipuler les gens, je me retrouvais amoureux alors… Ah oui… Neji. J’ouvris un tiroir de mon bureau. J’enlevai la plaque qui cachait un double fond, je sortis une tirelire et l’ouvrit. Elle était pleine de billets. De nombreux paris que j’avais gagné. J’en sortis 200 dollars, et les cachai au fond de mon sac.

Le lendemain, avant d’aller trouver Naruto, je suis allé voir Neji. Il m’a regardé du haut de sa fierté, j’ai juste eut un regard noir. J’ai sortis les deux dollars.
- Considère juste que tu as gagnés, et oublie cette histoire.
Il prit les billets.
- Alors tu as trop peur finalement ?
J’haussai les épaules, puis partit en silence. Je n’avais pas peur. Je voulais juste annuler ce pari stupide. Je retrouvai Naruto dans la classe, il me jeta un sourire édenté, et je me dirigeai vers lui ignorant totalement les regards de pitiés que les gens posaient sur moi.
- Salut Sasuke !
- ‘lut !
- Tu vas bien ?
J’hochai la tête en signe de oui.
- Tant mieux.
Le professeur arriva à ce moment coupant les conversations. Et le cours commença. Pendant la nuit, j’avais pris le partit de parler à Naruto de mes sentiments. Ou essayer de voir si j’avais mes chances. Ca avait été dur de me convaincre, mais je savais que la maladie du blond ne le maintiendrait pas en vie indéfiniment, je n’avais pas envie de le perdre sans qu’il ne sache que je l’aime. J’écrivis donc sur un papier.

« J’aurais quelque chose d’important à te dire ce midi… »

Il tourna la tête vers moi, légèrement inquiet, mais devant mon visage impassible de tous les jours, il se rassura. Ca n’avait pas l’air grave.

« Ok ! De toute façon on est ami, tu peux me parler de tout, tu le sais bien »

Cette matinée là passa à une vitesse fulgurante. Le midi il voulu aller sur les toits, mais je lui pris la main et l’entraînai ailleurs. La peur d’hier m’avait laissé un goût amer dans la bouche, je n’avais pas envie de retrouver ce toit tout de suite. Je nous emmenai dans un coin tranquille où personne ne viendrait nous déranger. Et de toute façon comme j’étais avec Naruto, personne ne nous embêterait. Il ne m’avait pas emmené de bento. Je m’en serais bien douté, puisque ces mains étaient blessés, c’est d’ailleurs pour ça que j’avais prévu le coup et cuisiné moi-même quelque chose. Je lui donnai sa part, et nous mangeons. Je n’ose pas me lancer, c’est lui qui finit par me dire :
- Tu voulais me parler de quelque chose ?
Je pris une grande inspiration.
- En fait je… Que penses-tu de l’amour ?
… Alors là j’étais vraiment con… C’était ça me lancer ? Détourner le sujet… Il sembla réfléchir sérieusement à ma question, puis avala un onigiri avant de répondre :
- C’est beau… Enfin je pense… J’ai vu des films d’amour et je trouvais ça vraiment adorable… Euh… Mais pourquoi tu me poses cette question ?
- …
- Oh ! Tu serais amoureux ?
Ne pas rougir, ne pas rougir, ne pas rougir, j’opinai doucement de la tête.
- Ahahaha ! Toi amoureux, ça m’étonne un peu de toi. Tu es du genre comme une pierre. Mais après c’est vrai que tu caches beaucoup tes sentiments…
- …
- Alors c’est qui ?
Bon c’était le moment de dire la vérité.
- En fait c’est t…
- STOP
- Hein ?
- Finalement je suis plus très sûr de vouloir savoir… Enfin tu n’as pas à me le dire…
- …
- …
- Et toi ?
- Et moi quoi ?
- Tu es amoureux de quelqu’un ?
Naruto hocha lentement la tête de gauche à droite.
- Non
- …
- Je ne peux pas tomber amoureux …
- Pourquoi ?
- Parce que tu vois… Je ne suis pas bête, je sais bien que je ne vivrai pas indéfiniment comme ça… Je peux mourir dans une semaine… Comme dans dix ans… Mais si jamais je tombais amoureux… Alors j’aurais peur tous les jours que ça soit mon dernier. Je ne pourrai pas vivre comme je le veux avec cette personne… Ma maladie reviendrait tout le temps dans le sujet… Quand aux rapports……
Il avait raison, c’était légitime. Tomber amoureux alors qu’on sait qu’on peut mourir d’un jour à l’autre. Tomber amoureux alors qu’on sait que le sujet « SIDA » retombera à chaque fois. Oui… Mais moi je l’aimais. Je l’aimais de toutes mes forces. Je me fichais de sa maladie, je le voulais pour moi. Je voulais pouvoir le prendre dans mes bras, le serrer contre mon cœur, passer mes mains dans ses cheveux, poser mes lèvres sur les siennes, l’aimer plus fort encore.
- Naruto…
- …
- Tu as le droit d’aimer…
- Sûrement… Mais…
- Tu ne devrais pas avoir peur, ne pas t’enfermer dans cette maladie qui te bouffe. Pense juste à toi pour une fois.
Il resta silencieux, continuant de manger, mais le cœur ne semblait plus y être.
- Imagine que tu croises une personne… Qui t’aime à la folie, et qui se fiche de ta maladie… Et alors commence à naître des sentiments en toi… Que ferais-tu ?
- Je … Je les repousserais…
- Alors tu attends quoi de la vie ? La mort ???
- …
- Naruto, tu peux aimer bordel ! Sinon si un jour tu te rends compte que c’est trop tard, tu le regretteras. Tu te diras que ça aurait put être pas mal…
- Peut-être …
- Mais ça sera trop tard Naruto, beaucoup trop tard et tu mourras dans le regret
- Peut-être aussi, et puis d’abord pourquoi tu veux tant que ça que je tombe amoureux hein ? Après tout tu n’es pas moi, tu ne sais pas ce que c’est que d’être rejeté tout le temps, de sentir les regards de peur sur toi. Les gens ils disent toujours « je t’aime malgré tout » mais au fond ils font toujours attention à tout quand il s’agit de moi. Et ils finissent par s’éloigner de plus en plus et me laisser à nouveau seul. Même si je tombe amoureux… Je ne pourrai pas être heureux.
- Tu peux être heureux.
- J’aimerais bien savoir comment.
Je reposai mon plat, me mit en face de lui et le regardai. Ses yeux bleus envoûtant, son visage encadré de petites moustaches qui lui donnait un air tellement adorables, ses cheveux dorés, tout en lui m’envoûtait, et ça depuis la première fois que je l’avais croisé dans ce couloir. Dès le premier jour j’avais été attiré par cette beauté et cette innocence qui se dégageait de lui. Je répétai doucement.
- Tu peux être heureux…
Puis je me penchai vers lui et posai mes lèvres sur les siennes. Alors retentis derrière nous grands nombres d’applaudissements. Je me relevai d’un coup et me retournai. Toute la seconde 7 était là, en plus de Neji. Ce dernier s’avança vers moi, me rendis mes 200 dollars et dit :
- Bravo Sasuke, tu as gagné ton pari !
J’eus envie de vomir.
- Je t’avais dis que…
- Ah ! Ne fais pas le timide, il n’y a pas d’autres raisons que tu passes ton temps avec Naruto, tu as été franchement courageux, tu mérites bien tes 200 dollars.
Le blond, lui, assit sur son banc restait immobile



Raaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa la haine !! Je vais tout de suite copier coller la suite tandis que mon esprit bouillone : Normalement, il doit faire un chapitre mais il y a trop de caractères... Grrrr !



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