Fiction: Lune bleue

France, XVII° siècle de notre ère. Dans une petite ville de campagne habite Temari, fille de couturière réputée, âgée d'une dizaine d'années. Sa vie se résumerait au nettoyage de la chambre de ses frères s'il n'y avait pas ce mystérieux hôtel du nom de Lune Bleue, qui concentre tous les plus sombres secrets de cette ville. Un après-midi qu'elle s'attarde devant l'entrée, un drôle d'homme s'approche d'elle et de son amie...
Version imprimable
Aller au
Rahjenaimar (Féminin), le 13/10/2012
Bon ce chapitre-là est un peu différent.
Ça ne devait pas être le dernier chapitre, mais ça fait tellement longtemps que j'ai commencé à écrire cette fanfic sans jamais la finir que j'ai grosso modo oublié où je voulais en venir. Vous trouverez donc à la fin de ce chapitre final un sorte de gros résumé de ce qui était supposé se passer dans les chapitres suivants.




Chapitre 11: Il n'est pas possible de sauver tout le monde



Temari en avait assez. Cela faisait déjà plus de dix minutes qu'elle avançait dans le noir, et Temari n'avait pas vraiment beaucoup de patience...
La petite blonde renifla. Elle ne savait pas si c'était parce qu'elle avait le nez qui coulait à cause du froid ou si c'était parce qu'elle était au bord des larmes et ne voulait pas le savoir. Elle ne voulait pas se l'avouer, mais en réalité elle était morte de peur. Elle avait l'estomac retourné, une furieuse envie de vomir, et ses jambes tremblaient. Temari se frotta les yeux pour en chasser les larmes qui s'y accumulaient et souhaita de tout son cœur de ne pas retomber dans ses crises de phobie, dues à sa peur viscérale du noir. Pour évacuer la tension, Temari se mit à courir dans le couloir, en priant pour ne pas rencontrer d'obstacles qui pourraient la faire tomber. Puis ses jambes ne la portèrent plus, elle vacilla et tomba à genoux.
C'était la première fois depuis longtemps que Temari se retrouvait livrée à elle-même, seule dans la noir. De douloureuses sensations lui parvinrent, la première fut cette impression d'écrasement, puis comme si elle manquait d'air. Elle se mit à trembler. Elle avait si chaud, et en même temps si froid.

La blonde se remémora l'affreuse nuit sans lune, bien des années auparavant, où, perdue dans le village, elle n'arrivait pas à se sortir de ce dédale de rues qui se ressemblaient toutes. Elle n'osait alors pas crier de peur d'attirer toutes sortes de fantômes et de créatures des Enfers que sa mère menaçait d'appeler pour l'emporter quand elle n'était pas sage. Effrayée, elle s'était cachée sous deux cageots de bois et s'était roulée en boule pour avoir plus chaud. Elle avait passé la plus mauvaise nuit de toute sa vie et avait depuis ce temps une peur extrême de l'obscurité totale.

Dans la pénombre, Temari sourit. Le matin, très tôt, une personne était sortie d'une maison proche et avait emmené avec elle une petite fille aux cheveux noirs soyeux pour la messe du matin. L'enfant avait son âge et devait faire partie de ces familles riches qui occupaient les grandes maisons luxueuses du centre du village, car elle portait une superbe robe rose pâle, avec un corsage pourpre et une multitude de voiles blancs sous la jupe. Sa peau était d'un blanc immaculé et ses yeux d'une clarté et d'une innocence virginales. Une vraie poupée de porcelaine.
Temari n'avait jamais su comment, mais Hinata l'avait trouvée, alors qu'elle attendait désespérément de l'aide, mais qu'elle n'osait pas la demander. Elle avait tiré la dame qui l'accompagnait - certainement sa nourrice - par la main et l'avait menée tout droit vers elle. Par la suite, la nourrice et la petite brune avaient insisté pour qu'elle fasse rapidement un tour dans leur demeure afin de lui dénicher une tenue présentable. La petite no Sabaku avait été pomponnée comme jamais puis s'était rendue à l'église en compagnie d'Hinata. Enfin, après la messe, la nourrice l'avait raccompagnée jusqu'à chez elle.

Il avait fallu un certain temps à Temari pour qu'elle accepte de sortir de la maison, mais l'envie de revoir la petite fille qui l'avait sauvée avait été plus forte que sa peur. Elle l'avait revue, et elles étaient devenues amies. Et même si le souvenir de cette nuit lui procurait encore parfois d'horribles cauchemars, la blonde parvenait toujours, en pensant à elle, à reprendre le dessus.
Temari serra les poings. C'était Hinata qui l'avait retrouvée, qui lui avait tendu la main, pour la sortir de l'obscurité. C'était elle qui lui avait souri quand elle en avait le plus besoin. Malgré sa grande timidité, elle l'avait tirée de là. Et maintenant... maintenant c'était elle qui avait besoin d'être sauvée. Intérieurement, la fillette se fit la promesse de rendre enfin la pareille à sa meilleure amie. Forçant sur ses genoux, elle se releva, et découvrit alors quelque chose qu'elle n'avait toujours pas remarqué...

« C'est quoi ça ? Pourquoi ça brille comme ça ? »

Une bande d'un mètre de long qui brillait comme un ver luisant au ras du sol, ce n'était effectivement pas courant, et la blonde s'en approcha aussitôt.

*****

Au bout de ce qui lui sembla une éternité, ne sentant plus ni ses mains ni ses pieds, Temari se heurta à quelque chose de dur et de large, en bois si l'on se fiait à la sonorité du choc. Tâtonnant au hasard, elle repéra sous ses doigts un anneau de métal froid, épais comme ceux que l'on mettait aux naseaux des jeunes taureaux furibonds pour les maintenir tranquilles. Elle saisit l'anneau à deux mains et tira dessus de toutes ses forces.
Au lieu de lui opposer une résistance, la porte coulissa immédiatement en grinçant à peine. Ce qui, au grand malheur de Temari, la projeta une fois de plus au sol, emportée par son élan. Elle s'autorisa à dire un des gros mots que sa mère utilisait quand elle se piquait avec ses aiguilles et qu'elle lui interdisait de répéter, parce qu'elle estimait que tous ces risques le valaient bien. Puis elle jeta un coup d'œil de l'autre côté de la porte.

Il s'agissait d'une cave, tout ce qu'il y avait de plus banal, éclairée par une fenêtre juste sous le plafond envahi de toiles d'araignées. Le sol était couvert de paille, et des bocaux vides étaient alignés le long des murs. En regardant tout autour d'elle, Temari se rendit compte qu'on ne pouvait sortir que par l'échelle en bois située un peu plus loin et qui menait à une trappe au plafond.
Il n'y avait pas un bruit, hormis un couinement de souris qu'elle entendait de temps à autre. Ce silence, associée à une forte odeur de purin, lui fit comprendre qu'elle était sortie de la ville et qu'elle devait se situer dans les faubourgs encombrés et puants, dans une des fermes des habitants les plus pauvres. Elle avait dû passer sous les remparts pour se retrouver à cet endroit.

« D'accord... souffla-t-elle. Donc les vendeurs d'enfants entrent et sortent du village sans être vus par le tunnel. Comme ça, ils peuvent kidnapper les enfants sans passer devant les gardes... »

Il était facile, pour quelques bourgeois, de convaincre une paysan qui peinait à nourrir sa famille de les aider dans leur horrible besogne. Il leur suffisait pour cela de porter la main à leur bourse dodue et qui produisait un son plus doux que n'importe quelle mélodie lorsque les pièces se heurtaient entre elles...

« Quelle bande de sales types ! s'exclama-t-elle avec colère. »

Temari se fit la réflexion que Orochimaru avait ramené Hinata dans l'hôtel et, dès lors, les hommes présents s'étaient chargés de la faire évacuer rapidement. En effet, la famille Hyuuga étant à la gérance du bâtiment, il était étrange que les voleurs d'enfants prissent le risque de perdre un allié de choix. Temari songea d'ailleurs un instant que quelque chose ne collait pas : si la famille Hyuuga était impliquée dans cette histoire, comment se faisait-il que Hinata ait été enlevée elle aussi ? Un doute s'installa parmi ses nombreuses pensées actives, mais elle décida de le laisser de côté le temps de retrouver son amie. Et avec un peu de chance, Sakura, Kiba et Naruto seraient avec elle.
Elle posa un pied sur le premier barreau de l'échelle, et, se hissant à la force des bras, elle atteignit la trappe. Il fallait ouvrir. Elle tendit l'oreille : aucun bruit. Rassemblant force et courage, elle poussa de toute la puissance de ses bras.

La trappe était lourde, et le bois inégal lui éraflait les doigts. Après deux tentatives ratées, Temari fronça les sourcils. Elle colla son œil contre l'interstice formée par le panneau de bois et le reste du plafond. Elle ne vit rien, le noir complet. Frustrée d'avoir fait tout ce chemin et d'avoir affronté maintes et maintes peurs pour finalement se retrouver coincée, la blonde donna un grand coup d'épaule dans la trappe.
Mal lui en prit car, surprise par la violence de son mouvement, elle se retrouva déséquilibrée et chuta du haut de l'échelle. Elle se heurta douloureusement le dos contre le sol, deux mètres plus bas. De plus, elle entendit avec frayeur une agitation soudaine au niveau supérieur. Quelqu'un se précipitait vers la trappe, et elle pouvait suivre ses pas grâce aux des légers nuages de poussière qui tombaient du plafond. Terrifiée, elle roula sur elle-même et se glissa dans le seul angle de la pièce qui n'était pas visible depuis l'ouverture sans avoir à passer sa tête au travers. En pensant à cela, Temari eut une idée folle, la seule qui aurait une chance de la tirer d'affaire. Elle se recroquevilla et attendit.
Très vite, un tintement métallique lui parvint. Des clefs, une serrure. La trappe se souleva ; une respiration sonore difficilement contenue se fit entendre. Mais pas un mot. Un bras se tendit à travers le trou carré, puis un autre, qui vinrent prendre appui sur l'échelle. La tête se pencha... L'enfant ne prit pas le temps de réfléchir : à peine eut-elle aperçu le front de l'individu qu'elle se jeta en avant, saisit le bas de l'échelle et le tira vers elle. Privé de ses appuis, l'homme perdit l'équilibre et bascula en avant tête la première. Il n'eut même pas le temps de crier et atteignit le sol en un bruit sourd. Il ne se releva pas.

Temari demeura un instant immobile, haletante. Puis elle se redressa et, terrorisée à l'idée de l'avoir tué, s'approcha du corps de l'homme inanimé. Elle vit alors que son visage tanné par le soleil, aux trait épais et aux sourcils fournis, était couvert de sang. D'ailleurs, l'odeur poisseuse et métallique qui s'en échappait commençait déjà à la prendre à la gorge. Elle eut un haut-le-cœur, puis fut prise de vertiges. La seule sortie de ce cauchemar était l'échelle et la trappe désormais ouverte, juste au-dessus d'elle. Elle replaça correctement l'échelle et, laissant l'homme inconnu prostré sur le sol, se hissa sur les barreaux, ses membres tremblant sous l'effet du choc.

Une fois le dernier barreau atteint, elle passa avec prudence sa tête à travers l'ouverture. Il n'y avait personne là-haut, pour autant qu'elle put en juger. Elle tira sur ses bras pour passer sur le plancher du dessus, roula sur elle-même et demeura là, allongée dans la poussière, incapable de penser à quoi que ce fût. Puis, complètement abattue, elle fondit en larmes.

« Ça suffit ! J'en ai marre ! Où tu es, Hinata ?! » s'entendit-elle crier.

A peine eut-elle prononcé cette phrase que se produisit - à son avis - le plus grand de tous les miracles :

« Temari ? » l'appela-t-on de quelque part.

La petite blonde écarquilla les yeux, et sécha ses larmes d'un revers de main. Se relevant, elle frotta ses genoux salis et écorchés avec ses paumes qui n'étaient pas dans un meilleur état, et tendit l'oreille.

« Temari, c'est toi ? »

Le ton de la voix était très faible, mais elle était désormais certaine d'avoir entendu son prénom. Elle regarda autour d'elle. C'était sans doute une arrière-cuisine, car de nombreux sacs de grains étaient entassés au centre de la salle rectangulaire. Les murs de terre lui firent comprendre qu'elle ne s'était pas trompée, et qu'elle se trouvait bien dans les faubourgs. Elle se dirigea vers une porte entrouverte - ce devait être l'homme étendu en bas qui, dans sa précipitation, ne l'avait pas refermée - et pénétra à l'intérieur d'une cuisine souillée aux meubles rongés aux mites. Il n'y avait aucune lingerie ni aucune vaisselle dans les placards. C'était terriblement austère.

« Il y a quelqu'un ? Hinata ? Kiba ?
- C'est bien Mam'zelle Temari ! entendit-elle. On est là !
- C'est où, « là » ? s'exclama la blonde, soudainement surexcitée.
- On ne sait pas, Temari ! dit une voix qu'elle reconnut comme celle de Sakura. Il fait noir comme dans un four, ici !
- Alors continuez à parler ! leur ordonna-t-elle. »

La blonde se laissa guider par le son de leurs voix, et s'aperçut qu'elle se dirigeait tout droit vers le mur, mais qu'aucune porte ne permettait de rejoindre directement l'autre côté. Elle jeta un coup d'œil par l'étroite fenêtre : c'était une grange de l'autre côté, accessible uniquement par l'extérieur.

Lorsque Temari entra dans la grange, ouvrant la petite porte arrière, elle entendit des cris de joie. Les visages réjouis de ses quatre amis - car Naruto, même s'il n'avait rien dit, était là également - la fixaient. Ils n'avaient pas l'air blessé, hormis un coquard sur l'œil droit de Kiba. Ils étaient liés entre eux par une corde épaisse qui s'enroulait autour de leurs poignets, et qui était attachée à une poutre du plafond. Il fallait d'abord et avant tout les débarrasser de cette entrave. Elle avisa une hache de bûcheron sur le mur, mais qui semblait rouillée à force de demeurer là sans être utilisée. Tendant le bras pour en attraper le manche, elle la tira vers elle. La hache se détacha du mur et tomba ; elle était tellement lourde qu'elle entraîna la blonde avec elle.

« Courage, Mam'zelle Temari ! l'encouragea Kiba. Vous êtes bien plus forte que ce que vous laissez penser au premier regard ! Je le sais très bien, et vous aussi !
- Oui, vas-y, Temari, on sait que tu peux y arriver, et moi la première, murmura Hinata, la voix quasiment éteinte. »

La faiblesse de son amie donna des ailes à l'enfant, qui s'avança en vacillant vers ses amis, traînant l'arme derrière elle. Elle ne sut jamais après coup avec quelle force elle l'avait fait, mais elle parvint à hisser la hache au dessus de sa tête et coupa la corde, libérant ainsi ses amis.
Ils sortirent de la grange et regardèrent autour d'eux : au loin, les remparts de la ville se dressaient, silencieux, entre eux et leur objectif. Il fallait retourner là-bas rapidement. Un hennissement les fit sursauter : deux chevaux paissaient tranquillement dans le champ qui bordait la route.

« Sakura, fit Temari, tu sais monter à cheval ?
- J'ai quelques notions, grâce à mon rang... répondit la concernée, non sans une pointe de fierté.
- Et toi, Hinata ?
- Oui, murmura la fillette, qui n'avait encore rien dit sur ce qui lui était arrivé. Je sais monter.
- Parfait, sourit la blonde. »

*****

Horrifié, Iruka vit la lame ensanglanté se retirer du corps sans vie dans lequel elle s'était fichée. Mais les larmes ne lui vinrent pas aux yeux, tant il était stupéfait. Car ce n'était ni dans la poitrine de Shizune, qui était toujours étendue par terre, ni dans le torse d'Orochimaru, qui fixait sa victime d'un air ébahi, que s'était plantée l'épée. C'était en plein dans le ventre d'un garçon. D'un garçon avec de larges loupes noires devant les yeux.


FIN DU CHAPITRE 11







RÉSUMÉ DE LA FIN :

Sakura, Temari, Hinata et Kiba reviennent à la ville à cheval, et se précipitent à l'hôtel Lune Bleue. Il y trouvent Iruka et Shizune en pleurs tenant Shino, inanimé, dans leur bras. Orochimaru, qui l'a transpercée de son épée devant tout le monde, est en train d'être arrêté par la maréchaussée. Il sera jugé et pendu deux jours plus tard. Le danger est pour le moment écarté et les enfants peuvent enterrer leur ami, mort avec courage, en paix.

Mais Iruka n'est toujours pas sorti d'affaires, car il est toujours accusé d'avoir fait partie de l'Organisation, et Hinata est toujours la cible d'un complot où sont mêlés de nombreux membres hauts placés du clergé. Il se voit contraint assez rapidement de fuir la ville, accompagné de Shizune, en emportant Hinata avec lui pour la protéger.

Temari décide d'accompagner sa meilleure amie, expliquant à sa mère dans une longue lettre qu'elle n'a jamais voulu être une petite couturière et qu'elle est désolée de la laisser seule avec ses deux frères, mais qu'elle doit faire ce qu'elle a toujours voulu : partir à l'aventure. Kiba, amoureux d'elle et sans attaches, part également avec eux.

Sakura, grâce à ses moyens, leur permet à tous de disparaître. Quant à elle, elle retourne chez ses parents avec Naruto, décidant d'assumer tout ce qu'elle est malgré les moqueries de la noblesse.

Ils vivront par la suite une vie pleine d'aventures et de rebondissements, qui les mènera même jusqu'à la cour du roi Louis XIII... croyez-le ou non.



FIN !
Bon, j'avoue, cette fiction aurait dû avoir une suite, appelée "Etoile Bleue", au cours de laquelle nos héros, qui ont pris plusieurs années et vécu certaines choses, auraient déjoué un complot à la cour du roi, lié aux malversations de l'Eglise et à l'Organisation.
J'aurais bien aimé l'écrire, mais... peut-être qu'il vaut mieux que votre imagination fasse le reste !

Merci beaucoup d'avoir suivi cette fiction et d'avoir patienté, même si je me doute que tous ceux qui l'ont lu au début s'en battent royalement les couilles aujourd'hui. M'enfin bon ! Au moins, c'est une fiction de plus de finie !




Chapitres: 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 [ 11 ] Chapitre Suivante »



Veuillez vous identifier ou vous inscrire:
Pseudo: Mot de Passe: