Cela faisait bientôt une semaine que tous les matins, dans le bus, je voyais cette longue chevelure devant moi en me demandant à quel genre de visage elle pouvait bien appartenir. Le cinquième jour, complètement subjuguée, je décidais de la suivre. Comme on était en vacances, la seule raison, à mon avis, pour elle de se déplacer si tôt ne pouvait être due qu’au travail. J’avais raison. Elle travaillait en tant que livreuse de journaux. J’étais d’un naturel timide, mais je m’en suis approchée. Je n’eus rien le temps de dire.
- Qu’est ce que tu me veux, toi ? Me lança t-elle agressivement.
Elle avait un beau visage, plus que je ne l’avais imaginé.
- Euh… Rien, je…
Je ne savais vraiment pas quoi dire. C’est alors que j’ai remarqué un gros bleu au niveau de son épaule.
- Je me demandais ce que tu avais là. Répondis-je en montrant du doigt la blessure.
Elle remonta immédiatement un pan de sa veste dessus.
- Ça ne te regarde pas, fous moi la paix maintenant.
Son ton, dur et froid, n’admettait aucune réplique. Je suis donc repartie rapidement. J’avais rendez-vous avec une prof de danse de salon. En effet, comme j’étais dans une famille de nobles, mon père souhaitait que je sache me comporter correctement, ce qui impliquait, bien sûr, danser.
Le surlendemain, il pleuvait des cordes, et je courais en coupant à travers le parc. Vous vous demandez, moi qui appartenais à une famille si riche, pourquoi je n’avais pas de chauffeur personnel ? Tout simplement parce que mon père était écologique, donc nous n’avions pas de voiture. Il a ensuite commencé à grêler, et j’ai été me réfugier dans un café. Nous sommes entrées toutes les deux en même temps. Moi et la fille de l’autre jour.
- Une table pour une personne ! Nous sommes nous exclamés à l’unisson.
- Malheureusement, il ne reste qu’une table pour deux, venez Mademoiselle.
Il s’adressait à moi. Comme j’étais d’un rang social plus élevé, cela aurait pu paraître normal, mais ça m’a énervé.
- Excusez-moi, alors une table pour deux, ça ira. Ai-je rectifié.
Je l’ai dit, je suis timide, sauf pour les situations à caractère un peu plus « officiel ». J’avais l’habitude. Nous nous sommes assises, et elle m’a jeté un regard noir.
- Je n’ai pas besoin de la pitié des gens de ton espèce.
Puis elle alluma une cigarette.
- Ca n’est pas bien de fumer. Tu vas t’abîmer la santé. Lui fis-je remarquer.
- Et alors ? Ça ne te regarde pas. Et puis arrête de parler comme ça, on dirait mon géniteur.
Mon géniteur ? Pourquoi elle ne dit pas « mon père » ? Je me suis souvenue alors que j’avais un paquet de chewing-gums à la fraise. Je les sortis, en enfourna un dans ma bouche, puis je posai les autres sur la table. En remarquant le regard que ma voisine posa dessus, je lui en proposai un :
- Tu en veux ?
Elle parut surprise, mais en prit un et marmonna un inintelligible « merci »
- À la fraise… J’avais presque oublié quel goût ça avait…
- Tu ne manges pas de fraises ? Ah oui, c’est un peu normal. C’est cher.
Je me rendis compte de mon erreur. C’est vrai que les pauvres n’aiment pas qu’on le leur fasse trop remarquer, mais je ne crois pas qu’elle y ait prêté attention.
- Ma mère elle…
Je remarquai qu’une larme coulait sur sa joue. En fait, elle ne s’adressait pas vraiment à moi. Elle se parlait à elle-même. Elle éclata complètement en sanglots.
- Ça va ? M’inquiétais-je.
- Je pourrais en avoir encore un ? Parvint-elle à dire malgré ses pleurs.
- Oui, bien sûr.
Le serveur vint à ce moment pour prendre la commande.
- Tu veux quoi ?
- Je n’ai pas d’argent.
- Je peux payer, dis-je en sortant mon porte-monnaie.
- Non, regarde, la pluie s’est arrêtée. J’ai envie de sortir.
Elle pleurait toujours, mais très doucement. Je n’avais plus vraiment envie de rester, maintenant qu’il ne pleuvait plus.
- Excusez-moi, mon amie a un malaise.
Je la pris par les épaules et nous sortîmes.
- Tu rentres chez toi ? M’enquis-je.
- Je ne veux pas, protesta-t-elle en secouant la tête, à la manière d’un enfant.
- Tu peux venir dormir chez moi, si tu veux.
Elle secoua la tête à nouveau en signe d’acceptation et elle me suivit. Je savais que mon père allait me désapprouver, mais il n’aurait pas pu la laisser dehors, tout de même ? À côté de moi, j’entendais de temps en temps de légers reniflements.
- On est arrivé.
J’ouvris la porte et je la fis entrer en premier. Une fois à l’intérieur, je vis mon père s’approcher.
- C’est quoi ça ? demanda-t-il en désignant La fille du menton. En fait je ne savais même pas comment elle s’appelait. Il fallait que je lui demande.
- C’est une amie. Elle habite loin et ne peut pas rentrer chez elle ce soir.
Il me sonda de ses grands yeux blancs. Je déteste quand il fait ça, j’ai l’impression qu’il lit dans mon esprit.
- Papa ! J’ai fini !
C’était Hanabi, ma petite sœur surdouée. Mon père s’occupait tout le temps d’elle.
- J’arrive !
Il se tourna vers moi.
- D’accord pour cette fois.
Et il monta les escaliers vers ma sœur qui s’impatientait.
- Viens, dis-je à la fille.
Une fois en haut, je m’assis sur mon lit. Je l’invitai à en faire de même.
- En fait tu t’appelles comment ?
- Sakura, et toi ?
- Hinata.
-Merci, murmura-t-elle.
Elle avait toujours la tête baissée.
- Mais de quoi ?
Elle me regarda enfin, puis elle sourit. Elle était vraiment très jolie comme ça. Elle ne rajouta rien.
- Ne comptez pas sur le dîner ! Cria mon père à notre attention à travers la maison.
C’est alors qu’on toqua à la porte.
- Entrez !
C’était Neji, mon grand frère.
- Vous avez faim, je suppose.
- Oui, je jetai un coup d’œil à Sakura qui acquiesça, oui.
- Je vous apporte à manger tout à l’heure.
Et il partit.
- Tu as quel âge ? Demandai-je à Sakura.
- Je suis fatiguée, est ce qu’on pourrait parler demain s’il te plaît ?
- D’accord, fis-je, un peu déçue.
Nous mangeâmes ce que Neji nous apporta et nous nous endormîmes. Elle ne dit pas un mot, si ce n’est « merci » et « bonne nuit ».
Dsl c'est un peu court mais c'est une intro!!!
Dites moi ce que vous en pensez!!!
Bizzz
Né-chan