Fiction: Toi ou rien

C'est l'histoire d'une rencontre parmi tant d'autres. Celle de Tenten et de Neji. L'adorable Tenten et le froid Neji. La petite Tenten et le grand Neji. Tout commença lorsque cet homme avait levé les yeux vers elle et qu'il lui avait dévoilé ses yeux blancs. Tout commença lorsqu'elle lui proposa "Voulez-vous prendre un thé ?" Tout commença lorsqu'il la choisit.r
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Tanial (Féminin), le 19/12/2017




Chapitre 4: Vernissage



Ces brochettes de légumes étaient effectivement excellentes.

Presque autant que la dance de Lee après la cinquième tournée de vin, hilare sur la table du salon. Une prouesse ! Danser tout en jonglant avec pas moins de six oranges, à cloche pied, avec cinq verres au compteur, c’était remarquable.

Presque autant que l’expression ahuri de Neji, dont le visage était encore plus blanc et livide que d’habitude. Oui, il avait finit par être entrainé dans l’euphorie d’un barbecue chez Naruto par le duo Ino-Sakura. Car personne, absolument personne, ne peut refuser une demande du combo légendaire. À croire que les cheveux d’encre du photographe avait fait tilt dans les yeux de la jeune femme aux cheveux guimauve…

Lovée dans un coin du canapé, Tenten finissait lentement son verre. Le spectacle de Lee suffisait à la tenir hors de la solitude dans lequel elle baignait depuis le début de la soirée. Son humeur massacrante de la semaine avait finit par éloigner tous ses collègues de son espace vital pour encore quelques jours certainement. Finalement ce fut Naruto qui brisa sa douce bulle, en s’écrasant littéralement dans le reste du canapé vacant. Tenten le regarda avec un air sévère.

« ‘Toute façon on avait prévu de changer de canap’ tu sais.
- C’est pas une raison pour débouler comme un phoque bourré !
- Sache ma petite Ten’ que je ne suis pas un phoque, mais peut être bien un petit peu bourré ! »

Tenten jeta un regard circulaire sur l’ensemble du séjour, et vit la pauvre Hinata qui ne pensait pas organiser la soirée du siècle, mais seulement un barbecue convivial qui devenait de plus en plus blême. Naruto s’était apparemment laissé emporter dans l’ambiance détente du groupe de collègues et riait à gorge déployée devant les performances de Lee.

« Oh fait Ten’, tu connais ce gars ? demanda t-il entre deux fous rires.
- Je ne saurai même pas te dire… »

La dernière goutte de vin disparue, Tenten reposa son verre et décida de quitter la tiédeur du sofa. Naruto profita de son départ pour s’allonger de tout son long et cala un coussin sous son ventre. Il ne sera pas le dernier éveillé de cette soirée…

Se faufilant entre les corps plongés en pleine danse, il fut difficile de trouver une sortie dans le jardin des Uzumaki. Il faisait encore bon dehors et le vent semblait donner vie à la végétation. Une odeur de cigarette flottait dans l’air et très vite Tenten se mit à froncer du nez. Elle qui souhaitait quitter le bruit, les effluves d’alcool et de sueur, respirer à l’air frais de la fumée de nicotine ne l’enchantait pas. Elle fit le tour d’un petit puits et se retrouva nez à nez avec Neji. Elle ne l’avait pas vu sortir.

« Ne me dites rien, ma consommation de goudron vous dérange.
- Je n’ai rien dit, répondit-elle.
- Comme je vous l’ai demandé. »

Il reprit une bouffée. Il sourit.

« Votre article se porte bien ?
- Quel article ? »
Il plongea son regard dans le sien. Tenten su qu’elle avait répondu avec justesse.

Si tu penses être le centre du monde mon grand…

Mais manque de chance, son sourire se fit encore plus grand. Il écrasa sa cigarette sur le muret adjacent au puits, puis mit le mégot dans une boite en métal. Tenten fixa la boite sans comprendre.

« Je pollue peut être mon corps, mais pas la planète. »

Commence par ne pas fumer peut être… Mais Tenten savait que parler avec des fumeurs ne servait à rien, ils ne pouvaient se sauver qu’eux-mêmes. Elle se rendit compte que finalement, ils se croisaient beaucoup, mais ne parlaient jamais. Ou du moins, très peu. À l’image de leur première rencontre marquée par uniquement quelques échanges de phrases. Devant le silence qui s’installait à nouveau, elle finit par s’asseoir dans l’herbe, les bras posés sur ses jambes repliées devant elle. Lui, resta debout. Bien que chaque parole entre eux semblait devenir un combat, leurs silences, eux, s’accordaient à merveille.





« Ten ! Teeeeen’ ! Mais réveille toi bon sang ! »

Il fallut que quelqu’un la secouea vigoureusement pour que la belle endormie se décida à ouvrir un œil. La première chose que vit Tenten fut le bleu océan des yeux de Naruto.

« Depuis quand tu t’endors au travail ? Ça doit bien faire 30 min que tu ronflotes !
- Je ne ronflote pas, je respire fort… » Réussit à répondre Tenten, émergeant doucement.

Elle releva sa tête de son clavier, et porta fièrement sur le visage la marque d’une dizaine de lettres toute l’après midi. C’est la première fois qu’elle s’assoupit ainsi au travail. Dormir devenait de plus en plus difficile…






« Hei’, tu veux manger quoi ce soir ? demanda Tenten à travers la porte de la chambre du jeune garçon.
- C’est Heisuke.
- Pardon ? J’entends mal, ouvre ta porte… »

Il y eu un bruit sourd, le son des pas qui se rapprochèrent puis la porte s’ouvrit sur quelques centimètres.

« Appelle moi Heisuke. Mon prénom c’est Heisuke. »

Il refermât aussitôt la porte. Tenten était dévastée, elle ne savait plus quoi faire.

Depuis l’accident, ils ne s’étaient presque plus revus. Tenten était trop jeune pour assumer son petit frère. Il avait été placé puis aucuns des deux n’avaient tenter de joindre l’autre. La douleur ne s’effaçait pas et la crainte de la raviver d’autant plus les dissuadaient de rentrer en contact. Mais elle s’en voulait, en tant qu’ainé, d’avoir laisser son frère dans cet établissement si longtemps. Au fil des années, elle avait pu mettre la main sur quelques comptes rendus qui ne révélait pas un bon épanouissement avec les autres. Heisuke a toujours été différent. Il était taquin, joueur, têtu. Mais il avait un bon fond, et finalement ils s’entendaient plutôt bien à l’époque. Maintenant il ne reste plus rien. Il ne reste que plus cette porte entre eux deux.

Heisuke semblait ne pas vouloir voir sa sœur, ainsi Tenten n’insistait pas et laisser à manger sur la table de la cuisine. Il mangeait la nuit, pendant qu’elle dormait et le lendemain matin la vaisselle était faite. Son frère ne souhaitait aucun contact avec elle, mais refusait d’être une gêne, ou peut être, refusait de laisser une trace chez elle. Pour parfaire ce sombre tableau, Tenten ne savait pas comment aborder le sujet de l’école avec lui… Il passait ses journées enfermées et si cette situation s’éternisait, il serait complétement déscolarisé.


Il aura fallu un nouvel accident pour que les choses se remettent en marche.


Un soir, Tenten rentra chez elle et vit une scène effroyable. Du sang. Du sang partout. Sur le sol, sur le plan de travail, et sur un couteau au sol. Son sang à elle ne fit qu’un tour, elle se jeta sur la porte de la chambre de Heisuke et vit qu’il n’était pas là. Une agression ? Un vol ? Un meurtre ? Tout était possible et Tenten fut pris de panique. Elle l’appela, cria, couru dans le couloir, puis à bout de souffle s’arrêta net. Elle ne s’avait pas quoi faire, qui appeler. Son frère n’avait pas de portable. Pourquoi ne lui avait-elle pas donner un ?

Les cris finirent pas faire sortir quelques voisins dans le couloir, certains en râlant, d’autres inquiets. Finalement une voisine vint lui attraper le bras.

« Mademoiselle, je ne sais pas si je peux vous aider mais il semblerait qu’il y ait un mot d’accrocher sur votre porte d’entrée. »

Tenten fit volte face. Mon Dieu qu’elle se sentit bête, comment pouvait-elle rater ce post-it rose en plein milieu de sa porte ? Un simple chiffre y était inscrit : 7. Elle ne comprit pas, quel était l’intérêt de laisser un mot si c’est pour presque rien y écrire ?

Ces pensées furent interrompues par une main sur son bras. C’était lui.



Finalement leurs retrouvailles se furent en épongeant le sang au sol.

« … Et du coup, je me suis entaillé le bras. »

Tenten se redressa sur ses genoux, un chiffon imbibé de sang posé à coté d’elle. Heisuke continuait de nettoyer le plan de travail.

« Mais pourquoi tu as voulu couper une pomme avec mon couteau de boucher ?!
- J’en savais rien moi que c’était un couteau de boucher ! Pourquoi t’as ça de toute façon ? Tu sais à peine cuire des pâtes !
- Il n’est pas vraiment à moi… Et ne me rejette pas la faute ! »

Tenten releva que Heisuke avait bien mangé les plats qu’elle laissait dans la cuisine depuis plusieurs jours, même si ce fut par une critique.

« Et donc, après t’avoir ouvert la moitié du bras, tu es sorti ?
- Bah oui, tu m’as laissé ton numéro mais pas de téléphone, alors j’ai dû me débrouiller ! »

Il posa le chiffon et remonta sa manche pour montrer un énorme bandage.

« Je suis sorti en hurlant, à peu près comme toi il y a dix minutes, et un mec est venu m’aider. Je suis allé chez lui et il m’a fait ça. Plutôt cool, mais plutôt bizarre aussi, dit-il en tirant sa manche.
- Heureusement qu’il y a quelqu’un la journée dans ce petit immeuble…
- Mh. »

Les jours passèrent et le dialogue se créa à nouveau entre le frère et la sœur. Tenten s’aperçut que à défaut d’aller à l’école, où elle avait tout de même pris le temps de l’inscrire, il était de moins en moins dans sa chambre.

« Au fait, tu passes tes journées où ? »

Heisuke releva la tête de son bol de soupe et fixa un point derrière la tête de sa sœur.

« Je reste ici.
- Tes chaussures changent sans arrêt de place…
- Ok, ok, commença t-il, je traine des fois chez le gars qui m’a soigné la dernière fois. »

Tenten tiqua.

« Le type louche ?
- Nan, le gars bizarre.
- C’est pareil.
- Non, il est sympa t’inquiète. »

Ça ne suffit pas pour rassurer sa sœur qui se retenait de poser mille questions à son frère sur cet homme. Mais elle savait que leur relation n’était pas encore assez établie, et que bien qu’elle ne sache pas ce qu’il faisait exactement de ses journées, il semblait plus enthousiaste, ouvert et heureux. Elle décida de laisser encore quelques jours passer avant d’insister d’avantage.



Tenten n’était pas stupide, mais pas franchement futée non plus. Cette réalité la percutait de temps en temps mais elle n’en tenait jamais réellement compte. Sauf cette fois-ci.

« Ten’, ton article a bien été validé par l’équipe ! s’exclama Naruto près de la machine à café.
- Ah. Il faut croire que notre magazine a l’esprit plus ouvert que je ne le pensais. »
Naruto sourit. Il avait la sale manie de faire tourner sa cuillère environ trois minutes dans son mug orange criard en forme de renard afin que chaque grain de sucre soit parfaitement dissous, selon ses dires.

« D’ailleurs, je suis étonnée que tu n’es rien dit à Lee à propos de cet article.
- À Lee ? Pourquoi ça ?
- Bah, il s’agit du mannequin dont tu parles ! »

Tenten lâcha sa cuillère dans son thé camomille.

Oh mon…

« Attends, repris Naruto, tu avais fait le lien quand même ? »

Non, pas du tout. Lee dégageait une aura tellement sympathique et accessible que Tenten n’avait pas fait le lien avec le fameux mannequin froid et à la carrure parfaite. Elle n’avait pas réfléchit cinq secondes au lien qu’entretenait Lee et Neji. Mais comment avait-elle pu être aussi bête ? À trop vivre au jour le jour, son cerveau ne tirait plus aucune conclusion logique aux événements.

« Tu sais, ils sont amis depuis super longtemps je crois. Enfin, c’est ce que m’a raconté Hinata. Il s’agit de la seule personne qui est proche de lui. C’est peut être pour ça que leur coopération sur cette série de photos est aussi fascinante. »

Tenten écoutait à moitié son collègue. Elle essayait de reconstituer dans sa tête ce qu’elle avait pu dire ou faire qui démontrait qu’elle n’avait pas fait un lien aussi évident. Qu’avait-elle dit à Lee ? Heureusement pour elle, la parlote maladive de Lee l’avait empêchée de dire quoi que ce soit de stupide. Enfin, elle croyait.


Le monde était vraiment petit. Minuscule même. Un mouchoir de poche ?

« Ok … » commença Tenten en fermant la porte du bout du pied. Elle fit glisser son écharpe autour de ses épaules et posa son sac au sol.

« Lee ?
- Yep ?! »

Ce dernier se retourna un instant dans le fauteuil dans lequel il était avachi, mais se remis très vite face à l’écran, rappelé à l’ordre par la proche ligne d’arrivée.

« Deux secondes, c’est le dernier tour là ! Lança Heisuke par dessus son épaule.
- Ok ok… » Capitula Tenten.

Elle s’approcha du salon et vit son frère et Lee en pleine partie de Mariokart. Ils étaient plongés dans la course, à tel point que son frère se léchait le bord de la lèvre à force de concentration. Puisque personne ne lui répondait, Tenten s’assit à coté de son frère et les regarda finir leur jeu. Après une victoire écrasante de Lee, et des vagues de mécontentements de Heisuke, Tenten repris.

« Loin de moi l’idée que ta venue chez moi me déplaise mon cher Lee, mais, qu’est qu’il se passe ?
- Ah tu connais le type bizarre ? »

C’est les bouches pleines de pizza que la situation s’éclaircit enfin.

« Ouais et du coup, bah je traine chez Lee l’aprèm. Parce que bon l’école ça vas bien deux minutes…
- Heisuke, l’école n’est pas une proposition que je te fais, mais une obligation… repris Tenten.
- Mh, bref, je disais, c’est dingue que vous vous connaissiez déjà ! »

Pour être dingue, ça, Tenten ne le remettait pas en question. À croire qu’ils étaient tous reliés entre eux. Finalement c’était une bonne chose que ce soit chez Lee que trainait son frère, enfin, certainement. Lee lui envoya un sourire charmeur comme pour la convaincre que tout ceci était finalement une belle histoire et que les pizzas à l’ananas étaient délicieuses.

« C’est une honte de mettre de l’ananas dans une pizza, fit remarqué Heisuke.
- Neji me dit toujours la même chose, répondit Lee en croquant généreusement dans la sienne.
- Ah le gars-fille ?
- Avoir les cheveux longs ne fait pas de toi un fille, jeune effronté. »

Tenten fit tomber toute la garniture de la sienne.

« Tu connais Neji, Heisuke ?
- Connaître c’est vite dit, il squatte chez Lee à l’improviste des fois. »

Le monde était VRAIMENT petit.

« C’est drôle que tu le connaisses, repris t-il.
- Pourquoi ?
- Parce que lui, il n’a jamais parlé de toi. Pourtant je me plains beaucoup de toi. Il n’a jamais réagit. »

Tenten soupira, son frère était-il obligé de ternir son tableau auprès de lui ?

« Enfin, vaut mieux pas être son pote je pense.
- C’est pas sympa ça ! Réagit Lee.
- Je ne sais pas, il est incohérent des fois. J’y peux rien moi. »

Sur cette dernière phrase Heisuke avala le reste de sa pizza puis alla s’enfermer dans sa chambre.

« Incohérent ? » repris Tenten curieuse.

Lee détourna le regard en soufflant quelque chose comme «Je ne sais pas de quoi il parle » et enchaina sur des anecdotes sur les voisines du second étage. Si le but de la manœuvre était de distraire l’attention de Tenten, il s’était mis le bras entier dans l’œil.




Les semaines passèrent et Tenten trouva un train-train quotidien en compagnie de son frère. Leur cohabitation n’était toujours pas parfaite mais passer des moments ensembles redevenaient un temps privilégié le soir. Evidemment, les après-midi chez Lee semblaient aussi être un temps incontournable, qui éloignait l’école de son frère. Après de longues conversations avec Lee, ils se mirent d’accord pour des cours par correspondance, et Heisuke accepta rapidement à condition de pouvoir les faire chez Lee. Tenten avait bien tenté de mimer la vexée devant un tel favoritisme, son frère ne voulait rien entendre. Il avait pris Lee comme son modèle, son mentor, et comme image paternelle. Lee étant quelqu’un d’équilibré et de fiable, enfin d’après ce que savait Tenten, elle se contentait de cette situation improbable.

« Tu n’as donc pas de job ? demanda un soir Tenten qui était descendue boire un coup chez Lee, devenu un confident avec le temps.
- Sache ma belle que je suis ce qu’on appelle « un gosse de riche » et que j’en profite.
- Et… tu ne t’ennuis pas trop ? »

Lee rigola et tout en lançant un regard sur Heisuke, répondit :

« J’ai un gosse à élever maintenant. »

Allons bon.

Une bonne odeur de crêpe embaumait la cuisine du jeune homme et préfigurait une bonne soirée en perspective, quand le téléphone de Lee vibra. Il jeta un œil à son écran fissuré en un feu d’artifice prodigieux depuis que Heisuke avait fait un panier avec la semaine précédente. Relevant la tête du message, il sentit la bonne idée arrivée.

« Ma petite Ten’, tu peux me rendre un énorme service ? »

Tenten ne vit pas le coup foireux arriver à des kilomètres.

« Oui ? »



Si elle avait su qu’aller faire la godiche à un vernissage photo était rendre un service à Lee, elle y aurait pensé à deux fois. Il aurait pu tout simplement décliner l’invitation reçu par téléphone et elle serait actuellement entrain de se gaver de crêpes beurre-sucre. Arrivée devant l’adresse indiquée, elle demanda l’accès à la salle du personnel où elle devait rejoindre une personne sensée lui expliquer la raison de sa venue. Au fond d’un couloir, on lui tenu la porte l’invitant à rentrer. Sur un mot de politesse, le staff se retira et Tenten vit enfin l’entourloupe qui se profilait.

« Cette robe te vas à ravir, Lee. »

Tenten soupira profondément. Lee essayait-il de les caser ou quelque chose comme ça ? Neji la fixait du fond de la pièce, adossé à un mange debout sirotant un café. Il semblait à peine surpris de sa venue.

« J’ai trouvé la réponse positive de Lee bien trop rapide pour être sincère. Il déteste ce genre d’évènements.
- Tout comme moi… Je ne vois pas ce que je fais ici, répondit-elle très vite.
- J’avais invité Lee pour m’accompagner lors de cette longue et ennuyante soirée. »

Sans accord de la part de la jeune femme, il conclut :

« Je te remercie de t’être sacrifiée » avec un sourire sincère.

Rester à coté de Neji alors qu’il saluait encore et encore de nouveaux visages n’avait rien d’amusant ni d’excitant. Au contraire, Tenten sentait sur elle des regards malveillants depuis plusieurs minutes. Au détour d’un plateau de canapés elle entendit des murmures portés sur elle, provenant d’un groupe de jeunes femmes habillées sur leur 31. Ce genre de manigances ne dérangeait pas Tenten mais cela devenait fatiguant. Elle n’était pas venue pour subir une jalousie non justifiée de ces jeunes femmes…

« Peut-être serait-il mieux si je te laissais quelques temps ? Souffla t-elle à Neji alors qu’il faisait un signe de la main à des connaissances qui repartaient en remerciant.
- Pourquoi donc ? »

Il fit un tour de salle du regard.

« Y aurait-il trop de concurrence ? »

Les yeux de Tenten roulèrent vers le ciel.

« Oh pitié pas de ça avec moi. »

Neji se mit à rire franchement. Il plaça la main de Tenten sur son bras de façon plus solennelle. Il vit le regard paniqué de la jeune femme à qui ce genre de rapprochement allait justement empirer sa situation. Il s’avérait finalement qu’une telle position finit par faire taire les jeunes femmes qui réalisèrent qu’elle ne faisaient peut être pas le poids. En effet, le couple était superbement assorti. L’éducation sévère de Tenten lui avait léguée une posture naturellement droite et élégante. La robe offerte pour l’occasion de Lee tombait simplement sur ses hanches et la couleur nacrée avait été spécialement choisie pour répondre aux yeux du cavalier. Prise par l’improvisation de cette tenue, Tenten ne portait aucuns bijoux, peu de maquillage, ni de coiffure sophistiqué. Elle aurait pu détonner dans cette foule tirée aux quatre épingles mais sa place auprès de Neji dont la simplicité juste et l’élégance innée justifiait amplement une telle tenue.

Tenten commençait à s’habituer à ce jeu de salutations incessantes quand elle sentit la main de Neji sur sa main. Sa main était glacée. Elle tremblait. Un vent de panique pris Tenten au ventre, qu’est ce qui pouvait bien faire trembler Neji Hyuga ?

Un homme, grand, âgé mais infiniment charismatique s’approcha d’eux. Ses lèvres portaient un beau sourire mais ses yeux trahissaient une indifférence profonde. Il s’arrêta à un mètre.

« Neji, c’est un réel plaisir de te revoir ici, commença l’homme.
- Un réel plaisir, oui. »

Neji pencha la tête sur le coté et souris à son tour. Un rictus immonde, qui jurait avec son visage. Tenten ne savait pas qui était cet homme, mais ils entretenaient une mauvaise relation. Elle sentit sa main tremblait d’autant plus fort, bien qu’elle sentait qu’il tentait de se contrôler. Une fois le vieil homme partis, Neji relâcha Tenten et laissa tomber sa main mollement le long de son corps. Elle n’entendit plus son souffle pendant quelques secondes, jusqu’à ce qu’il la regarde à nouveau, avec un visage figé.

« Merci pour ta compagnie. Tu peux rentrer maintenant. »

Sur ces mots, il partit rejoindre la foule et très vite Tenten le perdit de vue. Elle ne sut pas quoi faire, laissée là subitement. Après un moment de flottement, elle retourna dans l’espace personnel prendre ses affaires et rentra chez elle sans un mot.



« Non, non et non ! Hors de question que je gère le nouveau ! »

On entendait des cris au loin dans l’open space. Tenten qui avait un casque couplé à sa Play List favorite à fond n’entendit rien… Uniquement un « Demandez à Tenten ! » lancé avec un ton désespéré, qui prit place dans un laps de temps de silence entre deux morceaux de jazz. Elle n’avait pas la force de lutter ce matin.

« Tenten, douce Tenten, tu peux t’occuper du nouveau ? C’est son premier jour ! »

Comment ne pas capituler devant les yeux émeraude de Sakura Haruno ?

« Ok, ok, c’est le nouveau journaliste c’est ça ?
- Chroniqueur, mademoiselle ! Repris Sakura.
- Si tu le dis... »





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