Fiction: Sur le sang de mes compagnons

Suna il y a 8 ans : 3 sont élèves formés secretement sont assassinés par leur professeur. Toutes les traces de cette lugubre affaire sont aussitôt détruites. Mais il y a un ninja qui ne peut pas l'oublier. 8 ans plus tard le passé ressurgit alors que l'équipe Gaara, Tem, Kankuro est en visite à Konoha. Certaines vengances ont besoin d'être assouvies. Mais il y a tant d'ombres sur ce triple meurtre ...
Classé: -12I | Drame / Mystère | Mots: 5533 | Comments: 27 | Favs: 23
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inesl (Féminin), le 28/08/2007
Le premier chapitre ne concerne pas directement les héros de Naruto, cela ne sert que d'introduction avant leur venue.
Ne lisez cette fiction que si vous avez le coeur bien accroché.
J'utilise de nombreux retour en arrière et je fais parler un a un les personnages en tant que narrateurs.

Bonne lecture

N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez




Chapitre 2: Je suis devenue une femme par le sang et un homme par ma volonté



Suna, il y a 14 ans :

Le kazekage est formel, pour que notre village prospère et soit plus puissant nous avons besoin d’une unité de tueurs d’élite. C’est à moi de la former, car selon lui je suis le seul à pouvoir le faire. Il a choisi quarante enfants et préadolescents ayant entre six et douze ans, à moi d’en sélectionner trois et d’en faire des machines à tuer. Je ne suis pas pour, les gamins sont toujours un danger potentiel, ils peuvent mal tourner et sont si imprévisibles et influençables.

Ils m’attendent dans une arène, quarante gamins dont je ne sais rien. On ne m’a rien donné sur eux, ni leur nom, ni leur clan, ni leur passé. Je ne dois être influencé en rien. Ils ont juste ce savoir faire que je recherche et que je dois perfectionner chez eux. Ils sont là depuis 5H en plein soleil à patienter. Certains ont déjà renoncés me dit-on. Il n’y en a plus que 34. Soit 31 en trop. Je vais leur faire passer des tests, je veux trouver les trois mômes les plus sadiques, les plus tordus et les plus résistants du lot. Aucun enfant normal ne pourrait résister à l’entraînement que je vais leur donner, il m’en faut donc qui sortent des normes. Tout d’abord je ne veux pas de filles, elles sont toujours plus sensibles psychologiquement, je vais renvoyer toutes ces gamines chez elles, de toute manière je n’ai pas le cœur à les faire souffrir.

- Seuls les garçons restent. Mesdemoiselles rentrez chez vous, et merci d’être venues.
- Mais nous sommes là depuis des heures sans manger ni boire ! Vous pourriez au moins nous faire passer les tests !
- Le premier test constituait à être un garçon, vous l’avez raté, dehors !

Elles râlent en sortant, si elles savaient que je viens de les épargner. Je regarde le groupe restant, ils sont encore une bonne vingtaine. Je les jauge un par un. Ils sont tous de bonne constitution. Chez beaucoup les vêtements dénotent une grande misère, d’autres au contraire semblent s’être mis sur leur trente et un comme pour impressionner. Un jeune garçon rejoint les rangs.

- Tu étais où toi ?
- Aux toilettes.
- Et tu y faisais quoi ?
- Je devenais un homme.

Cette réponse me surprend. Ce gosse doit à peine avoirs 8 ans, qu’entend t-il par devenir un homme.

- Comment t’appelles tu ?
- … Euh… Ryô, c’est ça je m’appelle Ryô.
- Tu hésites quand on te demande ton nom ?
- Non monsieur. Je ne pensais pas que c’était intéressant c’est tout.
- Pourquoi dis tu être devenu un homme ? Tu étais une femme avant ?

J’ai dit ça sur le ton de la moquerie, les autres rient derrière ce gamin chétif, qui ne se démonte en rien et ne paraît nullement humilié. Il me sourit avec un air narquois. Je l’observe de haut en bas, des cheveux bruns mal coupés, un visage rond et couvert de poussière avec des yeux bleus qui semblaient pouvoir voir au-delà du réel, une chemise en toile grossière qui devait déjà avoir servie à pas mal d’enfant, et un pantalon trop long dont la couleur d’origine n’est plus perceptible. Les pieds nus et noirs de crasse. C’est un peu ce que je cherche un gamin sans avenir. Mais il y a quelque chose de louche chez lui, il ne colle pas avec les autres.

- Tu as quel âge ?
- Presque 8 ans.
- Et tu vas à l’école ?
- Non je suis apprenti chez un artisan de la rue de nô.

Je suis étonné qu’un gamin si jeune travaille, mais cela explique qu’il possède déjà cette habileté particulière, il ne devait même pas devenir ninja mais artisan.

- Tu veux devenir ninja ?
- Oui monsieur.
- Et tu penses pouvoir supporter la douleur ?
- Je connais la douleur mieux que tous ceux qui sont là aujourd’hui.

Les autres s’exclament derrière lui. C’est qu’il sait se défendre ce bout de choux. Et se vendre aussi. Il y a quand même quelque chose qui me dérange. Il est certes très jeune, mais c’est plus simple de les former dès le départ. Non c’est autre chose, la manière dont il est arrivé et cet allusion au fait qu’il été devenu un homme. Pendant que je réfléchi un autre tente de le frapper, au lieu de se défendre directement il a lancé un regard vers un troisième et celui-ci a arrêté le geste de l’assaillant en lui faisant remarquer qu’il était un peu vieux pour s’en prendre à un gosse de 8 ans. Celui-ci je l’ai déjà vu. Je ne le connais pas, mais il erre souvent dans les rues, seul avec un regard si déterminé que souvent je me suis demandé ce qu’il avait en tête. C’est aussi le genre de gamin qui me plait. Je l’ai vu frapper un autre sans aucun remords parce que ce dernier l’avait bousculer. Un vrai bagarreur, toujours prêt à trouver une excuse pour frapper les autres. C’est pour cela que je suis surpris qu’il ait stoppé l’autre. Ce Ryô a vite su se trouver un allié.

- Et toi ? Comment t’appelles tu ? Et quel âge as-tu ?
- Kankuro, 10 ans.

Ce prénom je le connais, j’ai déjà entendu parler de lui, mais je ne me souviens plus à quelle occasion. Ryô vient de lui attraper la main, ce qui semble surprendre l’autre mais il ne tente pas de se dégager.

- Connaissez-vous la raison pour laquelle vous êtes réunis ici ?

Tous baissent la tête, ils ne savent même pas ce qu’ils font là, mais ils sont restés, on m’a vraiment trouvé les gamins les plus paumés de la région.

- Suna a besoin d’une armée pour se défendre contre ses ennemis. Les ninjas en général forment cette force militaire, cependant nous avons besoin d’unités d’élites pour vraiment pouvoir être supérieurs. Si vous ne voulez pas tuer, ou risquez vos vie partez car si je vous choisi ce sera votre quotidien, la mort et la souffrance. Sachez que renoncer maintenant est sans doute la décision la plus sage que vous pouvez prendre. Moi je m’engage à vous apprendre à tuer, à torturer à massacrer … Si vous sentez le moindre remord quittez les lieux. Car vous devrez mettre fin à la vie de femmes, d’enfants, de vieillards et en général d’innocents. Vous ne serez pas comme les autres ninjas, vous serez des machines à tuer et à détruire, tout ce que vous toucherez se flétrira. Alors je n’ai qu’un conseil, partez …

Il y a dans leurs rangs un mouvement d’hésitation, j’aime les voir en proie à la panique. Certain ont blêmi, d’autres semblent se demander à quel point je suis sérieux. Mais il y a en a comme Ryô ou Kankuro qui n’ont pas cillé, comme si je leur annonçais juste qu’ils n’y aurait pas de dessert le midi. Un petit groupe quitte les rangs, il doit y avoir pas mal d’artistes et d’artisans dans ces gamins, ils ne sont pas faits pour tuer et ils seront mieux chez eux.

- Bon maintenant je vous préviens, dans 10 jours j’en aurais choisi trois parmi vous. Les autres repartirons sans broncher fur et à mesure, je préviens juste qu’une fois que j’aurais choisi et annoncé ma décision au kazekage, je ne renverrais plus ces trois ninjas, ils seront sous ma responsabilité que j’ai fait une erreur ou non. Cela ne signifie en aucun cas que je les protégerais, bien au contraire. Je tiens à vous dire que je vous hais et que je vous méprise tous. Vous n’avez pas été choisi uniquement pour vos connaissances en marionnettes mais aussi car vous êtes des déchets, une bande d’ordure qui s’accumule dans nos rues, un danger et une tare pour la société. Je vais donc vous détruire, alors retournez vite dans vos troupes de nô, vos ateliers de marionnettistes, ou allez suivre un banal entraînement à l’académie…

Pas un ne bouge ce coup-ci il ne me reste que les plus résistants, ceux qui savent que chez eux ils n’ont aucun avenir, et qui n’ont ni peur de souffrir ni peur de faire souffrir.

- A partir de ce moment je débute le recrutement de l’armée de marionnettistes de Suna.





Ryô, Suna, il y a 14 ans :

Nous avons été conduit dans un entrepôt désaffecté qui pue la moisissure et l’urine. Nous ne sommes déjà plus que 17. Il y a de petits lits de camps alignés dans la pièce où l’odeur est la plus puissante. 20 lits, nous sommes déjà moins que prévu. En passant je me vois dans un vieux miroir terni, ou plutôt dans les deux morceaux qu’il en reste, et qui pendouillent acérés comme des couteaux. Ils me renvoient une image terne et grise d’un petit garçon sale aux cheveux mal coupés. Il y a encore quelques heures je ne ressemblais pas à ça. J’essais de graver dans ma mémoire l’image de la petite fille qui après avoir été renvoyée de l’arène dans laquelle elle patientait depuis le matin est allée se travestir dans des toilettes insalubres. Je n’avais que mon couteau à graver le bois. J’ai coupé mon épaisse tignasse avec ça, et j’ai regardé sans remords mes longues mèches tomber sur le sol. Puis je me suis noircit le visage avec la poussière accumulée sur le sol en terre battue, ainsi j’avais l’air plus dur, plus masculin. J’ai eu de la chance d’avoir put profiter de l’androgynie de la jeunesse.

Ainsi je ne suis plus une fille, un vieux tissu collé au fond du pantalon pour pouvoir faire illusion, je maudis les quelques courbes féminines de ma silhouette, au niveau des hanches et des épaules. Avec quelques années de plus je n’aurais rien put cacher, mais aujourd’hui mon visage est celui d’un petit garçon pré pubère un peu féminin. Si je suis choisie, il ne pourra plus me renvoyer même quand il saura que je ne suis pas un garçon. Tout à l’heure il nous a invité à mentir, à tromper pour pouvoir être sélectionnés. Après tout les marionnettes sont un art de la dissimulation et de l’illusion. Je jouerais sur le décalage entre être et paraître. Il veut que je sois un garçon je semblerais en être un.

Un grand brun s’approche de moi par derrière et me prend l’épaule :

- Toi le gosse tu te fais un peu trop remarquer !

Il s’apprête à frapper, je ne me retourne pas, j’attends le moment propice. Puis au moment où son poing n’est plus qu’à quelques centimètres de mon crâne, je me baisse et fais volte face comme un chat, et je frappe avant lui. En plein estomac. Il recule le souffle coupé et les yeux révulsés, il crache un truc visqueux et plein de sang. Et me regarde comme fou. Les autres se sont amassés autour de nous. Nous devons avoir l’air de David face à Goliath, mais si mes souvenirs sont bons, ce n’est pas le grand costaud qui gagne dans cette histoire. Il sort un couteau, j’attrape le mien. Ce n’est qu’un couteau à bois, mais il peut-être dangereux, j’ai déjà tué une fois avec. Il s’approche pour me planter. J’esquisse mais je reçois un coup de coude en plein visage. J’ai du sang dans la bouche.

Si personne n’intervient je vais tuer ce salaud. Car pour moi depuis des années la mort des autres et le seul moyen de survivre. Mon clan s’est sacrifié pour moi quand j’avais quatre ans, puis j’ai tué mon premier maître marionnettiste. Un soir il avait encore une fois collé sa peau contre la mienne, une fois de trop, j’avais ce couteau, celui qui désormais ne me quitte plus. J’avais visé le flanc gauche, un coup sec qui s’était enfoncé dans la chair. Puis j’avais frappé sa gorge et l’avais explosée. Je me souviens de son sang, épais, chaud et foncé qui coulait sur mes cuisses nues. Ce jour là, le visage couvert de ce liquide salutaire, j’ai su que je n’étais plus une enfant. Aujourd’hui je me bats pour mon frère Ryô, tué par ma faute et dont je me souviens juste qu’il était une source de chaleur contre laquelle mes peines s’évanouissait. Il va vivre à travers moi dans cette formation militaire.

L’autre me charge, pauvre idiot, aucune délicatesse, pas un gramme de finesse ou de stratégie. Je le laisse venir à moi, tout près, encore plus prêt, et quand je sens son haleine balayer mon visage, je vise sa cuisse. Mon couteau s’y enfonce. Lui n’est pas parvenu à m’atteindre, il hurle de douleur alors que j’arrache mon arme de la plaie béante et lui redonne un coup de poing en plein dans le ventre. Il tombe sur la porte. Je n’ai pas visé les points vitaux mais s’il revient…

L’examinateur entre. Sans un mot il nous observe tous. Moi tenant fermement le couteau ensanglanté, les autres qui jubilent, mon assaillant, la jambe ouverte et le teint pâle à moitié couché sur le sol. Il ne demande pas ce qu’il s’est passé, c’est visible. Il attrape l’autre et le soulève.

- Rentre chez toi garçon, on n’a pas besoin de blessé ici.
- Mais …
- Aucun mais, tu dégages.

A ces mots il le jette dans le couloir et lui dit qu’il y a une infirmerie pas très loin. Puis il me fixe. Bien droit. Je sens son regard me découper, m’analyser. Pour moi ce n’est pas dur de jouer le garçon, depuis la mort de ma famille, je n’ai jamais vécu avec des femmes ou des filles. Je fixe sur mes lèvres un vilain sourire. Il passe parmi nous et nous retire nos armes. Je sens que les autres me voient comme une menace alors je prends ce lit sous le miroir brisé. Au cas où un bon morceau de verre dans les tripes ça peut sauver.






On revient konoha la prochaine fois ... J'espère que tout cela n'est pas trop noir ^^ Bon vous en pensez quoi ?



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