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The Way Of Naruto
Attention, cette fanfiction de Naruto est catégoriée spoil, c'est à dire qu'elle peut évoquer des passages du manga qui ont été publié au Japon mais pas encore en France. Sa lecture est donc susceptible de vous gacher le plaisir proccuré par le manga. Pour enlever ce message et voir toutes sections Spoil du site, rendez vous dans vos options membres.


Fiction: Un coup d'oeil dans le métro

Tokyo c'est grand. Beaucoup trop grand quand on est seul. Elle ne voulait pas la revoir dans ces conditions là. Elle aurait préférée un autre endroit, un autre moment mais aussi une autre vie. Comment ressouder une amitié aussi forte? Comment réapprendre à vivre? SakuxNaru, HinaxSai, InoxKiba
Classé: -12D | Spoil | Drame / Romance | Mots: 1121 | Comments: 7 | Favs: 5
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zaza654 (Féminin), le 18/07/2007
Je ne sais pas ce qui m'a pris. Normalement j'écris une histoire dans un moment de désoeuvrement total. Mais là j'avais cette disserte de philo à faire (dans quelles mesures est-il possible de définir une vertue politique?), j'ai pris un stylo, du papier à lettre et j'ai pondu quelque chose pas trop mal je pense. Mais ça c'est à vous de me le confirmer!


Chapitre 1: Là où tout finit, là où tout commence



J’habite Tokyo.

Comme dans toute grande ville on s’y sent misérable et particulièrement insignifiant. Lorsque je marche dans la rue, j’observe ces gens qui, pressés, avancent mécaniquement. On me bouscule, on me dévisage, mais je ne marque pas leur esprit. Trois secondes plus tard, comme les poissons rouges, ils ont oublié qu’aujourd’hui ils m’ont touché, et que j’ai partagé avec eux ce bout de trottoir, cette seconde furtive d’une rencontre. Dans le métro celle-ci dure plus longtemps. Lorsque ce n’est pas l’heure de pointe, je me plais à dévisager la personne assise en face de moi. Ses habits, ses bijoux, ses cicatrices, ses manies. Comme si je cherchai à la connaître, pendant notre vie ensemble, ces quelques minutes éphémères. S’il porte un costume, c’est qu’il a un job exigeant mais pas les moyens de s’acheter une voiture, comme les cadres d’aujourd’hui. Si elle est coiffée de cette manière, alors sa dernière visite chez le coiffeur est récente. Si ce bijou, cette foi, ce voyage, ce mariage. Si cette marque, tel accident. Si telle Tic, telle névrose.

Je m’amuse beaucoup dans le métro, cette vaste aire de jeux où l’on peut deviner la vie des autres. Parfois j’aimerai qu’on me regarde de cette façon. Que l’on cherche à savoir ce que j’ai pu vivre pour en arriver là, dans ce métro, à cette heure-ci. Et pouvoir arrêter cette exploration de mon âme en sortant de la rame. Mais je sais.

Quoi me demandez-vous ?

Je sais que ne n’inspire que dégoût, que pitié, que crainte. Ma dernière douche remonte à quelques jours et mes vêtements mille fois portés sentent la transpiration, la crasse et l’alcool. Je pue.

Je pue la rue, je pue la pauvreté, je pue l’échec. Je hais cette puanteur qui me cerne, qui m’étouffe. Je hais par-dessus tout ce dégoût que j’inspire aux autres. On a beau dire que le regard d’autrui est insignifiant, il blesse énormément. Savoir que si vous échouez, les gens ne vous regardent plus de la même façon, torture l’esprit. Parce que avant d’être dans cet état, j’avais ce regard et cette supériorité arrogante affichée sur mon visage pour les autres hères de la ville.

Je hais la charité parce qu’elle me rappelle que je suis dans le fond du trou. Et qu’il n’y a personne autour de moi.

Ok, ok. Y a des gens autour de moi sauf que c’est pas les bonnes personnes, c’est tout. Il y a Jun, avec qui j’échange mon corps contre quelques bouteilles d’alcool, et parfois un paquet de clopes. Il y a Hiro qui, pour le même prix évite je sois tabassée, volée, violée. C’est parce que ça m’est déjà arrivé que j’aie su qu’il fallait que je me trouve un protecteur parmi mes semblables. Mon corps, trop faible et trop féminin, constitue un danger, surtout la nuit. Ici je ne vis pas. Je survis. M’accrochant désespéramment à un faible espoir, celui par lequel ma vie pourrait changer. En mieux. Parce que jusque là j’ai pas encore beaucoup vécu et je n’ai pas envie de passer le restant de mes jours entre un foyer et la rue.

J’y suis d’ailleurs dans la rue, cette nuit.

Il neige.

Je ne vous l’avais pas dit ça ? Il fait un froid à tuer ce soir. Un froid à mourir. Et, je ne vous l’avais pas dit non plus ? Hier on m’a tabassée, on m’a volée, on m’a violée. Parce que Jun était en tôle et Hiro, ivre mort. Plus de manteau, une souffrance et un froid à tuer. Ah, et j’ai du oublier de vous le dire. Aujourd’hui, c’est mon anniversaire.

Le froid me paralyse. Je ne devrais pas avoir d’espoir. Je n’ai jamais eu de bonne étoile. Là, tout doux. Dans cette rue sombre, dans ce quartier mal famé. Un endroit à l’opposé de celui de ma naissance. Là, tout doux. Je crois bien que je vais m’endormir. Le froid me brûle, le froid me perce, le froid me couvre. Vous savez ? Le froid à tuer.

Le jour de mes vingt-cinq ans je vais mourir.

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« On l’a retrouvée dans Shibuya. Elle est en hypothermie et inconsciente. »

J’étais de garde cette nuit là. Le froid allait certainement décimer quelques gens des rues et je voulais faire mon maximum pour les sauver. La fille dans le brancard, si maigre, si fragile, était bleue, beaucoup trop bleue. Pour la réchauffer je lui ôtais ses guenilles. Les coups récents qu’elle avait du recevoir avait recouvert son corps d’hématomes.

Faisant le nécessaire pour lui redonner une température normale, je la décrassais. Cette fille devait avoir le même âge que moi. Quel sort la vie lui avait-elle réservée pour qu’elle en soit à cette extrémité ? Elle n’était pas morte. Elle n’allait pas mourir. Et parce que c’était elle, une fille comme moi avec seulement moins de chance, je me promettais de l’aider à s’en sortir.

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Ce blanc. Cette chaleur. Cette propreté. Par quel malheur quelqu’un m’avait-il emmené dans cet hôpital ? La porte s’ouvre. Une infirmière rentre, me voit les yeux grands ouverts et marmonne qu’il faut qu’elle aille chercher mon médecin. Le rire enjoué dans le couloir me rappelait quelqu’un. Elle franchit la porte et je fixai ses cheveux roses qui venaient seulement de confirmer mes soupçons. J’allais ouvrir la bouche et prononcer les mots fatidiques mais elle cloua mon bec en disant :

« Alors comment vous appelez-vous ? Vous n’aviez pas vos papiers dans vos affaires. »

J’ai passé quatorze ans de ma vie avec cette fille et elle ne me reconnaît pas ? Là c’est quand même pas un de ces poissons rouges dans le métro. Meilleurs amies, inséparables, à la vie à la mort, parce que c’était elle, parce que c’était moi. Tu veux que je t’en sorte d’autres nullités à l’eau de rose ? Notre dernière rencontre c’était il y a huit ans. Tu ne souviens pas de moi. Je ne savais pas que la rue changeai autant les gens, que la violence modifiait les traits. « Alors c’est quoi votre nom ? ». Saku, si tu savais.

C’est moi, Saku, c’est moi. Moi que tu étais venue chercher au fond de la classe. Moi que tu as extravertie. Moi qui t’ai donnée ton premier baiser parce que tu étais jalouse des ces couples pré pubères. Moi ta première psychologue. Moi ta première meilleure amie.

« Alors votre nom ? »

C’était toi mon espoir pour me sortir de cette fange.

Mais tu ne me reconnais pas. Mais tu m’as sauvée.

Une chance.

Je te laisse une chance pour me retrouver. Au nom de notre jeunesse passée ensemble.

Pour la première fois je vais te mentir.

« Je m’appelle Yoko Tanizaki »




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