Fiction: Le théâtre du mal

Pour échapper à une bande de flics, une jeune délinquante trouve refuge dans un ancien théâtre. La jeune fille y établira une planque dans les pièces secrètes. Mais bientôt, l'adolescente s'aperçoit qu'elle n'est peut-être pas la seule à errer dans les lieux car il semblerait qu’il se passe des choses étranges dans cet ancien théâtre abandonné durant la nuit. A qui appartiennent ses voix ? C’est pourtant une rencontre terrifiante qui transformera sa vie en cauchemard.
Classé: -16D | Horreur / Mystère / Romance | Mots: 15029 | Comments: 71 | Favs: 24
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Darkness13666 (Masculin), le 16/03/2012
Presque un an que j'ai rien posté... Oui, honte à moi ! J'ai eu un mal de chien à faire une suite cohérente et ça partait un peu en live... J'espère que vous suivrez toujours ; en tout cas, c'est de grosses révélations qui vous attendent.



Chapitre 5: Possession



- Où est Lucy ?

Naruto s'arrêta, le souffle coupé. Gaara lui aussi était hors d’haleine, penché, ses mains appuyées sur ses genoux qui manquaient de flancher.

- Je ne l’ai pas retrouvée, elle ne répond pas à son portable, je crois qu’elle n’a plus de batterie… , souffla le blond péniblement.

Le cœur de Gaara manqua un battement. Pourquoi la blonde était-elle partie aussi brusquement. Et si… ?
Il n’y avait que cette explication possible. Le théâtre. Apparemment, son ami y avait pensé aussi car il le regardait, complètement effaré.

- Non, elle n’a pas pu ! Après tout ce qu’on a appris, elle n’a pas pu !

- Figure-toi qu’elle en est bien capable, rétorqua le rouquin.

Il se redressa enfin, ayant retrouvé son souffle, un mal de crâne persistant. L’inquiétude, la fatigue et…
Gaara eut l’impression de tomber alors qu’il était complètement immobile, sa vue se brouilla et une chaleur infernale montait en lui. Il ne vit pas le blond le fixer avec des yeux ronds, lui demander en hurlant ce qui lui prenait. Quoi, il ne faisait rien, il n’arrivait même pas à bouger.

Mais Gaara bougeait bel et bien, il ne contrôlait déjà plus rien. Il entendit cette voix terrible lui ordonner de tuer. Cette voix résonnait, se répétait sans se lasser. Il devenait fou ou quoi ?!
Pourtant, il avait beau lutter, la chose qui s'emparait de son esprit était beaucoup plus forte que lui.
Son corps le brûlait entièrement, son esprit était en pleine défaillance et se bloquait.
La voix résonnait dans sa tête.

« Laisse-moi faire, laisse la folie te consumer, tu n’es rien face à moi, tu n’es qu’un insecte d’humain. »

Gaara hurla intérieurement, supplia… Le noir.

Il rouvrit les yeux, allongé sur le canapé de Naruto. Sakura était là aussi. Pourquoi Lucy n’était-elle pas là ? Comment s’était-il retrouvé chez Naruto ? Il fouilla dans sa mémoire, mais la seule chose dont il se souvenait, c’était son verre de bière qu’il avait commandé au bar. Que c’était-il passé ensuite ? Il n’en savait rien. Ses oreilles bourdonnaient, c’était à peine s’il entendait Sakura brailler. Sa voix résonnait dans sa tête, lui donnant la nausée. Il avait trop bu, ça devait être ça.
Pourquoi Naruto le regardait-il, effrayé ? Pourquoi son cou était recouvert de bandages ?
Il tenta de lui poser la question mais il ne s’entendit pas prononcer le moindre mot. Diable, qu’il avait la gorge sèche. Il tenta de bouger mais la sensation de ses doigts sur le tissu du canapé n’était pas la même que d’habitude. Il avait des fourmis partout dans le corps.

Le rouquin se résigna, il devait se reposer encore et attendre de reprendre complètement ses esprits. L’adolescent ferma les yeux et le monde des songes le gagna peu après… si "monde des songes" était l’expression.
Il se retrouva en réalité à l’intérieur de son esprit, dans une sorte de néant. Gaara savait bien sûr, qu’il n’était pas tout à fait seul en lui. Il entendait une respiration sifflante tandis qu’une porte de fer dorée se matérialisait devant lui. Ce portail était solidement cadenassé.
L’ombre difforme qu’il connaissait si bien se matérialisait derrière les barreaux de sa prison. Un être de sable aux yeux injectés de sang, un démon.

- Shukaku.

- Lui-même. Ceci n’est pas un rêve.

Gaara considéra le monstre qui se trouvait en face de lui. Un simple portail d’or les séparait. Et si le démon l’avait attiré au plus profond de son esprit pour le forcer à le libérer ?
Un moment, il repensa à son grand-père qui s’était suicidé à cause de cet esprit malin. C’était l’occasion de découvrir la vérité !

- Qu’as-tu fait à mon grand-père ?!

- Il s’est tué tout seul. Il savait qu’il avait découvert la chose qu’il ne devait pas savoir.

- De quoi parles-tu ?

Le garçon restait sur la défensive. Tout le monde sait que les démons sont des menteurs. Le démon le toisait derrière sa cage, son regard maléfique semblait s’allumer, comme s’il se mettait en colère.

- Il savait ce qui se cachait au théâtre, et que s’il ne faisait rien, il en serait inéluctablement prisonnier.

- Développe ! »

- C’est simple, si Lucy rencontre le maître du théâtre, elle n’en réchappera pas.

A cet instant précis, un vent fit lever quelques grains de sables et le décor changea. Il était à présent dans l’esprit du démon. Ou plutôt, sa mémoire.

Devant lui, se tenait une scène de guerre. Des êtres ailés combattaient entre eux. Gaara reconnut Shukaku, qui à ce moment paraissait si lumineux, si glorieux. Mais son aura était bordée par la haine, chaque goutte de sang qu’il versait, chaque plume qu’il arrachait le transformaient en monstre sans pitié sans état d’âme.
L’adolescent observa ensuite l’ange rebelle qui semblait mener les opposants vers une tour illuminée. Lucifer*, sans doute. Lucifer qui tentait de faire tomber du trône céleste le Dieu béni. Il y avait un garçon aux cheveux aussi rouges que le sang qui combattait aux côtés de l’ange et du sable. Ses yeux étaient comme éteints.

Mais bientôt, ce fut la chute. Celui qui allait devenir le Diable tombait, avec ses hommes, Shukaku et le garçon au regard vide aussi. Ils tombaient du plus en plus bas comme des étoiles et le choc se fit lourd.

Le décor changea. Les hordes de démons avaient construit leur empire : l’enfer, le shéol, on lui donnera bien des noms.
Gaara comprit que l’entrée vers laquelle il se trouvait était exactement à l’endroit ou le combat avait eu lieu. Et c’était encore ce même endroit lorsque le décor changea de nouveau. Un théâtre venait d’être construit.
C’était la fameuse époque vénusienne où l’on accourait au théâtre, où les romans de romantisme violent se retrouvaient sur le marché, où la religion menait la vie de chaque individu. C’était bien sûr l’époque des meurtres les plus sordides, jamais résolus, d’une horreur extrême.

Le garçon aux yeux éteints était là, lui aussi. L’adolescent se trouvait dans une cave, sous le théâtre. C’est à ce moment que les rituels avaient commencé. Les fidèles acclamaient la venue du démon.
Les époques se succédèrent, Gaara vit son grand-père avec le démon. Il lui donnait une cage contenant du sable.

- Tu as le plus faible, mais n’oublie pas, il est comme moi. Assure-toi que Shukaku ne me trahisse pas.

Gaara tiqua. Ils s’étaient rencontrés et c’était donc comme ça qu’il s’était retrouvé mêlé à cette histoire de théâtre ?

Shukaku s’adressa au vieillard.

- Vous, humains, vous vous trompez. Si vous voulez suivre ce monstre, vous n’en serez que plus malheureux. Je croyais être du côté des justes lorsque j’ai suivi mes compagnons. Mais depuis, nous n’avons commis qu’injustices envers vous, et nous continuons, encore et encore.

- C’est pour ça que tu te rebelles contre les autres démons ? demanda le vieux.

- Oui. Mais tu as vendu ton âme à Sasori et désormais ta famille entière en pâtira ! D’ailleurs, Sasori… ce n’est même pas son vrai nom !

- Explique-toi !

- C’est Lord Bélial*. Cela veut dire sans valeur. Ses paroles ne sont que du vent emportant au loin le sable de son désert originel. Sa seule aspiration est de tromper les hommes en leur faisant miroiter des rêves illusoires et des idéaux inaccessibles. Il use de mensonges pour collectionner des âmes et les faire sombrer dans la folie ou la souffrance. »

Les paroles de Shukaku semblèrent raisonner un moment dans la pièce. Encore une fois, le décor changea.
Une tombe.

Puis Itachi, le frère de Sasuke, possédé par l’esprit de Sasori. Il tuait. Sasuke pleurait. Et Sasuke fit la même chose.

Fatalement, Lucy. La grande main de Sasori, ou celle de Bélial, se baladait dans ses cheveux. La scène n’avait rien d’innocent. Les gestes du démon étaient emplis de perversion. Perversion qui se retrouvait dans son regard.

- Mais réagit, ne le laisse pas te posséder ! hurla le roux.

- Elle ne t’entend pas.

- Pourquoi ?

- Parce que c’est une scène qui a déjà eu lieu. Et nous ne pouvons déjà plus rien faire.

Le roux se sentit mal. Sa meilleure amie… Il ne pouvait pas la sauver. C’est comme s’il tombait à toute vitesse, en enfer alors qu’il était collé au sol. Il rouvrit les yeux.

- Naruto ! Je sais ou est Lucy !

- Gaara ?

- Il m’a tout expliqué ; en fait le démon veut… commença Gaara.

- Qui ça, il ? De quoi tu parles ? demanda le blond qui décidément, n’était pas au bout de ses surprises.

Notre héros respira trois fois avant d’expliquer son incroyable récit. Sa rencontre avec Shukaku, la chute de ce dernier, sa révolte, ses secrets et l’histoire du théâtre dirigé par un prince des enfers.

- Tu veux dire que tu es possédé toi aussi ? fit Naruto après un long silence.

- Comment ça, aussi… ?

- J’ai aussi un démon en moi qui a la forme d’un renard. Il dit être un démon rebelle. Je lui parle depuis un bout de temps. Mais une chose m’échappe.

- Laquelle ?

- Comment t’es-tu retrouvé avec Shukaku en toi ? Parce que dans ta vision, tu me parles d’un portail, ce qui veut dire qu’il t’a été scellé. Il ne peut pas être arrivé dans ton corps tout seul !

- Je ne sais pas.



Dans une chambre du théâtre, faiblement éclairée par la lueur des bougies, il était penché sur sa boule qui reflétait la scène qu’il désirait observer à distance. Sa langue passa sur ses lèvres fines tandis qu’il portait une main à son visage. Il se griffa lui-même les joues, ce qui eu pour effet de rendre son sourire plus terrifiant encore. Lorsqu’il secoua la tête, il vit allongée dans son lit la jeune fille qui venait de lui prêter serment d’allégeance, endormie dans ses draps. De là, il ne voyait que son épaule nue. Sasori eu un petit ricanement satisfait. Sa peau avait été douce et sucrée, pile ce qu’il désirait. Et bientôt, elle mettrait son enfant au monde…





* Lucifer veut en réalité dire le "porteur de lumière". Certains l'assimilent à Satan, d'autres pensent que ce sont deux entités. Dans mon histoire, Lucifer est Satan.

* Belial est l'un des princes de l'enfer, si j'en croie les classifications des démons. J'ai eu envie de faire de Sasori le vrai méchant de l'histoire, d'où l'identité que je lui ai fait prendre.

Réactions ? Questions ?




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