J’ai commis la plus grande erreur de ma vie : au lieu de préparer sagement mon bac, qui, soit dit en passant, est dans une semaine, j’ai relu quelques uns des chapitres du journal… Et voilà-t-y pas que j’ai eu envie de finir cette fic qui traîne en longueur depuis plus d’un an (je m’en suis rendu compte en relisant un chap où je parlais de mon bac de français… C’était l’année dernière quand même !).
En plus, il faut bien que je m’occupe en attendant l’arrivée de mes résultats de prépa, demain… Alors, j’attends, en écrivant !
D’ailleurs je vous préviens d’une chose : comme d’ici deux mois j’entre en prépa littéraire, je devrai arrêter d’écrire pendant au moins deux ans (si j’ai de la veine. Sinon, beaucoup plus). D’un côté, franchement, ça me déprime, de l’autre, c’est une expérience amusante : je me demande si des gens se souviendront de moi quand je reprendrai après la prépa…
Kakashi : Tu es suffisamment casse-pieds pour traumatiser tous les pauvres gens qui auront jeté un coup d’œil à tes fics !
Merci, moi aussi je t’aime.
Kakashi : En tous cas, qu’est-ce que tu attends ? Finis moi cette fic, non mais !
Ca va j’ai quand même encore deux mois… Bon, au boulot !
Il était huit heures un quart.
Sakura se regardait d’un œil critique dans la glace. Finalement, son rendez-vous avec Sasuke avait été repoussé au lendemain, car le temps qu’elle explique que les Genins avaient monté en grade, il était déjà sept heures du soir, et Sasuke n’était toujours pas sorti de chez l’Hokage. Elle avait donc fini par rester à boire du saké et à discuter avec ses amis, et lorsque Sasuke était arrivé, elle ne tenait plus sur ses jambes de fatigue. Il l’avait donc raccompagnée chez elle, et ils avaient décidé de se retrouver le lendemain, à 9h. Sasuke viendrait la chercher chez elle.
Elle n’avait pas oublié que son petit ami lui avait recommandé de s’habiller de manière pratique.
Ce qui ne signifiait pas qu’elle n’allait pas soigner sa tenue. Elle avait donc revêtu un ensemble moulant noir, avec un motif de fleurs rose pâle brodé sur son flanc gauche. Elle portait une jupe courte, comme d’habitude, et un haut à manches courtes et col en V. En s’examinant dans le miroir, elle conclut que cela lui allait très bien, et de surcroît, cela la laissait parfaitement libre de ses mouvements. Tout était parfait.
Elle porta son attention sur ses cheveux. Ils avaient beaucoup poussé ces derniers temps. Sakura les attachait, chaque jour, pour qu’ils ne la gênent pas, mais des mèches venaient constamment lui barrer la vue. Cela l’agaçait de plus en plus souvent. Mais Sasuke aimait les cheveux longs, alors…
Alors, tant pis.
Une demi-heure plus tard, elle avait coupé ses longues mèches roses à la même longueur que lorsqu’elle avait quinze ans. Mais cette fois-ci, elle n’y était pas allée au kunaï ! Cette idée la fit sourire. Durant une mission, elle avait dû se faire passer pur une coiffeuse, deux ans auparavant, et avait donc pris des cours accélérés de coiffure. Par conséquent, cette fois-ci, ses cheveux étaient bien égalisés, et retombaient joliment autour de son visage.
Sakura pensait que c’était bien plus pratique. Mais cela lui fit un choc. Les cheveux courts la faisaient sembler plus vieille, plus réfléchie. Elle se demandait tout à coup ce qui lui avait pris. Enfin, d’accord, les cheveux longs l’agaçaient, mais enfin, enfin…
Et si Sasuke n’aimait pas ?
Elle jeta un regard paniqué à la pendule. Ses cheveux ne repousseraient certainement pas en un quart d’heure de toutes façons. Elle se força à se calmer. Objectivement, cette coiffure lui allait bien. Alors, pas de quoi s’énerver.
Pourtant, lorsque Sasuke arriva, pile à l’heure, elle faisait nerveusement les cent pas dans la salon. Lorsque la sonnette tinta, elle bondit et se força à se poser avant d’ouvrir.
En la voyant apparaître, dans l’embrasure de la porte, clairement nerveuse, Sasuke sentit ses yeux s’élargir. Elle était magnifique.
« Sakura.
-Salut, Sasuke-kun… Tu veux entrer un instant avant de partir ?
-Pourquoi pas ? »
Il pénétra dans la pièce. Sakura ne put s’empêcher d’être déçue qu’il n’ait pas fait de remarque sur sa coiffure. Il pourrait au moins dire s’il l’aimait ! Maintenant, elle allait stresser parce qu’elle ne savait pas !
Elle murmura qu’elle allait faire du thé dans la cuisine. Elle s’éloigna, et Sasuke la suivit. Elle ne s’y attendait pas, aussi fit-elle mine de ne pas y prêter attention. Pourtant, elle y fut bien obligée, lorsqu’en pleine préparation, elle sentit les bras de Sasuke se refermer autour de sa taille. Il la tira à lui, et enfouit son visage dans son cou, pour l’embrasser. Surprise, elle laissa tomber la théière pleine d’eau, qui alla s’écraser au sol.
« Sasuke, ce n’est pas le moment !
-Ah oui ? »
Il la fit se retourner pour lui faire face et lui adressa un sourire en coin. Elle sentit son visage s’embraser, alors qu’il posait une main dans ses cheveux, et lui murmurait doucement à l’oreille :
« Tu es magnifique, et c’est parfaitement le moment. »
Il l’embrassa doucement, puis la lâcha. Juste a moment où elle n’en avait pas la moindre envie. Mais il la prit parla main, et l’entraîna vers la porte d’entrée :
« Allez, viens, tant pis pour le thé, j’ai toujours quelque chose à te montrer… »
Il ne lui laissa même pas le temps de refermer sa porte à clef, mais ils dévalèrent les escaliers de son immeuble, et traversèrent la grande rue du village en courant, sous les yeux étonnés des habitants. Ceux-ci avaient du mal à croire que le jeune Uchiwa avait tant changé en si peu de temps…
Sasuke et Sakura avaient couru pendant un bon moment, et enfin, Sasuke s’arrêta, en plein milieu de la forêt, alors que rien ne présentait d’intérêt particulier.
« Maintenant, j’aimerais que tu promettes de ne pas ouvrir les yeux. »
Sakura sourit d’un air perplexe. Ce n’était pas le genre de Sasuke, ce genre de fantaisies. Mais c’était bien vrai qu’il se détendait de plus en plus. Elle hocha la tête, et pour prouver sa bonne fois, fit descendre son bandeau frontal, qu’elle avait gardé par habitude, sur ses yeux. Elle le sentit prendre sa main, et l’entraîner doucement en avant. Au bout de plusieurs détours, elle éclata de rire :
« Hé ! C’est pas juste, Sasuke ! Tu me fais tourner en rond pour me perdre ! Ne t’inquiète pas, je n’essaie pas de deviner où nous allons, je tiens à ma surprise ! On y est bientôt ?
-Oui, dans une minute… »
Et en effet, soixante secondes plus tard, il la fit s’arrêter. Elle le sentit se placer en face d’elle, et relever doucement le bandeau de ses yeux. Elle avait les paupières hermétiquement closes.
« Ouvre les yeux. »
Elle obéit, et retint une exclamation de surprise. Elle reconnut, à une image qu’elle avait un jour vu gravée dans un livre, l’une des propriétés des Uchiwa : elle se trouvait au milieu un temple minuscule, au centre d’un jardin magnifique, organisé avec soin, où les fleurs faisaient des taches muticolores… Un peu plus, loin, un ruisseau bondissait, mais elle parvenait à peine à en entendre le bruit, car elle avait bien autre chose en tête.
Uchiwa Sasuke se trouvait devant elle, un genou à terre. Il lui avait saisi la main, et y avait posé doucement une bague d’or, sur la chaton de laquelle elle vit, entremêlés, le signe des Uchiwa et celui des Haruno.
Le jeune Uchiwa leva les yeux vers elle, et respira lentement :
« Sakura… Veux-tu m’épouser ? »
Sakura le fixait, interdite, n’en croyant pas ses oreilles. Il lui demandait… Vraiment… Si elle voulait…
Voyant qu’elle ne répondait pas, Sasuke, nerveux, reporta son regard sur la bague :
« Je sais que tu tiens beaucoup à ton clan… C’est pour ça que… Je sais que tu voudras garder ton symbole, même si tu prends mon nom… »
Sakura, les larmes aux yeux, lui adressa un sourire éblouissant, alors même que des larmes se mettaient à couler de ses yeux :
«Ne pose pas de questions stupides… Bien sûr que je veux t’épouser ! »
Elle lui sauta au cou, et murmura :
« Merci… »
Sasuke la serra contre lui, soulagé et heureux. Elle releva la tête, les yeux brillants de rires et de larmes mêlées, et déclara :
« Uchiwa Sakura… Je ne l’aurais vraiment, vraiment pas cru possible il y a quelques années.
-Moi non plus ! » S’exclama Sasuke, sincère.
°°°°°
Ino, à sa boutique de fleurs, avait vu Sakura entrer en coup de vent et se jeter sur elle pour lui annoncer la bonne nouvelle. Elle avait ri et l’avait félicitée, heureuse pour elle. Elle avait parlé avec elle de son mariage prochain pendant deux bonnes heures, faisant des suggestions. Elle avait accepté d’être sa demoiselle d’honneur de bonne grâce et l’avait remerciée d’avoir pensé elle.
Puis, lorsque Sakura était ressortie pour aller annoncer la nouvelle à Tsunade-sama, Ino s’était écroulée derrière son comptoir. Elle commençait à être fatiguée. Toute la journée à vendre des fleurs, à aider ses parents, puis s’entraîner, toute seule, dans le jardin, derrière sa maison… Depuis combien de temps n’avait-elle pas mangé ? Elle jeta un coup d’œil à sa montre, et sursauta. Cela faisait dix heures !
Elle cria à sa mère qu’elle allait manger en ville, et quitta le magasin. Elle savait qu’elle trouverait des amis chez Ichiraku, mais elle savait qu’elle ne trouverait pas celui qu’elle voulait. Le jour précédent, elle avait eu l’impression qu’il les évitait : Neji n’était pas resté avec eux longtemps chez Ichiraku. Il ne s’était d’ailleurs même pas assis à côté d’elle. Pourtant, il se comportait normalement, durant la guerre…
Elle ne comprenait pas. Ces derniers temps, ils n’avaient pas eu beaucoup de temps à eux, à cause des crises qui s’étaient succédées, mais elle n’aurait pas pensé que les sentiments de Neji auraient pu changer aussi facilement… au point qu’il ne prête plus attention à elle.
Elle secoua la tête. Elle se faisait probablement des idées ! Fallait dire, ça n’aidait pas, de voir que pour tout le monde autour, tout marchait si bien…
La kunoichi marchait à travers Konoha, en direction de la demeure des Hyûga. En route, elle s’arrêta pour discuter quelques minutes avec une amie non ninja, dans la rue, avant de reprendre son chemin. Arrivée à destination, elle demanda à voir Neji, mais ce fut Hinata qui vint à sa rencontre
« Salut, Ino ! Tu viens voir Neji ? Il est sorti il y a un moment…
-Oh. Il est allé où ?
-Neji n’est pas le genre à me prévenir ! Je ne sais pas pourquoi, j’avais dans l’idée qu’il allait te voir, mais…
-Vraiment ? Merci ! A plus tard ! »
Elle fit volte-face et se mit à courir pour retourner chez elle. Cette fois-ci, elle fit le trajet avec un grand sourire… Mais, à quelques centaines de mètres de chez elle, elle se figea, sous le choc.
Neji était adossé à un mur, en face d’une très jolie fille brune dans un uniforme de ninja TRES court, et il riait à gorge déployée. De quel droit cette fille osait-elle faire rire son Neji ? Il n’y avait qu’elle qui réussissait cet exploit ! Les autres avaient suffisamment de mal à le faire sourire… Mais cette fille vulgaire et antipathique apparaissait de nulle part et le faisait rire ! Rien que ça !
Ino rejeta ses longues mèches de cheveux en arrière, et fondit d’un pas menaçant vers les deux shnobis.
Neji la vit approcher, et eut le culot de lui adresser un signe de la main et un sourire. Lorsqu’Ino vint se planter devant eux, les mains sur les hanches, il se tourna vers la kunoichi inconnue, et précisa :
« Ito, je te présente Yamanaka Ino. Ino, voici…
-Je ne suis pas sourde, répondit Ino d’un ton si posé que c’en devenait suspect.
-Ah, c’est toi, Ino ? »
Le ton de la fille, qui n’avait rien de spécial en lui-même, parut cependant immensément insultant à la jeune Yamanaka. Il ne lui en fallait guère plus pour mettre le feu aux poudres déjà passablement fumantes.
« Oui, c’est moi, Ino. Et toi, je peux savoir d’où tu sors ?
-Hé, Ino, calme-toi, qu’est-ce qui se…
-Cette fille débarque de je ne sais pas où ! Et alors que tu ne m’as pas parlé depuis des jours et des jours, tu t’arrêtes et tu bavardes tranquillement avec elle ! Rien ne te semble clocher à toi ? »
Neji fronça les sourcils. Il devait y avoir un vrai problème, là. Ca ne ressemblait pas à Ino de lui faire une scène devant tout le monde, et surtout simplement parce qu’il parlait à une fille dans la rue. Elle ne s’était même pas demandé qui était la fille en question. Il voulut l’interrompre, mais elle ne lui en laissa pas le temps :
« Si tu préfères ce genre de filles, et je ne dirais pas à quel genre elle appartient, parce que je suis trop poli pour ça, je t’en prie ne te gêne pas pour moi ! »
Et, sur ce, elle disparut brusquement, laissant un nuage de fleurs fanées derrière elle. Neji tenta, au dépistage de chakra, de savoir où elle était passée, mais cela s’avéra impossible, et il dut y renoncer. Furieux, il jura à mi-voix, et la kunoichi, à sa gauche, leva un sourcil :
« Je vois pourquoi tu l’as choisi, elle. Elle est juste assez casse-pieds pour te tenir tête. »
Il lui sourit sans y penser, et s’excusa :
« Il va falloir que je la retrouve rapidement pour remettre cette histoire au clair. Ca ne te dérange pas ?
-Oh, si, terriblement, répondit-elle, goguenarde. Allez, cours, Roméo. »
Plusieurs heures plus tard, Neji n’avait toujours pas retrouvé Ino. Personne ne l’avait vu. Mais une rumeur s’était répandue comme une traînée de poudre dans le village :
« Hé ! Vous savez pas ? Yamanaka a laissé tomber Hyûga !! Enfin, on sait pas top quel sens est le vrai, mais c’est le grand scoop ! »
Neji frappa plus d’une personne, ce jour-là…
°°°°°
Hinata n’avait entendu parler de rien. En réalité, elle resta tout l’après midi dans sa chambre, sauf lorsqu’elle avait entrevu Ino, pour choisir comment s’habiller pour son rendez-vous avec Kakashi. Et, à sept heures et demie tapantes, elle était sortie de chez elle, en robe style kimono bleu nuit, pour rejoindre la plage. Plusieurs personnes avaient essayé de l’arrêter en route, mais elle ne leur avait prêté aucune attention.
Lorsqu’elle arriva enfin près du restaurant, ses joues pâles roses d’avoir couru, elle s’assit sur un banc, et sortit le livre qu’elle avait apporté, au cas où Kakashi serait en retard. Il l’était toujours. Et de toutes façons, s’il arrivait à l’heure, et il ne lui restait que trois minutes dix-sept secondes pour ça, elle ne voulait pas avoir l’air de l’attendre trop impatiemment. Apres tout, ils étaient en froid à peine deux jours auparavant.
Elle ne le sentit pas arriver, dans son dos. Pourtant, tous ses sens étaient en alerte, et elle n’avait pas lu une ligne de l’ouvrage. Mais bon, qu’attendre d’autre d’un shinobi aussi puissant ? Elle ne se retourna donc que lorsqu’il lui posa une main sur l’épaule, et, de l’autre, tourna les pages de son livre pour voir le titre.
« Hum ? Le Paradis du Batifolage ? Tu lis ça, toi ? »
La jeune femme baissa les yeux et se rendit compte que c’était bien le livre qu’elle avait emmené. Elle rougit jusqu’à la racine des cheveux :
« Oh, mince ! C’était pas celui-là que je voulais emporter !
-Je ne savais pas que tu étais initiée à ce genre de littérature…
-Il y a beaucoup de choses que tu ignores, mon cher Kakashi !
-Oui, je sais… »
Il se rendit compte après coup qu’il était très possible d’interpréter ses paroles de façon perverse, aussi fut-il rassuré lorsque la jeune femme éclata de rire, le prenant à la plaisanterie.
« Bon, puisque tu n’est pas en retard, pour une fois… j’ai faim ! »
Elle s’empressa d’enfouir le libre pervers dans son sac à main, et, toujours un peu rouge, le précéda.
Ils s’assirent à une table, et Hinata remarqua alors que Kakashi ne portait pas ses vêtements de mission, mais un costume noir. Il portait toujours son masque, bien sûr. Mais ça faisait bizarre de le voir comme ça. Bizarre, mais pas déplaisant.
Ils commandèrent, et commencèrent à parler de tout et de rien. Toute trace de tension avait disparu comme par magie, et Hinata riait joyeusement des anecdotes de Kakashi sur ses dernières missions lamentablement ratées, tout simplement parce qu’il n’avait pas prêté assez d’attention aux missions de rang D qu’on lui avait imposé…
« Bref, on n’a jamais retrouvé ce chat. Mais je soupçonne un de mes chiens ninjas de n’en avoir fait qu’une bouchée ! »
Hinata pouffa de rire, et lui raconta une ou deux missions qu’elle avait de son côté transformées en numéros de cirque. Le repas se passa donc fort joyeusement, avec quelques moments sérieux où ils avaient évoqué la guerre à présent terminée, et les relations entre les villages.
Enfin, le serveur leur apporta l’addition, et Kakashi insista galamment pour payer. Hinata discuta bien un peu, mais sans réelle conviction, et le laissa faire en définitive.
Ils sortirent, et commencèrent à marcher le long de la plage, tranquillement, dans le clair de lune. Ils cessèrent vite de parler, pour profiter de l’atmosphère calme et, il fallait bien le dire, carrément romantique de la nuit.
Finalement, Kakashi eut une inspiration subite. Peut-être pas des plus réfléchie, mais certainement tentante. Ils attrapa Hinata par le poignet, et fonça dans l’eau froide.
La kunoichi poussa un cri de surprise, et le suivit, bon gré, mal gré. Ils finirent sans trop savoir comment, par rire comme des fous en s’arrosant copieusement, trempés. Ils réalisèrent trop tard que leurs vêtements allaient être complètement fichus, mais ne s’arrêtèrent pas pour autant. Ils étaient complètement épuisés lorsqu’ils sortirent des vagues pour aller s’asseoir sur le rivage côte à côte. La nuit était chaude, mais une brise soufflait depuis la mer, et Hinata commença bientôt à frissonner. Kakashi s’en rendit compte, et, sans réfléchir, l’attira à lui pour lui passer un bras autour de la taille. Ce fut certainement efficace : sous l’effet de la surprise et de l’excitation, Hinata eut immédiatement beaucoup plus chaud. Kakashi se rendait compte petit à petit de ce qu’il avait fait, et se demandait bien ce qu’il allait faire après ça. Il ne manquait pas d’idées, mais un peu de cran pour les mettre en œuvres juste à présent.
Il resta indécis. Au bout d’un moment, Hinata se redressa, et annonça :
« Il va falloir que je rentre. Il est très tard… »
En entendant ces mots, Kakashi se rendit compte que c’était maintenant ou jamais, et, alors qu’elle se relevait, lui attrapa plus brutalement qu’il ne l’aurait voulu le bras, et la fit retomber sur le sable. Il se plaça au-dessus d’elle, les coudes de chaque côté du corps de la jeune femme, étendue dans le sable, tira son masque vers le bas (Hinata n’eut pas le temps de réagir, mais par la suite, elle se demanda souvent comment elle avait fait pour ne pas tomber dans les pommes rien qu’en voyant son visage, et à plus forte raison à cause de ce qui allait suivre), et se baissa pour l’embrasser doucement.
Il avait peur d’être en train de faire la bêtise de sa vie, jusqu’à ce qu’il sente les bras d’Hinata qui entouraient sa nuque, et que la jeune femme l’attire à elle pour approfondir le baiser. Heureux, il se laissa aller…
« Yay ! C’est gagné !
-Chht, moins fort, Kei, ils vont t’entendre !
-Et alors là, je ne donne pas cher de notre peau s’ils pigent toute l’histoire… »
Un temps.
« Bah, ça se saura un jour, non ?
-Pas forcément… Si tu arrives à tenir ta langue ! »
Un temps.
-Hé ! Baissez-vous ! Ils se relèvent, je crois qu’elle lui a dit qu’elle devait rentrer. Baisse-toi, Kei ! »
Les trois Genins regardèrent le nouveau couple, enlacé, disparaître vers le village, puis se congratulèrent et se séparèrent pour rentrer chez eux, s’attendant chacun à une belle engueulade de leurs parents pour être rentrés si tard.
°°°°°
Le lendemain, Neji croisa dans la rue Hinata et Kakashi. Ce n’aurait rien eu de bien surprenant, si ce dernier n’avait pas eu le bras autour de la taille (et même un peu plus bas ^^) de la première. Le jeune homme s’arrêta sur place, activa son Byakugan pour être certain que ce n’était pas un Genjutsu, puis s’approcha :
« Eh bien, félicitations…
-Merci Neji ! » S’exclama joyeusement Hinata. Puis, elle le détailla de la tête aux pieds, et lui demanda, l’air inquiet :
« Ca ne va pas ?
-Qu’est-ce qui te fait croire ça ? Demanda Neji d’un air impénétrable.
-Tes cheveux ont visiblement été attachés à la hâte, tu n’as pas d’étui à shuriken, tes vêtements sont froissés, et il serait difficile de ne pas remarquer ces cernes, répondit la jeune femme, imperturbable.
-Tu n’as pas vu Ino, par hasard ?
-Non, mais quel est le rapport ?
-Tu n’es pas au courant ? »
Elle secoua la tête en signe de dénégation, et se tourna vers Kakashi, qui haussa les épaules. C’était en fait le cadet de ses soucis, il était bien trop occupé à serrer les plus fort possible la taille d’Hinata sans l’étouffer.
« C’est quoi, le problème ? »
Neji porta la main à son front, dans un geste égaré qui ne lui était pas familier.
« Ino m’a quitté…
-HEIN ? »
L’air abasourdi du couple ne fit rien pour remonter le moral de Neji, qui pourtant tenta un sourire :
« Oui, moi aussi, ça me fait approximativement cet effet-là…
-Mais qu’est-ce qui s’est passé ?
-Je ne sais pas ! Elle m’a fait une crise parce que je parlais avec une vieille connaissance dans la rue…
-Féminine, la vieille connaissance ?
-Oui, comment tu as deviné ? Bon, cela dit, elle a conclu en me faisant bien comprendre qu’elle se passerait dorénavant de ma compagnie, et elle a disparu dans la nature. Je la cherche depuis hier après-midi, et personne ne l’a vue ! »
Hinata comprit deux choses. La première, qu’Ino avait sans doute pété un câble sous l’empire de la jalousie et de la fatigue, la seconde, c’était que si être séparé d’Ino faisait cet effet-là à Neji, il fallait qu’ils se remettent ensemble, et vite fait !
Elle se dégagea de l’étreinte de Kakashi, et se plaça entre son cousin et lui :
« Bon, on réunit les gens.
-Qui ?
-Les gens ! Nos amis, quoi ! »
Elle se tourna vers Ino, et lui fit un clin d’œil :
« T’inquiète pas, on va te la retrouver, ton ex ! »
Elle évita de peu le poing de Neji.
°°°°°
Deux heures plus tard, tous leurs amis, par équipe de deux, fouillaient de fond en comble le village, sans laisser un seul recoin d’inexploré. Pourtant, Ino restait introuvable, et plus le temps passait, plus Neji devenait intenable tant il s’inquiétait. Pour Lee, qui cherchait avec lui, il devenait de plus en plus insupportable. Il ne disait pas un mot, ce qui rendait l’atmosphère lourde, et en plus, ne s’arrêtait pas une demi-seconde.
« Hé ! Neji ! Zen ! On va la retrouver, ne t’inquiète pas ! »
Ce à quoi, Neji répondit en se tournant vers lui, en le plaquant contre le mur d’une main, et en précisant d’une voix menaçante :
« Ne pas m’inquiéter… Je te signale qu’elle s’est évaporée depuis hier, et que personne ne sait où elle est. Ca ne te semble peut-être pas inquiétant, mais à moi si ! »
Lee se dégagea, et écarta les bras en geste d’excuse :
« Bon, je vois ce que tu veux dire… Mais c’est une kunoichi. Si elle ne veut pas être retrouvée, elle sait comment faire. A mon avis, il doit y avoir un endroit où elle est allée, logiquement, que tu pourrais deviner. Tu la connais mieux que personne, non ? Ou alors, on aurait peut-être dû demander à Shikamaru… »
Neji n’aimait pas l’idée que Shikamaru connaisse Ino mieux que lui. Aussi, il se força à se calmer, et s’adossa au mur pour réfléchir… Au bout de quelques minutes, il se redressa, les yeux écarquillés. Comment n’y avait-il pas pensé plus tôt !
« Va chercher les autres. Je sais où elle est. »
°°°°°
Hinata ne comprenait pas où son cousin les emmenait… Il avait rassemblé la troupe entière des shinobis, disant qu’il aurait besoin du maximum de chakra disponible.
Elle rattrapa Neji, à l’avant, et lui posa une main sur le bras :
« Hé ! Neji, je ne comprends pas ! Où tu nous emmènes ?
-C’est Lee qui m’a rappelé… Quand il m’a dit qu’il y aurait un endroit où elle irait si elle voulait être seule.
-Et alors ? »
Il se tourna vers elle, et lui lança un regard surpris :
« Où veux-tu qu’elle soit… Sinon au mémorial ?
-Mais, je suis déjà allée voir à la pierre tout à l’heure !
-Je ne parle pas de ce mémorial-là… Plutôt du petit temple au pied de la montagne des Hokage.
-Qu’est-ce qu’elle irait y faire !
-Elle m’a raconté, un jour, qu’elle allait y porter des fleurs régulièrement, pour les membres de sa famille qui avaient leur nom là. Et qu’elle aimait s’y recueillir parfois. J’aurais dû y penser depuis le début.
-Bon, admettons. Mais pourquoi as-tu besoin de nous tous pour aller la chercher ?
-Parce qu’Ino est une kunoichi. »
Apparemment, pour lui, cette explication suffisait. Hinata haussa les épaules, attendant de voir.
Enfin, ils arrivèrent au pied de la montagne, et Neji attira leur attention :
« Bon… Que je vous explique… Je vais essayer d’accéder au temple, mais connaissant Ino et son état d’esprit, c’est probablement truffé de pièges… Et une fois que je serai passé, il est très probable qu’Ino essaiera de partir. Alors, soyez gentils d’encercler ce temple, et de ne la laisser passer sous aucun prétexte… »
Il les jaugea du regard, et finit par faire un signe de tête à Lee :
« Tu pourras m’accompagner pour surveiller mes arrières ? Je tiens à sortir de tout ça vivant… »
Lee accepta d’un vigoureux signe de tête, et Hinata leva les yeux au ciel :
« Tu prends ça très au sérieux Neji… On n’est pas en guerre !
-Oh, mais tu vas voir si Ino ne va pas le prendre au sérieux, elle… Ca m’étonnerait que tout le monde en sorte intact. Hier, elle était furieuse, mais surtout, elle avait l’air perdue… Là, ça va être de la rage pure, je pense…
-Gloups… »
Les shinobis, sérieux comme des papes malgré la situation folklorique, obéirent au jeune Hyûga et se placèrent de façon à boucler le périmètre. Neji, suivi de Lee, se précipita vers le petit temple.
Au bout de dix mètres à peine, Lee dut lancer le Tourbillon Divin pour éviter une volée de kunais. Lee profita de sa vitesse phénoménale pour les éviter… Et tomba dans un carré de parchemins explosifs. Il s’en sortit de justesse, et vint assurer les arrières de Neji, qui s’était retrouvé face à une armée de clones de l’Ombre à l’effigie d’une Ino complètement furieuse…
Bref, ils mirent une demi-heure à traverser les dix mètres qui les séparaient du mémorial. Et lorsqu’ils parvinrent enfin à y pénétrer, un éclair blond leur passa devant d’un air furibard à vitesse grand V pour en sortir. Neji tendit a main pour l’arrêter, mais Ino, toujours furieuse d’avoir été dérangée, lui jeta un kunaï et sortit en trombe.
Neji soupira, et la suivit. Il la trouva, au centre du cercle formé par leurs amis, le regard calculateur, pur tenter de déterminer par où elle pourrait bien passer. Lorsqu’elle eut conclu qu’elle n’avait strictement aucune chance d’y parvenir, elle se mit bieeen dos au jeune Hyûga, et s’appliqua à l’ignorer. Celui-ci la contourna, et se plaça face à elle, mais elle se tourna ostensiblement. Le shinobi commença à trouver que ça allait bien, maintenant. Il n’avait pas dormi de la nuit, sans raison sinon que sa petite amie l’avait lâché sans motif valable, et tout ça commençait à l’énerver sérieusement.
C’est pourquoi, après tris minutes de tentatives de négociations, les shinobis en cercles purent assister à un vrai match verbal…
« Non, mais tu peux me donner une raison valable pour m’avoir laissé comme ça sans une explication ?
-Et toi, ça te prend souvent de draguer les filles de ce genre dans la rue ?
-Je ne draguais personne ! C’est mon genre peut-être ?
-En tous cas, tu avais l’air bien trop occupé avec elle pour te soucier d’aller me voir, alors qu’on avait pas eu une minute à nous depuis des jours !
-Non, mais tu vas me piquer ta crise parce qu’on était en guerre ? J’y pouvais quelque chose, peut-être !
-On était peut-être en guerre, mais dans l’intervalle, je te signale qu’il y a quand même eu deux demandes en mariage !
-… Quel est le rapport ?
-Le rapport, c’est que les autres ont bien eu le temps de se voir, eux ! »
Neji ravala un soupir excédé, et attrapa fermement le bras d’Ino :
« Je venais te voir, hier, quand tu m’as rencontré dans la rue, espèce d’idiote !
-Oui, tu venais me voir, puis tu as rencontré quelqu’un de plus intéressant, alors tu m’as oubliée… C’est une explication, ce n’est pas une excuse !
-J’ai rencontré, pour la première fois depuis deux ans, ma cousine Akane dans la rue, je ne pouvais quand même pas l’ignorer !
-Ta cousine ! Mais oui, tout le monde y croit ! Elle n’avait pas de Byakugan, cette fille, je te signale ! »
A ce moment précis, une voix féminine et moqueuse s’éleva dans leur dos :
« Mais c’est qu’elle est méfiante, ta tourterelle, Neji ! Il semble qu’elle ne veuille pas t’écouter, il va donc falloir que je m’explique moi-même ! »
Akane vint se placer devant Ino et haussa un sourcil :
« Je suis Hyûga Akane, et je suis bien sa cousine, je t’assure. Si je n’ai pas le Byakugan, c’est que je suis une exception dans le clan, et que je n’en ai pas hérité… »
Ino se mordit la lèvre. Elle avait les larmes aux yeux, parce qu’elle se sentait stupide, parce qu’elle se rendait compte qu’elle avait peut être blessé Akane, et surtout, surtout parce qu’elle était tellement soulagée que Neji ait pensé à elle tout ce temps et qu’il soit venu la chercher…
Cependant, Akane reprenait la parole :
« Au fait, Neji, voilà ce que tu m’avais demandé d’aller chercher… Ils ont fait des ennuis pour me le céder, vu que tu l’avais commandé, j’ai dû prouver que j’étais bien ta cousine, et tout… Enfin, voilà ! »
Elle plaça dans la paume de Neji un petit objet, et le jeune homme la remercia. Puis, il se tourna vers Ino :
« Je suis désolé si je ne t’ai pas beaucoup vu ces derniers temps… Mais j’ai eu beaucoup de mal à trouver ceci. »
Il lui prit la main, et la referma sur l’objet, doucement. Ino la rouvrit, et reçut un coup au cœur. Neji lui avait donné un anneau (Qui n’avait pas deviné ? Dénoncez vous… Je parie pour personne, lol !), un anneau d’or fin, qui imitait la forme d’un rameau surmonté d’un lys en améthyste… De la couleur favorite de la jeune femme.
Elle leva ses yeux pleins de larmes vers le jeune Hyûga, qui attendait anxieusement sa réaction :
« Tu n’es plus fâchée ?
-Je… Je suis tellement stupide !
-Ca, ce n’est pas moi qui dirais le contraire… J’ai vraiment cru que je ne te retrouverais pas.
-Je me connais… Un jour de plus sans te voir, et je serais allée te chercher moi-même, pour te taper peut-être, mais je n’aurais pas pu attendre plus longtemps ! »
Elle se jeta à son cou, et il la serra contre lui, puis passa la bague à son doigt. Autour d’eux, leurs amis, qui s’étaient bien gardés d’émettre le moindre bruit, se remirent tout à coup en mode « boucan ». Naruto sautillait sur place, Sakura et Hinata s’étaient jeté dans les bras l’une de l’autre en hurlant : « Yatta ! », Kakashi et Sasuke, plus dignes, se contentèrent d’applaudir, puis Kakashi glissa un exemplaire de son bouquin favori dans la poche de Neji, histoire de parfaire son éducation. Les autres entamèrent un chœur de félicitations, tandis que la seule envie de Neji et Ino était de s’échapper LOIN pour passer un peu de temps tranquille ensemble…
La réaction de Hiashi Hyûga lorsqu’il apprit les fiançailles de Neji et d’Ino, et la relation entre Kakashi et Hinata fut la seule possible face à l’obstination familiale : il se prit la tête dans ses mains et accepta son sort avec fatalisme.
Et voilà… Tout est bien qui finit bien. Attendez, je vérifie que tous mes couples sont faits.
Neji/Ino, check.
Kakashi/Hinata, check.
Sasuke/Sakura, check.
Temari/Shikamaru, check.
Tenten/Gaara, check.
Tsunade/Jiraya, check.
Asuma/Kurenaï, check.
...
Mais alors, c’est fini ?
Bon sang !Après un an d’élucubrations, c’est fini ! Yatta !
Bon, je ferai un petit épilogue pour conclure joyeusement tout ça, c’est entendu… Cela dit, j’espère bien que cette pré-fin vous plaira.
Et j’ai eu beaucoup de plaisir à écrire cette fic, j’espère que vous en avez eu tout autant à la lire !