Fiction: Le journal d'un garçon. (terminée)

Qui a dit que les journaux intimes étaient seulement pour les filles ? Shikamaru, élève de seconde, a le sien. Entre son ami sosie de Julien Lepers, les gratins de sa belle-mère, son amour pour Temari LA terminale, les réflexions de son père et sa devise «distant mais classe» impossible de résister ! Occ/humour.
Version imprimable
Aller au
Misuzuki (Féminin), le 27/05/2010
Reprise du premier chapitre.
Bonne lecture.
N'oubliez pas, les caractères des personnages sont hors-sujet.




Chapitre 1: Septembre.



6 septembre

Tout le monde se fiche de mon entrée en seconde,
pourtant j'ai des choses intéressantes à dire :
dans ma classe, il y a un type qui ressemble à Julien Lepers.

7 septembre

Je repère les bons élèves, qui ne font pas la différence entre un jean et un jogging, les indécis, mi-hommes, mi-glandeurs, qui gribouillent sur les tables. Il y a aussi un petit groupe d'adorateurs de Satan: pantalon noir, esprit sombre, idées noires. Julien Lepers me colle. Mme Yuhi, ma prof principale, fait l'appel. Une jolie brune, Tenten, est assise à côté de Neji Hyûga.

10 septembre

Ce matin, mon père a insisté pour que je mette un jogging parce que j'ai gym. Il n'imagine pas une seconde que je puisse le prendre dans mon sac. Comme j'ai résisté, il a sorti son arme psychologique préférée : la confidence.
-Si tu veux mon avis, je pense que tu veux cacher ta virilité et que tu as honte de tes mollets. Regarde Itachi, est-ce que ça le gêne, lui ?
Itachi est le fils de ma belle-mère. Je partage ma chambre avec lui. C'est très bizarre de partager la chambre de quelqu'un qui dit tout haut ce que tout le monde pense, en général, tout bas: << Je vais me coucher, mais d'abord, il faut que je vérifie que j'ai bien ma trousse, mon cahier et mes livres. Tiens, je vais aller faire pipi, comme ça, je n'aurai pas envie cette nuit.>>
Super, merci, Itachi.

11 septembre

Je me demande pourquoi certaines familles sombrent, comme la mienne.
Je pense que tout part d'un malentendu. Mon père a rencontré ma mère quand il avait encore des cheveux. Elle l'a trouvé beau. Ils nous ont faits, ma soeur et moi. Et, quand elle en a eu marre de regarder mon père faire les comptes, elle est partie. Ensuite, il s'est remarié avec la première femme qui pouvait réussir un gratin dauphinois sans le brûler.
La classe.

12 septembre

Ma mère appelle, elle est à Tanger, je la vois peu, et, quand elle m'a au téléphone, elle me lâche pas.
- Ca va, mon chéri? Alors, ta rentrée?
-Géniale.
-T'as repéré des gens sympas?
-Super.
-Et ta soeur, elle est contente aussi?
-Formidable.
-Et ton père?
-Tout va bien.
J'aime bien parler avec elle. Comme elle ne connaît rien de ma vie, je peux tout lui dire, même si c'est faux. Et puis, je sens qu'en étant si positif je lui fais aussi du bien, à distance. Ma belle-mère, elle, risque de finir la tête encastrée dans son four si elle continue à surveiller son gratin d'aussi près. Sakura, ma soeur, regarde la télé, elle attend la pub pour les rouges à lèvres gloss.

15 septembre

J'observe de loin des groupes se former dans la cour. Je suis attiré par une assemblée de jean slim. Pour quelqu'un qui a été habitué à porter un jogging trois jours sur quatre, ces formes ajustées sont le comble de l'élégance. Mon père refuse que je suive les tendances sous prétexte que la mode, ça se démode. Il ne jure que par le jogging, pour lui et pour les autres, mais la révolte gronde. Je guette les gens autour de moi. Je décide que le premier qui viendra me parler sera mon ami pour les cinq prochaines minutes. Je prends un air dégagé, j'attends sur mon banc comme une bague attend son doigt. Et le gagnant est : Julien Lepers.
-Tu ne trouves pas qu'il fait froid pour un mois de septembre?
Je ris à gorge déployée comme s'il venait de m'annoncer qu'il sortait avec Chantal Goya. Un type avec un jean slim nous a entendus.
-C'est de moi que tu ris?
-Pas du tout, on se foutait de la gueule des gens qui achètent des jeans larges avec des trous déjà faits.
-Ah ouais, t'as raison, ils sont trop cons. Je m'appelle Sasuke et toi ?
-Shikamaru Nara.
J'adore dire mon prénom, il est imprononçable.

16 septembre

La Belle au bois dormant est sortie du couloir. Je me suis renseigné. Elle s'appelle Temari no Subaku, elle est en terminale A3 théâtre, autant dire inaccessible pour un seconde 6 indéterminé. Elle ne m'a pas vu tout de suite. Je lui ai tenu la porte et je lui ai dit:
-Ils pourraient faire des portes moins bruyante, en mettant des gonds plus souples!
J'ai repensé au test de ma soeur pour savoir quand on tombe amoureux: coeur qui bat plus vite, mains anormalement moites, tendance à dire des phrases très compliquées pour faire style (voir plus haut), impression de ne pas avoir le bon T-shirt, le bon pantalon, les bonnes chaussures. En fait, d'être un plouc face à la personne la plus belle que vous ayez jamais rencontrée. Je me suis dit que je répondais positif à toutes les questions du test.

16 septembre (soir)

Saku est roulée en boule sur le canapé, comme un petit chat. J'ai passé un pacte avec elle. Au lycée, on ne se connaît pas. Devant la télé, par contre, elle a tendance à me prendre pour son meilleur pote:
-T'as vu comme il ressemble au capitaine Igloo!
Un vieux marin décati observe une mouette devant la pointe du Raz (Bretagne).
-Tu les connais, toi, les A3 théâtre?
-Non, je ne connais pas Temari no Subaku, si c'est ta question. Mais je crois que c'est une pute!
Je regarde la mer qui s'agite derrière le capitaine. Je voudrais que ma soeur s'y noie comme un petit chat.

17 septembre

Itachi affirme: ceux qui tiennent des journaux intimes sont:
a) des filles;
b) des pédés;
c) des filles-pédés.
Mon père semble être d'accord. En matière de psychologie, les deux atteignent des sommets.

18 septembre

Julien Lepers apprend que ChateauBriand est autre chose qu'un pavé béarnaise. Il n'en revient pas. S'il insiste, Mme Shizune, notre prof de français, est bien décidée à lui faire manger sa prose romantique. Je me demande ce que fait Temari en ce moment. Je ne l'ai vu que quelques secondes et elle me manque déjà. Je n'arrive pas à me concentrer. Julien Lepers souligne au Stabilo ses bristols. J'ai l'impression que Tenten me dévisage. Sans doute qu'une impression.

19 septembre

Elle s'est appuyée contre une barrière métallique devant le lycée. J'ai froncé les sourcils et balayé la rue du regard à la manière de Clint Eastwood. Elle a regardé sa montre, puis a décollé son dos de la barrière. Elle est partie comme si elle avait attendu pour rien. Je me suis glissé à sa place pour sentir sa présence l'air de rien.

20 septembre

Mon père me paie une glace dans un square. Il pleut, ça caille, mais il a l'air content.
-Tu sais, cette année, je voudrais vraiment que tu fasses quelque chose.
Mon père a vu un reportage sur des ados américains qui passent leur temps à grossir devant leur télé. Ceci explique cela. J'ai dit la première activité qui me passait par la tête:<<théâtre>>. J'ai senti qu'il aurait préféré que je prononce les mots <<foot>> ou <<rugby>>.

22 septembre

Le plafond est bas, nous sommes une quinzaine, entassés dans une pièce mal éclairée. Une vieille dame vêtue de manches d'Artagnan me souhaite la bienvenue: c'est Mme Mitarashi. Les autres m'entourent, je ne distingue pas leurs visages, je suis aveuglé par un spot de lumière blanche. Mme Mitarashi m'invite à fermer les yeux, la tête me tourne. Elle se met à chanter: <<Frère Jacques, frère Jacques, dormez-vous, dormez-vous?>> J'enchaîne: <<Sonnez les matines, ding, deng, dong.>> Je tangue. Je me laisse tomber. Des mains me retiennent et me poussent dans tout les sens. Je dois me laisser faire, ne pas résister. Faire confiance au groupe. Est-ce cela, le théâtre: une secte de frères Jacques? Je me retrouve le cul par terre. Quand j'ouvre les yeux, je vois un spectre devant moi. Temari no Subaku, qu'est-ce que tu fais là?! Je dois faire une drôle de tête parce qu'elle me demande:
-On se connaît ?
-Non, enfin oui. On est dans le même lycée.
-Ah bon, t'es en quoi?
-Seconde 6.
-Ah je vois. Tu m'excuses, faut que je retourne m'asseoir.

23 septembre

Pourquoi c'est toujours au garçons de faire le premier pas ?

24 septembre

Pourquoi c'est toujours à moi de mettre la table ?

25 septembre

Je réfléchis. J'avais une chance sur un million de tomber sur elle. Est-ce un signe? Dans ma classe de seconde, je fais une tête de terminale. Tenten a dû s'en apercevoir, elle se retourne sans arrêt sur moi. Je suis distant et classe.

26 septembre

Je pense que mon père m'a appelé Shikamaru pour se venger (il s'appelle Shikaku). Je pense aussi qu'il a épousé ma belle-mère pour se punir. En ce moment, je ne sais pas pourquoi, il me demande mon avis sur tout est n'importe quoi:
-Qu'est-ce que tu dirais si je faisais un autre enfant ?
-Ca dépend avec qui.
-Ben, avec Mikoto (ma belle-mère)
-Bah, alors, bof.

27 septembre

Je l'ai frôlée. Ma main a touché sa veste. Je suis resté à sa hauteur pour qu'elle remarque ma présence. Elle a continué à avancer et je me suis mis dans ses pas. Elle m'a dit:
-Tu veux quelque chose ?
-Moi ? Non, pourquoi ?
-Je te connais, non ?
-Oui, je suis dans ton cours de théâtre.
-Ah ouais, c'est vrai, t'es un seconde.
Elle ne m'a même pas demandé mon prénom. Mais, après tout, elle a raison, je ne vais pas débarquer de ma troisième de plouc avec mon jogging et séduire la plus belle fille de terminale. Laisse tomber, Shikamaru. Rentre chez toi, mange un gratin et couche-toi.

29 septembre

C'est ma plus mauvaise rentrée depuis le CM2 (un CP m'avait pris pour sa maman), je vais réagir, travailler, repasser mes chemises et passer une très bonne année. C'est sûr. Itachi, si tu pouvais arrêter de respirer par la bouche quand tu dors, tu me rendrais un grand service.




Voilà, fin du premier chapitre.
J'espère que ce chapitre vous a plu et qu'il vous a diverti pendant 5 min. :O
Prochain Chapitre Bientôt.




Chapitres: [ 1 ] 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Chapitre Suivante »



Veuillez vous identifier ou vous inscrire:
Pseudo: Mot de Passe: